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Torres de electricidad  (Acuarela)  avril 2006

Watch out. C'est "caliente"à tous les étages sur Torres de Electricidad, de Manta Ray.

Manta Ray, groupe illustre et inconnu, les deux doivent aller de pair. Ca défouraille sec chez les Hispingos. Une gorgée d'acide dans une trachée trop propre. Un peu de souffre dans un café sans sucre. Une grosse dose foutraque d'oxyde hispanique. Un sixième album hypnotisant.

L'actualité du rock espagnol, quelle est-elle, finalement, pour le rock-critic français lambda, que nous sommes tous un peu au bout du compte ? The Sunday Drivers, uh uh, Deluxe à la limite...

Une recherche rapide sur Google n'est pas d'une plus grande aide face au constat désarmant ; le rock hispanique est aussi rare qu'un oasis en plein Paris.

Et pourtant, Manta Ray se pose là, à l'écoute, comme un OVNI. Un Roswell atterri de nulle part, laissant des marques irradiées tout autour. Ca sent le sexe et les soirées au fond de bouges infâmes, intensités madrilènes ou réveils à deux sur la plage ensablée.

Torres de Electricidad dénonce les contraires, enfonce les préjugés. On peut - enfin - être espagnol, et oui, faire du rock sombre, à grands coups de guitares chamaniques. Comme Joy Division en son temps. Musique froide comme un corps passé de l'autre côté ("Anada para celia"), soutenue par une batterie lourde comme un être qui tombe. Boum boum.

Manta Ray, sur ce sixième album, refuse les aléas d'un groupe hispanique exerçant dans le rock. Refuse également de chanter en anglais, ou en gardant l'accent du pays, c'est important. Le plus déstabilisant reste le constat de la première écoute : Un groupe peut surprendre autrement que dans la langue de Paul Mc Cartney, réaliser des perles comme Morphine savait en faire ("Como la sal" et ses saxo klaxonnant) et faire la fête sur fond de mélodies mortuaires.

Résister à "Don't push me" ? Impossible. C'est toute la décadence rongée jusqu'à la moelle de Cheree ou Frankie Teardrop de Suicide qui remonte à la surface. Une musique que l'on pensait perdue à jamais. Frankie Frankie.

Paradoxalement, c'est également du côté de Noir Désir période Des visages des figures que l'oreille s'envole sur "El Despertar" et "Todo puede cambiar", avec solos andalous et rythmes arabisants. Un beau bras d'honneur à tous les naïfs qui pensait qu'Espagne rimait avec flamenco.

La voix filtrée comme un café serré n'arrange rien à l'histoire ; écouter Torres de Electricidad en 2006 ne vous aidera pas à aller mieux, ou peut-être si, mais par le bas. "No tropieces", et ses réminiscences Pixies, à la limite, tire plus sur le bleu ciel. Légère envolée avant la rechute de "Torres de Electricidad", longue aventure de 9 minutes clôturant l'album comme une chevauchée avec "Riders on the Storm" à la clef.

Ces espagnols roulent les "r" comme ils doivent rouler des mécaniques ibériques.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Manta Ray en concert au Festival International de Benicassim 2006 (vendredi)

En savoir plus :

Le site officiel de Manta Ray


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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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