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Florence Seyvos  (Editions de l'Olivier)  août 2020

Cette année, c’est selon moi du côté des éditions de l’Olivier qu’il faut aller chercher l’une des plus belles rentrées littéraires de la rentrée. Cette excellente maison d’édition nous propose cinq ouvrages aussi bons les uns que les autres, quatre romans dont un roman étranger particulièrement brillant et un essai d’un romancier que j’adore, un certain Jonathan Franzen. Nous reparlerons évidemment bientôt de ces cinq ouvrages, je suis à l’heure actuelle en train de finir le roman étranger avant de me lancer dans l’essai.

Pour ouvrir cette rentrée littéraire, les éditions ont fait le choix de confier les clés de la maison à la géniale Florence Seyvos qui est la première à voir son livre paraître. Florence Seyvos est romancière et scénariste auteure notamment des excellents ouvrages Les apparitions (prix Goncourt du premier roman) et du Le garçon incassable (mon préféré de l’auteur, lauréat du Renaudot poche). Florence Seyvos est ce que l’on pourrait appeler une magicienne des mots qu’elle manipule avec élégance nous embarquant à chaque fois.

Avec La bête aux aguets, son dernier ouvrage, qui débute par des premières phrases et un premier chapitre juste incroyable, on sent déjà que l’on a entre les mains un très grand livre, la suite le confirmera. Chaque mot est à sa place, les phrases s’enchaînent avec justesse, la construction est parfaite et le style inclassable.

Une bête aux aguets est l’histoire d’une jeune fille, Anna, habitée par la peur : celle de se métamorphoser en une créature dont elle n’ose prononcer le nom. Mais ce phénomène qu’elle ne peut expliquer est peut-être la promesse d’un autre changement. Lorsqu’elle se retrouve seule, à l’abri des regards, Anna entend des voix, aperçoit des lumières derrière les rideaux, surprend des ombres dans le couloir. Elle sait qu’elle appartient à un autre monde, qui n’obéit pas aux mêmes lois que le monde ordinaire. Cela l’effraie et la remplit de honte.

De nombreuses questions se posent à elle. Est-ce pour se protéger d’un danger que, depuis l’âge de douze ans, Anna doit avaler des comprimés prescrits par un certain Georg ? De quelle maladie souffre-t-elle ? Dans quel état serait-elle si elle abandonnait le traitement ?

La grande qualité de cet ouvrage d’un peu de 140 pages (qui se lit d’une traite, plutôt la nuit si j’avais un conseil à vous donner) vient de l’ambiance que les écrits de l’auteure dégagent, envoyant le lecteur dans une sorte d’ambiguïté entre le réel et le rêve, ce qui peut d’ailleurs s’avérer très déroutant voire perturbant. La narration flottante choisie par l’auteur, loin de la structure romanesque classique y est pour beaucoup. Elle entretient la lévitation dans laquelle se trouve la narratrice, appuyée sur des ellipses et des flashbacks qui nous donnent des repères dans la lecture, nous montrant l’évolution d’Anna.

Au fil des pages, l’auteure distille avec parcimonie les zones d’ombre de l’enfance d’Anna et nous rend compte de l’absence de la mère et de ses conséquences. La frontière de la folie n’est jamais loin, celle de la méditation non plus, une tension se dégage au fil pages qui rend l’ouvrage très prenant.

Récit écrit à la première personne, Une bête aux aguets est un roman voué à l’inquiétante étrangeté, un ouvrage qui flirte avec le fantastique, avec une écriture à fleur de peau sur l’enfance. Une bête aux aguets est une expérience de lecture incroyable que je vous invite vivement à tester.

 

Jean-Louis Zuccolini         
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Du côté de la musique :

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"No future" de Samarabalouf
"Verdure" de The Hyènes
"Got the manchu" de We Hate You Please Die
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"Ce qui suit" de Mondo Cane
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"Killing Eve + Australie" nouveau mix de Listen in Bed
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