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Buzy
Paris  (La Boule Noire)  15 décembre 2005

Nous y voici. La petite amie de Clyde tarde à se montrer. Si la salle n'atteint pas ses limites de capacité, le public présent semble attendre fébrilement celle qui enflamma leur cœur d'adolescent. Ok, sans doute pas mal d'aficionados heureux de retrouver sur scène, celle qui en disparu il y a 5 ans. Sont-ce uniquement des nostalgiques ? Pour avoir écouté Borderlove, ils risquent d'être déçus.

Arrivent donc Denis Clavaizolles aux claviers, Alice Botté à la guitare, ascétique et dégingandé, Nicolas Tanda à la batterie, Brad Scott à la basse et finalement, Buzy en dandy distante, voire timide (intimidée ?).

"Ca ressemble à des retrouvailles."

"J'adore" démarre aussi sec. En voiture pour l'inventaire. Si on l'attendait côté variétés, elle va surprendre par de bons vieux riffs bien rock.

Sa voix cassée résonne caverneuse et envoûtante. A peine le temps d'applaudir et on repart pour "Borderlove" où le bassiste qui fut de ses tournées au Japon assène un gros son à la Joy Division. Réjouissant. Ca se trémousse dans les rangs.

Les musiciens prennent leurs marques et Buzy semble un peu se détendre, même si, entre chaque morceau, elle semble s'excuser d'être là. Faut dire que son oreillette semble lui chatouiller désagréablement les tympans.

Les morceaux s'enchaînent jusqu'à "La stratégie de la Solitude", première apogée du concert, où la voix de Buzy prend une ampleur exorciste.

Sur "Les Papillons", qu'elle chante en duo avec Daniel Darc sur l'album, débarque Bernard Lavilliers.

Et là où la voix fragile et incertaine de Daniel Darc apportait de la profondeur à l'espoir du titre, c'est le poing vengeur (de quoi, ça j'ai pas bien compris) de Lavilliers qui en fait une lecture de chanson engagée.

Erreur de casting. Buzy explique à l'issue du morceau que vient de se réaliser un de ses rêves de jeune fille… Bon. On a tous des rêves. Faut-il pour autant les réaliser ?

S'ensuit "Lequel des deux" qui ouvre la voix à 5 titres sortis entre 83 et 89 : "Keep Cool" (88), "Shepard" (89), "Body Physical" (86) , "Adrian" (83) et "Baby Boom" (87).

Même orchestration qu'à l'époque, nappes et cuivres de synthé. Incontestablement une partie du public exulte. Faut dire que "Body physical" et son ambiance "Cargo de nuit" c'est vraiment bien…

Mais la vraie bonne nouvelle c'est que ces titres passent moins bien que tous ceux de Borderlove.

Ah si, si, c'est une vraie bonne nouvelle : Borderlove impose un univers nouveau et cohérent dans le paysage Buzy ; ce n'est pas une excuse pour nostalgiques !

Du coup quand Alice Botté entame la ligne de "Décadents", on a l'impression que tous les comptes sont soldés, qu'elle est quitte et peut être Buzy, et chanter en 2005.

Seul regret ? Point d'Eudeline sur "Décadents", comme Buzy nous en avait évoqué la possibilité lors de l'interview. Toutefois, des coulisses, on pouvait voir émerger les bras d'un admirateur exalté qui secouaient en cadence une flasque Négrita (à moins que ce ne fut Courvoisier) avec enthousiasme…

La belle tenta de partir mais n'en fut réellement quitte avec son public qu'après un "Extraterrestre" touchant, sur lequel le guitariste Yann Péchin vint slider avec insipration.

Note pour ceux qui ont lu l'interview : J'ai vérifié à l'issue du concert : elle riait à belles dents !

 

C'est solide, quand même Carthage, non ?

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Borderlove de Buzy
L'interview de Buzy (12 décembre 2005)

En savoir plus :

Le site officiel de Buzy

Crédits photos : David (plus de photos sur Taste of Indie)


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# 28 juin 2009 : Drôles de drames

Notre enfance à été bercée par ses passages télé, mais cette semaine elle s'est éteinte dans l'indifférence générale, sans pouvoir lutter, même dans la mort avec le plus grand chanteur de variété de tous les temps. Farah Fawcett est morte, il nous restera quelques mémorables épisodes de "Drôles de dames" en souvenir, à regarder entre deux hommages à Bambi, le chanteur blanc qui voulait faire de la musique noire ... ou l'inverse, je ne sais plus bien...

Mais trève d'hommage, voici le programme de cette première semaine estivale

Côté musique :

"Love gone bad" de Bad Mama Dog,
"I'm OK" de Gablé,
"God help the girl" de God Help the Girl,
"Lord Cut-Glass" de Lord Cut-Glass,
"The Atlantic Ocean" de Richard Swift,
"Oh my god, Charlie Darwin" de The Low Anthem,
"Evenfall" de Sébastien Schuller qui nous en parle en interview,
un petit Ni vus Ni connus avec les compilations War Child Heroes et Dark was the night
Berline 0.33 et Enablers à la Malterie de Lille,

Côté théâtre :

"Erase-e(X) au Théâtre des Abbesses
"Kvetch" au Théâtre Le Lucernaire
"La cruche cassée" au Théâtre 13
"Répertoire" au CNSAD
"Chaos debout " au Théâtre 13
"Le malade imaginaire" au Théâtre Le Lucernaire
"Tendre et cruel, Hercule" au CNSAD
et en reprise tout l'été "Gustave Parking - De mieux en mieux pareil" au Théâtre Trévise

Expositions avec :

"Le jardin de Monet : l'invention d'un paysage" au Musée des Impressionnismes à Giverny
le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire
L'art carcéral à la Biennale d'Art contemporain de Venise avec la France et la Suisse

Lecture avec :

"Le chant du bourreau" de Norman Mailer
le catalogue du Festival international des jardins 2009
"Vive La Peinture" par VLP
"Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman,
"Farouche à quatre feuilles" de André Breton, Lise Deharme, Julien Gracq et Jean Tardieu,
"Laura" de Laurent Herrou,
Une interview de Erik Rémès

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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