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Interview  (Paris)  samedi 11 mai 2024

Il y a 4 ans, en plein confinement, nous avons décidé chez Froggy’s Delight de lancer une chaîne Twitch afin de faire ce que l’on ne pouvait plus faire : tourner des sessions avec les artistes que l’on aime.

Baptiste Dosdat a été le premier à répondre présent, nous avons passé quelques heures à faire en sorte que tout fonctionne mais cela a donné un superbe concert avec plein de spectateurs généreux qui étaient là.

4 ans plus tard, nous retrouvons enfin Batist pour parler de son album sorti en début de printemps 2024 intitulé Batist & the 73’s.

Il y a 4 ans, tu avais sorti un EP de 4 titres. Tu sors un album 4 ans plus tard, ça va, tranquille ? Qu’est-ce qui s’est passé pendant ces 4 ans, pourquoi as-tu mis si longtemps pour faire un album en fin de compte ?

Batist : Eh bien, parce que ça prend du temps. Entre les concerts, les tournées et puis il faut écrire les chansons. J’en avais déjà, quand j’ai sorti l’EP j’avais déjà au moins 4, 5 chansons pour l’album d’après mais il fallait réécrire d’autres chansons.

Ça, ce n’est pas le plus long, ce qui est le plus long c’est mettre des paroles sur les chansons qui sont déjà presque finies mais sans trop de paroles. A chaque fois, je rame un peu, c’est vraiment la partie pour moi qui ne m’amuse pas du tout. Si je pouvais chanter en yaourt, j’adorerais.

Du coup ça prend un peu de temps et ensuite, il faut mettre en place, et comme moi j’ai un tout petit budget et bien tu fais avec un peu les studios des copains. J’ai bien sûr mon propre home studio où j’avance mais pour faire les batteries, il faut attendre que ton pote qui est musicien et tourne partout aussi ait un moment de libre. Après tu fais la même chose pour les voix, tu ne peux pas tout faire en 2 semaines d’affilée parce que tout est éparpillé, donc ça prend aussi du temps.

Ce qui prend du temps aussi c’est entre les concerts : même si tu pars juste un jour, ça te prend 2 jours, plus un jour après où tu n'as pas tout de suite envie de refaire du gros son, donc bien sûr que j’aurais pu être beaucoup plus efficace, mais pas dans ces conditions-là.

Justement tu parles beaucoup de concerts, comme ça on pourrait croire que tu n'arrêtes pas de tourner, que tu joues partout, et que donc comment ça se fait que je n’ai jamais vu un concert de Batist ? Mais si j’ai bien compris, c’est parce que tu fais des concerts avec d’autres artistes ?

Batist : Cela a d’abord été avec les autres. Pour moi c’était une fois de temps en temps mais depuis 10-15 ans on va dire, j’ai toujours eu beaucoup de groupes avec qui j’ai joué, alors bien sûr parfois il y avait des groupes qui étaient en veille et qui s’arrêtaient 1 ou 2 ans et qui reprenaient après. Pendant ce temps-là, hop je jouais avec d’autres groupes, mais si je devais faire le compte de tous les groupes, il y en a peut-être 20 ou 30, et en plus moi mon truc c’est que j’écris des chansons.

Justement ces groupes pour lesquels tu joues, il y en a plein, on va pas encore faire l’énumération, mais on parlait de Cléa Vincent qui est dans l’actualité par exemple. Ce sont des groupes pour lesquels tu joues "seulement", ou au moment où tu joues avec eux tu fais partie du groupe à part entière et tu participes à l’écriture, la composition, etc. ?

Batist : En général, tu ne vas pas chercher à prendre des décisions à leur place mais ça fait tellement longtemps que tu es dans ce groupe pour certains que quand on est ensemble, c’est comme si c’était une famille et tout le monde est hyper bienveillant.

Après tu as un autre truc, c’est faire des remplacements : tu apprends les parties du guitariste ou du musicien que tu remplaces, tu connais déjà toutes les parties et tu fais comme le musicien que tu remplaces, c’est du mimétism. Bien sûr, tu rajoutes forcément ton propre feeling, mais ça reste remplacer et juste rentrer dans le rôle en deux secondes, et du coup la place que tu prends, c’est juste celle de celui qui remplace.

Ça se passe toujours très bien, les gens sont très gentils, mais il y a moins ce truc de groupe ou d’espèce de famille.

Baptiste, qui est ton prénom aussi, est juste orthographié différemment sur l’album, Baptiste & the 73’s. J’ai vu quelque part que c’était les 73 touches d’un clavier Rhodes, c’est ça ?

Batist : Oui, en fait, quand j’ai choisi ce nom-là, c’était pour trouver un truc absurde.

Tu nous avais dit il y a 4 ans, j’ai une liste longue comme le bras de Batist & The quelque chose.

Batist : Exactement, ah oui, je crois que je l’ai toujours. Mais il y avait une époque où je m’appelais juste Baptiste, et pour le référencement, c’était horrible. Alors, c’est toujours difficile maintenant, je n’ai pas beaucoup amélioré le truc, mais je m’étais dit que je prendrais un nom Batist & quelque chose. Donc, j’ai une liste de plein de trucs, et à chaque fois que je relisais, malgré les 50 mots, à chaque fois je trouvais tout un peu ridicule.

Ceci dit, je trouve les noms de groupes souvent ridicules, que ce soit les Rolling Stones, Nirvana ou je ne sais pas quoi. Si on ne les connaissait pas, et qu’on se disait, attends, je connais un nouveau groupe que j’ai vu hier à tel bar, qui s’appelle Rolling Stones, ça ne le ferait pas tant que ça.

Donc, j’ai commencé à chercher des trucs absurdes, et en premier, j’étais assis devant ce fameux Rhodes qu’on m’avait prêté, il est marqué 73 parce que c’était un Rhodes à 73 touches. Du coup, j’ai gardé ça, et puis quand je le relisais les jours d’après, les semaines d’après, je me disais, ah oui, c’est plutôt sympa, je ne m’en lasse pas.

Le Rhodes, on le cherche un peu sur ton disque…

Batist : Il y en a juste un peu, joué par Cléa Vincent.

Pour rester dans le nom du groupe, c’est devenu le nom du disque, ou alors le disque n’a pas de nom, comme on veut. Ça reste vraiment le nom de ton groupe, ou alors c’est un projet solo déguisé ?

Batist : Ah oui, c’est un projet solo déguisé. Mais par contre, j’ouvre plus à des copains musiciens qui m’accompagnent dans les enregistrements. Toutes les batteries, ce ne sont pas des batteries programmées. J’aurais pu faire des batteries programmées, mais là, j’ai demandé à des copains batteurs.

Pareil, il y a certaines basses, j’aurais pu les faire moi-même, mais c’est un copain qui m’accompagne aussi sur scène, qui s’appelle Nils, qui est un hyper bon bassiste, et qui joue d’une manière différente de moi. Donc, c’est aussi cool d’avoir cette espèce de couleur sur une de tes chansons, ça mène la chanson un peu autre part, donc ça, c’est trop cool.

Tous les claviers, piano, je ne sais pas faire ça, je fais juste les longues nappes, tous les claviers, ce sont des copains claviéristes aussi. Ça reste bien sûr un projet très solo, parce que c’est moi qui écris tout, c’est moi qui arrange tout, mais c’est plus ouvert qu’avant sur les gens qui jouent sur les chansons. Avant, c’était vraiment presque tout le temps que moi et là, sur toutes les chansons, il y a au moins 2-3 invités.

Tu composes tout par ailleurs, donc tu arrives avec la grille et puis ils jouent, c’est ça ?

Batist : Oui, la grille, les structures, les intentions. Les intentions, genre là, il faut que le mood soit comme ça, on ralentit un peu, etc. Les musiciens sont dans cet état d’esprit de m’accompagner mais pas de prendre le dessus.

Et de ton côté, tu aurais une volonté que ça devienne un groupe, ce Batist & the 73 ?

Batist : Ah oui… En fait, s’il y avait du budget, des tourneurs, ce serait possible, j’adorerais en tout cas. Alors certes, il y a deux petits labels qui ont sorti l’album, mais ça reste vraiment micro-budget. Je n’ai pas envie de demander à ces musiciens, en plus de leur boulot, d’avoir un autre boulot… qui serait d’écrire pour le groupe Batist & the 73, sachant que tout le monde est hyper demandé et charrette.

Mais ça resterait dans tous les cas Batist avant tout ?

Batist : J’écris un peu à droite à gauche pour d’autres gens, mais assez peu en fait. Du coup, l’idée est vraiment de faire ce que j’ai dans la tête, de profiter de ce truc-là pour me faire plaisir finalement, et puis pour mettre en vie mes chansons que je fais tout seul sur mon canapé ou dans ma chambre. Donc oui, c’est ça l’idée : le rôle que je n’ai pas forcément dans les autres groupes, et bien de l’avoir en créant mon propre groupe.

Tu disais que écrire des textes t’était assez difficile tout à l’heure…

Batist : Écrire des textes, oui. En revanche, j’ai tellement envie de les chanter que je passe outre. Aujourd’hui, écrire un texte médiocre, je ne peux plus. Je me force à faire des trucs bien. Pour cet album-là, je l’ai fait corriger par des copains pour voir déjà s’il n’y avait pas de fautes de grammaire, d’anglais, etc. Il y a même un texte que j’ai co-écrit avec Roberto Ticogna, qui est un Italien avec qui je joue aussi.

Pourquoi des textes en anglais d’ailleurs ?

Batist : Par pudeur, par style, par mon éducation musicale, tous les trucs que tout le monde dit à chaque fois. Mais en plus, un truc qui est pour moi encore plus important, c’est l’espèce de feeling. Dès que tu chantes en français, les gens qui écoutent, tout de suite, tu écoutes le français. Tu écoutes la langue, tu écoutes ce que le mec veut raconter. Alors qu’en anglais, ça fait plus partie de la musique. Et même les anglo-saxons, quand ils écoutent de la musique, ils pensent comme ça. Ils ne sont pas tout de suite en train d’écouter ce que le chanteur est en train de raconter. Sauf, bien sûr, Leonard Cohen ou les chanteurs à textes.

Mais j’ai l’impression que ce n’est pas possible de faire ça en français. De faire un truc en français avec une chanson dans laquelle on se foutrait un peu des paroles. Il y a un peu Les Innocents qui le font, j’ai l’impression, où tu ne comprends pas trop ce qui se passe et en fait, ce n’est pas très grave.

C’est quoi ton inspiration pour tes textes ?

Batist : Je pense que chaque histoire est un peu un mini-traumatisme. C’est peut-être un peu tout much, mais ce sont des claques dans la figure qu’on a reçues à un moment. C’est peut-être un peu le point commun, effectivement. Ce n’est jamais un truc génial-génial. Et quand c’est génial, en fait, tu en parles moins. Alors, j’en parle un peu, là, parce que je parle un peu de ma nana quand même, et que c’est la première fois que ça fonctionne, ces dix dernières années.

En fait, quand tu écris une chanson, souvent, tu es un peu seul dans ta chambre. Donc un peu dans un état de spleen, c’est pour ça que tu penses un peu à ces histoires-là, un peu tristes. Et c’est ça qui revient. Tu te dis, merde, est-ce que j’aurais pu faire différemment ? Est-ce que j’aurais pu la récupérer ? etc.

Mais écrire les textes reste le moment le moins agréable pour toi ?

Batist : Oui. Pour moi, composer une chanson, quand tu as deux accords et que tu as trois notes de mélodie, c’est des tas de fun et de… Comment je pourrais qualifier ça ? C’est l’extase, quoi. Tu sens que tu as un truc, puis tu tires le fil, tu tournes autour, et là, bim, tu trouves le bon accord qui suit ça et que ça ouvre encore plus. C’est le meilleur truc de musicien. Pour moi, c’est ça. Trouver la petite ligne mélodique qui, toi-même, t’émeut.

On a des sonorités, des mélodies qui sont très pop, finalement. Pour autant, je me souviens qu’on en a un petit peu parlé en 2020, je t’avais demandé tes influences. Tu me disais, moi, c’est le grunge. Et on sent dans le disque qu’il y a des petits moments où tu te dis tiens, je vais appuyer sur cette pédale, c’est plutôt rigolo, ça va surprendre un peu les gens.

Batist : En fait, l’état d’esprit, c’est d’écrire que des ballades. Donc, j’écris que des ballades et à un moment, il faut les enregistrer et penser un peu à un disque. Alors, comment je les enregistre, ces ballades, parce que je pourrais les enregistrer toutes en guitare-voix et ça fonctionnerait. Et l’autre truc, c’est que ça fonctionnerait peut-être un peu, mais 10 chansons d’affilée, ça nous ennuierait, ça serait ennuyeux, en fait. Ça peut être un peu lourd. Il y en a qui le font, et c’est super. Mais du coup, à la fois, je ne voulais pas trop ça, je voulais donc faire des nuances, des variations et tout. Et surtout, je voulais m’amuser là-dessus.

Donc c’est là où j’ai agrémenté d’une, deux, voire trois chansons qui envoient un peu. Ou de rajouter des petites surprises. Je ne sais pas si vous écoutez Andy Shauf. Bon, parfois, il faudrait qu’il appuie sur cette fameuse pédale qui fasse péter un peu tout ça. J’ai envie qu’il y ait des surprises. Donc, les surprises, ça peut être juste un joli changement d’accord. Ça peut être, tout d’un coup, qu’on m’appuie sur dix pédales de fuzz en stéréo, et qui t’explose la tête. Ça peut être, tout d’un coup, un a cappella. Un changement dans le rythme ou dans les décibels…

Mais ça ne dure pas. Enfin, il n’y a pas un morceau entier qui est comme ça.

Batist : Parce que je ne voulais pas faire un album de rock non plus.

Pour revenir à ton influence ou ton appétence pour le grunge, quand on a fait la session où tu me disais "j’écoutais Nirvana, c’est quand même bien foutu, etc.". Il n’y a pas quelque part dans le coin de ta tête l’envie d’abandonner un peu ces lignes mélodiques très, très claires, très franches, comme ça, et de noyer un petit peu tout ça sur la durée d’un album dans du bruit ?

Batist : Voilà. Ça, c’est mon prochain… Je ne sais pas trop comment je vais faire le prochain album ou les prochains enregistrements, mais l’idée, c’est d’aller encore plus à l’extrême que celui-là, c’est-à-dire que les moments extrêmes sont encore plus extrêmes, encore plus de mur du son, presque désagréables à l’oreille tout en gardant une ligne de vraies chansons.

Faire du Sonic Youth, mais sur des vraies chansons, entre guillemets. Essayer d’avoir encore plus ce son noisy. Pas forcément la chanson, mais en tout cas avec des mélodies claires et des refrains avec plus de bruit. Dans le genre Wilco, c’est complètement ça. Quand ils font de la country, c’est génial. Quand ils font de la folk, c’est génial. Quand ils font du bruitiste, c’est génial. Et parfois, ils arrivent à mélanger les deux, trois. Et parfois, dans ce parfois-là, c’est un chef-d’œuvre. C’est la grâce, quoi. C’est à la fois la voix du mec qui est un peu triste, sur une jolie suite d’accords, un peu des trucs répétitifs, un peu avec des synthés, un peu méchants, et tout d’un coup, ça part tout en fuzz. Et puis, ça se calme derrière.

Et des textes en français ? C’est imaginable un jour ?

Batist : Pourquoi pas ? Mais ça va être encore moins amusant.

Mais plus facile ?

Batist : Non, pas forcément plus facile. Je ne sais pas. Je ne sais pas parce que tout de suite, ça sonne très vite faux. C’est délicat. C’est une autre manière de chanter aussi. Parce qu’un même texte, ça peut bien sonner ou très mal sonner juste de la façon dont tu l'interprètes, sans rien changer à la mélodie.

Parce que des artistes que tu accompagnes, il y en a pas mal qui chantent en français : Cléa Vincent, Baptiste Hamon. Ça ne te donne pas envie ?

Batist : Si, si, ça me donne envie. Mais eux, ils le font bien. Et j’ai tellement détesté ce qu'il y a peut-être 6, 7 ans, j’avais commencé à enregistrer en français. Enfin, bref, c’est une espèce de dégoût pour le moment.

Je ne sais pas si tu vas collaborer avec d’autres gens encore. Tu trouves encore le temps de t’occuper de Batist et de ses 73 amis imaginaires ou c’est vraiment ta danseuse qui occupe ton temps libre uniquement ?

Batist : En fait, c’est tout ça. C’est pour ça aussi que ça m’a pris 4 ans pour faire ce truc-là. Je connais des gens, je ne vais pas citer de noms, mais qui disent : "Ah ouais, les musiciens qui sortent un album tous les 3 ans, ce n’est pas beaucoup". OK, mais peut-être qu’ils font d’autres choses, en fait.

Et en effet, c’est dur de se mettre à son propre projet. Il faut que ce soit une période creuse. Si tu es en train de bosser sur des trucs, que ce soit des tournées ou de préparer des lives, d’apprendre des chansons pour des lives dans 2 mois, tu n’es pas du tout dans le mood. Il faut trouver le mood ou l’état d’esprit où j’ai envie d’y aller, ou sentir le petit truc qui monte. Si tu n’as pas le truc qui monte et que c’est juste un travail en plus, tu ne le fais pas, parce que ce n’est pas le but. Le but, c’est que ce soit instinctif et plein d’envie. Il faut que ce soit le plaisir. Si c’est juste "Ah, il faut que je me force à faire ça", ce n’est pas ça…

Tu aurais envie de tourner plus avec ce disque ?

Batist : Je fais des dates de temps en temps parce que justement, je tourne avec d’autres le reste du temps, ça me va. Mais si je pouvais faire toute une tournée avec ce projet-là, je signerais tout de suite. Je n’ai pas une soif avide d’être le chanteur qui incarne le devant de la scène et que tout le monde regarde, tout le monde prend en photo. Ça, ce n’est pas ma personnalité. Je le fais parce que ça m’amuse et si je dois le faire 100 fois par an, je le ferais à fond. Mais je n’ai pas une soif avide de ça. Je suis très bien et j’adore accompagner les autres. Je trouve ça super aussi.

C’est un autre état d’esprit, un autre feeling sur scène, hors scène et tout. Donc, faire plein de concerts avec ça à fond quand je peux. Est-ce qu’il va y en avoir beaucoup ? Je ne sais pas trop. Je suis en train de construire des concerts à droite à gauche. Je sais qu’il y en aura à Caen en juin. Il y a des concerts en appart aussi un peu. Il va y avoir à Brest, à Toulouse. J’ai quelques contacts à droite à gauche. Je continue à envoyer des mails pour faire le plus de concerts possible. Il faut juste que financièrement ce soit viable. Quand tu as un groupe hyper indépendant comme ça, tu n’acceptes pas tout.

Tu as sorti l’album en cassette et en CD (et sur les plateformes numériques), il n’y aura pas de vinyle ?

Batist : J’aurais adoré, mais c’est très cher. Là, je fais des cassettes et des CD, bon, les cassettes, tu ne fais pas beaucoup de marge non plus. C’est de plus en plus cher maintenant à produire, aussi. Tout le vintage, ça revient en force, enfin, depuis quelques années.

Justement, j’ai une question sur les cassettes, qui était, pourquoi ? Pourquoi une cassette ? Je pensais que tu allais me dire que ça ne coûte vraiment pas cher mais finalement, ce n’est pas ça.

Batist : J’adore le son des cassettes, cette chaleur qu’il dégage. Quand ça déraille, quand ça se désaccorde, tu vois ? Parce que la bande, elle accélère, elle ralentit… J’adore les "drops", quand ça fait "boum", ça coupe parce que la bande est toute chiffonnée. Par exemple, quand la tête de lecture est moisie, j’adore ce bruit, ce souffle en arrière-plan. La cassette, elle te permet de créer un désordre que tu ne te permets pas sur un disque.

Pendant que j’enregistrais, je savais que ça finirait sur cassette, donc je me disais : "Ah, ça va être cool sur cassette”, tout en sachant que sur CD ou en numérique, l’effet serait moins intéressant. Un CD, si tu l’écoutes dans 20 ans, aura le même son, pas la cassette. Même maintenant, si tu compares le mix du CD et celui de la cassette, ce n’est pas vraiment le mix, mais le résultat final, eh bien, c’est deux choses différentes. C’est vraiment marqué.

Ça reste subtil, mais il y a des instruments qu’on entend plus sur la cassette et d’autres moins, c’est presque comme si c’étaient deux versions des chansons. Ce sont toujours mes chansons, les mêmes arrangements, mais certains instruments sont plus ou moins mis en avant.

Question d’actualité : utilises-tu l’intelligence artificielle ?

Batist : Non, mais en fait, ça rejoint ce que je disais sur ce projet d’essayer de faire ces choses un peu tout seul, parce que c’est mon projet personnel. La satisfaction que j’ai à faire cet album, et les EP d’avant, c’est de dire : "J’ai réalisé ça, tout sort de ma tête". Bien sûr, il y a des amis qui jouent, mais ce sont mes chansons, c’est moi qui ai tout arrangé. Si c’était une IA qui écrivait les paroles ou composait la musique, ça n’aurait pas la même saveur pour moi.

Quel est l’avenir immédiat de Batist & The 73 ?

Batist : Ce serait bien de réenregistrer une ou deux chansons qui sortiraient à la rentrée, en septembre ou en octobre. Un single, mais qui ne serait pas sur l’album. Juste enregistrer une chanson en studio avec les amis. Il y a aussi un nouveau groupe avec lequel je joue parfois, avec Vincent Pedretti, qui s’appelle Belvédère et qui fait de la folk en anglais. Je joue aussi avec Cléa Vincent, en groupe ou en duo. Et puis il y a le Paris Lone Star Club, un groupe avec Baptiste Hamon et plein d’amis, qui fait des reprises de country et qui joue aux Francofolies de La Rochelle. Je joue également avec Roberto Ticogna, on a une ou deux dates. Il fait de la pop italienne, vraiment belle.

Dernière question : pense à ton meilleur ami. Imagine qu’il ou elle part à l’autre bout du monde pour une mission sur une base en Antarctique. Pas d’internet, rien. Il ou elle part pour 4 ans, peut-être plus, on ne sait pas. Pour qu’il ou elle pense à toi, tu vas choisir un disque de ta collection et le lui donner. Cette personne, quand elle l’écoutera dans sa station en Antarctique, pensera à toi. Mais toi, tu n’auras plus ce disque. Quel album lui donnerais-tu ?

Batist : J’ai envie de répondre un album de Wilco. Oui, évidemment. Parce que je les ai bien saoulés avec ça… OK, je crois que j’ai ma réponse. C’est un groupe qui s’appelle Nine Black Alps, un groupe anglais des années 2000 qui faisait du grunge, mais à la sauce anglaise. Donc, c’est moins la grosse batterie qui envoie, c’est plutôt une batterie plus discrète. Mais il y a quand même de grosses distorsions. Le songwriting est vraiment bon. Et donc, leur premier album "Everything Is" de 2005… Souvent, je pense à cet album parce que c’est l’un des albums de grunge où j’aime particulièrement les chansons calmes. Tu sais, il y a toujours une ou deux chansons acoustiques dans les albums de grunge.

Retrouvez Batist & the 73'
en Froggy's Session
pour 4 titres en cliquant ici !

 

En savoir plus :
Le Bandcamp de Batist & the 73'
Le Soundcloud de Batist & the 73'
Le Facebook de Batist & the 73'

Crédits photos : Thomy Keat (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


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