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puce Festival Les nuits de l'alligator 2006 (mardi)
Dick Annegarn - The Baptist Generals - Louisiana Red  (Paris (La Maroquinerie))  21 février 2006

Festival de l'Alligator, enfin ses nuits quoi. Un truc qui sonne blues bien sûr. Ouep, vous savez, l'imagerie traditionnelle: Blues, Missisipi, maison à perrons et bayous plein d'alligators. Alors c'est bien du blues dont on parle. "La première chaise" comme disait Lennon.

Pourquoi première chaise? J'sais pas trop. Peut être car le blues est l'origine de toute la musique populaire d'aujourd'hui, ou pour sa simplicité, la pureté de ses sentiments, l'état brut de sa fureur. Bref, si c'est Lennon qui l'a dit...

Alors on se rend dans cette salle si particulière de la Maroquinerie, un amphithéâtre au plafond bas, lieu trop démocratique pour une musique qui se veut maîtresse vaudou, la musique de la transe. De toute manière il y a peu de monde dans la salle: Parents avec leurs enfants, grands-pères solitaires et quelques rares jeunes sont assis sur les marches attendant les concerts.

C'est dans ces conditions qu'est arrivé Dick Annegarn.

L'homme a l'age de son public, cheveux poivre et sel, petites lunettes... Sauf que lui a des Doc Marten's rouge, une guitare dans les mains et c'est lui l'homme de scène. Etant le premier intervenant de ce festival, c'est lui qui va donner le ton. Et le ton n'est pas vraiment blues, un peu mais pas trop.

Attention, le type a une sacrée voix, de celle qui s'adresse au ciel directement; mais son blues est un peu trop en français, langue qui colle peu avec l'incantation mystique. Alors le discours se fera surtout entre les chansons, et tout y passe: les caricatures de Mahomet, les origines du jazz, la condition de l'Afrique du nord, l'intégrisme et Christophe (le chanteur !?). Le tout avec un humour cinglant.

 

Mais l'homme est un vrai érudit, il sait se faire intense quand le ton n'est plus à rire.

Quand il s'agit de toucher et faire pleurer, sa voix de vieux blanc se fait plus caverneuse et un véritable frisson se déplace dans la salle.

Puis il y eu cette magnifique phrase sur le blues lui même "Le blanc ne voit pas se que le bleu devine". Mais ce n'est pas l'esprit de la majorité du répertoire de Annegarn. Le reste est surtout amusant, sorte de Brassens au puissant jeu de guitare. Il fera sa reprise de "Geaorgia On My Mind" rebaptisé "Pierre" pour des questions de droit d'auteur, puis un magique "Baby PLease Don't Go".

Comme les groupes se suivent et ne se ressemblent pas, Baptist Generals envahissent la scène.

Le public très réactif envahit la fosse... mais assis. Réaction qui a l'air d'étonner un groupe que rien ne devrait plus étonner vu le degré d'alcoolémie qui s'en dégage. Puis il y a leur look franchement étonnant.

Personnellement, l'allure du bassiste m'a plus marqué que leur musique. Si vous voulez, c'était une sorte de colosse barbu armé d'une de ces grosses guitares à cinq cordes de mariachi.

Avec un tel homme des cavernes, on est en droit de s'attendre à un truc un peu énervé... mais c'est un tort.

Les Baptist General, énième groupe de chanson pop mal dans sa peau, avec des rythmiques qui progressent lentement et des arrangements un peu superflus.

On aurait dû s'en douter en fait : le chanteur avait des restes de vernis à ongles noir!

Mais rendons à César ce qui est à César: ce groupe est un OVNI. Je ne sais pas si c'est un compliment mais c'est vrai.

Puis il y eut ces deux coups de génie: une chanson menaçante à la terrible sonorité mexicaine, ainsi que cette superbe chanson composée d'une simple rythmique et parlant d'un enterrement au Texas.

Morceau qui a sauvé leur prestation et qui nous met les deux pattes dans le blues profond.

 

Le Blues qui a récupéré ses lettres de noblesse en fin de soirée. L'alligator c'est lui : Louisiana Red.

Il n'y a que deux choses à s'avoir sur lui: il est noir et est né en 1932. Alors imaginez un vieux noir de 74 ans avec un costume bleu et de petites lunettes noires... c'est l'esprit même du blues.

Bien sûr son âge l'handicapait légèrement. Il a fait tomber son capodastre de nombreuse foi, était parfois à côté du rythme, a fait des impros trop longues et a complètement raté "I Be's Troubled" dans sa version Muddy Waters.

Mais à part cela, le vieux alligator est malicieux, il a l'art et la manière de nous balader, nous faire tourner en bourrique avec sa guitare. Et il est le seul à pouvoir chanter avec cette voix a la fois rauque et cristalline. Bref, un vrai Bluesman. Les morceau joués étaient beaucoup de standard de Muddy Waters.

Tout d'abord seul puis avec son groupe, Louisiane Red prenait un malin plaisir à nous faire chavirer, à faire des cabrioles dangereuse pour son âge, et surtout, faire tourner la musique.

Puis il y a eu cet hommage à son frère où les notes se firent plus lentes, la voix plus tendue... la chanson qui rappelle que le blues se nourrit de la souffrance.

Alors moi, en seule réponse à ce monde si épais et désespéré, je fumais.

Geste qui m'a valu une remarque de la part d'une de ces personnes qui ont un physique à être prof et à lire les Inrocks: "C'est pas sympa de lui fumer sous le nez, tu sais il est vieux, il mange bio, va pas le tuer, tu fumerais sous le nez de Sarkozy je te dirai rien, où butte le carrément Sarkozy, mais lui c'est pas très sympa en tout cas...".

Fanatisme Blues ou véritable Démagogie? On s'en fout, laissons parler le fanatique et fumons en pensant à nos frères perdus.

 

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Jeudi au festival des nuits de l'alligator
Vendredi au festival des nuits de l'alligator

En savoir plus :

Le site officiel de Dick Annegarn
Le Facebook de Dick Annegarn
Le site officiel de Baptists Generals
Le site officiel de Louisiana Red

Crédits photos : Benoit Delplancke


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# 28 juin 2020 : Nouvelle Vague ?

Le premier tour des élections municipales fut le signe du début du confinement. Espérons que ce second tour ne sera pas l'appel à un second confinement. Quoi qu'il en soit : Soyez prudents, soyez heureux et cultivez vous ! c'est parti pour le sommaire en commençant par le replay de la Mare Aux Grenouilles #4 (eh oui déjà !)

Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
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"Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà" au Musée Maillol
"Le dessin sans réserve. Collections du Musée des Arts Décoratifs" au Musée des Arts Décoratifs
et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

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