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Interview  (Paris)  20 avril 2006

Rosa Ruiz est George Sand, le temps de quelques confidences sur sa vie avant son retour à Nohant. Elle a écrit ce spectacle, inspiré des écrits de George Sand, la scandaleuse, une femme libre et engagée, qui est née il y a deux siècles. Inspirée, elle incarne avec beaucoup de sensibilité et de justesse une femme manifestement hors du commun qu'il n'est pas trop tard pour découvrir.

Nous avons rencontré une comédienne attachée à son métier et à la cause des femmes.

Pourquoi George Sand?

Rosa Ruiz : La rencontre avec George Sand résulte un peu du hasard. Je jouais dans "La maison de Bernarda" de Federico Gracia Lorca et l'assistant d'Eve Ruggieri cherchait une comédienne pour interpréter George Sand dans un spectacle qu'elle mettait en scène théâtre et concert, concerto pour quatre cordes et deux pianos. Il est toujours délicat d'interpréter un personnage historique et je ne connaissais quasiment rien, de George Sand.

Quand je me suis donc mise à lire des biographies et ses correspondances, je suis tombée amoureuse de George Sand ! J'ai eu envie écrire à son sujet en me basant plus sur ses idées humanistes, féministes, sur sa générosité.

Ce spectacle est librement inspiré des écrits de George Sand ce uqi a dû vous demander un travail considérable ?

Rosa Ruiz : J'ai fais de nombreuses et longues recherches sur elle et cela m'a pris 2 ans. Certes pas de manière continue mais ce fût un travail intense. D'autant plus que si elle est un peu méconnue elle a écrit quelques 80 romans et contes, "Histoire de ma vie" fait 20 volumes et sa correspondance comprend plus de 20 000 lettres. Je n'ai pas tout lu mais il y a une matière documentaire inépuisable. J'ai donc eu envie d'écrire un spectacle.

La difficulté résidait dans le choix du moment où le situer. J'ai choisi 1848 car cela m'a semblé un moment clé car il a marqué un tournant dans sa vie : la déception qui a suivi l'échec de ses idées politiques, la fin de son amour avec Chopin et puis l'entrée dans l'âge mûr. Et j'ai choisi mai 1848 parce qu'en juin elle était complètement désespérée, ne croyant plus en rien. Or je voulais que ce spectacle se termine sur ce qui me semble être la caractéristique profonde de George Sand qui est un optimisme indéfectible et sa confiance en l'homme.

Quels sont les traits du personnage qui vous ont intéressé?

Rosa Ruiz : George Sand est une des plus grandes féministes de l'histoire. Il est vrai que d'autres femmes se sont battues pour le droit de vote des femmes. Ce qui n'était pas son cas. On le lui a d'ailleurs souvent reproché et elle s'en est expliquée en disant qu'elle pensait que les femmes de son époque n'étaient pas prêtes pour le faire qu'elles auraient sans doute voté comme leur mari ou leur père. C'est une féministe dans le ses où elle est véritable femme libre.

On peut se poser la question, même à l'époque actuelle, du nombre d'êtres humains qui mènent la vie qu'ils ont choisi. Il y en a très peu. Combien de femmes mènent la vie qu'elle sont chois? Encore moins. Et à l'époque de George Sand combien de femmes ont mené la vie qu'elles ont choisie? Un nombre très faible. Elle a réussi cela. De plus elle est féministe dans ses écrits et dans ses actes. Ce qui est admirable chez elle c'est qu'elle a mis ses idées en pratique. On rencontre souvent des gens qui tiennent un discours sans l'appliquer dans les actes de tous les jours.

Elle s'est comporté comme une femme libre et a aidé les femmes libres autour d'elle. Elle était généreuse et de gauche et elle l'a montré. Ainsi à Nohant elle avait un petit théâtre et elle montait des spectacles écrits ou improvisés avec Chopin qui accompagnait les acteurs au piano. Les acteurs étaient soit de vrais acteurs soit elle-même, son fils, sa cuisinière. Balzac racontait d'ailleurs une anecdote à ce sujet en disant que chez Madame Sand on était fort bien reçu mais qu'on y dînait peut être un peu tôt car la cuisinière doit s'apprêter pour monter sur scène. Elle invitait aussi bien les gens de la noblesse parisienne que les paysans du village qui étaient tous assis côte à côte. Je trouve cela formidable.

Ce spectacle existe en 2 versions : une version théâtre et une version "concert" avec une partie musicale jouée en live par une pianiste. Cela veut-il dire qu'il s'agit d'un spectacle modulable?

Rosa Ruiz : Le spectacle était en écriture fin 2003 et j'ai réalisé subitement qu'en 2004 il y avait le bicentenaire de la naissance de George Sand et que mon spectacle ne serait pas prêt ce qui était rater une occasion de le présenter avec une actualité. J'ai donc mis les bouchées doubles et le spectacle a été créé au tout début de l'année 2004 à l'Espace André Malraux. L'Observatoire de l'égalité femmes-hommes de la Ville de Paris a vu ce spectacle et l'a acheté pour la Mairie du 3ème arrondissement.

Le spectacle s'est joué dans la version concert et c'est Laure Favre-Khan qui interprétait Chopin au piano. Cette version donne la possibilité d'écouter les morceaux de Chopin, qui sont absolument magnifiques, dans leur intégralité. Et la scénographie est également modulable puisqu'à l'Espace André Malraux qui est immense il y avait une sorte d'estrade et des voilages avec la pianiste qui apparaît comme par magie au cours du spectacle. Dans des espaces plus petits, la pièce peut également se jouer avec une scénographie plus épurée encore.

Quelle en a été la programmation ?

Rosa Ruiz : Nous avons joué un peu en tournée mais c'était très difficile car nous manquions de contacts. Et c'est la première fois à Paris au Théo Théâtre qu'elle se joue en continuité".

Y a t-il déjà d'autres programmations de prévu ?

Rosa Ruiz : Ce spectacle me tient beaucoup à coeur et j'aimerai le reprendre mais pour le moment nous n'avons pas d'autres programmation.

C'est également un spectacle qui pourrait être intéressant pour les scolaires?

Rosa Ruiz : Tout à fait. Sur ce plan là nous avons un projet avec l'Observatoire de l'égalité femmes-hommes. Nous offrons la possibilité au spectacle de voir le spectacle dans un lieu de leur choix et de le prolonger par un débat sur l'égalité femmes-hommes.

Vous paraissez être attachée à la cause des femmes. Y a-t-il d'autres personnages qui vous interpellent ?

Rosa Ruiz : Il y a beaucoup de femmes dignes d'admiration comme Flora Tristan ou Bertie Albrecht qui s'est démarquée pendant la Résistance même s'il me serait difficile d'interpréter ce rôle car nos physiques sont à l'opposé. Je suis effectivement très attachée à la cause des femmes car je crois qu'il y a beaucoup de choses à faire.

Il y a un machisme terrible non plus bien sûr dans les lois qui ont connu un net progrès mais dans leur application et dans les mentalités L'obligation pour les femmes d'avoir un physique agréable, de rester jeune ce qui n'existe pas pour les hommes. Dans mon métier par exemple, je l'entends tous les jours. Un comédien qui prend des rides devient "intéressant" mais une femme devient une" vieille peau".

Parlez-nous un peu de votre compagnie.

Rosa Ruiz : Nous sommes 2 à diriger la compagnie, Enrique Fiestas,qui a assuré la mise en scène de ce spectacle, et moi-même. Nous sommes tous les 2 parfaitement bilingue français-espagnol et nous avons déjà fait des spectacles bilingues. Nous montons souvent de spectacles d'origine hispanique au sein de la Compagnie théâtrale Providence qui existe depuis des années. Elle a été un peu en sommeil quelques années et nous l'avons reprise. Mais hélas, elle va devoir changer de nom car il existe une autre compagnie qui a un nom similaire dont la création est antérieure à la notre.

Avez-vous d'autres projets ?

Rosa Ruiz : Nous avons un projet sur Garcia Lorca mais il est trop tôt pour en parler.

 

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# 10 novembre 2019 : Non à la morosité

Faites une pause avec l'actualité, faites une pause avec les réseaux sociaux et profitez plutôt de notre sélection culturelle hebdomadaire avec des tas de belles raisons de se réjouir un peu. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy
et toujours :
"A l'oblique" de Phôs (Catherine Watine & Intratextures)
"So cold streams" de Frustration
"Liszt : O Lieb !" de Cyrille Dubois & Tristan Raes
"Au revoir chagrin" de Da Silva
"Ca" de Pulcinella
"Roseaux II" de Roseaux
"Symphonic tales" de Samy Thiébault
"Ca s'arrête jamais" de The Hyènes
"Ils se mélangent" de Djen Ka
Rencontre avec Joséphine Blanc accompagnée d'une session 3 titres acoustiques
"Funkhauser" de My Favorite Horses
Oiseaux Tempête et Jessica Moss au Grand Mix de Tourcoing

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Une des dernières soirées de Carnaval" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Mille et Une Nuits" au Théâtre national de l'Odéon
"21 Rue des Sources" au Théâtre du Rond-Point
"La dernière bande" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Mademoiselle Julie" au Théâtre de la Tempête
"Que Crèvent tous les protagonistes" au Théâtre 13/Seine
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génié" au Studio Hébertot
"L'Effort d'être spectateur" au Théâtre du Rond-Point
"Le Nouveau Cirque du Vietnam - Teh Dar" à l'Espace Chapiteaux de La Villette
"Olympicorama - Epreuve n°4 : le 100 mètres" à la Grande Halle de La Villette
"La Diva divague" au Théâtre de Dix Heures
des reprises :
"Les Membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Change me" au Théâtre Paris Villette
"Corneille Molière - L'Arrangement" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Qui croire" à la Comédie de Béthune
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec:

"Greco" au Grand Palais

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Noura rêve" de Hinde Boujemaa
"Countdown" de Justin Dec
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson
et toujours :
"A comme Eiffel" de Xavier Coste & Martin Trystam
"Demain est une autre nuit" de Yann Queffélec
"L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent" de Philippe Delerm
"La frontière" de Don Winslow
"Les quatre coins du coeur" de Françoise Sagan
"Miracle" de Solène Bakowski
"N'habite plus à l'adresse indiquée" de Nicolas Delesalle
"Une vie violente" de Pier Paolo Pasolini

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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