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La Scala  (Paris)  décembre 2019

Lecture-spectacle d'après l'essai éponyme de Cynthia Fleury par Isabelle Adjani et Laure Calamy dans une mise en espace de Nicolas Maury.

La philosophe Cynthia Fleury a écrit en 2010 un essai intitulé "La Fin du courage" dans lequel elle expliquait que le courage n'était plus enseigné dans les sociétés dites démocratiques. En s'appuyant principalement sur Victor Hugo, un modèle selon elle d'homme sans ressentiment, donc courageux, elle y expliquait comment refaire du courage l'horizon des sociétés post-modernes.

En concevant une version théâtrale de son travail philosophique, elle s'est amusée à faire d'elle-même un personnage confronté à la fois à la société médiatique devant "vendre" son concept de "fin du courage" et aussi devant affronter "en vrai" ce qu'elle avait conçu au niveau abstrait.

Dans cette mise en espace de Nicolas Maury, si passionnante qu'on en oublie vite que les deux actrices tiennent en main leur textes, l'auteure, jouée par Isabelle Adjani, se retrouve face à une journaliste interprétée par Laure Calamy. Toute en noire, cachée derrière d'énormes lunettes, la philosophe est fermée sur elle-même pendant que son intervieweuse en veste jaune et en jupe est ultra-extravertie.

Pourtant, le contraste caricatural n'aboutit pas au désastre annoncé. Peu à peu, Cynthia-Isabelle s'ouvre en découvrant que sa partenaire n'est pas la stupide bête de média qu'elle aura pu être. "Vous avez raison..." concède-t-elle, presque étonnée dans leurs échanges qui ne sont pas aussi superficiels qu'elle s'y attendait. Ce qui devait être son pire cauchemar est un moment qui passe finalement "très vite" et qui va lui permettre d'asseoir sa réputation... et ses ventes.

Ainsi, quand la journaliste, cette fois-ci timide et presque bafouillante, vient la voir dans son "cabinet philosophique", non seulement elle l'écoute mais accepte - à contre cœur - de l'accompagner pour aller escalader une montagne. Elle s'y sent contrainte car la journaliste est allée jusqu'au bout de son courage pour lui avouer qu'elle écrivait aussi.

La philosophe s'en veut sans doute de l'avoir sous-estimer. Toujours est-il que les voilà toutes les deux sur un flanc d'une montage : la philosophe y fait l'expérience de la peur, la journaliste la joie d'être là avec quelqu'un qu'elle admire, qui compte énormément pour elle et qu'elle a su convaincre de l'accompagner, ce qui constitue une prouesse, et qui sera peut-être bientôt... son amie.

Au-delà des péripéties contenues dans "La Fin du courage", le spectateur comprend in fine que les deux femmes théoriquement antagonistes n'en sont plus qu'une en osmose.

Qu'en devenant un personnage public Cynthia Fleury est toujours un peu la femme en noir ombrageuse de ses débuts mais qu'elle est aussi devenue paradoxalement quelqu'un de plus épanouie en fréquentant le monde médiatique. Elle y a finalement plus gagné que perdu.

L'idée de réunir pour ce face-à-face une "star" et une "grande comédienne" fonctionne à merveille. Isabelle Adjani s'est vraiment mise dans la peau de Cynthia Fleury jusqu'au mimétisme. Elle a compris qu'elle ne pouvait construire son rôle qu'en ne cherchant pas à nier que celui dévolu à Laure Calamy était bien plus intéressant que le sien.

Celle-ci change du tout au tout d'une scène à l'autre. L'actrice moliérisée l'an passé pour "Le eu de l'amour et du hasard", celle qu'on a vu souvent remarqué dans des mises en scène d'Olivier Py, Clément Poirée ou Vincent Macaigne et qui, depuis "Superdog" de Thomas Bardinet" et "Un monde sans femmes" de Guillaume Brac, a su se rendre indispensable au cinéma, est si rayonnante qu'elle emporte sa partenaire de nouveau du côté de la comédie.

Encordée, en anorak et chaussures d'escalade, elle se moque gentiment d' Adjani-Fleury, bonnet sur la tête, terrorisée sur la paroi rocheuse et qui continue à développer des théories philosophiques pas forcément à propos. Dès lors, Adjani devient irrésistible de drôlerie et retrouve ses marques de comédienne.

"La Fin du courage", comme les deux femmes, atteint un sommet. Le public ne s'y trompe pas : lui aussi est emporté par l'ivresse des cimes théâtrales que vient de lui faire partager deux grandes actrices à l'unisson dans cette quête.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

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"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
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Au théâtre :

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des reprises :
"Huis Clos" au Théâtre Dejazet
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Cinéma avec :

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Lecture avec :

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