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Interview (première partie)  (Paris)  13 mars 2006

Il y a des semaines qui ne ressemblent à aucune autre. Cette semaine était de celles ci, la semaine où je devais rencontrer Patrick Eudeline. Ce fut la semaine de l'insomnie, des soiréesr passées à retourner les questions dans ma tête en même temps que je me retournais dans les draps.

Puis le lundi tant attendu arriva. Tout le stress accumulé disparut dès que je fus au pied de l'immeuble, un stress qui fit la place a un immense plaisir.

La porte de Patrick Eudeline n'a pas de sonnette, on doit "frapper un coup puis deux autres". La démarche du bonhomme est tout de suite reconnaissable. Il nous ouvre la porte, souriant, accueillant. "Excusez-moi, j'ai des mails super importants à finir, ça prendra 2 minutes." Pas de souci, le quart d'heure passé nous suffira pour admirer les piles de bouquins, les albums, la vingtaine de guitares et la penderie pleine de fringues.

L'homme lui frappe à l'ordinateur la tête à deux centimètres de l'écran, avec une frénesie que je ne connaissais qu'à certains pianistes. Le pauvre clavier ne doit pas faire long feu. " J'ai fini, vous voulez du café ?". Scène d'anthologie, Eudeline faisant du café, cherchant le sucre, "nettoyant" la vaisselle. Tout chez cet homme prête à sourire car il est vraiment lui.

C'est ici que la conversation commença, le plus naturellement du monde. Technikart, les Inrocks, la cigarette, la drogue, les jeunes groupes, ce genre de sujets qui fut abordé. Apres avoir fini son capuccino avec les doigts, il nous propose de passer dans le studio. "Vous avez vu mon clip?", "Oui je suis tombé dessus au Virgin", "Et alors qu'est ce qui s'est dit"... Alors je pars dans mon explication où certains aiment et ont hâte de le voir au showcase, et d'autres trouvent sa musique gerbante et son clip trop facile... bref.

Au moins ça fait réagir les gens.

Eudeline : J'osais espérer... rien n'est pire que l'indifférence et tout cela (il ferme son zippo brutalement). En même temps c'est vraiment drôle de voir comment les gens entendent les choses. En plus, quand on compose une chanson, on pense aux autres, on le fait pour eux. C'est un truc vraiment important. On a l'impression de faire une chanson pop classique, puis quand on entend les réactions... mais qu'est ce qu'ils ont entendu là ! Leur réaction m'étonne... qu'ils aiment ou qu'ils n'aiment pas d'ailleurs.

Votre album "Mauvaise étoile" est de toute manière très déroutant. Il y a un vrai contraste entre vos live très électriques puis là des choses orchestrées...

Eudeline : Ouais, mais je trouve que ce sont les deux versants du Rock and Roll. Sur la scène ça doit être comme cela, électrique et tout, puis sur le disque, les penchants symphoniques, c'est l'autre pendant de la même chose. Iggy disait la même chose. Iggy adore les trucs de crooner, il en a même fait. Mais sur scène ça n'a rien a voir. Sinon c'est le Pink Floyd... c'est une autre histoire.

Mais le disque et la scène ce sont les deux manières de concevoir la même chanson. Puis l'orchestration, moi qui ait toujours adoré la pop, qui est un fou des Beatles, ou Phil Spector qui est un héros absolu, c'est logique que je fasse cela. Même a l'époque de l'Asphalt je rêvais de faire des chansons orchestrées à la Spector, mais je n'en étais pas capable techniquement.

En fait il vous a fallu le temps pour apprendre la musique.

Eudeline : Oui. J'ai vraiment dû passer par plein d'étapes pour arriver à ça. J'ai vraiment l'impression que j'aurais pas pu faire ce disque avant. J'aurais peut être pu faire les paroles, des choses comme cela, mais pas aussi bien. Ca ne pouvais être que maintenant.

Donc ce disque, vous l'avez fait maintenant car c'est le meilleur moment. On a beaucoup de mal a savoir quand se situent les chansons de cet album, à quel moment de votre vie. Un moment j'ai même pensé que l'ordre des chansons suivait l'ordre de votre vie.

Eudeline : Sur les histoire de passé et présent, même si là t'as pas une guitare fabriquée après 73, on vit aujourd'hui et on raconte des histoires d'aujourd'hui. Ce que je raconte c'est ce que je vis en ce moment. Sinon ça n'existe pas, ou c'est un truc fabriqué où l'on reproduit une époque. Ca, ça ne m'intéresse pas. Mais à part cela, je pense que le Rock'n'Roll a eu son âge d'or et que maintenant cette forme est révolue. La création réside dans comment on va utiliser tout ces acquis du passé. Mais le jazz a un peu le même problème de toute façon. C'est un peu comme en histoire: il y a eu le Baroque où a cette époque la création passait par la recréation du passé. Même Debussy partait de Couperin, du Moyen Age...

Le truc sûr, c'est que même s'il y a des guitares et des mélotrons, ce disque est un disque d'aujourd'hui qui n'aurait pas pu être fait à une autre époque. En plus y'a ProTools et tout cela, soient des techniques d'aujourd'hui. Et je ne cache pas, la preuve : c'est bien marqué sur la pochette, que à côté de tous les trucs vintage y'a ProTools. Les White Stripes eux font exprès d'enregistrer sur un magnétophone à l'ancienne et tout cela. Mais moi je n'avais pas envie de cela, de faire une re-création historique.

Puis l'avantage des White Stripes c'est qu'ils n'ont pas vécu l'époque qu'ils reproduisent.

Eudeline : C'est vrai, c'est drôle. Lui est arrivé juste après vu son âge. Il n'a rien vu des trucs vraiment importants. Des fois je me demande si ce n'est pas mieux. En même temps je suis content d'avoir vécu tout cela, mais lui il en a l'image, le fantasme, voila quoi. Les deux approches sont intéressantes, et puis de toute manière, on ne choisit pas quand on naît. Même moi à mon âge pourtant canonique j'ai l'impression d'avoir raté le plus important. Je suis arrivé juste après le vrai grand âge d'or des Beatles, d'Hendrix et compagnie.

Juste après quoi. ça fait que j'en ai eu le goût mais je ne l'ai pas vécu, j'étais juste trop jeune. Ce qui est drôle c'est que ma génération est celle du Punk Rock. L'origine du Punk Rock ça a été ça : des gens frustrés de ne pas avoir vécu l'âge d'or des sixties, et qui se retrouvaient en pleine période baba un peu lourde, et ils ont voulu recréé tout cela. Ca a vraiment démarré comme cela. Même les trucs qui sont à l'origine comme les New York Dolls. La frustration est de toute manière l'un des moteurs du Rock.

Pour en revenir à l'album, ce sont les thèmes qui semblent en décalage avec votre présent : vous parlez énormément d'amour désenchanté alors que vous venez de vous marier. C'est paradoxal.

Eudeline : Je vais dire... là... déja on peut se marier pour faire plaisir à quelqu'un ou entériner une situation. C'est vrai que je vis aujourd'hui d'une manière beaucoup plus équilibrée. En réalité, je n'ai jamais eu une vie aussi équilibrée. Mais ce que je pense vraiment de l'amour... en plus ça veut tout dire l'amour, on peut avoir des sentiments très forts pour des gens... Mais cette chanson on l'a écrite un soir avec Daniel (ndlr : Daniel Darc)... un soir... comme cela. Mais je pense que... (blanc) ...peut être que je pense cela (rires). Je ne sais pas trop quoi te dire. C'est très délicat de répondre à ça. Puis c'est une obsession.

C'est comme la mauvaise étoile, même si objectivement on pourrait trouver que ça va pas trop mal, que j'ai connu tellement pire, mais j'y pense toujours.

L'histoire de la Mauvaise Etoile c'est toute la période des années 80, début 90. J'ai vraiment cru à ça, j'ai eu cette impression là. Maintenant je pense que ta Mauvaise Etoile est ta Bonne Etoile, c'est à dire que les choses très dures qui t'arrivent t'en protégent d'autres. Tout est ambivalent. Mais tu vois, encore aujourd'hui j'ai une telle angoisse, même pas du futur car c'est demain... c'est un truc qui me quittera plus jamais. (Pour le citer encore, Daniel dit que son problème de ne pas pouvoir prendre de chose.. c'est qu'il se réveille tout le temps avec une telle obsession, une vraie peur de la mort et tout. Il n'arrive pas à jeun à le supporter. Supporter ce qu'est le monde..).

Mais en tout cas il n'y a pas d'ordre chronologique dans les chansons, elles ont toute été écrites à la même période, il y a un an ou deux. Même celle qui dit "l'amour n'existe pas", c'est même l'une des plus récentes que j'ai écrites (Rire). J'étais effectivement marié et tout.

C'est vrai qu'un disque aussi fataliste comme le suggère le titre de l'album, à une époque où vous semblez plus heureux, pouvait laisser penser que vous parliez du passé car vous aviez le recul suffisant.

Eudeline : Bien sûr il y a un côté comme cela. Mais il y a des choses qui ne te quittent jamais. En plus je sais que tout ce que je vis est très fragile, ça peut s'arrêter demain.

C'est bizarre car vous semblez avoir la même attitude que Gainsbourg face à la mort, l'homme dont vous aviez dit être la seule image adulte à qui vous pouviez penser... dans le fait que vous n'arrêtez pas de fumer...

Eudeline : Ah oui c'est clair, je ne m'arrêterai pas de fumer. Mais en même temps, la vrai vérité du bon Dieu... si demain un docteur me disait "Si tu continues t'en a plus que pour 3 mois", je ne peux pas te dire quelle serait mon attitude. Peut être que j'ai une incapacité chronique à être vraiment heureux ou serein. Les gens qui vivent avec moi connaissent bien cela. Puis... pour Gainsbourg, "Manon" qui pour moi est l'une des plus belles chansons qui existent sur l'amour, il l'a écrite en pleine période où il était avec Birkin et que tout cela semblait idyllique. Il a écrit ses plus belles chansons d'amour douloureux à l'époque où il était avec Birkin, justement dans une histoire très forte, peut être la plus belle de sa vie. Il a écrit "Je t'aime moi non plus", "Manon", les chansons d'amour les plus désespérées qui existent. C'est marrant, c'est en en parlant que je le réalise d'ailleurs (rire).

"Je t'aime moi non plus" n'avait-elle pas été écrite pour Bardot ?

Eudeline : Si si, il l'a écrite pour Bardot, mais il connaissait Jane Birkin. Au début c'est Bardot qui la chantait. Il existe même une maquette où c'est elle qui la chante.

Version que je n'ai jamais trouvée.

Eudeline : Elle est trouvable maintenant. Y'a longtemps c'était compliqué, mais là elle est trouvable.

Comme il paraît quelle est très bien.

Eudeline : J'crois que je préfère l'autre, mais après... Mais bon Gainsbourg c'est pas pour rien si pendant toute la période d'enregistrement j'évitais de l'écouter, pour éviter d'être trop influencé, qu'il y est pas de plans qui ressortent. C'est drôle parce que Burgalat, que l'on accuse souvent d'être sous influence gainsbourienne, ça fait des années que je ne l'ai pas écouté, et c'est pour les mêmes raisons.

Car en plus, quand tu fais un truc en français dans ce pays, c'est tellement une icône évidente, une référence évidente, que vaut mieux laisser cela dans l'inconscient collectif, même si ça ressort quand tu mets des violons dans une chanson française, que tu écris une chanson pop comme celle qui ouvre l'album : "Agneau glacé". Là, j'ai senti que c'était très Gainsbourg sixties, alors j'ai même forcé le trait, je l'ai fait chanter par les filles (ndlr : Trixy des Violet, la manageuse des Violet , Teunese du Blog rock child que l'on nomme Million dollar Baby, et une certaine Anabel).

D'ailleurs, tout à l'heure on parlait dans votre cuisine des jeunes groupes et des questions qu'ils pouvaient vous poser sur la drogue. Vous avez dit que ça les attire, les questions, mais est ce que ça les dérange? Car quand on lit votre receuil "Gonzo", la drogue est très présente, c'est l'un des trucs qui fait nous poser la question terrible: peut on faire du rock sans drogue?

Eudeline : Je ne crois pas ca, je crois qu'il n'y a que des expériences personnelles. Je pense qu'il y a des gens qui n'en n'ont pas besoin, je le crois vraiment. Il y a des gens à qui l'héroïne réussit objectivement, ça leur réussit plutôt, puis d'autres pas du tout. Il n'y a que des expériences individuelles et on ne peut pas généraliser. Evidemment ce n'est pas une condition absolue pour faire quelque chose de fort. Je ne crois pas avoir écrit un truc pareil.

Ce qui est sûr c'est que la plupart de mes héros ou des gens qui m'ont influencé avait un rapport très fort avec la drogue. Que ce soit dans le jazz, la littérature ou le rock, tu tombes dessus. Mais c'est pas un truc obligé. Puis ce qui est pervers c'est que ça fait tellement partie de la mythologie de l'art en général, alors quand on fait quelque chose... Par exemple, avant que je connaisse ça par moi même, quand j'avais 15 ans et que j'avais rien pris de sérieux, je connaissais tout en théorie, car je l'avais lu dans des livres, écouté des chansons, tout ça. Puis il y a aussi un truc d'époque.

Quand sur des concerts il y a tous les Naast et machin, je leur dis "De toute façon ne vous défoncez pas, la dope elle vaut plus rien.." c'est presque pas une boutade. C'est une manière de faire passer un message. Puis il est vrai que chaque époque à un rapport avec la drogue.

Donc vous êtes plus que parrain de la nouvelle scène parisienne, vous êtes protecteur par rapport à eux.

Eudeline : Ca me paraîtrait un manque de responsabilité... c'est normal que quand tu vois des adolescents, que tu les fréquentes de près, tu te sens responsable de ce que tu leur dis et fais. Surtout quand tu sais que tu les influences. Y'a un an, y'en avais pas un seul qui fumait, maintenant ils sont tous là avec des clopes. Et là je suis loin d'être le seul responsable : je pense que plus la Seita dira "C'est mal de fumer", plus eux trouveront ça rebelle et Rock and Roll de fumer (rire). Mais c'est une responsabilité, donc j'y pense et je fais attention à ce que je dis.

C'est la moindre des choses, je ne me le formule même pas. Qu'ils me demandent comment jouer un truc à la guitare ou un truc sur les dopes, c'est pareil, je leur réponds du mieux que je peux. Puis c'est pas un truc paternaliste car, certes au début ça me frappait tellement qu'ils aient 16 ans et tout, mais maintenant, à force de les voir, j'oublie. Ce sont des musiciens de rock dans d'autres groupes avec qui je suis copain. Donc bon, je fais attention à ce que je dis, mais c'est tout naturel.

Donc justement, comment s'est passée la rencontre avec eux?

Eudeline : Bah c'est très simple. Il y a 10 ans, quand la techno est arrivée, je me suis retrouvé confronté à une génération avec qui je n'avais rien à dire, je ne savais pas de quoi ils parlaient (rire), même leur concept et tout ; il y n'y avait pas de parole, pas de chanson, pas de chanteur, ils ne voulaient pas de gens sur scène ni d'image. Puis moi en même temps je découvrais l'électronique, le logiciel... je trouvais que c'était une fumisterie sans nom, j'hallucinais. Ca me mettait en colère que des gens prennent ça au serieux... bref je n'avais rien à leur dire.

Et d'un seul coup, 10 ans plus tard arrive une génération de gamins qui me parle des Small Faces, de tout ce que j'aime, on partage ça, je ne vais pas faire la fine bouche évidemment. Je sortais d'une expo de photos, un truc très Rock and Roll, je crois que c'était Leee (Ndlr: Il y a bien trois e) Black Childers, le mec qui photographiait les Dolls.

Et là je tombe sur les trois Naast sapés comme des princes qui me sautent dessus : "Ouais, Patrick Eudeline, on a toujours été fans de "L'asphalt" C'est comme ça que cela s'est passé. Il m'ont dit qu'il faisaient un concert dans trois jours et j'y suis allé par curiosité. Mais faudrait vraiment être pisse froid pour faire la fine bouche. C'est comme ça que je vois les choses.

Et les Violett, pourquoi avez-vous décidé de les aider?

Eudeline : Parce qu'elles ont un énorme potentiel. Je pense qu'il faut qu'elles signent vite. Le même problème que les Brats, qu'elles ne laissent pas passer leur moment. Les Brats disent "Oui, on va faire comme dans les sixties, on va tourner un maximum". Mais je leur dis "TOUT DE SUITE!!" Les maisons de disque, connes comme elles sont, dans trois mois elles sont ailleurs, plus là dessus, dépêchez vous. Ca c'est le genre de bon conseil que j'essaye de leur donner.

Les Violett, je pense qu'il faut qu'elles se dépêchent car il y a un vrai potentiel, elles écrivent de vraies chansons. Que t'écrives du Rock and Roll violent ou n'importe quoi, ce qui compte c'est la chanson. On raconte des trucs, que ce soit avec une guitare électrique, un violon, une guitare acoustique... le truc c'est la chanson. Après c'est une question de forme. Elles, elles le font bien. Puis l'équilibre entre les deux est bon.

C'est pour cela que vous nous avez tous aidés avec votre "Chanson Mode D'emploi" ?

Eudeline : Ca c'était vraiment pour. J'ai écris ce truc en pensant à tous les groupes qui se formaient. J'aurais adoré avoir un truc comme cela à leur âge. Je l'ai vraiment écrite pour les aider.

C'est dingue le nombre de manifestes que vous avez pu écrire.

Eudeline : Mais c'est important d'être un passeur. J'en ai connu des passeurs. Quand ce bouquin génial de Jean Jacques Schuhl, "Rose Poussiére" est sorti, ça a été un émerveillement, un truc vraiment important. Des gens qui écrivaient dans Rock & Folk quand j'avais 13-14 ans, c'était une bible pour moi, c'était l'époque importante de ce journal avec des gens brillants. Ce rôle de passeur est important. Puis moi ça m'amuse de parler de fringues et d'accord de guitare (rire).

Et justement, vous disiez il n'y a pas si longtemps que vous n'arriviez plus à écouter de musique comme à l'adolescence.

Eudeline : Ca c'est un gros problème mais c'est inévitable. Quand on est vraiment concerné par l'art d'écrire une chanson, on écoute de manière analytique. Quand j'étais ado et que je ne savais pas faire trois accords sur une guitare, je recevais le truc en pleine tronche. Maintenant je ne peux pas m'empêcher d'analyser, comme si il y avait deux écoutes et qu'une parasitait l'autre.

Très vite j'ai cherché à voir comment c'était foutu, les accords qui sous-tendaient la chanson, la construction et tout cela. C'est inévitable. En plus quand j'étais ado, c'était l'époque la plus forte, chaque semaine sortaient ce qui sont devenus les classiques absolus. Aujourd'hui ça n'arrivera plus. Mon écoute ne sera plus la même comme la musique n'est plus la même.

Alors la supercherie des boucles?

Eudeline: Dans les année 90, j'hésitais... en parler... j'osais à peine le dire (rire). C'est vraiment ce que je pense. Dans le principe de la boucle, et je ne parle pas de "révolution" des Beatles où ils utilisent des boucles comme bruitage. Mais le principe d'entendre un riff, de l'enregistrer et de le faire tourner sur trois minutes... Puis ça fait que tu ne peux pas le développer comme une chanson. Ca commence en mi, t'es en mi jusqu'à la fin. C'est de l'impuissance.

Ca me fait penser quand j'avais 13 ans et que je rêvais de faire une chanson super avec la base de tel morceau, la guitare de, la batterie de... ça ressemble à ça. Je ne peux pas prendre ça au sérieux. J'étais halluciné quand dans les années 90 les critiques disaient "le grand disque de Boards of Canada qui ont samplé Eric Satie". Et alors, Big dill , tout le monde connaît Eric Satie. Ils le connaissent, ils passent un disque de lui et vous trouvez ça génial?! De quoi on parle là!! Mais là je parle vraiment des boucles, je pense qu'elles ont tué la rap et tout cela. Le rap au début, y'avait une force, la suite logique de la grande musique noire.

Au début, j'avais fait un voyage à New York et ça vibrait dans la rue, on le sentait. Le systématisme de la boucle a tué la créativité qu'il pouvait y avoir dans cette musique. L'électro est très souvent une musique cache misère. C'est comme ces gens virés des maisons de disque qui n'ont plus le moyen de faire un vrai disque avec des musiciens et tout cela.

Alors ils disent: "On va faire un disque électro", traduire : "On va faire un disque avec les logiciels sur l'ordinateur" (rire). Je ne peux pas prendre cela au sérieux, même si je ne peux pas généraliser. Mais bon, c'est aussi le défaut de la culture musicale. Je vais dire : "White Noise a fait la même chose en mieux en 1969 donc que l'on vienne pas me dire que c'est génial".

C'est pour cela que votre personnage de "Dansons sous les bombes" est puni à la fin?

Eudeline : Ouais tout à fait.

En parlant de "Dansons sous les bombes", le personnage c'est vachement vous.

Eudeline : Bien sûr... j'ai essayé de sortir de ça mais ...bien sûr !

Alors que sur le roman suivant, vous assumez pleinement votre rôle de narrateur.

Eudeline : Oui, "Dansons sous les bombes", je ne peux pas le nier, je le sais. Même que pendant que je l'écrivais, c'est l'une des questions que je me posais. Au début le type ressemblait beaucoup à Burlagat, des gens différents de moi. Puis j'ai tellement de points communs avec Bertrand, dans la culture, la manière de faire que ça faisait une différence que dans les fringues ou ce genre de nuance. Dans le fond la différence est vraiment mince. Donc j'ai fait ça comme cela.

Dans votre album, il y a une image littéraire qui revient souvent, c'est celle du "sel de la terre". De quoi s'agit-il?

Eudeline : C'est une image biblique, que je n'ai pas découvert dans la Bible mais via les Rolling Stones. Il y a "Salt of the Earth" dans l'album "Beggars' Banquet", et je me suis demandé ce que ça voulait dire. Ca a même été repris par des théoriciens. Le sel de la terre c'est les travailleurs, les gens pauvres, c'est l'humanité souffrante dans son thème biblique comme marxiste. "Buvons au sel de la terre", c'est "Buvons aux pauvres gens".

Puis dans "La houle", vous exprimez toute votre obsession pour la musique. On en vient presque à se dire que ça en devient handicapant.

Eudeline : Non, ça ne m'handicape pas. Mais y'a plein de gens qui écoute de la musique d'ambiance ou dite d'ambiance. Moi je ne peux pas car quand j'écoute, j'écoute vraiment. Quand j'écris, j'écoute pas de musique. C'est pour cela que ça me gonfle que dans n'importe quel restaurant, n'importe quel café il y a de la musique partout. Déjà j'aime pas le principe, ça vulgarise l'une des choses les plus importantes pour moi, et en plus dans la pratique, ça me parasite.

Trop de musique tue la musique en gros. Maintenant j'écoute des morceaux précis car j'ai une obsession pour cette chanson, ou par rapport à ce que je compose, ou c'est une phase comme cela... Mais l'I Pod qui tourne avec tout un programme, ça jamais. Ou quand il y a des amis, parce que je suis pas un ours (rire), enfin j'essaye.

L'I Pod vous êtes vachement pour quand même.

Eudeline : Oui, mais je ne m'en sers jamais comme lecteur MP3. En fait je m'en sers comme disque dur, j'ai tous mes contacts dedans, maintenant j'ai un métronome, un accordeur de guitare, tout les accords (rire). Puis pour les concerts, y'a toute les paroles si j'ai peur d'avoir un trou de mémoire. Mais lecteur MP3, uniquement quand il y a des amis. Mais j'aimais déjà pas les walkman donc jamais je me baladerai dans la rue avec des écouteurs.

Si on en revenait a l'album. "Sunday Marine" et cette évocation du Nord. Pourquoi cette région spécifiquement?

Eudeline : Bah déjà, dans mes goûts, je suis du Nord, j'aime pas le Sud. C'est pas ma culture. Puis Lille c'est la seule ville avec Paris où j'ai un peu vécu. Puis je suis très sensible à cette région, au point qu'il est un poète belge mineur, assez décadent qui s'appelait Rodenbach que je ne connaissais pas... il y a de ça 10-15 ans. J'avais écrit un texte et c'était très proche de lui, presque les mêmes mots. C'est des choses que je ressens fortement.

En plus, quand faut partir en vacances dans le Sud pour faire plaisir à quelqu'un ou autre... d'ailleurs plus personne ne me le propose. Faut dire que c'est un cauchemar absolu de me traîner en Corse où je sais pas où (rire). Ca me gonfle, il fait chaud, j'aime pas le soleil, j'aime pas la chaleur, comment les gens sont habillés quand il fait chaud, je trouve ça vulgaire... la totale. Quand on va sur une plage j'enlève même pas mes bottes. Je suis pas de là.

Mais Lille est une ville qui a beaucoup changé aujourd'hui. Elle s'est dynamisée, elle se met a la mode anglaise...

Eudeline : Oui ça a changé, bien sûr. Mais il reste un truc dans le Nord. Puis c'est comme Londres, ce n'est plus le Londres que j'ai aimé, mais y'a un truc qui sera toujours là, dans ces pays, cette atmosphère.

Puis "Sunday Marine" c'est aussi Bruges. Je me souviens être allé à Bruges un dimanche et c'était fascinant. Ca fait longtemps. Il parait qu'aujourd'hui c'est plus touristique donc faudrait peut être pas que j'y retourne.

Il vaut mieux parfois garder ses souvenirs plutôt que de se faire du mal.

Eudeline : En plus, peut être que je l'ai embellie, que c'est comme un tableau.

Puis c'est le morceau qui clôture l'album. L'avant dernier était sur votre mort, puis vous finissez sur quelque chose d'ouvert, la mort d'une région. Ce n'est pas un hasard.

Eudeline : Non, clairement. Puis c'est tellement important l'ordre des chansons, sans aller jusqu'au concept album. J'ai pensé faire un concept album avec un lien encore plus fort entre les chansons. Mais l'idée me semblait artificielle. En plus, pour le coup, je risquais d'être trop référentiel a certains grands albums de l'histoire comme "Sergent Pepper...". Mais l'ordre des chansons, c'est comme leur nombre. C'est pas parce que le CD permet de mettre une heure de musique que tu dois le faire.

C'est comme les concerts longs, j'aime pas. En plus je trouve assez prétentieux de supposer que tu peux fasciner les gens pendant deux heures. En moins d'une heure tu as le temps, puis t'es obligé de donner le truc à fond. Pareil, le disque dure aussi longtemps qu'un vinyl, c'est une longueur idéale. C'est le temps qu'il faut.

De toute manière, les seuls albums que l'on peut dire parfaits sont assez courts.

Eudeline : Je pense. Même George Martin disait que le "Double blanc" des Beatles aurait fait un simple parfait. En même temps je le trouve tellement fort (rire). Mais ils pensaient qu'ils ont eu tort de faire un double, qu'ils n'ont pas été assez exigeants. Mais que ça soit pour l'écriture ou la musique, il faut en enlever le plus possible, garder le meilleur, ne pas se répandre.

Ca veut dire qu'il y a eu des coupes franches sur cet album, qu'il y a des titres dans un carton ?

Eudeline : Il y en a assez peu car j'ai une manière de travailler qui fait que... j'ai la vision d'une chanson comme un tableau où je sais le thème, une idée des paroles, la forme que ça va prendre, et après je le réalise. Si c'est un truc qui me parait pas crucial, ça reste au stade de l'ébauche. J'ai énormément d'ébauches de chansons un peu prés écoutablse avec des formes à la guitare acoustique ou au piano. Des chansons abouties, il en reste assez peu, deux ou trois. Mais les chansons en préparation, il y en a beaucoup.

Donc dès le départ il y a une idée de la longueur du disque avec une vision de ce que ça va être. Ce n'est pas "J'écris, j'écris et je verrais ce qui se passe?"

Eudeline : Non, non. Dès le début je savais ce que je voulais comme longueur, équilibre entre les morceaux rapides, lents, la forme et tout cela. Apres ça c'est affiné, mais la forme générale... l'image mentale du disque.

Vous n'avez donc pas eu à trier parmi 50 chansons ?

Eudeline: Non. Parmi 50 orchestrations de la même chanson, ça oui. Chaque chanson a pris beaucoup de temps. J'ai changé la forme, les orchestrations, hésité sur les mixes et ce genre de chose. Mais les autres sont restées sous forme de maquette.

Puis il y a vraiment ce côté que l'on retrouve chez les gens qui viennent du punk avec des chansons d'un côté très tribal, puis après l'écriture, un très fort travail d'orchestration.

Eudeline : On est tous, ou on se ressent tous de la grande école, aussi bien la Motown que des groupes orchestraux anglais. C'est assez commun, ça va ensemble. Même au début des Clash quand ils ont commencé avec des trucs très "Vlam", trois accords violents et tout, ils avaient déjà en tête les albums qui allaient venir, "London Calling", le chemin qu'ils allaient prendre. D'ailleurs les groupes comme cela on prit ce chemin, comme les Dammed. Après des premiers albums vraiment "Vlam Vlam", ils ont fait des albums très orchestrés. C'est un truc de cette génération, c'est notre culture.

Par contre je n'ai pas vraiment pigé la reprise de "Un jour mon prince viendra".

Eudeline : L'histoire c'est comme dans un trip d'acide ou tu entends cette mélodie, en plus c'est l'image de l'amour et ce que l'on voudra, puis ça se passe mal et ça dégénère. C'est psychédélique pour le coup. Puis je suis obsédé pas cette mélodie, je trouve que c'est une sorte de perfection et cela m'amusait de la détruire et l'orchestrer comme cela.

La détruire puis la reconstruire.

Eudeline: Ouais, je suis parti de l'orchestration, ça m'a fait penser à Miles Davis avec les trucs d'orchestre joués destroy ou autre.

Et qu'espérez-vous pour cet album?

Eudeline : Je verrais bien. Je suis trop parano pour dire quoi que ce soit. Je fais tout au mieux puis on verra. Puis si... tu vois là j'avais un groupe qui est là, où ça se passe bien, je vais faire une tournée et des choses comme cela. Ca dépend de plein de chose, on verra. Mais l'idée à la base, l'idée prétentieuse était d'être pleinement reconnu de mes pairs. Un mail de Christophe ou de Baschung imaginons, ça vaut mieux que beaucoup. Alors oui il y a des idées prétentieuses comme cela (rire). Sinon je ne sais pas ce qui va se passer.

C'est un plaisir personnel au départ?

Eudeline : C'est la chose importante que je veux faire dans la vie. C'est beaucoup d'emmerdements franchement. Je pourrais me contenter d'écrire, ça serait plus simple puis c'est un milieu plus sympa. Style, dans le rock, tout le monde se tire dans les pattes, y'a beaucoup de haine. J'ai même été surpris en étant actif là dedans de voir à quelle point tout le monde est tendu, ça rigole pas.

Tout le monde protége sa prérogative, son petit pré carré, son succès... Tu n'as qu'à faire un festival... Bien sur y'a des amitiés, mais ça rigole pas. Faire un concert, ne serait-ce qu'avec un groupe comme les Hushpuppies, tu sais pas ce qui va t'arriver. T'as pas intérêt à ce qu'il te manque un médiator, t'as intérêt à amener ton ingénieur du son, tu vois ce que je veux dire, compter le temps qu'il reste sur scène. Non je plaisante mais...

C'est pas si Rock and Roll que ça !

Eudeline : Non, c'est pas si généreux que ça. Dans l'écriture c'est aussi difficile, y'a plein de bouquins qui sortent, mais je sais pas. J'avais vraiment été touché à la période où je sortais "Ce siècle aura ta peau", il été épuisé en librairie, pas sorti en livre de poche. Un jour à Ardisson, t'as Ann Scott, Virginie (ndlr : Virginie Despentes) qui ont dit à Ardisson: "Faut absolument sortir ce livre", par pure générosité. Ce genre d'entraide j'ai l'impression qu'elle n'existe pas dans le rock.

Chacun défend ses ventes potentielles ?

Eudeline : Ouais c'est ça. Bon je ne parle pas de Daniel Darc qui est mon ami et qui m'aidera s'il peut le faire. Bien sur il y a des amitiés. Faut nuancer. Mais d'une manière générale c'est ça. En même temps je comprends car c'est dur. Tout ça pour dire que faire de la musique, c'est le truc qui compte le plus pour moi. Même si je j'écris à nouveau des romans et que c'est un truc important. Là je laisse passer un peu de temps pour me re-nourrir, et je veux pas que ça soit systématique. Pourtant ce n'est pas forcément facile car ça veut dire du blé. Dire à Grasset que j'en fais pas cette année alors qu'ils te font le chèque. On a tous les mêmes problèmes.

Et le regard que vous avez pas rapport à l'ensemble de votre oeuvre quelle soit musicale ou littéraire? Vous êtes un éternel insatisfait ?

Eudeline : Oui, mais en même temps ça doit être terrible de se dire "Je ne ferai jamais mieux". Faut mieux que ça soit ça, faut toujours courir après le truc ultime. Je crois que c'est Mallarmé qui a écrit le bouquin ultime, donc tu cours après le bouquin ultime ou le disque ultime. Evidemment ça n'existe pas le disque parfait, en plus cela ne veut rien dire le livre parfait, le disque parfait. Mais tu cours après. Moi je cours après une chanson pop idéale que je dois avoir dans ma tête, qui en plus doit être contradictoire : un mélange d'"Eloise" avec un peu de "Spell on You", "Hey Jude" des Beatles (rire), j'en sais rien. Puis je n'aimerai pas être Ray Davis, avoir écrit "Sunday Afternon"... qu'est ce que tu veux faire après cela ?

Y'a un truc qui ma toujours étonné, vous ne parlez jamais de Neil Young ?

Eudeline : Pourtant j'aime vraiment... enfin c'est un hasard. C'est pour moi un vrai grand. Y'a beaucoup de gens que je mets dans les très grands, donc peut être que je ne pense pas assez à lui. Et Neil Young c'est énorme. Du "Buffalo Springfield" à aujourd'hui. Puis aujourd'hui, c'est l'un des seuls pour le coup qui continue à sortir des disques forts. Il n'a pas eu une période énorme puis après plus rien quoi. En plus il s'est diversifié. Il sait que ce qu'il fait de mieux c'est la country folk, mais il a fait des disques électro, à la limite de l'industriel, du rock années 50... il se remet à chaque fois en question. Et puis quelle voix... Houla ouais.

 

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La chronique de l'album Mauvaise étoile de Patrick Eudeline
L'interview de Patrick Eudeline - deuxième partie (13 mars 2006)

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Crédits photos : David Didier (plus de photos sur Taste of indie)


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# 10 novembre 2019 : Non à la morosité

Faites une pause avec l'actualité, faites une pause avec les réseaux sociaux et profitez plutôt de notre sélection culturelle hebdomadaire avec des tas de belles raisons de se réjouir un peu. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy
et toujours :
"A l'oblique" de Phôs (Catherine Watine & Intratextures)
"So cold streams" de Frustration
"Liszt : O Lieb !" de Cyrille Dubois & Tristan Raes
"Au revoir chagrin" de Da Silva
"Ca" de Pulcinella
"Roseaux II" de Roseaux
"Symphonic tales" de Samy Thiébault
"Ca s'arrête jamais" de The Hyènes
"Ils se mélangent" de Djen Ka
Rencontre avec Joséphine Blanc accompagnée d'une session 3 titres acoustiques
"Funkhauser" de My Favorite Horses
Oiseaux Tempête et Jessica Moss au Grand Mix de Tourcoing

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Une des dernières soirées de Carnaval" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Mille et Une Nuits" au Théâtre national de l'Odéon
"21 Rue des Sources" au Théâtre du Rond-Point
"La dernière bande" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Mademoiselle Julie" au Théâtre de la Tempête
"Que Crèvent tous les protagonistes" au Théâtre 13/Seine
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génié" au Studio Hébertot
"L'Effort d'être spectateur" au Théâtre du Rond-Point
"Le Nouveau Cirque du Vietnam - Teh Dar" à l'Espace Chapiteaux de La Villette
"Olympicorama - Epreuve n°4 : le 100 mètres" à la Grande Halle de La Villette
"La Diva divague" au Théâtre de Dix Heures
des reprises :
"Les Membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Change me" au Théâtre Paris Villette
"Corneille Molière - L'Arrangement" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Qui croire" à la Comédie de Béthune
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec:

"Greco" au Grand Palais

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Noura rêve" de Hinde Boujemaa
"Countdown" de Justin Dec
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson
et toujours :
"A comme Eiffel" de Xavier Coste & Martin Trystam
"Demain est une autre nuit" de Yann Queffélec
"L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent" de Philippe Delerm
"La frontière" de Don Winslow
"Les quatre coins du coeur" de Françoise Sagan
"Miracle" de Solène Bakowski
"N'habite plus à l'adresse indiquée" de Nicolas Delesalle
"Une vie violente" de Pier Paolo Pasolini

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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