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Interview  (Paris)  décembre 2005

A l'occasion de la sortie de Mr Beast, le nouvel album des écossais de Mogwai, Froggy's Delight a interviewé Stuart Braithwaite, une des éminences grises du groupe de Glasgow.

En rencontrant Stuart, on est loin des clichés et gravures de mode que l'on peut croiser lorsque l'on fait certaines interview : Pull informe, jean lambda, pas rasé, calvitie naissante, simplicité, bref pas les Strokes et encore moins les Kaiser Chiefs…

Cette entrevue a été réalisée il y a à peu près trois mois. A l'époque, les forums de divers webzines se lançaient dans des dithyrambes sur le nouvel opus des écossais. Il faut dire que l'ancien patron de Creation, Alan Mc Gee, a légèrement attisé la rumeur en parlant, à propos de Mr Beast "du plus grand disque d'art rock depuis Loveless de My Bloody Valentine"…

Débats et éclaircissements et retour sur les moments importants du groupe avec le principal intéressé, Mr Braithwaite…

On annonce Mr Beast comme un retour au source, une sorte de déluge de bruit comme c'était le cas sur vos premiers disques. Or, en l'écoutant, on trouve seulement quelques morceaux bruyants, mais l'ensemble de l'album reste tout de même plutôt apaisé…

Stuart Braithwaite : En fait, nous avons déclaré que les guitares seraient de retour sur notre prochain album, donc je pense que les gens ont colporté la nouvelle, en l'amplifiant un peu… En fait, il y a peu être un quart du disque qui sonne noisy, le reste est plus posé…

En faisant cette déclaration, vous faisiez un peu part de votre envie de refaire du bruit tout simplement, comme au bon vieux temps ?

Stuart Braithwaite : Je crois simplement qu'on aime faire du bruit. Sur les derniers albums, nous nous sommes éloignés de cette formule, mais c'est l'essence du groupe : jouer ensemble et faire autant de vacarme possible.

On peut donc dire que Mr Beast réconcilie les ambiances plus posées des derniers disques, plus orientés vers les machines, avec les assauts bruitistes des premiers disques du groupe…

Stuart Braithwaite : Probablement. Nous avons surtout pris plaisir à jouer sur ce disque. La musique est venue naturellement. Nous n'avons pas trop pensé cet album, il n'y avait rien de prémédité ou de trop conscient.

Vous avez déjà rôdé certaines chansons sur scène ?

Stuart Braithwaite : Certaines, mais il nous reste quelques morceaux à peaufiner avant que nous ne puissions les jouer…

Avez-vous joué les morceaux les plus bruyants de l'album, comme "Travel Is Dangerous" (ndlr : appelé à être un futur classique du groupe) ?

Stuart Braithwaite : Oui, on a joué ce morceau pour la première fois il y a une quinzaine de jours, mais on a encore besoin de réglages…

J'ai remarqué un détail assez marquant sur la typographie utilisée… Elle rappelle celle que l'on peut voir sur "Daydream Nation" de Sonic Youth. Pure coïncidence ?

Stuart Braithwaite : Ah ouais ? C'est une pure coïncidence. C'est une typographie de style "art nouveau", que l'on affectionne… C'est marrant ça.

Qu'en est-il de votre label, Rock Action ?

Stuart Braithwaite : Nous nous en occupons toujours, et nous sommes pas mal pris en ce moment. Nous allons sortir le nouveau disque d'un groupe de Glasgow appelé Errors, des petits jeunes qui font de la musique électronique. Nous allons également sortir le nouveau Chris Brokaw (ndlr : ancien Codeine)

Vous avez souvent collaboré avec les membres d'Arab Strap, pourquoi ne pas avoir renouvelé l'expérience ?

Stuart Braithwaite : Je pense tout simplement que nous sommes respectivement très occupés avec nos groupes. Et puis Malcom (ndlr : Middleton) vient de se lancer dans un projet solo. Mais rien ne nous empêchera de refaire de la musique quand on aura un peu plus de temps…

Les quelques personnes qui sont tombées sur la pochette du nouvel album sont mitigées : certains la trouvent carrément affreuse… A qui avez-vous fait appel pour le graphisme de la pochette ?

Stuart Braithwaite : Nous avons fait appel à une artiste canadienne. Elle nous avait envoyés quelques-unes unes de ses œuvres il y a de cela quelques années, et son travail nous avait plu. Nous lui avons donc demandé de nous faire quelque chose pour la pochette du nouvel album. Je n'ai aucune idée de ce que cela représente. On lui a juste demandé de peindre un truc et elle nous l'a envoyé.

Pour revenir à l'album, à quel moment avez-vous envisagé l'écriture de ce nouvel album ?

Stuart Braithwaite : Nous avons commencé à écrire juste après la fin de notre dernière tournée, il y a peu près un an et demi. Nous sommes entrés en studio au mois de mars 2005. Nous avons mis du temps, mais en fait, nous avons enregistré dans notre propre studio, donc il nous a fallu du temps pour nous habituer. Et puis comme c'était chez nous, il n'y avait pas à s'inquiéter de la facture, donc c'est aussi une des raisons pour lesquelles nous avons pris notre temps.

Comment se construit un morceau chez Mogwai ?

Stuart Braithwaite : Ca commence souvent par une personne sur une guitare ou une basse. Ensuite, on construit autour de ce qui est proposé et on joue jusqu'à ce qu'on tombe sur quelque chose qui nous plaise. C'est un processus durant lequel on jette beaucoup d'idées, on improvise pas mal aussi.

Au fur et à mesure de vos albums, vos morceaux se sont de plus en plus rapprochés du format chanson, peux-tu expliquer cette évolution ?

Stuart Braithwaite : En fait, je crois que l'on peut arriver à nos fins sans faire trop de longueurs, et je pense surtout que nous sommes moins patients avec l'âge.

Pourrais-tu revenir sur la compilation "Government Missions" ?

Stuart Braithwaite : Il s'agissait d'une compilation des sessions que nous avions enregistrée avec la BBC.

On aurait bien aimé retrouver "Mogwai Fear Satan" ou encore "My Father, My King"

Stuart Braithwaite : Nous n'avons jamais joué ces morceaux pendant les sessions, donc ceci explique cela.

Vous pensez à sortir un "vrai live", vu la dimension que prennent vos chansons sur scène ?

Stuart Braithwaite : C'est une chose à laquelle nous pensons, mais nous avons besoin d'enregistrements de qualité. Nous avons enregistré tous les concerts de la dernière tournée. Nous disposons d'une soixantaine de concerts.

Il vous reste des concerts de la période "Young Team" ?

Stuart Braithwaite : Il nous reste très peu choses de cette période car nous n'avions pas le matériel adéquat… Quoiqu'il nous reste un enregistrement pour la radio française d'un de nos concerts à la Cigale en 1997. Si nous sortons un album live, nous voudrions faire les choses correctement.

Peux tu nous parler du festival All Tomorrow's Parties, et de votre engagement pour ce festival ?

Stuart Braithwaite : Nous avions joué à la première édition du festival avec Belle And Sebastian. Ensuite on nous a demandés de choisir les groupe à l'affiche. C'est ainsi que le concept du festival All Tomorrow's Parties est né : un groupe programme les gens qu'il veut à l'affiche. C'est devenu un incontournable. Tous les ans les gens sont impatients de connaître l'affiche et de venir voir les groupes jouer.

On vous a assez vite rattachés au mouvement post-rock en 1997. Il y a eu un engouement assez limité dans le temps pour cette scène. D'ailleurs aujourd'hui on avoue difficilement qu'on a pu être un jour fan de Tortoise… Vous avez réussi à vous en sortir en gardant une certaine constance. Comment expliques-tu cela ?

Stuart Braithwaite : On ne s'est jamais considérés comme faisant partie de quelconque scène ou mouvement. Nous sommes juste un groupe de rock, qui a toujours eu la volonté de progresser. A la sortie de "Happy Songs For Happy People", certaines personnes ne s'intéressaient plus à nous, mais nous pensons que cela reste un très bon disque. Même la presse n'était pas super enthousiaste à son sujet. Nous avons essayé d'éviter d'écouter ce qui se disait sur nous à l'époque. Quand un groupe commence à trop écouter ce que l'on dit sur lui, c'est là que les choses se compliquent.

C'est en réaction à l'accueil mitigé de vos albums plus calmes que vous vous êtes remis à faire du bruit sur "Mr Beast" ?

Stuart Braithwaite : Non, pas du tout. D'ailleurs, "Happy Songs for Happy People" a très bien marché. Je ne pense pas que cela ait un rapport avec la musique. Au Royaume-Uni et en Europe, j'ai l'impression que les gens étaient passés à autre chose musicalement. La mode était au retour au rock garage, nous proposions une approche différente, et cela n'intéressait pas les médias. Mais non, le retour à des morceaux plus bruyants n'est pas une réaction à l'accueil plus mitigé de notre dernier disque, loin de là. Mais même sur cette dernière tournée, nous jouions des morceaux comme "My Father, My King" ou encore "Mogwai Fear Satan".

Tu disais être peu intéressé par les groupes qui jouent du rock garage basique. T'intéresses-tu as des choses comme Steve Reich, le minimalisme ou la musique concrète ?

Stuart Braithwaite : Bien sur ! D'ailleurs il y a certains morceaux sur le nouvel album qui rappellent les motifs répétitifs de Steve Reich. Je n'écoute pas beaucoup de musique concrète, même si je m'y suis intéressé lorsque j'étais encore étudiant. Mais il y a beaucoup de groupes qui proposent des choses intéressantes : Sun)))))O, Lightning Bolt. Les gens semblent à nouveau intéressés par les musiques bizarres, déviantes. Ces groupes proposent des choses excitantes en concert. Et puis les gens qui vont voir ces concerts ne sont pas forcément des vieux, on croise un public jeune attiré par ce genre de musique.

A la sortie de "Cody", les ambiances sombres proches de Slint étaient omniprésentes. Tu fais partie de ceux qui incluent"Spiderland" dans leur panthéon discographique ?

Stuart Braithwaite : Je ne sais pas si j'ai une vénération particulière pour ce disque, mais c'est un album formidable. C'est Dominic du groupe qui m'a fait découvrir cet album. Pour moi ce disque jette un pont entre les différentes choses que je peux aimer : Joy Division, Les Cure et des influences plus américaines comme Sonic Youth. J'ai adoré les voir au festival All Tomorrow's Parties. C'était incroyable.

Il y a de cela dix ans, Dave Pajo (ex guitariste de Slint, Tortoise, et …Zwan) était venu donner un coup de main à la batterie pendant un concert au Zodiac, à Oxford. Pourrais-t-on s'attendre à une collaboration discographique plus poussée ?

Stuart Braithwaite : j'aimerais bien. Dave est un bon pote, et c'est un excellent musicien. Je pense encore une fois que c'est un problème de temps. Il a son propre studio à Louisville, donc c'est envisageable. Mais ma femme me dirait un truc du style : "Traîne pas avec ce type ! Ca sent les ennuis"(Rires.)

Vraiment ?

Stuart Braithwaite : Oh oui !!!

Quand est-ce que la tournée de "Mr Beast" passera par la France ?

Stuart Braithwaite : En avril au Bataclan.

Pourrais-tu résumer la musique de Mogwai en trois mots et sans trop réfléchir ?

Stuart Braithwaite : Pas si mal !! (Rires)

 

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En savoir plus :

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