Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Cyril Adda
Interview  (La Boule Noire, Paris)  dimanche 6 octobre 2019

A l'occasion de la sortie de son album L'îlot, nous avons eu le plaisir de passer une journée avec Cyril Adda. C'était l'occasion de tourner une session et de s'entretenir avec lui.

Quel a été ton parcours avant de réaliser ce disque ?

Cyril Adda : Mon parcours dans la musique est assez large puisque j'ai commencé, dans les années 2000, par des études de technicien son. Auparavant, comme musicien, au lycée, je faisais partie d'un groupe de jazz. Très rapidement, je me suis converti à la chanson grâce à Jean-Louis Murat, car j'ai été stagiaire sur un de ses albums, Madame Deshoulières, pendant un mois. C'était en 2000. C'est donc Jean-Louis Murat qui, lors de cette expérience, m'a donné envie de me tester vocalement, et aussi de me lancer dans l'écriture. C'est quelqu'un que j'ai beaucoup admiré.

Dans les années 2000, j'ai eu un premier groupe de chanson, qui s'appelait les Rats De Marée. C'était de la chanson festive, mais pas uniquement. J'y gardais mes influences jazz, et l'écriture était réaliste ou poétique. C'était un peu une tendance de l'époque avec les Ogres de Barback ou les Têtes Raides. Rapidement, influencé par d'autres mouvements musicaux, j'étais tenté d'essayer autre chose. En 2010, j'ai commencé un projet solo, plutôt folk, en m'accompagnant à la guitare et à l'harmonica. Je me suis lancé à l'assaut des cafés de la capitale. Et petit à petit, j'ai commencé à voyager en France.

Le premier morceau que j'ai entendu de toi, tu étais au piano. Là, je te retrouve à la guitare. Comment s'est passée cette évolution ?

Cyril Adda : En 2010, je débute dans les cafés avec une guitare parce que c'est beaucoup plus pratique à transporter. Mais assez rapidement, j'ai envie de retrouver le côté de jazz que j'avais à l'adolescence. Je me disais que c'était aussi un moyen de faire des sets plus longs en variant les instruments. Dès 2013, le piano se retrouve instrument central de mon projet chanson qui lui-même évolue vers une formule trio avec contrebasse. Cette formule chanson-jazz m'a suivi jusqu'à l'enregistrement de mon deuxième EP Epreuves, en 2016. C'est sur ce disque qu'on trouve le fond de mon répertoire, des chansons que je joue depuis 2010. Je suis toujours content d'avoir le piano sur scène, mais c'est vrai que sur mon premier album, L'Îlot, j'ai un peu gommé les aspects jazzy de ma musique.

On retrouve sur cet album uniquement des chansons nouvelles ou aussi des chansons qui datent de tes débuts ?

Cyril Adda : Il y a effectivement des chansons très anciennes comme "L'Ours Polaire" ou "Le Taulard", que je chantais déjà en 2011. À l'époque, je ne me sentais pas prêt à les enregistrer. Elles sont longtemps restées à l'état de maquette en attendant de les laisser mûrir. De 2011 à 2019, ça fait une très longue période. Heureusement, leur forme et les arrangements ont évolué. Je les ai gardées sur l'album, parce qu'en concert elles me sont demandées et je continue de les interpréter. D'autres chansons de mon répertoire du début, comme les chansons anglophones, ont disparu. Mais il y a aussi sur ce disque des titres plus récents comme "L'îlot" ou "Thérapie".

Concernant l'enregistrement, s'agit-il uniquement de sessions récentes?

Cyril Adda : Il y avait des maquettes au début. Ensuite, en 2016, un premier EP enregistré en trio. On retrouve sur L'Îlot, quelques enregistrements qui datent de cette période. Les autres chansons ont été enregistrées en 2018. C'est un long processus.

Comme tu l'as dit, tu as eu une période anglophone. Comment le Français s'est-il imposé à toi comme langue d'écriture ?

Cyril Adda : Au départ, lorsque je me suis mis au chant, j'ai fait de la chanson. J'ai développé des processus d'écriture en français. L'envie d'aller vers la langue anglaise s'est rajoutée après. Ça m'a plu d'avoir un répertoire mixte. C'était plus facile à assumer dans des bars en mode folk. Il a fallu que je fasse un choix, artistique, stratégique si l'on veut. Le réseau que j'étais en train de mettre en place par l'intermédiaire des tremplins chanson française, des professionnels que je rencontrais, ainsi que le retour du public, m'ont amené à aller d'abord vers la chanson. En scène d'été, je glissais parfois une chanson en anglais dans mon répertoire. Mais c'était plus cohérent de présenter mon projet comme celui d'un artiste solo qui chante en français.

Je m'attendais à ce que tu me parles de la narration. Tes chansons racontent des histoires. Je pensais que, dans ces cas-là, l'écriture française était plus évidente.

Cyril Adda : Ce qui m'a amené à la chanson, c'était d'abord l'envie de travailler ma voix comme un instrument, même si ça a été un long processus. Ensuite, pour l'écriture, j'ai encore du mal à aller vers de la poésie ou quelque chose de totalement abstrait. J'ai eu besoin, pendant très longtemps, de raconter des histoires. Je ne suis pas un narrateur. Je ne me sens pas capable de faire du slam. Même parler sur scène durant les interchansons m'intimide encore un peu. J'ai longtemps éprouvé le besoin de me cacher derrière ma voix. Si je suis sur scène, c'est pour raconter quelque chose au public.

Quels sont les artistes dont tu te sens proche aujourd'hui ? Et quels sont ceux que tu considères comme des exemples ?

Cyril Adda : Pendant très longtemps, j'ai beaucoup écouté Thomas Fersen. C'est peut-être lui qui m'a amené du côté de la narration. Il parvenait à instaurer des ambiances à travers la musique, celle-ci était soit en contrepoint par rapport aux paroles, soit totalement raccord. Je trouvais ça très intéressant de faire une chanson triste avec une musique joyeuse, ou inversement, et d'avoir en même temps un propos fort, une narration, une ambiance. Ce que fait Thomas Fersen est très littéraire.

À l'inverse, moi, j'ai envie parfois de me laisser bercer par les sons, de décrocher de l'aspect purement littéraire du texte. En cela, mes chansons peuvent apparaître parfois comme de la variété. C'est un aspect que j'assume dans ma musique. Aujourd'hui, j'avoue une attirance pour les musiques actuelles. Si le rythme est plus présent, j'assume aussi des paroles plus légères. J'essaie néanmoins de garder les deux dans mon répertoire. Même pour les auditeurs, c'est plus confortable de pouvoir parfois décrocher un peu des paroles. J'essaie de faire voyager le public entre des choses qui font réfléchir et d'autres un peu plus légères. Parfois, en tant qu'artiste émergent, tu as souvent à faire à un public qui ne te connait pas. Il faut donc aussi aller le chercher par autre chose que la narration.

En fonction de ce que tu expliques, et puisque cet album a été enregistré en 2018, quelle direction prend ton projet actuellement ?

Cyril Adda : J'ai envie de porter ce disque sur scène. En live, je mélange encore les chansons jazzy du premier EP avec celles de ce nouvel album. Ça me permet, petit à petit, d'emmener les spectateurs vers d'autres horizons, des premiers titres un peu smooth jazz vers des univers plus personnels ou des textes un peu plus en connexion avec la société. Avec les musiciens, lorsque nous interprétons "L'Insouciance", on s'éclate bien.

Ce n'est pas toujours facile de trouver l'harmonie entre les mots, l'énergie, l'ambiance. Ce que je présente au public ressemble un petit peu à ma personnalité. Je ne peux pas être en permanence dans la ballade, je m'assoupirais moi-même, mais je ne suis pas non plus un rockeur. En complément de ce disque, c'est également sur scène que je présente en toute sincérité ce qui m'a animé durant les dix dernières années de ma vie.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Sélection singles & EP de Why Elephant - Louise Thiolon - Cyril Adda
La chronique de l'album L'îlot de Cyril Adda

En savoir plus :
Le site officiel de Cyril Adda
Le Soundcloud de Cyril Adda
Le Facebook de Cyril Adda

Crédits photos : Thomy Keat (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


Laurent Coudol         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

• A écouter aussi sur Froggy's Delight :

Cyril Adda (06 octobre 2019)


# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=