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Grand Palais  (Paris)  Du 13 octobre 2005 au 16 janvier 2006

Dès le 4ème siècle avant Jésus Christ, Aristote écrivait : "Pour quelles raisons tous ceux qui ont été des hommes d'exception en ce qui concerne la philosophie, la science de l'Etat, la poésie ou les arts, sont-ils manifestement mélancoliques?"

Cette réflexion est mise en exergue de la magnifique exposition "Mélancolie", sous titrée "Génie et folie en Occident" qui se tient actuellement au Grand Palais.

Elle dresse un panorama des représentations de la mélancolie, maladie sacrée devenue maladie psychiatrique, qui se situe au cœur de la réflexion sur les liens entre l'art, le génie et la folie mais aussi la société.

Car quels que soient les termes employés acédie médiévale, rêverie romantique, spleen baulelairien, nausée sartrienne ou dépression maniaco-dépressive, cette affection protéiforme qui, de la simple tristesse à la fureur, assaille l'âme n'en finit pas de susciter l'intérêt et le thème est d'actualité, toutes les disciplines s'y intéressant.

Jean Clair, commissaire de l'exposition, et Hubert Le Gall, scénographe, ont réussi une parfaite combinaison entre le fond et la forme et réalisé une exposition éclairée et éclairante en réunissant de nombreux chefs d'œuvre d'Ajax au Gros homme de Ron Mueck en passant par Dürer, Goya, Delacroix, Van Gogh et Picasso.

De nombreuses œuvres, peintures, dessins, gravures, photos, sculptures et objets, très connus ou moins, souvent sédentaires, venant de nombreux musées étrangers, sont présentés sous la forme parcours chronologique en 8 grandes sections, de l'Antiquité aux Temps Modernes.

Loin de la facilité apparente, ce dernier correspond à la réalité sociale et artistique, dans la mesure où l'iconographie particulièrement riche de la mélancolie a utilisé les formes culturelles de son temps, et à une volonté de transmission du savoir. Parfois, une œuvre d'un siècle différent est insérée en contrepoint ce qui excite encore davantage la curiosité, la réflexion et le plaisir du spectateur.

Force est de constater que tel un dieu aux deux visages, la mélancolie a connu, en alternance, des moments de gloire et des heures obscures sans que les artistes en se lassent de la traquer dans toutes ses déclinaisons.

Les âges d'or de la mélancolie

L'Antiquité : La noble mélancolie

A l'Antiquité, érigée en maladie sacrée par Aristote, cette affection, définie par Hippocrate comme un excès de bile noire, l'une des quatre humeurs qui régissent le corps humain, ouvrirait la porte de l'imagination et de la créativité nécessaire à la manifestation du génie.

A côté des stèles funéraires, la statue en bronze d'Ajax, génie et gloire militaire rongé par sa rivalité avec Ulysse, qui sombrera dans la folie et la mort, succombe déjà sous le poids de cet état indéfinissable qu'est la mélancolie.

Il préfigure une des iconographies majeures de l'état mélancolique représenté par une pose méditative, la tête penchée et appuyée au creux de la main.

La Renaissance : La melancolia saturnienne

La Renaissance réhabilite la mélancolie comme source de créativité grâce à la gravure de Durer " La mélancolia" montrant une femme ailée entourée de nombreux objets à la symbolique parfois ésotérique.

Celle de Lucas Cranach l'Ancien en est proche et on constate que les représentations de la mélancolie prennent alors souvent des formes allégoriques.

 

 

 

Une salle est transformée en musée de la mélancolie dans lequel sont réunis autour de la "Mélancolie hérmétique" de Chirico et "Le cube" d'Alberto Giacometti de nombreux objets relatifs au temps et à la science mathématique et astrologique.

 

Si la mélancolie est encore présentée comme pathologique, source de la folie louvière, pouvant être soulagée par la musique qui, selon la tradition chrétienne, soigne les maladies de l'âme, les artistes sont qualifiés d'enfants de Saturne.

Le romantisme : Le mal du siècle

Avec le romantisme vient le mal du siècle, cette tristesse vague qui se muera en véritable désespoir métaphysique du spleen.

Les ruines et les paysages crépusculaires hantés de figures solitaires, comme "L'île des morts" d'Arnold Böcklin caractérisent l'iconographie de cette époque.

Le soleil noir de la mélancolie

Le Moyen Age : Le mal diabolique

Pour le Moyen Age chrétien et moralisateur, la mélancolie, qualifiée de "bain du diable" par Luther, constitue une manifestation démoniaque, assimilée à un péché, qui assaille les saints hommes.

 

L'Age classique : L'anatomie de la mélancolie

La mélancolie, de nouveau médicalisée, est synonyme de méditation solitaire qui peut tourner à la morbidité et qui se décline au plan artistique en paysages de ruines, en natures mortes dites vanités et en jeune femme esseulée dont "Madeleine à la veilleuse" de Georges de la Tour.

Le 18 ème siècle : La maladie de l'esprit

Au 18ème siècle, l'époque rationnaliste des Lumières se méfie de la mélancolie.

Alors qu'elle rejoint le domaine de la déraison et de la folie, les artistes la dépeignent de bon aloi même si les belles jeunes femmes alanguies de Watteau ou Louis Lagrenée se muent en vieilles terrifiées chez Goya.

Le 19 ème siècle : Le mal psychiatrique

Accueilli par la porte de l'Enfer de Rodin, le visiteur entre dans

La science nouvelle qu'est la psychiatrie se trouve un champ d'exploration privilégié avec toutes les manifestations de la mélancolie. Planches iconographiques d'hôpitaux psychiatriques, portraits de fous, autoportraits d'artistes présentant manifestement des pathologies lourdes (les dessins d'Antonin Artaud en contrepoint des photographies de David Nebreda), la mélancolie devient la partie émergée d'un dérèglement profond de l'âme.

Le 20ème siècle : la maladie des temps modernes

Le XXe siècle et son lot d'échecs historiques, quel qu'en soit le domaine, de la politique à la philosophie en passant par l'économie, prédispose à faire de la mélancolie passagère un état et s'avère prolifique en oeuvres importantes.

Que ce soit "L'enfer" de Franz von Stuck, "Cinéma à New York" et "Une femme au soleil" d'Edward Hopper, "Mélancolie" d'Edvard Munch ou le "Fauteuil gris" de Zoran Music, tous les artistes majeurs de ce siècle ont illustré la permanence du regard mélancolique.

A côté d'une signalétique indiquant une interdiction de toucher, une sculpture hyper réaliste de Ron Mueck représente un homme nu, assis par terre dont la silhouette et le regard sont à la fois pitoyables et terrifiants nous indique la sortie vers le 21 ème siècle en devenir. Avec une clochette…

 

"Ce n'est pas le peintre qui est fou, c'est la société qui est folle" Antonin Artaud

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation de la Réunion des Musées Nationaux


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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
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"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
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Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
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"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

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Lecture avec :

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Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
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"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
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"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
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"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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