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Interview  (Paris)  29 mars 2006

Françoise Cadol, comédienne, est aussi auteur dramatique.

Après "Love and Mister Teste", un hommage à Paul Valéry, et "Chop suey", hommage au jazz et à la peinture d'Edward Hoppe, elle est doublement à l'affiche au Théâtre Mouffetard avec sa 3ème pièce "Rodin : Tout le temps que dure le jour" en compagnie de Pierre Santini et Serge Bedrossian.

Elle a fort aimablement accepté de nous parler de son travail et de ses projets.

Cette pièce a pour origine un fait un peu exceptionnel qui est une commande de la ville de Meudon. Pouvez-vous nous en dire plus et notamment s'il y avait un cahier des charges et les raisons de votre accord ?

Françoise Cadol : Je venais de créer à Meudon "Chop suey" une pièce dont je suis l'auteur qui a été écrite à partir d'une toile d'Edward Hopper quand l'adjoint à la culture de la ville de Meudon, M. Bertrand Sabot m'a proposé ce projet. Apparemment, la ville de Meudon avait déjà contacté plusieurs auteurs, et cela depuis plusieurs années, sans succès car ces derniers leur proposaient des montages de textes de Rodin ce qui ne correspondait pas à ce qu'elle souhaitait.

C'était une commande officieuse qui ensuite est devenue une aide à l'écriture de la ville de Meudon et enfin la possibilité de faire la création de la pièce à Meudon avec 3 représentations. L'idée était donc de traiter de Rodin mais j'avais carte blanche. J'ai commencé par lire une biographie de Rodin et je suis allée au Musée Rodin rue de Varenne à Paris. Et le sujet m'a happé vivement.

Quand j'ai constaté que Rainer-Maria Rilke avait été le secrétaire de Rodin, j'ai été convaincue qu'il y avait là un sujet intéressant à traiter du fait de la confrontation de leurs deux univers. J'avais les "Lettres à un jeune poète" de Rilke encore dans la tête et j'ai trouvé cela extraordinaire. D'autant que Rodin avait congédié Rilke sur un prétexte inconnu même des spécialistes du Musée Rodin. Il y a bien plusieurs pistes mais rien n'est sûr d'autant que c'est Rodin qui a proposé à Rilke de devenir son secrétaire et l'a aidé très souvent financièrement.

Ce qui est aussi intéressant dans votre cas c'est le fait que la pièce n'était pas totalement abouti lorsque que le projet de la monter a été décidé et qu'il y a eu un second travail d'écriture sur le vif si l'on peut dire.

Quel impact a eu cette méthodologie sur votre projet initial ?

Françoise Cadol : Effectivement, j'avais écrit 10 pages que j'ai soumises à Pierre Santini. Mais je pense qu'il y a beaucoup d'auteurs qui ne considèrent pas que le point final comme une réalité. L'écriture est une manière vivante. J'ai écrit 3-4 moutures du texte au fur et à mesure que de nouveaux partenaires sont arrivés sur ce projet puisqu'au départ il n'y avait que Pierre Santini à qui j'avais montré mon travail.

Ensuite, nous avons fait avec Christophe Luthringer, le metteur en scène, un vrai travail car il a apporté un autre regard très intéressant sur le texte qui nous a amenés à retravailler le texte. Après les représentations au Théâtre Mouffetard, nous espérons tous qu'il y aura une programmation dans un autre théâtre parisien et dans ce cas, il y aura peut être, compte tenu de toutes les critiques positives que j'ai entendues, un nouveau travail d'écriture sur la pièce.

Un peu à la manière de Rodin qui ne cessait de modeler et re-modeler encore et encore et de peaufiner son travail. Et une tournée est proposée par l'Atelier Théâtre Actuel à partir d'avril mai 2007.

Comment avez-vous travaillé dans la mesure où il y a un fonds documentaire important comportant entre autres l'échange épistolaire entre Rodin et Rilke ?

Françoise Cadol : L'équipe du Musée Rodin m'a apporté une aide magnifique en m'ouvrant ses archives. J'ai beaucoup lu mais aussi touché les oeuvres de Rodin. Cette équipe est à la disposition des chercheurs et dès que vous posez une question elle vous apporte non seulement une réponse mais aussi des documents et toutes les explications nécessaires. J'ai pris des notes de manière un peu aléatoire ne sachant pas vraiment où j'allais.

J'ai ensuite lu une biographie de Rilke sans vraiment comprendre le personnage que l'on qualifiait d'hystérique. Les réponses à mes interrogations m'ont été données par Lou Andréas Salomé qui a été sa sœur, sa mère, sa femme sa maîtresse, s amuse et qui, à la mort de Rilke, a écrit un livre intitulé "Rainer-Maria Rilke" qui est épuisé et que j'ai trouvé à l'Institut Goethe. C'est dans les mots d'une femme que j'ai un peu compris qui avait été Rilke car elle en parle très bien dans tous es aspects.

Cela explique-t-il aussi la création de ce personnage fictif de Marie Cabannes?

Françoise Cadol : Il fallait une femme. On ne peut pas parler de Rodin sans parler d'une femme quelle qu'elle soit. Il fallait une femme, des courbes, pour mettre Rodin sur scène. Et puis Rilke aussi aimait les femmes même s'il avait une autre manière de les séduire. Il "profitait" de l'amitié de Rodin, de l'atelier, pour montrer à des amies ou des amis l'endroit où il vivait et la chance qu'il avait d'être le secrétaire de Rodin.

Avez-vous choisi le moment de la rupture entre Rodin et Rilke pour aller au-delà du simple fait événementiel et aborder d'autres thèmes comme la création, le fait que Rodin était un "passeur" comme Rilke le fût également ?

Françoise Cadol : Bien sûr. Au delà de Rodin et de Rilke, je voulais traiter de la création, ce que crée l'homme quelle que soit la forme d'expression, qui est un sujet qui me passionne.

Vous êtes auteur mais également comédienne et vous jouez le rôle de Marie Cabannes. Comment vit-on le travail de mise en scène d'un de ses textes quand de surcroît on y joue ?

Françoise Cadol : Très bien. Parce que Christophe Luthringer a la capacité de rentrer dans l'univers de l'autre tout en restant dans le sien. Il est très à l'écoute et très juste et parfois il est arrivé que je reprenne le texte après en avoir parlé avec lui parce ce qu'il disait résonnait en moi.

Vous n'avez pas de susceptibilité d'auteur?

Françoise Cadol : Non, cela ne sert à rien. Au début, c'était mon texte et c'est devenu ensuite le travail d'une équipe. Ce n'est pas une collégiale mais j'ai écouté toutes les remarques et j'en tenais compte le cas échéant. Il est vari que j'ai été très souvent d'accord avec Christophe Luthringer.

Pourquoi avoir tenu à jouer le rôle de Marie Cabannes ?

Françoise Cadol : Parce que je suis comédienne. Le personnage et le sujet m'intéressaient aussi beaucoup et j'ai vraiment eu envie de partager cette aventure avec une équipe.

Vous avez immédiatement proposé le rôle de Rodin à Pierre Santini. Cela relevait-il de l'évidence pour vous ?

Françoise Cadol : Oui, tout a fait. Je ne le connaissais pas beaucoup mais j'ai pris contact avec lui en lui proposant de lire les quelques pages que j'avais écrites et d'écrire ce rôle pour lui. Un jour après avoir déposé mon texte, il m'a appelé pour me faire part de son intérêt.

Cette évidence découlait de sa carrière, des rôles qu'il avait joué, de sa personnalité?

Françoise Cadol : Il y a un peu de tout cela. Son talent, cette impression de "force tranquille" qui émane de lui, la tendresse qu'il a dans les yeux et la puissance de ses mains.

Quel est votre regard sur Rodin ?

Françoise Cadol : Quelle question difficile ! Rodin a un rapport tout à fait particulier et plus important que le commun des mortels avec la matière. Il a aussi un rapport avec le présent, les formes. Il avait une perception très aigue des formes. Il est absorbé par le toucher. Il devient presque la courbe qu'il touche. Pour un homme comme lui, doté d'une hypersensibilité très forte, le quotidien ne devait pas être facile. C'était un homme très simple mais ses perceptions étaient loin de l'être.

Il courrait après cette perception pour essayer de la restituer dans ces sculptures ce qui explique pourquoi il y a tant de vie dans ses œuvres et pourquoi il travaillait énormément. Là réside sans doute le lien avec Rilke qui était également hypersensible mais qui n'était pas dan s la matière mais dans l'invisible. Paul Valéry disait de Rilke qu'"il avait un regard bleu qui voyait l'invisible. Il voyait des fantômes et il en parle dans "Les Cahiers de Malte Laurids Brigge". Il éprouvait des difficultés terribles à exprimer cette sensibilité. La différence c'est que Rodin avait la matière pour s'exprimer et que Rilke était sa propre matière.

Même si cela paraît prématuré, je ne peux m'empêcher de vous demander si vous avez déjà d'autres projets d'écriture ?

Françoise Cadol : Oui, depuis quelques jours. Mais je ne peux guère en dire plus.

Cela a-t-il un rapport avec l'art?

Françoise Cadol : Pas du tout.

Y a-t-il une échéance?

Françoise Cadol : Un an. Nous écrivons à 2 et le metteur en scène est déjà présent.

Un an est vite passé.

Françoise Cadol : Oui, mais le sujet est dense.

Vous excitez encore davantage la curiosité du lecteur! Pour conclure, revenons sur "Rodin". Quels sont les retours que vous avez déjà du public?

Françoise Cadol : Un grand enthousiasme. Un couple nous a attendus un soir pour nous dire qu'il allait très rarement au théâtre et que ce spectacle leur donnait envie d'y aller plus souvent. Je trouve cela formidable. Le personnage de Rilke touche beaucoup car il a un rapport avec l'enfance et la victime. Et puis il y a le personnage de Rodin qui fascine. Il y a également des personnages qui m'appellent pour se procurer le texte de la pièce. C'est un des plus jolis témoignages du public.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de la pièce "Rodin : Tout le temps que dure le jour"
L'interview de Pierre Santini

Crédits photos : David


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