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Théâtre Berthelot  (Montreuil)  octobre 2020

Comédie dramatique de Ronald Harwood, mise en scène de Vincent Goethals, avec Bernard Bloch, Marc Schapira, Camille Grandville, Muranyi Kovacs, Baptiste Roussillon, Geoffrey Thornton et Jeanne Hirigoyen.

Dramaturge, scénariste, écrivain, Ronald Harwood, disparu il y a quelques semaines, avait commencé par être l'habilleur du directeur d'une troupe de comédiens spécialisés dans Shakespeare, tout en étant un des jeunes acteurs de cette compagnie. C'est donc en pleine connaissance qu'il a choisi ce thème pour l'une de ses pièces les plus célèbres.

"L'Habilleur" créée en 1980 sera adaptée par Ronald Harwood lui-même en 1983 au cinéma et filmée par Peter Yates avec Albert Finney et Tom Courtenay. En France, elle sera notamment interprétée par Laurent Terzieff et Claude Aufaure. C'est dire si, comme souvent dans le théâtre de Ronald Harwood, elle nécessite des comédiens aguerris et talentueux.

Quarante ans après sa création, elle est surtout devenue un classique et la version que propose Vincent Goethals, ancien directeur du Théâtre de Bussang, le démontre en offrant à son spectateur ce qu'on pourrai appeler un "vrai spectacle théâtral".

A l'heure des seuls-en-scène, des duos d'hommes célèbres papotant sur leurs faits et gestes, Goethals propose 1 heure 45 minutes de théâtre, de pur théâtre. Avec d'abord, un texte qui a fait ses preuves et qui raconte ce qu'était le théâtre dans le Londres du Blitz, ville martyrisée par les bombardements nazis. Comment mieux résister à la barbarie qu'en utilisant la puissance de feu du "Roi Lear" ?

Mais sans cacher que le théâtre est une histoire d'hommes avec leurs défauts et leurs rancoeurs. Habilleur du "Maître" (Bernard Bloch), c'est ainsi qu'il l'appelle, Norman (Marc Schapira), porté sur la dive bouteille, n'est pas considéré à sa juste valeur par le tyrannique et avaricieux directeur de la compagnie. On n'est pas très loin d'un rapport de domination pintérien, comme dans "The Servant".

Tout au long de la pièce, rythmée par les explosions extérieures et les colères intérieures, se déroule une comédie intime sous fond de tragédie shakespearienne. Agé, presque à l'agonie, le "maître" réussira-t-il encore une fois à incarner Lear, et à y mettre tout son supposé génie théâtral ?

Tout autour d'eux, viendront jouer leur partition, Madge, la directrice-régisseuse (Camille Grandville), Lady M, la femme du maître mourant (Muranyi Kovacs) et des acteurs antithétiques campés tous les deux par Baptiste Roussillon, Georges Thorton, aigri et revenu de tout, et Mr Oxenby, heureux de jouer des petits rôles. Enfin, Irène (Jeanne Hirigoyen), la jeune débutante, seule image de jeunesse dans cet univers crépusculaire.

On appréciera la scénographie astucieuse d'Anne Guilleray qui dans une scène en demi-cercle condense la loge de "Sir George", qui pourra s'ouvrir par l'arrière sur le théâtre en train de se jouer. Ce théâtre dans le théâtre bénéficiera particulièrement des belles lumières de Philippe Catalino.

"L'Habilleur" est en effet dans un bel écrin, constamment nourri de belles idées et d'images signifiantes. Tout de blanc vêtu, presque clown blanc enfariné, le "Maître" se transforme quand il porte le magnifique costume d'hermine royale que lui a confectionné Dominique Louis et Sohrab Kashanian.

Evidemment, cet affrontement de deux hommes incarnant deux classes et deux existences bien différentes, l'une en pleine lumière, l'autre dans les coulisses, vaut par les magistrales interprétations de Marc Schapira et de Bernard Bloch. Sans les assommer sous la référence, ils tiennent la comparaison avec les acteurs anglais qu'on a vu à l'écran dans les mêmes rôles.

On sent qu'ils aiment être sur scène, d'autant plus qu'ils y perpétuent, grâce à Vincent Goethals, un beau théâtre populaire, celui qu'on aimerait voir plus souvent représenté.

 

Philippe Person         
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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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