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Interview de Pall Jenkins et Tobias Nathaniel  (Paris)  29 mai 2006

La tournée européenne de The Black Heart Procession pour la promotion de leur nouvel album The Spell passe par La Maroquinerie à Paris.

Pall Jenkins et Tobias Nathaniel, fondateurs et leaders de ce groupe au son singulier qui nous ravit depuis près de 10 ans, étaient disponibles, juste après les balances, pour satisfaire notre curiosité.

Tous nos remerciements pour la gentillesse, la patience, et la grande indulgence pour mon anglais (lamentable), dont ils ont fait preuve.

Quel est votre programme après l'European Tour de juin 2006 ?

Pall Jenkins : Nous retournons chez nous pour 3 jours et nous jouerons avec Calexico pour une série de 5 concerts. Puis nous repartirons pour une tournée à travers les Etats-Unis.

L'oiseau qui figure sur la pochette de votre album "The spell" est-il le même que celui de "Garden ruins", l'album de Calexico qui vient de sortir ?

Pall Jenkins : Non (rires). Il s'agit d'un oiseau différent. Mais c'est une étrange coïncidence car nous composions la pochette dans le même temps et quand nous nous en avons parlé nous nous sommes rendu compte que nous y insérions tous les deux un corbeau noir.

Vous avez réalisé un film "Tropics of love" à partir de votre album précédent "Amore del tropico". Peut-on penser et espérer que vous réitérerez avec "The spell" ?

Pall Jenkins : Non. L'album "Amore del tropico" était très particulier. Nous ferons sans doute quelques vidéos mais pas pour en faire un film.

Dans une interview, vous disiez que pour vous l'art était une idée, un concept, une pensée, une action et que la musique en constituait un des éléments. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Pall Jenkins : Je pense que la musique et l'art c'est la même chose. La musique est très proche de la peinture. Quand je travaille sur les mots, je pense à des couleurs et à des émotions.

Vous êtes l'auteur des textes et comment se passe la composition des morceaux?

Pall Jenkins : Tobias et moi sommes à l'origine de la trame initiale du morceau, musique et paroles, et j'apporte également une trame à la guitare et nous commençons à travailler avec ce matériau de départ avec les autres musiciens. Parfois on commence avec quelques notes de piano ou de violon quand l'un d'entre nous a une idée. Nous travaillons ensemble ensuite. Il n'y a pas de procédure très formelle. Nous travaillons de manière parfois très différente. Cela commence parfois d'une nouvelle idée de morceau et c'est sans doute pour cela qaue chaque album est unique.

Vous dites également que vous enregistrez de manière très rapide vos morceaux pour garder intactes les émotions et le plaisir qu'ils vous procurent à jouer. Comment parvenez-vous à conserver cette fraîcheur initiale quand vous êtes en tournée ?

Pall Jenkins : De la même manière que pour le chant, nous aimons laisser le morceau assez "ouvert" pour permettre une interprétation live spontanée et chargée émotionnellement. Les morceaux joués en concert sont toujours différents de ceux enregistrés. Bien évidemment, ils restent identifiables mais ils sont quand même différents.

Dans certaines revues de votre album "The spell", les journalistes émettent quelques critiques en disant que vous faîtes du "Black Heart Procession" tout en ayant écrit lors de la sortie de l'album précédent "Amore del tropico" qu'ils étaient déçus de ne pas retrouver tout à fait le son de The Black Heart Procession. Ce qui paraît totalement stupéfiant. Lisez-vous les critiques et qu'en pensez-vous?

Pall Jenkins : Nous les lisons parfois…

Tobias Nathaniel : …mais nous n'en tenons absolument pas compte.

Pall Jenkins : Par ailleurs, je pense que notre musique évolue au fil du temps et que nos albums ne sont pas totalement idnentiques. Notre musique a connu des changements liés aussi à notre évolution personnelle au fil des années.

Tobias Nathaniel : Nous savons que le son de The Black Heart Procession est singulier et immédiatement reconnaissable. Il est évident que notre musique a évolué et qu'elle reflète aussi les expériences que nous avons vécues dans notre vie.

Peut être certaines personnes pensent-elles que nous n'évoluons pas parce que l'esprit de ce son existe. Mais est-il imaginable par exemple, que David Lynch fasse des comédies hollywoodiennes ?

Pall Jenkins : En utilisant une métaphore, je dirai que la musique de The Black Heart Procession peut se comparer à une nourriture un peu exotique et peu ordinaire. Les gens qui n'ont pas les moyens de l'acheter ne peuvent l'apprécier.

Tobias Nathaniel : Il faut se donner la peine d'entrer dans l'univers musical de The Black Heart Procession pour le comprendre et l'apprécier. Il faut sans doute s'éduquer le goût.

Dans le making of de voter film "Tropics of love" vous apparaissez comme des personnes joyeuses et plutôt gaies. Or, la musique de The Black Heart Procession est plutôt sombre. Comment conciliez-vous ces deux aspects de vos personnalités ?

Pall Jenkins : Je pense tout simplement que c'est la vie qui est comme cela avec ses moments gais et ses moments plus sombres. Et ce qui est important est de vivre pleinement quelles que soient les couleurs des événements qui vous arrivent. Il faut savoir heureux.

Maintenant les moyens d'expression de vos sentiments profonds peuvent être différents. Nous ne faisons pas volontairement de la musique qualifiée de "sombre". Nous faisons tout simplement la musique que nous aimons.

Tobias Nathaniel : On peut nous comparer aux gens qui passent le plus grande partie de leur journée à faire un travail ennuyeux. Ils sont heureux pendant leur moment de loisir. Nous, à l'opposé, nous avons la chance de passer la plus grande partie de notre temps à faire ce qui nous plaît.

Est-il envisageable pour The Black Heart Procession d'écrire une musique de film et quels sont les réalisateurs qui ont un univers compatibles avec celui de The Black Heart Procession ?

Pall Jenkins : Oui. Nous aimerions beaucoup le faire. Parmi les réalisateurs, je citerai Roman Polanski qui est fabuleux.

Tobias Nathaniel : David Lynch, bien sûr.

Jim Jarmush?

Pall Jenkins : Oui, également.

Tobias Nathaniel : Et puis Tim Burton qui est extraordinaire.

Avez-vous eu des propositions en ce sens?

Pall Jenkins : Nous avons eu quelques propositions marginales.

Tobias Nathaniel : Mais nous n'avons jamais eu de propositions véritablement intéressantes et musicalement passionnantes.

Vous n'êtes jamais allés toquer à la porte de David Lynch par exemple?

Pall Jenkins : Peut être allons-nous le faire !(rires)

Tobias Nathaniel : C'est effectivement une bonne idée !

Vous avez créé votre propre studio dans votre maison dans lequel vous enregistrez les albums du groupe. Produisez-vous d'autres artistes également ?

Pall Jenkins : Oui, tout à fait. J'aime beaucoup cet aspect du travail qui est parallèle à celui que je fais au sein de The Black Heart Procession. J'ai produit Devics, Horse stories un groupe australien et des groupes locaux de San Diego comme Kill me tomorrow ou Bartenders Bible.

J'ai lu que The Black Heart Procession parvenait à vivre financièrement de sa musique ce qui est assez rare. Quel est votre secret ?

Pall Jenkins : Cela exact quand nous faisons des tournées. Notre source principale de revenus vient des concerts. Je suppose que si le public ne venait plus nous voir demain, il faudrait que nous trouvions une activité lucrative annexe.

Tobias Nathaniel : Nous sommes toujours parvenus à nous en sortir pour éviter d'avoir un autre travail. Avec les tournées nous arrivons à vivre et à travailler sur un prochain album.

Tournez-vous beaucoup aux Etats-Unis car beaucoup d'artistes disent que c'est difficile vu le nombre de groupes ?

Tobias Nathaniel : Pendant 3,4 ans nous ne faisions que nos albums sans faire de tournées. Maintenant nous tournons et même en Europe.

Pall Jenkins : Nous reviendrons même en France en septembre 2006.

Pouvez-nous nous parler du label Touch and Go auquel vous êtes restés fidèles ?

Pall Jenkins : Touch and Go est un très bon label à San Diego composé de gens honnêtes avec qui nous travaillons sans contrat écrit à 50/50. Nous connaissons chaque personne avec qui nous pouvons discuter utilement et même boire un verre. Nous avons touché nos royalties pour chaque album comme dans une major.

Mais il est vrai que nous devons travailler plus intensément. Si un groupe est produit par Touch and Go c'est que le label croit sincèrement en l'intérêt musical de ce que fait ce groupe et pas uniquement par intérêt financier par rapport aux ventes potentielles.

The Black Heart Procession existe depuis presque 10 ans. Quel regard jetez-vous rétrospectivement sur votre parcours et pensez-vous continuer pendant 10 ans encore ?

Pall Jenkins : Quand je jette un regard vers le passé ce que je vois est plutôt satisfaisant. Nous n'éprouvons aucun regret. Notre parcours correspond à ce que nous avons voulu faire, sans jamais chercher à imiter et ce parcours est donc assez unique. Et quand je regarde vers le futur, et bien, je ne le connais pas (rire). J'espère que nous pourrons faire encore faire des albums, progresser dans notre recherche musicale, intéresser encore le public qui nous suit depuis nos débuts et même plus encore. Je ne pense pas que The Black Heart Procession deviendra un groupe médiatique faisant une musique commerciale.

Tobias Nathaniel : Evidemment. Nous faisons une musique qui nous semble être de la bonne musique pour nous et qui peut toucher le public. Si beaucoup de gens prennent du plaisir à nous écouter, c'est bien. Si non, tant pis.

Pall Jenkins : Le marché est suffisamment large pour que chaque musique trouve son public.

Comment synthétiseriez-vous la thématique de The spell ? Pour moi The Spell c'est "amour, mort et folie".

Pall Jenkins : Oui, c'est cela. Je suis d'accord ! (rire). Mais je pense aussi que c'est un album un peu plus politique.

Connaissez-vous des groupes qui suivent un peu le sillon musical que vous creusez ?

Pall Jenkins : Peut être.

Tobias Nathaniel : Pour ma part, je n'en connais pas. (rires). Cela étant si notre musique peut constituer une influence pour un autre groupe nous en serions ravis.

The Black Heart Procession a souvent été qualifié de "collectif" plus que de groupe car il a accueilli des collaborations diverses. Qu'en est-il réellement ?

Tobias Nathaniel : Par exemple, cet album a été commencé à 2 puis continué avec d'autres musiciens avec lesquels nous aimons jouer et qui aiment jouer avec nous. Ils vont et viennent et ne participent pas toujours tous à l'album.

Pall Jenkins : Nous avons de bons amis musiciens à San Diego où nous vivons avec qui nous aimons jouer et boire un verre. Ces multiples collaborations concourent aussi à nous inspirer et à donner une couleur particulière à chaque album. Nous sommes attachés à cette idée de melting-pot.

Et qu'en est-il de Three Mile Pilot ?

Pall Jenkins : Nous travaillons à un nouvel album qui devrait sortir en 2007.

Petite question anecdotique qui vous a été sans doute mille fois posée : pourquoi cette numérotation des albums ?

Pall Jenkins : Lors de la parution de notre premier album, nous ne pensions pas devenir un groupe. Et puis, si et nous avons continué cette numérotation.

Le prochain album pourrait porter le numéro 10 ?

Pall Jenkins : Oui (rire). Mais il me manque 2 doigts donc je ne ss pas si nous pourrons atteindre ce chiffre ! (rires)

Jason Crane jouera-t-il avec vous ce soir ?

Pall Jenkins : Non. Il ne sera pas là avec sa tête de cheval !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album The Spell de The Black Heart Procession
La chronique de l'album Six de The Black Heart Procession
The Black Heart Procession en concert au Festival Art Rock 2006 (Vendredi)
The Black Heart Procession en concert à La Maroquinerie (29 mai 2006)
La vidéo de A tropical murder mystery presented by The Black Heart Procession par The tropics of love

En savoir plus :

Le site officiel de The Black Heart Procession

Crédits photos : David (plus de photos sur Taste of indie)


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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
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et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

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