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Interview  mai 2020

Après la séparation de Breton, son chanteur Roman Rappak s’est lancé dans un nouveau projet nommé Miro Shot. On retrouve une musique pop, physique, mélodique, dense où se côtoient les musiques électroniques, rock, hip-hop, samples... Une musique qui est comme passée par le polyèdre de la réalité virtuelle et augmentée, intelligence artificielle et qui évolue dans un nouveau monde immersif. Nous avons posé quelques questions à Roman Rappak, sur son nouveau groupe - collectif et sur cet environnement virtuel.

Que s’est-il passé entre la fin de Breton et Miro Shot ?

Roman Rappak : Le monde a changé. Faire partie d’un groupe est l’une des expériences les plus fantastiques. Avec Breton, j’ai compris que certaines choses étaient possibles, mais j’ai aussi appréhendé les limites de ce qui est possible dans le cadre de l’industrie de la musique, et même avec une approche traditionnelle du "groupe" de musique. Je suis rentré de la dernière tournée de Breton avec le sentiment que seul un disque exceptionnel avec un message fort pourrait me convaincre de reprendre. Le Royaume-Uni se préparait au Brexit, et tout semblait très vide. Un petit groupe d’entre nous s’est réuni : des photographes, musiciens, réalisateurs, informaticiens, et créateurs d’app venant de Londres, Paris, et NYC, tous des artistes qui vivaient des changements dans leur champs, le but était de créer quelque chose de vraiment novateur.

Un concert a toujours été expérimental. Les musiciens ont toujours été des personnes qui créent ces expériences. On avait l’impression de pouvoir créer un groupe qui allait pousser les limites de ce qui était possible et transgresser des règles établies.

Le nom fait-il référence au peintre, sculpteur, graveur et céramiste catalan Joan Miró ?

Roman Rappak : Oui c’est ça. De tous les Surréalistes, j’ai fini par comprendre que Miró était le plus en avance sur son temps, et le plus pertinent au jour d’aujourd’hui. Il travaillait de manière collaborative, souvent en demandant à des groupes entiers de sa communauté de venir travailler ensemble sur des projets artistiques. Notre groupe se fonde vraiment sur cette idée. C’est pour cela que tous nos films sont réalisés en communauté, manipulés et remixés pour que le groupe appartiennent vraiment au collectif. Donc "Miro" vient du nom de ce peintre qui a brisé les barrières et fait entrevoir un futur possible en remixant le passé.

Quand André Breton a fait appel à lui pour s’investir davantage dans le mouvement Surréaliste, il a répondu qu’il avait des choses plus importantes à faire ailleurs, et a quitté Breton pour commencer autre chose de nouveau et de plus optimiste.

"Shot" vient du fait que nos spectacles de réalité virtuelle, en contraste avec les concerts en format classique, durent environ quinze minutes. Un espèce de "shot" digital.

Tu as toujours porté un soin particulier aux images, à l’esthétique qui entoure ta musique. Comment est venue l’idée de travailler autour de la réalité virtuelle, de l’intelligence artificielle, de la réalité augmentée, sensations olfactives ?

Roman Rappak : Les frontières entre les films, la musique, et l’art interactif ont disparu, et nous vivons à une époque où un film peut être une expérience de musique live, une galerie d’art peut être une installation interactive, et un album peut être une expérience de réalité virtuelle.

Comment cela se passe-t-il en concert ?

Roman Rappak : Le jour du spectacle, on invite des groupes de 20 personnes à un concert privé très particulier. Le public est assis, avec un casque, et alterne entre la réalité et la réalité virtuelle. C’est un concert live, mais ensuite le public vole au-dessus des forêts et de villes inconnues, en synchronie avec la musique.

Tout le monde peut s’inscrire au collectif ici pour participer aux spectacles qui auront lieu à Paris et à Berlin lorsque le monde aura trouvé un nouvel équilibre. Sinon, l’app VR que nous avons développé peut aussi s’utiliser à la maison.

Justement avec le Covid-19, la peur qu’il engendre, les règles de sécurité, on pourrait imaginer des concerts à la maison avec des casques de réalité virtuelle, etc. Cela aurait quelque chose d’assez déshumanisé et d’angoissant...

Roman Rappak : Les concerts virtuels ont connu une vraie révolution à cause du confinement. Il y a beaucoup d’approches différentes, de The Wave, au concert récent de Travis Scott dans Fortnite. Le but de notre groupe est de présenter un autre argument concernant le rôle de la technologie dans nos vies quotidiennes. La technologie n’est pas froide et contre nature, en référence à Marshall Mcluhan : c’est "l’extension de notre système nerveux central" et j’irais même plus loin pour dire que la technologie immersive sera l’extension de notre âme et de notre conscience. La technologie nous sauvera, mais si nous ne faisons pas attention, elle sera aussi notre perte. Nous avons écrit un (non) manifeste pour clarifier tout cela.

Miro Shot est un collectif. Tout comme avec Breton, vous fédérez toute une communauté. D’où vient cette envie ? Peux-tu expliquer plus en détail cette idée de communauté, de partie en open source ?

Roman Rappak : L'idée, c’est que pour arriver à éviter toutes les choses affreuses vers lesquelles nous nous précipitons, des catastrophes écologiques, au chaos social / institutionnel, si nous voulons résoudre les vrais problèmes que représentent la faim, la pauvreté, et la maladie, alors nous allons avoir besoin de technologie avancée. En ce moment elle est encore dans son enfance. La révolution industrielle a duré de 1760 à 1840. Nous ne sommes vraiment encore que dans la première décennie de la révolution de l'information.

C’est assez novateur mais en même temps cela s’inscrit dans une certaine tradition. Cela me fait penser à ces musiciens des années 60 qui ne se satisfaisaient pas seulement de la musique, qui organisaient à des happenings, des projections...

Roman Rappak : L’histoire de la musique compte des artistes exceptionnels qui ont expérimenté avec ces idées. On apprend beaucoup en regardant des groupes comme Throbbing Gristle, et Psychic TV qui se voyaient comme une corporation de télévision, ou The KLF qui ont démantelé l'idée de ce que c'était d'être un groupe.

Pink Floyd n’avait pas besoin de VR et une pièce qui changeait de température pour créer des concerts immersifs, ils utilisaient simplement des lampes à lave, et de l’acide.

N’as-tu pas peur que cet environnement esthétique prenne le pas sur ta musique ?

Roman Rappak : Non, chaque contexte est unique. Quelqu’un qui écoute un album vinyle seul, et regardant la pochette appartient à un contexte, regarder un clip de musique c’est un autre contexte. Le ressenti est différent et le message a changé. Combiner la musique avec la réalité virtuelle et l’art interactif c’est encore un contexte complètement différent que ni les Beatles, ou Radiohead, ou Kanye auraient pu imaginer, parce que ces outils sont tous nouveaux.

Justement en parlant de musique, on trouvera des similitudes avec Breton. Mais on sent une évolution vers quelque chose de plus pop, plus direct...

Roman Rappak : Je crois qu’avec un message aussi grand que le nôtre, qui inclut les médias sociaux, la sécurité des données personnelles, la culture pop, et les jeux vidéo, c’est important de rendre la musique accessible pour que l’auditeur puisse découvrir tout seul les différents niveaux et les significations superposées. Je préfère mettre un message compliqué dans une chanson simple, qu’un message simple dans une chanson compliquée.

Ta démarche me fait penser à David Byrne et aux Talking Heads : être à la fois dans l’expérimental et dans un format plus pop...

Roman Rappak : David Byrne est un génie, et son livre "How Music Works" a été une source d’inspiration pour beaucoup d’aspects de notre groupe : "Il y a deux conversations simultanées : l’histoire et une conversation au sujet de comment l'histoire est racontée".

Il a traversé les frontières entre l’art, le pop, la performance et le punk tellement de fois qu’il est maintenant entièrement libre de faire ce qu’il veut. 

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Content de Miro Shot

En savoir plus :
Le site officiel de Miro Shot
Le Soundcloud de Miro Shot
Le Facebook de Miro Shot


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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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