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Théâtre du Nord-Ouest  (Paris)  janvier 2006

Drame de Bernard Shaw, mise en scène de Marie Véronique Raban avec Odile Caminos, Jean Christophe Clément, Pascal Daubias, Thibault Dudien, Michel Feder, Yan Floriano, Pierre Gribbling, Loick Hedllo, François Leroux, Romain Lévi, Pierre Maurice, Alexandre Moriset, Rémi Oppert, Marie-Véronique Raban et Benjamin Riquet.

Réformateur, provocateur, libre penseur, et irlandais, Georges Bernard Shaw dispense dans ses textes et, en l'occurrence dans "Sainte Jeanne" qui lui valu le Prix Nobel de littérature en 1925 et lui servait aussi d'allégorie pour aborder les problèmes qui sévissaient dans son pays natal, des idées qu'on associait au "socialisme éclairé" dénonçant la sempiternelle alliance du sabre et du goupillon.

Même s'il écrivait qu'il rejetait tout manichéisme pour s'en tenir à une analyse factuelle des événements ("Il n'y a pas de scélérats dans ma pièce et j'ai pris soin d'y laisser l'atmosphère médiévale souffler librement."), il est suffisamment intelligent et habile pour estomper toute trace trop évidente de toute subjectivité.

Car parti pris il y a. Pour Georges Bernard Shaw, Jeanne d'Arc est davantage une illuminée au sens psychiatrique que religieux du terme. Potentiellement inoffensive, elle ne sert de catalyseur à la subversion que parce qu'elle est utilisée voire manipulée et il replace tout simplement le personnage devenu mythique et emblématique dans son incontournable réalité historico-socio-politique.

D'un côté, l'Eglise, le pouvoir spirituel chantre de la stratégie à géométrie variable mis au service de son unique objectif qui est d'assurer la pérennité et la prééminence de son pouvoir au dessus des lois et des hommes qui tient sa légitimité de l'obscurantisme des esprits.

De l'autre, l'aristocratie, la force au service de la raison d'Etat, déclinée en factions rivales et en luttes intestines, promptes à danser la valse des alliances pour s'opposer à la réunification du pays qui leur serait fatale.

Entre les deux, le peuple, la seule force de production du pays, dont est issue Jeanne D'arc guerrière ambiguë qui en appelle à la puissance des armes pour exécuter des ordres dictés par les voix de saintes.

Le texte de Georges Bernard Shaw, qui manie avec délectation l'humour et le paradoxe est riche, profond et brillant. Le spectacle dure près de 3 heures et pourtant à aucun moment ne se manifeste un quelconque ennui. Car même si l'histoire factuelle lui est connue, le spectateur demeure suspendu au texte et aux lèvres des comédiens pour avancer dans la réflexion que lui propose l'auteur.

Marie-Véronique Raban a su préserver cet intérêt et, en quelque sorte, ménager le suspense en épurant sa mise en scène et en conservant sans les outrer les traits d'humour de l'auteur. Rien ne vient distraire l'esprit et cependant l'esprit est ravi.

Elle réussit également à donner une grande cohérence aux différents tableaux scandés par la chronologie historique de cette vasque fresque médiévale et une belle unité de jeu de 15 comédiens qui sont tous remarquables et au sein desquels Odila Caminos, à l'étrange silhouette d'elfe médiéval face à des interlocuteurs tous masculins, intemporels, en costume de ville, incarne une Jeanne d'Arc d'un singulier mysticisme charnel et autiste.

 

MM         
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# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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