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Interview de Michel Cloup et Widy Marché  (Paris)  février 2006

Groupe toulousain, créé en 2000 par le chanteur Michel Croup, sur les cendres de Diabologum, Experience écume depuis la France pour imposer son style et ses idées.

Groupe engagé comme on n'en fait plus beaucoup, Experience propose des textes revendicatifs et contestataires par la voix de Michel, qui chante autant qu'il ne parle, sur les morceaux de leurs deux premiers albums (Aujourd'hui, maintenant en 2001, et Hémisphère gauche en 2004 ).

Aujourd'hui en pleine promo, pour la sortie de l'album Positive karaoké with a gun

composé entièrement de reprises toutes aussi surprenantes les une que les autres (Shellac, NTM, Moonshake, A Tribed Called Quest, Public Ennemy entre autres), c'est dans un petit resto du 18 ème arrondissement de Paris, que je retrouve Michel Cloup et Widy Marché, respectivement chanteur et guitariste du groupe, pour un entretien tournant autour de ce disque évidemment, et autour de la musique plus généralement.

Après cinq années d'existence et deux albums, vous sortez un album de reprises. Pourquoi ce choix ?

Michel Cloup : Pour changer un peu en fait. On en avait marre de la routine conventionnelle, album studio / tournée, donc on a commencé à enregistrer des reprises pour un EP qui devait sortir en Espagne à la base, et cela nous à bien plus. Comme on était en pleine tournée d'Hémisphère gauche" (Ndlr : le deuxième album du groupe) et que l'on avait un projet de dvd qui germait aussi, on s'est dit pourquoi ne pas faire un truc atypique, comme un double album, avec un cd de reprises et un dvd live. C'est histoire d'avoir quelque chose d'un peu différent dans notre discographie aussi. On l'a un peu conçu comme un jeu, comme un intermède entre deux albums.

Comment s'est fait le choix des morceaux?

Widy Marché : Ca s'est fait normalement. Comme on était en tournée, il y avait pas mal de groupes que l'on passait dans le camion, donc certains morceaux viennent de là. Puis il fallait aussi que l'on trouve un intérêt à reprendre tel ou tel morceau et tel et tel artiste. On a choisit des morceaux et on a essayer de voir ce que l'on pouvait en faire. On a éliminé les morceaux de cette façon. Quand on sentait que l'on n'apportait pas grand-chose à l'original, on laissait tomber.

Essayiez vous de coller à l'original ou de vous en détacher le plus possible ?

Michel Cloup : Comme on devait faire un album entier, on a essayé d'explorer les différentes façons de faire une reprise. Ce qui était assez frappant, c'est que sur les cinq premiers titres que l'on a enregistrés, qui devaient être à la base les cinq titres du EP, nous avions déjà les cinq manières de faire une reprise en gros. On a des titres vraiment repris tels quels, fidèles aux originaux, et il y des titres que l'on a vraiment modifiés, comme NTM ("Qu'est-ce qu'on attend"), sans pour autant toucher à l'ossature de l'original.

Après on a voulu aller encore plus loin dans la reprise, en réadaptant des textes en français d'artistes étrangers. En plus, on voulait avoir un peu de français sur le disque, en plus des titres de groupes français qu'on reprenait, parce qu'on a repris beaucoup de choses anglo-saxonnes. L'idée de base, c'était vraiment d'avoir toutes les manières de faire une reprise : fidèle, infidèle, morceaux bouleversés ou pas du tout, jusqu'à la réadaptation du texte en français.

Peut on voir ça comme une sorte d'hommage aux groupes qui vous ont influencé, ou comme de simples coups de cœur musicaux ?

Michel Cloup : Les deux en fait. Ce sont des coups de cœur, un hommage, l'envie aussi de se réapproprier la musique des autres qui nous a nourri, pour en faire quelquefois autre chose. C'est aussi l'occasion de citer ses influences et d'être honnête vis-à-vis de ça.

Widy Marché : Il y avait des références, mais quand je pense à Q Not U par exemple ("Collect the diamonds"), c'est plus un coup de cœur de la tournée. C 'est un mélange entre coup de cœur et référence en fait.

Il y a des choses vraiment surprenantes, comme NTM ou Public Ennemy. C'est pour casser les barrières entre rock et rap ?

Michel Cloup : Non dans le sens où il y a bien longtemps que les rockers écoutent du rap, et que les rappeurs écoutent du rock. L'association rock et rap a toujours été faite d'une manière qui, moi, ne me plaît pas forcément, ça a donné la fusion. Il n'y a pas grand-chose à montrer, ce sont juste des choses qui nous ont touché ou influencé. Ca sort un peu du cadre resserré du rock en quelque sorte.

Widy Marché : Les morceaux rap que l'on a repris ont un côté rock dans leur version originale, que ça soir au niveau des textes ou de la musique.

Michel Cloup : Il y a certains groupes de rap qui sont plus rock que certains groupes de rock, et inversement.

Vous êtes un groupe que l'on peut qualifier "engagé" au niveau de vos textes. Ca n'a pas été trop frustrant de ne pas avoir pu écrire ses propres textes sur ce disque ?

Michel Cloup : Non parce que l'idée c'était aussi d'essayer de faire passer son propos à travers la musique des autres, et puis aussi de dire que si je n'avais jamais entendu ces textes là je n'aurais peut-être pas écrit ce que j'ai écrit sur les précédents disques.

Widy Marché : En mettant certains textes on s'est dit "Merde, j'aurais pu l'écrire ce texte, je m'y retrouve".

Le choix des chansons n'a pas dû être innocent à ce niveau là. Je pense par exemple au morceau d'NTM, qui est très engagé et revendicatif.

Michel Cloup : Non, c'est clair que ce n'est pas innocent. NTM, c'est un petit peu particulier. Je trouve le texte vraiment fort, mais l'original est tellement groovy, funky, que l'on passe un peu à côté du texte, alors qu'il est à la fois simple et fort. Comme j'ai toujours considéré cette chanson comme un morceau de rock ultime, que je n'ai jamais entendu chez un groupe de rock français, je trouvais intéressant l'idée d'en faire quelque chose de rock.

Widy Marché : Et d'un autre côté, la reprise de Shellac, qui est très rock, nous en avons fait quelque chose de complètement différent. On a bossé avec des pads, de la batterie électronique. Ce sont deux morceaux opposés à l'origine, que nous avons opposés également dans notre manière de les reprendre.

Michel Cloup : Disons que l'on aime bien prendre le contre-pied de ce que l'on nous dit. Quand on va dans un sens et que quelqu'un nous montre un chemin un peu compliqué, on dit "Non, on préfère prendre un chemin plus simple". Et à l'inverse, si quelqu'un nous conseille quelque chose de simple, on est du genre à répondre "Non merci, on va prendre le chemin compliqué". Tout est une question d'excitation, on préfère ce qui est excitant pour nous, que ce qui est conforme aux attentes.

Vous avez en quelque sorte abordez la réécriture des morceaux, comme si vous écriviez un album à part entière ?

Michel Cloup : Parfois oui. Sur certains titres nous avons complètement changé la musique, et parfois nous sommes restés très fidèle au morceau de base.

Widy : La reprise de Mendelson par exemple ("Le brouillard"), on a juste gardé la ligne de basse et le texte, et on a changé tout le reste.

On peut presque considérer ce disque comme un nouvel album d'Experience dans un sens ?

Widy Marché : Ce ne sont pas vraiment des compos, mais c'est une recherche approfondie qui se rapproche de l'écriture de morceaux. C'est sûrement quelque chose qui va nous permettre de bosser différemment à l'avenir.

Pouvez vous m'expliquer le titre du disque : "Positive Karaoke With A Gun / Negative Karaoke With A Smile".

Michel : Au moment où l'on a commencé à écrire ces reprises, nous tournions pour "Hémisphère gauche", et nous jouions un morceau qui s'appelle "Pauvres petits occidentaux". C'est un morceau sur lequel on faisait chanter le public à la fin en même temps que cette phrase s'inscrivait sur l'écran que l'on avait sur scène. Il y avait une private joke qui circulait entre nous sur l'idée que c'était une séance de karaoké négative.

Comme il y avait le dvd où on voit les gens chanter en rigolant "Pauvres petits occidentaux", on a pensé à "Negative karaoke with a smile ». Comme on était sur une idée de reprises, ça se rapprochait du karaoké, même si ce n'est pas vraiment ça, donc "Positive karaoke with a gun" ça sonnait bien. Du coup ça créait une espèce de dualité positive/négative qui était intéressante. En plus, on était en plein dans la positive attitude de Raffarin, c'était marrant.

Je n'ai pas pu voir le dvd encore. De quoi est-il composé?

Widy Marché : C'est cinq ans de tournées sur lesquels on retrouve les morceaux des deux premiers disques, filmés à différents endroits. Ca n'est pas un concert filmé en intégralité, mais plein de bouts de live d'un peu partout. J'ai reçu pleins de K7/DV de gens qui filmaient sans même qu'on le sache.

Michel Cloup : C'est bien parce que c'est un dvd qui montre le groupe pendant cinq ans, avec beaucoup d'images qui ne proviennent pas du groupe, mais du public.

Widy Marché : On voulait montrer la réalité du groupe, et casser un peu cette image de groupe froid sur scène que nous avons. Ce qui n'est d'ailleurs pas le cas, j'espère qu'on s'en rend compte sur le dvd. Ca va de festivals en Espagne, à des petites salles en France, des grandes salles en France, des passages télés…vraiment de tout.

Vous êtes réputés pour avoir écumé à peu près tous les endroits où il était possible de jouer en France. C'est vraiment ça pour vous l'excitation d'être musicien, être sur les routes ?

Widy Marché : Oui c'est sûr. Là on a une proposition pour aller peut-être au Chili, il faut voir comment cela peut se faire, mais c'est clair que ça nous intéresse beaucoup.

Michel Cloup : C'est la réalité d'un groupe indé. Un groupe indé vitgrâce à ses concerts, donc c'est ça qui nous plaît et qui nous motive.

Widy Marché : Les pays qu'on fait pour l'instant, c'est surtout France, Suisse, Belgique, on est allé une fois à Moscou, pas mal l'Espagne aussi. On cherche encore à aller voir ailleurs si c'est possible.

C'est plus excitant que le travail en studio ?

Michel Cloup : Non, c'est pareil. On alterne en fait. Quand on en à marre de faire de faire des concerts on enregistre, et quand on en a marre du studio on fait des concerts.

Widy Marché : Quand on en a marre d'être dans le local ça fait du bien de prendre les routes, et quand on en peut plus des autoroutes ça fait du bien de revenir au local (rires).

Michel Cloup : C'est le fonctionnement classique de la vie d'un musicien.

Vous ouvrez d'ailleurs prochainement sur la tournée d'Alec Empire (ex-Atari Teenage Riot, légendaire groupe de cyber punkcore allemand des 90's). Comment vous êtes vous retrouvez sur cette tournée ?

Miche Cloup : C'est notre tourneur P Box qui nous a proposé ça et qui a booké les dates. On a dit oui tout de suite, parce que c'était une très bonne proposition. C'est assez difficile de nous programmer en France en fait, que ça soit sur des doubles affiches ou des festivals. On ne rentre pas trop dans les cases de la musique française du moment. On ne fait pas exactement la même musique qu'Alec Empire, mais on est plus dans cet esprit là, donc on a accepté tout de suite. Et puis Atari Teenage Riot, c'est quand même un grand groupe des années 90. On vient juste de récupérer le disque d'Alec Empire, mais Atari Teenage Riot à été un groupe que j'ai beaucoup apprécié.

C'est un groupe assez violent, n'avez vous pas peur de la réaction de leur public à votre égard ?

MichelCloup : Non, parce que pour le coup on va sélectionner nos morceaux les plus violents. Pour une fois c'est bon, on va pouvoir se lâcher.

Widy Marché : On ne sera pas gêné de mettre très fort les guitares.

Tu disais ne jamais être très à l'aise sur les affiches que l'on vous proposait en France. Vous sentez-vous un groupe à part sur la scène française ?

Michel Cloup : Pas vraiment à part, mais il est vrai que l'on est souvent associé à des trucs avec lesquels on n'a pas grand-chose à voir. Après il y plein de groupes avec qui on pourrait être associé sans problèmes, mais on ne s'est jamais retrouvé avec eux. Se sentir à part, oui et non en fin de compte. De toute façon, je crois qu'il y a plein de groupes en France qui se sentent à part dès qu'ils font quelque chose de différent ou de personnel. Il y a eu quand même une grosse uniformisation de la musique française depuis quelques années, il y a beaucoup de groupes qui font des disques pour passer à la radio en espérant en vendre un maximum, du coup tout le monde fait un peu la même musique.

Widy Marché : On ne cherche pas forcément à être à part, on cherche juste à faire notre truc. Dans notre manière de faire, c'est vrai que l'on aime bien les choses un peu atypiques, et qu'on aime bien ne pas avoir l'impression que l'on a déjà entendu ce que l'on fait.

Michel Cloup : Ce n'est pas de la prétention, ou l'envie de marcher sur la gueule des autres, c'est juste que l'on a envie de proposer quelque chose d'un peu différent aux gens, parce que c'est aussi ça qui nous excite chez les autres. Quand je vais voir un concert, si j'ai l'impression d'avoir déjà vu ce genre de groupes 10 ou 15 fois auparavant, je vais partir au bout de cinq minutes. On a l'impression que les gens ont besoin d'entendre des choses différentes, et c'est comme ça que l'on fonctionne au sein d'Experience. Ce n'est en aucun cas du snobisme, c'est une manière très personnelle de voir les choses.

C'est vrai qu'il est plutôt difficile de trouver des groupes avec lesquels vous rapprochez en France.

Michel Cloup : Il y a des groupes, mais le problème c'est que l'on fonctionne encore beaucoup par cases et par étiquettes en France à l'heure qu'il est. On n'arrive pas à regrouper les gens pour un esprit musical, plus que pour un style. Tu te retrouves parfois associé à des gens qui sont plus ou moins dans ton style musical, mais avec qui tu ne partages pas grand-chose finalement. On n'a pas encore trouvé un esprit commun qui pourrait nous lier avec d'autres gens, comme par exemple celui de faire quelque chose de différent, et de ne pas parler la même langue que tout le monde. Alors qu'en fait, il y a pleins de groupes comme ça en France.

En ce moment, au travers des médias, des radios, de la presse, on assiste à un nivellement par le bas, donc les choses qui sont médiatisées sont dans l'ensemble assez ennuyeuses et consensuelles. Il y a plein de groupes de teenagers qui font de la musique ultra conventionnelle et ultra ennuyeuse. Nous on cherche juste à faire quelque chose qui nous plaise, qui nous excite, et on espère que ça excitera les gens.

C'est vrai qu'il y a en France une uniformisation inquiétante de la musique, mais paradoxalement, je trouve qu'il y a de plus en plus de très bonnes choses qui sortent en marge de tout ça. Quels sont vos derniers coups de cœur musicaux ?

Michel Cloup : C'est vrai qu'il y a des bons trucs en France. J'aime beaucoup un groupe électro qui s'appelle Dammage, qui fait son truc à lui. Non Stop de Toulouse comme nous, avec d'autres anciens de Diabologum (Ndlr : l'ancien groupe dans lequel chantait Michel Cloup). Un groupe de hardcore aussi qui n'est pas mal du tout, c'est Amanda Woodward. C'est du post-hardcore, emocore, enfin ce que tu veux, mais chanté en français, ce qui emmène un truc perso intéressant qui fait que l'on n'a pas l'impression d'écouter un énième groupe de hardcore.

Widy Marché: J'irais même jusqu'au métal, avec le dernier Gojira notamment. Je n'écoute pas que du métal, mais là ça sonne quand même très bien. Dans les trucs étrangers, le dernier gros coup de cœur du groupe, c'est Light In Bolt.

Michel Cloup : C'est un duo basse-batterie instrumental américain complètement fou, qui fait une espèce de fusion de crash, de noise, de jazz rock et de tout un tas de styles musicaux. C'est en même temps quelque chose de très bruyant, de très rock, tout en étant assez expérimental…c'est grandiose.

Michel Cloup, tu as des textes relativement engagés et militants, qu'est ce qui t'inspires tes paroles ?

Michel Cloup : La vie de tous les jours en général. Les choses dont je parle me touchent personnellement, du coup je n'ai pas envie d'en parler de la manière que tout le monde, et j'espère que j'y arrive. Essayer de donner une autre vision des choses, peut-être un peu différente et moins manichéenne que ce que l'on entend d'habitude. Le rock engagé est devenu un argument commercial et relativement ennuyeux. Je n'ai pas envie qu'un mec vienne me dire "Coca Cola c'est pas bien, Mc Do c'est pas bien..", s'il n'y a rien d'autre derrière.

Je pense que l'on vit dans un système où l'on est quelque part tous complices et tous coupables, donc d'entendre des gens faire de la musique soit disant engagée, en montrant du doigt les salauds, ça me gonfle. J'ai l'impression d'être issu d'une génération un peu flinguée de gens qui en ont pris plein la gueule, et qui ne se sont pas vraiment remués pour faire bouger les choses. Je m'inclus dedans complètement, je ne cherche pas à me disculper. L'idée, c'est d'être, avec mes textes, le plus honnête possible. Etre honnête, c'est parler des choses comme on les ressent, donc à la fois de la colère, à la fois du doute…

J'essaye de montrer certaines choses du doigt, en essayant de ne pas avoir un discours trop simple, parce que finalement c'est un discours qui sert le système de toute manière. Dans la plupart des trucs engagés que j'ai entendus ces dernières années, on est plus dans l'ordre du divertissement et du marketing. J'essaye de dire les choses tels que je les ressens, même si ce ne sont pas que des choses bonnes à entendre. C'est mon point de vue, mais je pense que tant que l'on aura cette espèce de faux discours faussement rebelle et faussement concerné, on continuera à travailler dans le même système et on n'arrivera à rien.

Après ce que j'ai fait, ce n'est jamais que des textes dans un groupe de rock. Ce n'est pas un parti politique ni rien de ce genre, j'ai bien conscience que c'est un peu un coup de fusil dans l'eau, mais ça me fait du bien d'en parler et je pense que cela fait du bien à quelques personnes d'entendre ça.

Est-ce que tu sais si votre public vient plus pour la musique, ou plus pour les paroles ?

Michel Cloup : Ce dépend des endroits en fait. En Espagne, je sais que le propos est compris, mais les gens viennent pour l'énergie. En France c'est 50/50 en gros. Il y a plein de gens qui sont intéressés par le propos plus que par la musique.

Widy Marché : On ne sait pas trop en fait, c'est assez dur de se rendre compte de ça.

Comment ça se passe à l'étranger. La barrière de la langue n'est-elle pas trop contraignante ?

Michel Cloup : On est bien compris à l'étranger.

Widy Marché : Il y a des traductions de faites quand nos albums sortent dans d'autres pays, donc les textes sont compris.

Michel Cloup : Quand on fait des interviews à l'étranger, on nous parle du texte, de la signification et de tout ce qu'il y a autour.

Widy Marché : Quelquefois il s'y penche peut-être même plus qu'en France (rires).

Michel Cloup : C'est assez rassurant pour nous. De toute façon, quand tu vois un groupe sur scène, tu peux comprendre ce qu'il dit même si tu ne comprends pas la langue. Il y a plein de groupes américains par exemple, où rien qu'en les voyant sur scène, je sais de quoi il parle.

Votre dvd est peut-être là aussi pour ça, pour montrer les deux facettes du groupe : sur album et sur scène.

Michel Cloup : Oui tout à fait. On a souvent été considéré comme un groupe à textes, qui arrive sur scène et qui fait la leçon aux gens. Un concert d'Experience ça n'est pas ça du tout. C'est de l'énergie, du son, ça bouge.

Le futur d'Experience dans les prochains mois c'est quoi, en dehors de la tournée avec Alec Empire ?

Widy Marché : On va continuer de jouer en Espagne, on a des festivals jusqu'à la fin de l'été, et après ça sera de composer un nouvel album.

Michel Cloup : On a pas mal de projets à l'étranger, qui ne sont pas du tout surs mais qui avancent : Canada, Chili, Mexique…On espère que cela pourra se faire. Après, le plus important se sera de travailler sur un nouveau disque.

Bonne chance à vous pour la suite. Un petit mot à rajouter pour conclure.

Michel Cloup : Juste que nous sommes dans une époque mortellement ennuyeuse et ultra déprimante, mais ce n'est pas le moment de se tirer une balle dans la tête. C 'est le moment d'être actif et productif. Même si cela ne change pas grand-chose, ça fait déjà du bien donc c'est important. Faites de la musique ou ce que vous voulez, de la poterie si vous avez envie de faire de la poterie, mais ne vous laissez pas abattre. Il faut essayer de bien vivre dans ce monde là.

Widy Marché : Amen (rires général)

 

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# 20 octobre 2019 : De tout, pour Tous

Encore un programme bien chargé et très éclectique au travers de notre sélection culturelle hebdomadaire. Beaucoup à lire, à voir, à écouter... alors ne perdons pas de temps. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Engine of paradise" de Adam Green
"Phantom solids" de Lunt
"Fear of an acoustic planet" de Tahiti 80
"A wonder plante to" de Nilok 4tet & Daniel Zimmermann
"Six strings under" de Eric Legnini
Sarah McCoy et Dom La Nena au Nancy Jazz Pulsation
"Nothin' but" de Flyin' Saucers Gumbo Special
"Comfort zone" de Hugo Lippi
"Hors l'amour" de Jean Felzine
"A ciel ouvert" de Kaori
Rencontre avec Lady Arlette, accompagnée d'une session live et acoustique
"Vinyles, suite" c'est le titre de l'émission #3 de Listen in Bed
"Déluge" c'est le troisième volume des Mix de Listen in Bed
"Hybrid" de Yosta
et toujours :
"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Orouni en session live dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Cirque Leroux - La Nuit du Cerf" au Théâtre Libre
"Un jardin de silence" à La Scala
"Frida jambe de bois" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Fleur de peau" au Théâtre Essaion
"Habiter le temps" au Lavoir Moderne Parisien
"Wilde - Chopin" au Théâtre Le Ranelagh
"En ce temps là l'amour..." au Théâtre des Mathurins
"Imposture posthume" au Centre Culturel Suisse
"Fred Tousch - Fée" au Théâtre de Belleville
"Corinne Zarzavatdjian - Un nom à coucher dehors !" au Mélo d'Amélie
des reprises :
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Crépuscule" au Théâtre de l'Epée de Bois
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Vampires - De Dracula à Buffy" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Cléopâtre" de Alberto Angela
"Histoire du Canada" de Daniel de Montplaisir
"Je te suivrai en Sibérie" de Irène Frain
"La source de l'amour propre" de Toni Morrison
"Ordinary people" de Diana Evans
"Vik" de Ragnar Jonasson
et toujours :
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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