Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Gravenhurst
Le village des automates  (Saint Cannat (13))  4 juin 2006

S'il y a un endroit où l'on ne pouvait pas s'attendre à trouver Gravenhurst, c'était bien au Village des automates ce dimanche 4 juin. Tout d'abord parce que le village en question, en dépit du charme qu'il y aurait pour une salle de concert à porter un nom si évocateur, est bel et bien un parc à thème pour enfants. Ensuite parce que se tenait hier dans ce haut lieu du délassement enfantin la Soirée Territoires automatiques (deuxième édition) dans le cadre du Festival Territoires électroniques, qui s'est déroulé à Aix-en-Provence et dans tout le pays d'Aix du 31 mai au 4 juin. Soirée de clôture, donc.

Les territoires électroniques, je les ai parcourus à 20h, tout d'abord. Ambiance de kermesse, dès le parking, sur lequel flotte une amusante odeur de crottin – non pas de cheval, mais de poney – c'est tellement mignon, un poney ; n'oublions pas : parc à thème, enfants… Je tourne le dos à l'enclos et ses fiers ( ?) quadrupèdes, rejoins la scène. Scène d'extérieur, quelque part entre la tête de tigre géante et l'espèce de dôme-baleine-psychédélique.

DJ cliché, musique technoïdoforme boum-boumante avec de vrais piouspious dedans. Je songe au bruit des pistolets lasers dans les films de science fiction italien du début des années 80. Peu à mon goût. Un quart d'heure d'attente pour un sandwich – trop de boums et de pious et de bips et de thics – mal de tête avant d'atteindre la mâne. Renseignements : Gravenhurst assurera le dernier set de la soirée, joueront de minuit à une heure. Je m'en vais, je m'enfuis, tuer le temps ailleurs.

Retour vers 23h, continuant à penser qu'il doit y avoir une erreur, malgré moult vérifications et recoupements d'informations, que Gravenhurst ne peut pas jouer dans un tel festival. Un peu comme si Jacques Brel se trouvait à l'affiche d'un festival de Hip Hop. Que l'on aime l'un, l'autre ou les deux, il faut bien reconnaître que l'appariement serait osé.

Improbable et pourtant bien réel. A 23h30, après le set d'un certain DJ Food, l'invité surprise de la soirée, qui me laisse quelque peu sur ma faim (boum-boum-boum ? boum-tchic-thic-boum ? et alors ?), Gravenhurst monte sur la scène pour une rapide balance qui semble exaspérer un public ayant tout l'air d'être arrivé là un peu par hasard. Ambiance molle de fin de soirée, avec cette touche d'apocalypse d'une fin de partie à la Becket. Public dubitatif, déjà rassasié des basses et bleeps qu'il était venu cherché. Déjà saoul, déjà fourbu de danser. Le groupe ne s'y trompe pas, se présente avec un certain laconisme : "Hello, we're Gravenhurst. The party is over".

Léger sourire, sans cynisme ni amertume – un rien désabusé, peut-être ? Pas un mot de plus. Down river en guise d'ouverture, sa douceur, qui peut rappeler certains des derniers titres de Piano Magic, une touche d'indolence en plus ; ses explosions soudaines, guitares appuyées, brèves, fugitives ; la voix suave, presque féminine, du chanteur.

Suivent "See my friends" et "Velvet cell". Noyé sous une fumée trop abondante – si elle pouvait avoir une certaine classe sous les jeux de lumières furieux des DJs qui, de toute façon, ne donnaient à voir qu'une silhouette oscillant devant une table, elle a ici quelque chose d'absurde, de décalé – le groupe va livrer un set court mais intense, où il parviendra à jouer de toutes ses nuances, à exposer la gamme complexe de ses émotions, une certaine nostalgie en toile de fond. Aux antipodes de l'ambiance festive techno-merguez party qui dominait jusqu'à présent. The party is over, indeed.

Après "Same", titre inédit tout à fait dans la veine du dernier album (le magistral Fire in distant buildings, paru chez Warp Records, octobre 2005), le trio fermera la soirée par l'épique et ravageur "Song from under the arches" et une version bruitiste, assourdissante, de "Black holes in the sand", seul titre ancien, extrait de l'album du même nom (Warp Records, 2004).

Mais le groupe ne rencontrera pas son public ce soir. Malgré une prestation irréprochable, à la fois énergique et sensible, sur la pelouse, devant la scène, les rangs sont de plus en plus clairsemés. Un climat d'incompréhension mutuelle plane. Les musiciens communiquent peu avec le public. Seuls derrière leur écran de fumée, avec une musique trop rock certainement pour ces territoires électroniques. Comme en terrain hostile. Le set se termine sans grande chaleur de part ou d'autre, devant une maigre centaine de spectateurs à l'intérêt inégal.

Sans grandes effusions, Gravenhurst quitte la scène. Je quitte le Village des automates presque aussi rapidement. Mes phares rencontrent la silhouette d'un poney dans son enclos. Improbable, de bout en bout.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Fires In The Distant Buildings de Gravenhurst
La chronique de l'album The western lands de Gravenhurst
Gravenhurst en concert au Festival La Route du Rock - Collection Hiver 2006
L'interview de Gravenhurst - Nick Talbot (septembre 2005)

En savoir plus :

Le site officiel de Gravenhurst

Crédits photos : Cedric Chort (plus de photos sur Taste of indie)


Cédric Chort         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

• A voir aussi sur Taste of Indie :

Galerie de Gravenhurst


# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=