Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep Twitch
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Les possédés d'Illfurth
Théâtre du Rond Point  (Paris)  mai 2024

Création originale du Munstrum Théâtre, mise en scène et interprétée par Lionel Lingelser, texte de Yann Verburgh.

Historiquement, avant le démarrage d'une représentation au théâtre, étaient frappés de rapides coups de bâton, puis trois derniers, pour attirer l'attention du public du début du spectacle.

Dans Les possédés d'Illfurth, Lionel Lingelser arrive en scène, tonitruant, frappant son tambour, coiffé de sa couronne et drapé de noir. Il débarque. Il accoste. À vrai dire, on ne saurait dire si le spectacle a d'ores et déjà commencé, et quelle est la destination pour laquelle on est invité à embarquer. 

Tout au long de cette pièce si singulière, le spectateur va naviguer entre émotions vives, rire, étonnement et subjugation. Voyager entre les rives de l'intime, de la mythologie, des repaires qui font les possédés, jusqu'à la génèse du destin d'un homme de théâtre. Et rester totalement abasourdi par la palette de nuances offertes par Lionel Lingelser, de la gestuelle - voire des pantomimes - qui habitent son personnage, et la scène toute entière.

La légende des possédés d'Illfurth raconte qu'à l’automne 1864, dans la région du Sundgau en Alsace, deux enfants, Joseph et Théobald, ont été atteints d’un mal mystérieux et que les autorités religieuses ont procédé à leur exorcisme. Illfurth est aussi et surtout le lieu d'enfance d'Hélios, le double du comédien Lionel Lingelser, qui occupe seul la scène nue du théâtre du Rond-point.

Cent-cinquante ans plus tard, cette troublante histoire résonne étrangement avec celle d’Hélios, le personnage principal, qui se lance sur leurs traces et sur celle du "Duende", qui selon Lorca, est l'esprit qui habite l'intime.

Seul en scène, Lionel Lingelser nous offre une performance spectaculaire ! Il occupe la scène avec tous son corps, sa voix et ses accents ; son entourage et ses fantômes. En cherchant à détricoter la mythologie des possédés, le personnage cherche à créer son propre chemin, à devenir lui-même. Possédé, lui l'est sûrement aussi. Possédé par ses personnages, par sa passion, par son amour évident du théâtre et de l'art en général.

On assiste à un cas d'exorcisme moderne. Les démons de son passé chaotique, de ses débuts professionnels, et autres créatures imaginaires indispensables à la construction de son histoire, sont littéralement invoqués, traversant le corps de Lionel / Hélios, qui devient le temps d'un soir le véhicule de toutes ces âmes égarées.

Sa quête prend l’allure d’une course-poursuite, et sous nos yeux, Lionel Lingelser se métamorphose, entre en transe, s'agite, se démène, et s'accomplit dans un voyage initiatique. Il nous bouleverse et nous accapare.

Les divers personnages incarnés habitent tour à tour ce remarquable comédien, l'espace d'une demi-seconde parfois, pour incarner au plus près le texte de Yann Verburgh, l'auteur d'un récit aux fulgurances poétiques nombreuses et aux émotions à fleur de mots, qui aura su placer les nuances les plus justes sur le passé du comédien. Son écriture est touchante de fluidité, et oscille avec une infinie délicatesse entre humour et dramaturgie.

Les jeux de lumières suggèrent des espaces de lieu et de temps, qui nous projettent au plus profond de l'intimité du personnage comme dans les nébuleuses de l'enfer.

La mise en scène de Lionel Lingelser est surprenante d'inventivité, survoltée et chorégraphique. On rit autant que l'on s'émeut, et l'on s'émerveille devant l'évidence du talent de Lionel Lingelser, qui touche au génie.  Du théâtre quasiment dénué d'artifices et de décor, avec juste le jeu du comédien pour nous captiver et nous emporter dans l'intimité de son histoire.

Même si les flammes de l'enfer sont évoquées dans cette pièce, ce sont bien les planches qui sont brûlées par la performance remarquable de l'artiste. Du théâtre pur, du pur théâtre. On sort de ce spectacle envoûté, et époustouflé par la performance artistique qu'il nous a été donné de voir.

Possédés...

 

Marie Bitschené & Laurent Duguet         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 09 juin 2024 :Les nouveautés débarquent

Entre 2 tours de scrutin, il reste du temps pour découvrir notre sélection culturelle hebdomadaire. Cette semaine, c'est aussi le retour des sessions Froggy et ça fait plaisir !
Pensez aussi à nous soutenir en suivant nos réseaux sociaux et nos chaînes YouTube et Twitch.

Du côté de la musique :

Rencontre avec Baptiste Dosdat autour de son album "Batist & The 73", agrémenté d'une session
"The afternoon of our lives" de Olivier Rocabois
"Ciel, cendre et misère noire" de Houle
Alain Chamfort était au Point Ephémère
"Middle class luxury" de Beau Bandit
"As seasons changed" de Indigo Birds
"Jusqu'où s'évapore la musique" de Jérôme Lefebvre / FMR Ochestra
We Hate You Please Die, Jules & Jo et Hippocampe Fou dans un petit tour des clips de la semaine
"Upside down" de Manila Haze
"Volupté" de Marie Pons & Geoffrey Jubault
"Hey you" de Mazingo
"Réalité" de Moorea
"Bleu" de Olivier Triboulois
"Thalasso" de Soft Michel
"Rockmaker" de The Dandy Wharols
et toujours :

"Nos courses folles" de Les Fouteurs de Joie
quelques clips avec Lux, Tramhaus, Coeur Joie, Mélys, Resto Basket
"Ravage club" de Ravage Club
"A life of suitcase" de The Rapports
"The giant rooster" de Trigger King
"Homecoming" c'est le 31ème épisode du Morceau Caché

Au théâtre :

les nouveautés :

"Du domaine des murmures" au Théâtre Le Lucernaire
"Hepta, le grand voyage du Petit Homme" au Théâtre Essaïon
"Pourquoi Camille ?" au Théâtre La Flèche (et bientôt Avignon)

"Les vagues" au Théâtre de La Tempête
"Molly ou l'Odyssée d'une Femme" au Théâtre Essaïon

"Dictionnaire amoureux de l'inutile" au Théâtre La Scala
"La contrainte" au Théâtre La Verrière de Lille
"Les possédés d'Illfurth" au Théâtre du Rond Point
"Les tournesols" au Théâtre Funambule Montmartre
"Un faux pas dans la vie d'Emma Picard" au Théâtre Essaïon
et toujours :
"L'affaire Rosalind Franklin" au Théâtre de la Reine Blanche
"Un mari idéal" au Théâtre Clavel
"Chère insaisissable" au Théâtre Le Lucernaire
"La loi du marcheur" au Théâtre de la Bastille
"Le jeu des ombres" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Capharnaüm, poème théâtral" au Théâtre de la Cité Internationale
"Jean Baptiste, Madeleine, Armande et les autres" au Théâtre Gérard Philipe
"Majola" au Théâtre Essaïon
"Mon pote" au Théâtre de la Manufacture des Abbesses

Cinéma avec :

"La Gardav" de Thomas et Dimitri Lemoine

"Heroico" de Davis Zonana
"Roqya" de Saïd Belktibia
"L'esprit Coubertin" de Jérémie Sein
et toujours :
"Le déserteur" de Dani Rosenberg
"Marilu" de Sandrine Dumas
"Que notre joie demeure" de Cheyenne-Marie Carron
"Amal" de Jawad Rhalib
"L'île" de Damien Manivel
"Le naméssime" de Xavier Bélony Mussel
"Yurt" de Nehir Tuna
"Le squelette de Madame Morales" de Rogelio A. Gonzalez

Lecture avec :

"Joli mois de mai" de Alan Parks
"Se perdre ou disparaitre" de Kimi Cunningham Grant
"Vic Chestnutt, le calme et la fureur" de Thierry Jourdain
et toujours :
"La cité des mers" de Kate Mosse
"Merci la résistance !" par un Collectif d'auteurs
"Mon homme marié" de Madeleine Gray
"Rien de spécial" de Nicole Flattery
"Le temps des cerises" de Montserrat Roig
"Neuf mois" de Philippe Garnier
"De sable et d'acier" de Peter Caddick-Adams
"Je ne suis pas un héros" de Eric Ambler
"Après minuit" de Gillian McAllister

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
twitch.com/froggysdelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=