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Interview  juin 2022

Tu ne connais peut-être pas le nom de Jean-Marc Sauvagnargues, mais il y a peu de risque que tu ne connaisses pas celui des Fatals Picards. L’un est indissociable de l’autre depuis plus de 20 ans !

Jean-Marc, passionné de chansons d’amours et de Variété Française, a mis à contribution le confinement pour rendre un magnifique hommage à Michel Berger, en nous proposant 10 titres de l’artiste français qui nous a quittés le 2 août 1992.

C’est dans le cadre de ce projet que Jean-Marc nous a accordé une interview, mais tu t’en doutes, nous n'avons pas parlé que de ça.

Avant de lui laisser la parole, je tiens à le remercier pour le temps qu’il m’a accordé, la disponibilité et la vraie gentillesse dont il a fait preuve et enfin, merci pour la très belle dédicace. Oui c’est un Message Personnel ! (C’est bon, tu as la réf ?)

Tout d’abord pourrais-tu te présenter ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Je m’appelle Jean-Marc Sauvagnargues, 54 ans, marié, 4 enfants, j’habite la région parisienne, mais je suis originaire des Cévennes et je suis le batteur des Fatals Picards depuis 22 ans !

Est-ce que tu peux nous parler plus en détail de ton album solo, qui vient de sortir qui s'appelle Ton piano danse toujours ?

Jean-Marc Sauvagnargues : C’est mon troisième album solo, qui est vraiment né du confinement. En fait, j'avais depuis très très longtemps envie de faire un album en hommage à Michel Berger mais j'ai toujours pensé que pour chanter Michel Berger, il fallait jouer du piano. Moi je ne suis pas pianiste, je suis batteur depuis plus de 42 ans maintenant et le confinement a été l'occasion de me lancer ce défi un peu fou !

Je me suis dis : tu vas faire du piano et je me suis mis au piano 5h à 8h par jour et nuit. Pour te dire, je gère les Fatals Picards à 100%, j’en suis le manager. Il y a eu les concerts annulés et le confinement a été pour moi une semi dépression quand même. Et puis c'était la tournée des 20 ans, il y avait vraiment une grosse construction, on a commencé à gérer les annulations et je me suis dit : il faut faire quelque chose sinon tu vas devenir fou et donc je me suis lancé ce défi de voir si je pouvais jouer du piano.

Au bout de 4 mois de piano je me suis dit : c'est possible, tu vas pouvoir faire cet album. Et là, j’ai fait un truc terrible pour ne pas faire marcher en arrière : c’est de lancer un crowdfunding.

J'ai dû bosser encore plus, trouver des musiciens et commencer à bosser comme un dingue pendant un an et demi sur ce projet. Il est sorti et j'en suis très fier parce qu'on a vraiment bossé comme des fous sur ce disque pour essayer d'être à la hauteur de l' œuvre de Michel Berger.

Ce qui m'a intéressé, c’est de savoir sur quels critères tu avais choisi les titres ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Je connais par cœur les 10 albums de Michel Berger, les albums qu'il a fait pour France Gall, moins que les siens, mais quand même pas mal, mais aussi Starmania, etc.

Au début, je me suis dit que je n'allais prendre que dans les albums de Michel Berger et puis non, parce qu’il y a des pépites de partout. Je me suis forcé quand même à prendre quelques tubes, comme "La Groupie du pianiste", "Quelques mots d’amour", "Celui qui chante" et d'aller chercher aussi des chansons un petit peu moins connues comme "Mon piano danse", comme "Lumière du jour", ou "La minute de silence", il y en avait des encore moins connus que j’aurais voulu faire, mais je les garde pour un volume de 2.

Et j’ai pris deux chansons de France Gall qui me paraissaient incontournables. "La déclaration d'amour" qui est la première chanson qu’il a faite pour elle et ensuite "Cézanne peint" qui marquent un tournant dans la carrière de Michel Berger et aussi "Message personnel" qu'il a fait pour Françoise Hardy et qui a totalement relancé sa carrière. Comme "La déclaration d'amour" a relancé la carrière de France Gall. C’est un relanceur de carrière, Michel Berger !

Personnellement, j’ai adoré ta reprise de "La Déclaration d’Amour", parce qu’elle est plus proche, de l'interprétation de Michel Berger !

Jean-Marc Sauvagnargues : A partir du moment où j'ai décidé de choisir des chansons, j'ai arrêté d'écouter les versions. Je les avais en tête, il n'y a pas de souci mais j'ai arrêté d'écouter les versions pour ne pas faire du copier-coller.

J'ai oublié de te dire pourquoi j’ai fait l’album. C’est que, pour moi, Michel Berger, c'est le plus grand songwriter français, et pour plein de raisons : le premier groupe où j’ai commencé à jouer à 12 ans de la batterie, on a fait des reprises de Michel Berger. Mes parents avaient un orchestre de bal et ma mère chantait du France Gall. Et ma femme est fan absolue de France Gall. Michel Berger, c'est la bande originale de ma vie.

Quand je ne suis pas derrière la batterie des Fatals Picards à taper comme un sauvage, j'écoute des chansons d’amour, pleines de mélancolie et de nostalgie. Michel Berger est le gros champion de la chanson d'amour.

Alors justement, tu disais tout à l'heure que c'est ton troisième album solo, est-ce que tu peux nous parler des deux précédents ? Il me semble avoir entendu des reprises et des titres originaux ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Alors c’est un peu mélangé. Le premier album que j'ai fait en 2015 : Novembre 67. J'avais jamais prévu de faire un album en tant que chanteur parce que je ne me considère pas vraiment comme un chanteur, musicien qui chante éventuellement. Pour le premier album, j’ai un ami qui s’appelle Michel Jourdan, c'est le plus grand auteur français qui a écrit tous les tubes de Julio Iglesias, de Mike Brant, un monsieur qui est âgé maintenant, les grands morceaux de Marie Laforêt, mais aussi pour Sinatra, Barbara Streisand. C’est quelque chose de fou.

Et un jour, il m’appelle et me dit : il faut que tu passes à la maison et je lui demande pourquoi et il me répond : je t'ai écrit une chanson. Je lui ai dit : Michel, tu te trompes. J’ai crû qu’il avait pris un coup de soleil (rires). Il m’a dit : tu te trompes, dans les Fatals Picards tu chantes, notamment "Mon père était tellement de gauche", viens écouter ce que je t’ai écrit !

Il m’a écrit une chanson qui s'appelle "Les gens qu’on aime" qui, pour moi, est une des plus belles. Ensuite, il m’en a offert deux autres. Je me suis demandé ce que je pouvais faire de ses chansons. Le meilleur moyen de le remercier est de les enregistrer du mieux possible.

Du coup, il y a d'autres copains qui m’ont offert des chansons, moi, j'en avais dans mon cartable que j'ai mis dedans et voilà, c'était le premier album, de chansons d’amour parce que c’est mon truc.

Et le deuxième album c'est un hommage, non pas pour des chanteurs, j’ai toujours été passionné par la bossa-nova, on ne m’attendait pas là du tout. J’ai fait en 2019 un album de bossa nova.

Il y a des chansons en portugais que j'ai un peu traduites en français, d'autres, on a fait des mélanges et trois bossa-nova que j'ai fait dans cet album avec le groupe A Banda qui est un groupe de Bossa Nova français et je peux le dire, ce sont les meilleurs. J'ai mis longtemps pour les caster, ils ont accepté de faire cet album avec moi et j'en suis très très fier parce que l'on a vraiment beaucoup bossé.

Julien Doumenjou qui a fait tous les arrangements, la guitare et ce garçon d'abord qui est d’une humanité folle d'une gentillesse folle a un talent phénoménal. Je suis très très fier de cet album. Je n'en ai pas beaucoup fait la promotion. Autant dire que c’est compliqué de faire la promo d’un album de bossa nova en France. Les gens trouvaient que je n’étais pas légitime mais je m’en foutais ! Il faut faire les choses dont on a envie, avec le cœur et la passion. Et avec beaucoup de travail !

Il y a un titre où j'ai vraiment vraiment accroché, c'est "Monsieur Georges" !

Jean-Marc Sauvagnargues : C'est dans le premier album. C’est la deuxième personne dont je suis fan. C’est toute mon enfance, mon père était très très fan et il est inégalable. A cause de lui, je me suis même interdit d'écrire des chansons parce que c’est un génie, maître de la mélodie et des textes. C'est le plus grand de tous ! Berger c’est autre chose. C’est les années 80. Brassens c’est le texte, une mélodie sa guitare, point à la ligne.

Je vais te poser une question piège où tu n'as pas le droit de répondre Berger et Brassens ! Si tu avais la possibilité aujourd'hui de faire de la scène avec un artiste français ou étranger décédé et que tu puisses le faire revenir sur scène, avec qui aimerais-tu jouer ?

Jean-Marc Sauvagnargues : J'aurai vraiment aimé jouer avec Michel Berger !

On s’en doute !

Jean-Marc Sauvagnargues : Sans hésiter : Charles Aznavour ! Ce n’est pas forcément le mec le plus sympathique de la terre. Je trouve que dans le music hall, c’est un des plus grands et puis niveau chanson d’amour, c’est pareil.

Quand vous avez fait la chanson avec Les Fatals Picards, "Le chanteur de variété", tu as dû prendre un pied d’enfer ?

Jean-Marc Sauvagnargues : C’est Michel Sardou ! Pas pour des raisons politiques, mais comme chanteur.

J'ai pensé tout de suite à Delpech, les années Carpentier !

Jean-Marc Sauvagnargues : J’ai une tendresse terrible pour Michel Delpech, mais vraiment vraiment. Michel Delpech et Gérard Lenorman, c'est ce qui me ramène en enfance. Tu l’as compris, je suis un mec ultra nostalgique. Et quand j’écoute du Michel Delpech, je suis plongé dans mon enfance et il a quelque chose dans la voix qui me fait du bien. Et il y a un batteur, qui est un ami, Flamm, batteur des Rabeats qui vient de faire un album en hommage à Michel Delpech.

Justement, quel est le batteur que tu préfères, qui t’a peut-être donné envie de faire de la batterie ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Les batteurs qui m’ont vraiment donné envie, que j’écoutais c’est Richard Kolinka de Téléphone, en France il a rehaussé la batterie, c’était brutal, de la folie. Il y a tout ce qu’il fallait dedans et Steward Copeland pour Police qui, pour moi, a aussi révolutionné pour partie cette musique.

Il y a aussi des batteurs ultra-techniciens, que je n’écoute plus parce que cela m’intéresse beaucoup moins. J'aime la musique, les chansons. Dans Police, la batterie est vraiment mise au service des titres. Comme Kolinka dans Téléphone. Je n'aime plus du tout, ça m'a passé, des trucs de musique ultra compliqués avec des batteurs qui font des mesures asymétriques. J’écoute de la musique pour me faire plaisir, pour le texte. Et la batterie m'intéresse quand elle est au service de la chanson.

Nouvelle question, où tu n’as toujours pas le droit de répondre Michel Berger ou Georges Brassens : quel est ton album doudou ? Celui dont tu ne peux pas te passer ?

Jean-Marc Sauvagnargues : C’est Getz / Gilberto de Joao Gilberto, Jobim et Stan Getz.

Alors, on va revenir à l’album hommage à Michel Berger : est-ce que tu as des concerts de prévu pour faire la promotion de l'album de Michel Berger ?

Jean-Marc Sauvagnargues : C'est très compliqué parce que les Fatals Picards ont une très grosse tournée, sur le nouvel album, mais je pourrais dire même permanente. Tous les ans, on fait entre 70 et 90 concerts et en 2023-24 il y en aura beaucoup. Et les gens qui veulent entendre Berger, veulent les vendredi et samedi, forcément. En province, personne n’a envie que j’aille jouer du Berger un jeudi soir. Mais il y a un premier concert le 28 janvier 2023 au Zèbre de Belleville et là, je vais annoncer les 4 premiers concerts en province auxquels j'ai eu envie de répondre oui.

Je m'y attendais pas du tout mais il y a une vraie demande pour que j’aille jouer Michel Berger en province, j'ai vraiment découvert en faisant cet album qu'il y avait des gens orphelins de Michel Berger, de France Gall et que personne ne l’a vraiment rejoué.

Tu l’as compris, je n'ai pas besoin de jouer Michel Berger pour gagner de l'argent. Ce n’est que pour la passion et j'ai écrit un petit spectacle où en 24-25 chansons je retrace la carrière de Michel Berger. Je parle, je chante, il va y avoir des projections. J’aimerai en faire une dizaine par an, et si on accepte de me prendre le dimanche après-midi j’irai.

Alors on parlait des Fatals Picards tout à l’heure, on va en reparler…

Jean-Marc Sauvagnargues : Parce que les Fatals Picards, c'est ma vie !

On ne peut dissocier les deux. Première question : quel est ton rôle dans la composition ? Par exemple, tu chantes "Mon père était tellement de gauche", est-ce que c'est toi qui as écrit le titre ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Non, pas une seule ligne ! Celui-là, c'est Laurent le guitariste, Paul le chanteur et l'ancien chanteur Yvan, tous les trois. Mais quand l’ancien chanteur est parti, je leur ai dit elle est pour moi ! Parce qu’elle raconte ma vie ! Quand j'étais gamin, mon père allait coller des affiches pour la Ligue communiste révolutionnaire, tu vois, c'était important pour moi de la chanter ! Et je n'aimais pas la version qu'on faisait avant. Trop rapide et 4 tons plus haut. Donc je me suis dit : on va la poser cette chanson. D’ailleurs, dans mon album solo j’en ai fait une version de 7 minutes avec des cordes et j'en avais très envie.

Et quand je dis que Les Fatals Picards c'est ma vie : C'est ma vie ! On s'appelle tous les jours alors qu'on se voit 100 jours par an. C’est un groupe depuis qu'on est tous les quatre, on ne s'est jamais engueulés une seule fois. Je le dis parce que je crois que ça n'existe pas. Voilà, on n'a pas joué depuis 15 jours et on n’en peut plus de ne pas se voir, c'est un truc de malade, ce groupe !

Et tout ça aussi parce que cela s'écrit avec le public, c’est une relation fusionnelle. On a besoin d’aller les voir avant, après. Ils nous posent des questions sur internet et je réponds à tous. On a vraiment créé des liens avec les fans.

J'avais particulièrement adoré la captation vidéo dans un musée, à Lille, si je ne me trompe pas.

Jean-Marc Sauvagnargues : Ce n'est pas particulièrement un bon souvenir pour moi, parce que c’était techniquement très compliqué.

On sentait pendant cette captation le plaisir que vous aviez d’être ensemble ! Tout comme pendant le confinement et les vidéos de Paul. On sentait cette relation !

Jean-Marc Sauvagnargues : Oui parce que, quand tu vis 80 voire plus que ça, plus de 100 jours par an avec 7 autres bonhommes, parce que nos techniciens sont très fidèles et que tu ne te vois plus, c’est un truc de fou ! Et Paul a lancé ce truc, il était confiné, je ne sais pas où dans la Creuse, il n’en pouvait plus, il a eu cette idée et c'était très chouette.

Et comment tes camarades des Fatals Picards voient tes incartades solo ? Est-ce que vous en parlez ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Je les fais rire ! Ils se disent : mais qu’est-ce qu’il va faire le coup d’après ? Ils sont vraiment beaucoup plus rock que moi, c'est une certitude. Yves est un vrai guitariste de rock, Laurent aussi, mais il aime aussi Renaud et Brassens, et Paul est beaucoup plus punk dans l’esprit, même s’il écoute aussi des choses beaucoup plus posées !

Ils ne sont pas du tout Michel Berger et quand je leur ai dit que je le faisais, ils ont dit : ah oui, d’accord… (rires) C’est assez souple. Tant que tu nous en parles pas trop ! (rires) Cet album est vraiment un produit du confinement que j’ai fait seul et c'était une volonté de ma part. Pour les autres, ils ont participé.

Dans les Fatals Picards, toutes les décisions sont prises à quatre. Je m’exprime souvent pour le groupe parce que je sais ce qu’ils pensent, mais si j’ai un doute je leur demande et s’il y en a un qui n’est pas d’accord, on ne fait pas les choses.

Et j’avais besoin de faire un projet où j’étais le seul à décider de tout ! Depuis les titres jusqu’à la photo en passant par le choix du batteur, du guitariste. Et c’est bien aussi de temps en temps de faire les choses, aussi, tout seul.

Est-ce que ça t'ouvre des portes de faire partie des Fatals Picards ? Qui est plutôt un groupe de "déconne" (et ce n’est pas péjoratif, attention !)

Jean-Marc Sauvagnargues : Nous ne sommes pas que ça. Nous sommes des musiciens et nous avons évolué musicalement avec les Fatals Picards.

Pour revenir à la question, ce n'est pas une aide pour les Fatals Picards, les gens croient qu’on est un groupe régionaliste, que tu fais du ska. Quand tu as fait l'Eurovision, tu t’aies tiré toutes les balles dans le pied. Pour les grands penseurs du rock'n'roll, on est des comiques. Pour la variété, ils croient que l’on fait de la chanson à boire. Donc déjà ce n'est pas facile pour les Fatals Picards, bien qu'au bout de 20 ans, on se rend compte qu'on est en train de devenir un groupe un peu culte !

Un groupe qui existe depuis 22 ans, a fait plus de 1000 concerts (dont 11 Olympia) et vendu 500.000 disques. Ce qui fait que certains qui n’avaient jamais écouté se disent : "tiens, ça vaut le coup de s’y intéresser parce qu’ils sont encore là !

Quand tu dis que tu as fait un album de bossa nova, un album de reprises, ça perd un petit peu le public, mais je ne vais pas me refaire. J'aime la musique. Je pense musique non-stop. C’est aussi pourquoi je m’occupe d’autres artistes, et pas rock, parce que j’ai fait le tour du rock alternatif.

Je fais des trucs de variétés parce que ça m’éclate la musique. Et que j’aime toucher à tout. La musique, je pense quand tu y mets du cœur et quand on prend du temps, même dans la variété, la variétoche, si tu as de bons musiciens, de jolies mélodies et de jolis textes, si tu trouves un public et que tu t'intéresses quelqu'un, tu as touché dans le mille.

Tu me tends une perche qui est extraordinaire. Tu disais que tu es manager, j'ai découvert Petite Gueule. J'ai écouté, ça n'a rien à voir avec les Fatals Picards. J'aimerais que tu me parles de Petite Gueule et puis des autres groupes.

Jean-Marc Sauvagnargues : J’ai reçu des titres au début du confinement. Je reçois beaucoup de sollicitations, mais il n’y a que 24h dans une journée et j’en prends très très peu. Je reçois donc une maquette. C’est du rap. Je n’ai pas cette fibre, je sais reconnaître de superbes textes, mais je n’ai pas cette fibre là.

Donc j'écoute et je vois l'écriture, les mélodies fabuleuses et je trouve qu'elle a un talent monstrueux et je lui fais une mail en lui disant : ce que tu fais c'est génial mais je ne suis pas la bonne personne, je ne saurais pas t'aider, en tout cas fonce dans ce projet, qui était aussi né pour elle pendant le confinement.

Et le truc est resté dans ma tête toute la nuit. Je me suis relevé à 3 ou 4h du matin pour écouter à nouveau. Je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de ce truc là, c'est une bombe. Je lui ai écrit en lui proposant de faire un essai. Je voulais voir si ça me faisait le même effet en direct, parce que je ne crois qu’au direct ! Elle est venue le lendemain chez moi. Je fais écouter à mon épouse, qui a trouvé ça dingue aussi.

On a produit quelques titres. Je l’ai emmené dans l’émission The Artist de Nagui. Elle a fini finaliste, elle a terminé deuxième. Elle aurait dû gagner ! Mais c’est le vote du public. Je lui ai trouvé un tourneur. Elle a beaucoup de dates cet été et commence à Avignon la semaine prochaine.

Elle a sorti un EP et à la rentrée on va travailler sur l’album et tenter de lancer tout ça ! C’est pour moi, entre le rap et la tradition de la chanson française. Elle se revendique rappeuse.

Il y a d’autres artistes ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Il y a Eko Eko, qui pour le coup font de la pop variété. Ils sont deux, et sont de fabuleux mélodistes. Ils jouent aussi avec un autre artiste dont je m’occupe, qui est Natis. Il fait de la chanson populaire et c’est un super entertainment. On a déjà tenté un truc avec Natis et on retente un truc à la rentrée.

Je ne m'occupe que de ces trois-là, je me suis occupé au début d’un truc de fou : un duo de gamins qui s’appelle Max et Mango pour qui j’ai écrit deux albums avec un copain qui s’appelle Hervé Carasso. Je me suis aussi occupé de la petite Lou sur TF1 et qui a été deux fois disque de platine. Je me suis occupé aussi des Enfants de la terre chez Sony, parce que quand tu t’es occupé d’enfants, on te sollicite. J’ai été prof, donc j’ai une bonne fibre avec les gamins. Mais je ne m’occupe plus d’enfants maintenant.

Je ne m’occupe que de trois artistes, parce que Les Fatals Picards me prennent beaucoup de temps et mon projet solo que je que je vais essayer de faire tourner un peu plus maintenant.

Justement, pour le projet solo, j'ai vu que tu utilises beaucoup les réseaux sociaux. En fait, c'est comme ça que tu fais ta promo ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Là c’est particulier, parce que c'est un album de reprises. Donc déjà les radios qu'on a tenté d'aller démarcher, et je le comprends très bien, te disent non. Parce qu’ils diffusent les originaux. Ils n’ont même pas voulu écouter les propositions que j'ai faites. C'est dommage parce que les chansons comme "Mon piano danse" ou "Lumière du jour", enregistrées avec des moyens d'enregistrement actuels, on leur aurait amené une autre couleur qui aurait pu passer mais ce n'était pas possible, ça ne leur convient pas.

J’ai fait quelques grosses émissions de radio quand même. Parce que certains ont vu que l’album était pas mal. J’ai des musiciens exceptionnels, ça sonne grave.

J’ai les réseaux sociaux. Mon compte était complet et ma page végétait à 5000 amis. Elle va passer les 14.000 cette semaine et ce sont quasiment que des fans de Berger, orphelins et qui se sont aperçu que c’était pas mal et que ça leur plaisait. Je m’attendais à être démonté par les fans et pas du tout.

J’ai eu deux critiques négatives, il y en a un qui m'a dit : c'est très très mauvais et un autre qui m’a demandé si je n’avais pas honte.

Je trouve cela inutile de dire que l’on n’aime pas. Les gens ne se rendent pas compte du travail qu’il y a derrière !

Jean-Marc Sauvagnargues : D’une part et parfois il y a des choses qui te font même un petit peu mal ! Parce que tu passes des heures, et tu sais l'énergie et la passion que tu as mis dedans. Alors en effet, il y a des trucs que je n'aime pas mais quand j'e naime pas un truc, je ne le dis pas.

Tu peux ne pas aimer l'écriture de quelqu'un mais je ne le lui dis pas. Je comprends très très bien. Par exemple pour Les Fatals, il y a de l’humour que les gens ne comprennent pas. Et je le perçois totalement ça par contre tu peux difficilement dire que c'est mal écrit parce que ce n'est pas vrai.

Beaucoup de gens ne retiennent que la partie "humoristique", ou le passage à l'Eurovision mais quand on écoute "Mon arbre" ou "Ton portable" entre autres ou "Morflé", on n’est plus dans l’humour !

Jean-Marc Sauvagnargues : Il y en a pleins, comme dans le dernier album où on dénonce les ventes d’armes, les complotistes, etc. Il y a des chansons comme "Le combat ordinaire" ou "Dans un ciel de premier Mai" qui auraient pu passer des barrières qu’elles n’ont pas passées !

Ce sont les médias. Certains pensaient qu’on était qu’un groupe de clowns et ne sont pas allés beaucoup plus loin. D’autres trouvaient qu’on était un peu trop engagés.

C’est dommage, mais les concerts sont complets partout en France et pour nous la rançon du travail est là. C’est quand un gars vient, découvre et revient avec des potes ! Les Fatals sont en pente douce, mais ça n’a fait que monter.

Et paradoxalement, c'était une question qui me taraude, c'est que vous faites quand même toujours du crowdfunding ?

Jean-Marc Sauvagnargues : Justement c'est une idée que j'ai eu il y a longtemps. Le premier qu'on a fait c’est en 2014 pour notre DVD. On s’entendait très très mal avec notre maison de disques. Je trouvais que le crowdfunding qui était tout nouveau correspondait aux rapports que l’on avait avec nos fans. Et je voulais totalement qu'on se sépare de notre maison de disques de l'époque.

Et ce premier crowdfunding a été un succès énorme qui nous a permis de faire un DVD de qualité. Cela permet, avant la sortie du disque, de voir si le public te suit. Et surtout cela permet de s'affranchir totalement de la maison de disques et donc tu décides toi même si tu écris un titre, tu ne leur fais pas écouter les titres avant parce que ça c'est une abomination. Tu décides des studios où tu vas enregistrer, de ton timing. Tu décides vraiment de tout !

Alors, on va revenir à l'album solo, est-il envisagé de le sortir en vinyle ?

Jean-Marc Sauvagnargues : C’est prévu. Mais j’ai dû arrêter la commande parce qu’il n’y a plus de matière première. J’en dois à des gens. J’ai dû arrêter parce qu’au début c’était 24 semaines, puis 36 pour l’attente. Je suis en train de chercher une nouvelle structure pour sortir les vinyles. Le mastering est prêt pour le vinyle. Et je pense avoir trouvé une structure pour le fabriquer... J’ai envie de le voir trôner à côté de ceux de Michel Berger.

Ne serait-ce que pour la pochette intérieure et le dessin où tu es avec Michel Berger !

Jean-Marc Sauvagnargues : Je n’avais pas de photo de Michel Berger ou alors il fallait payer des droits exceptionnels. Le seul artifice que j'ai trouvé dans l’album est de prendre un faux Michel Berger de dos et de demander à un ami, qui est un super dessinateur (Juan) de me dessiner à côté de lui.

Nous arrivons à la fin de cette interview. C'est toi qui fermes la porte et je te laisse le mot de la fin !

Après une interview comme celle-ci où on a parlé de mes passions, j’ai envie de dire aux gens, et pas qu’aux musiciens : vous avez envie de faire un projet (j'adore les projets, c’est un truc qui me fait vibrer), quand vous avez un projet il faut s’y accrocher à mort, s’y atteler contre vents et marées, contre tout ce que l’on peut vous dire.

Si vous avez envie de vous mettre au piano à 50 ans, mettez-vous au piano. Si vous avez envie de commencer la batterie à 60 ans, faites-le ! Parce que c’est possible et je le dis en connaissance de cause, parce que le premier défi était de sortir cet album et je tiens à remercier les musiciens avec qui je l’ai fait et qui sont exceptionnels : Vincent Bidal qui est le pianiste de Bruel, Mika et Mylène Farmer, Guillaume Stelly, le bassiste, qui a réalisé l’album avec Vincent, qui joue pour Cabrel et c’est lui qui a réalisé les albums des Fatals Picards, Matthieu Zim, le batteur, est le batteur de Véronique Sanson, et Kamil Rustam, le guitariste, qui a joué avec Michel Berger et de France Gall. Et Edouard Algayon, guitariste lui aussi, qui a joué avec les plus grands.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Ton piano danse toujours (hommage à Michel Berger) de Jean-Marc Sauvagnargues

En savoir plus :
Le Bandcamp de Jean-Marc Sauvagnargues
Le Soundcloud de Jean-Marc Sauvagnargues
Le Facebook de Jean-Marc Sauvagnargues


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# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
"Le cartographe des absences" de Mia Couto
"Le coeur ne cède pas" de Grégoire Bouillier
"Le tumulte" de Sélim Nassib
"Un profond sommeil" de Tiffany Quay Tyson

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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