Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce La loi de la gravité
Comédie de Béthune  (Béthune)  octobre 2020

Comédie dramatique d'Olivier Sylvestre, mise en scène Cécile Backès, avec Marion Verstraeten, Ulysse Bosshard et le musicien Arnaud Biscay (en alternance avec Héloïse Divilly).

Olivier Sylvestre a moins de quarante ans et une œuvre déjà fournie. Dans son pays, "La loi de la gravité" est sa pièce la plus célèbre. Grâce à la curiosité de Cécile Backès, elle franchit enfin l'Atlantique pour qu'on découvre l'un des jeunes auteurs québécois les plus doués du moment.

Si l'on ne sait pas que Dom (Marion Verstraeten) et Fred (Ulysse Bosshard) cherchent un ailleurs, au-delà de leur "presque-ville", quelque part au-delà du pont et de l'autoroute, mais sur un autre continent, leur langue s'en charge. Car Cécile Backès n'a pas voulu "adapté en français" les expressions québécoises, ce qui fait dire dès sa troisième phrase à Dom "faut que je décâlisse" ("faut que je dégage").

Ici les amis sont des "chum" et les meufs des "plottes", ajoutant une petite touche de mystère à un texte qu'on sent d'emblée influencé par les grands "ancêtres américains" de la Beat generation et ses clochards célestes à la Kerouac, à la post-beat generation et ses gueules cassées de la vie quotidienne à la Sam Shepard.

En France, des jeunes gens comme Dominique et Frédéric au genre inaffirmé et à la vie sans certitude, sauf celle de ne pas avoir une vie toute tracée et toute normale, chercheraient à s'évader justement en prenant un ticket pour le faux "Nouveau-Monde". Dans "La loi de la gravité", ils y sont et l'Amérique ne peut les faire rêver ni s'illusionner.

Il faut donc aller au-delà ce décor no-man's land parfaitement reconstitué - ou fantasmé - par Marc Lainé et Anouk Maugein, avec ces tags, cette structure suspendue derrière laquelle est écrit "PRESQUE-LA VIL...".

C'est donc au-dessus du bas, où tout n'est que détritus et choses cassées que les deux nouveaux amis se retrouvent. Un bas où des phares d'auto peuvent éblouir le public et dans lequel un batteur (Arnaud Biscay ou Héloïse Divilly) accompagnent, sans les surligner ni les parapher, les deux ados de 14 ans en train de s'apprivoiser avant de partir peut-être au-delà de leur monde détesté.

Cécile Bakès a choisi deux comédiens très expressifs et très différents physiquement pour incarner les personnages d'Olivier Sylvestre. Dom, la casquette rivée sur la tête, tranche avec Fred et ses cheveux jaunes bouclés. La première parle beaucoup, avec un phrasé plus saccadé que son partenaire plus sur la retenue, moins assuré dans son discours comme s'il se sentait moins légitime pour venir hanter des lieux où Dom a élu domicile, où elle contemple son "paysage".

"La loi de la gravité", c'est l'histoire de la découverte de deux êtres qui apprennent à saisir leurs points communs et leurs divergences, à se jauger et à s'aimer pour justement trouver la loi fusionnelle qui les fera partir ensemble ou pas vers l'ailleurs, ultime point de leur unique chance de survie.

Le texte d'Olivier Sylvestre a d'abord une qualité rare : sa consistance. Chaque mot écrit compte. On ne parle pas jeune pour faire jeune. Sylvestre a une écriture radicale, sensée, lourde, sérieuse y compris quand il saupoudre son texte de l'ironie méchante des enfants trop vite grandis et qui cachent leur gentillesse et leur timidité en insolence.

Court mais dense, ce voyage au pays où les mots ont encore la force d'entraînement qui pousse aux actes est curieusement porteur d'espoir. L'autre côté des choses vers lequel les deux protagonistes sont attirés n'est pas forcément celui qui conduit à une chute mortelle. Il reste la possibilité d'un vrai départ au delà du pont. Comme dans une chanson de Capdevielle, même si l'auteur n'a jamais entendu "Au dessus des rues".

Un beau moment de théâtre où Cécile Bakès ne perd jamais le fil des voix en suspension de ces deux beaux personnages joliment composés par Marion Verstraeten et et Ulysse Bosshard.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=