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puce Victor Brauner - Je suis le rêve. Je suis l'inspiration
Musée d'At Moderne de Paris  Du 18 septembre 2020 au 10 janvier 2021

Avec l'exposition "Victor Brauner - Je suis le rêve. Je suis l'inspiration", le Musée d’Art Moderne de Paris propose un coup de projecteur sur l'oeuve d'un peintre roumain affilié au mouvement surréaliste mais dont le nom et la notoriété sont éclipsés par ceux de ses figures emblématiques tels André Breton, De Chirico, Dali ou Magritte.

Cette exposition-hommage révèle une oeuve atypique non formatée à l'aune surréaliste et orientée par une mythologie personnelle qui, sur la durée, et mise en évidence par le parcours chronologique élaboré par la commissaire Sophie Krebs, conservatrice en chef au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, avec la collaboration scientifique de Jeanne Brun, conservatrice du patrimoine et Camille Morando, docteure en histoire de l'art, s'inscrit dans une conception holitisque de l'art.

Victor Brauner : "Pour moi, peindre c'est la vie, la vraie vie, ma vie...

La rétrospective présentée permet trois constatations. D'une part, l'ésotérisme constitue le fil rouge de l'oeuvre de Victor Brauner, ce qui n 'est pas surprenant en son temps où les sciences occultes irriguent les arts, propension qui se trouve, en l'espèce, exacerbée par un atavisme balkanais, tel pour Mucha et Kupka récemment exposés à Paris, et le spiritisme auquel s'adonnait son père.

Il indique que ses tableaux, outre leur charge émotionnelle, possèdent "un sens d'envoûtement, de contre-envoûtement, de magie, d'attirance et de protection" tel un objet magique.

D'autre part, la multiplicité des sources d'inspiration qui concourent à un syncrétisme stylistique et une évolution depuis les oeuvres cubo-futuristes de jeunesse au sein de l'avant-garde dadaïste ("Portrait de Mme RB", "Sans titre", "L'Iincendie de la banque de crédit") au néo-primitivisme.

Les oeuvres ultimes des années 60 révèlent une iconographie influencée par les arts premiers avec la simplification et l'aplanissement des formes qui renvoient au vocabulaire de l'art africain ("La Formatrice", "Le Grand transparent").

Et la stylisation géométrique de motifs et de symboles évoquant les mosaïques aztèques, dans le cadre de la représentation d'une cosmogonie personnelle ("La Mère des oiseaux", "L'Aéroplapa", "L"Automoma") basée sur l'animisme ("Tableau à quatre pattes").

Celle-ci est déjà présente dans certaines oeuvres des années trente comme "Cérémonie" qui ouvre la monstration et est repris en zoom pour le visuel de l'affiche, et notamment "Rencontre avec moi-même aux quatre chats du monde".

Entre temps, au sein de la diaspora de l'avant-garde roumaine exilée à Paris, l'influence dadaiste perdure avec sa variation sur la figure satirique d'Ubu inventée par Alfred Jarry avatarisée en ogre dévoreur d'enfants figurés par des poupons en celluloïd incrustés sur la toile ("Force de concentration de Monsieur K.", "Morphologie de l'homme", "L'Etrange Cas de Monsieur K.").

Mais surtout, Brauner participe à l'aventure surréaliste menée par André Breton de manière ambigue : bien qu'affilié et ayant notamment participé en 1938 à l'Exposition internationale du surréalisme, il précise "...qu’on ne dise pas que je suis un peintre surréaliste : ça n’existe pas ! Il y a seulement une certaine peinture qui correspondait aux recherches des surréalistes."

Du florilège exposé résulte une impression de résonance avec, et entre autres, le symbolisme d'Odilon Redon ("Souffrance, souffrance"), les formes mécanomorphiques de Picabia ("Le Simulacre"), le surréalisme métaphysique de De Chirico ("La ville qui rêve"), celui fantastique de Balthus ("Fascination" autour de la "Loup-Table"), au féminin de Leonor Fini ("Héron d'Alexandrie") et le surréalisme picassien ('Antithèse").

Ainsi que l'art naïf du Douanier Rousseau avec "La rencontre du 2 bis, rue Perrel" pour lequel il insère dans le décor de "La Charmeuse de serpent” la figure de son "Congloméros".

Le Congloméros, contraction de conglomérat et Eros, se compose d'une série de dessins dans lesquels Victor Brauner décline sa conception de l'être primordial, fusion du masculin et du féminin sous forme d'un hermaphrodite résultant de l'hybridation d'une femme et deux hommes qui ont également donné lieu à des représentations en trois dimensions.

Dans la belle salle dédiée, les plâtres "Nombre", "Congloméros", "Signe (Le Vent"), non signés mais réalisés par le sculpteur Michel Herz qui fut l'ami de Victor Brauner; sont mis en regard de la toile "La Palladiste" qui revisite le mythe du paradis perdu.

A voir en video un extrait du documentaire "Victor Brauner - Le grand illuminateur totémique" de la collection Phare créée et dirigée par Aube Breton réalisé par Fabrice Maze.

 
En savoir plus :

Le site officiel du Musée d'Art Moderne de PAris

Crédits photos : MM
avec l'aimable autorisation du Musée d'Art Moderne de Paris


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