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Interview  (Paris)  Avril 2003

Mona Mork et Patrick Lundberg ont très gentiment répondu à notre interview par e-mail et y ont joint ces photos.

 

Pourquoi avoir choisi le nom de " Ai Phoenix " ?

Mona : Nous aimions le nom “Phoenix”. Pour nous, il recouvrait plusieurs choses : le mythe du phoenix, l'acteur River Phoenix et l'interminable désert de sable du far-west de Phoenix Arizona. C'est aussi un mot très répandu en Norvège. Il est utilisé pour toutes sortes de choses comme marque d'équipement de montagne, de bennes à ordures à Bergen et autres utilisations aussi absurdes tout en étant dépourvu de signification.

Le mot “ai” a été ajouté mais il n'est pas défini et utilisé nulle part... il n'a pas de sens particulier, il ajoute seulement un peu de confusion, ce qui est bien. Et puis, il SONNE bien et si vous le souhaitez, vous pouvez le comprendre comme le“Aye, aye, (captain) Phoenix, everything is gonna be OK”.

En 1997, le groupe originel était un trio (Patrick Lundberg, Robert Jonnum et Mona Mork). En 1999, Bosse Litzheim et Espen Mellingen se sont joints au groupe pour les concerts. En 2002, Ai Phoenix est un quator avec Mona et Patrick, Bosse et Ib Kleiser., pour continuer en trio avec des invités pour les concerts. Est-il difficile de créer une groupe soudé?

Patrick :Oui, c'est une difficulté, parce que nous étions néophytes quand nous avons créé le groupe en 1998. Le départ de deux membres n'a pas rendu l'entreprise facile. Aussi, nous avons dû évoluer et la nouvelle formation ( Bosse Kleiser , Mona et moi) nous a ouvert de nouveaux horizons. Lors de la tournée en Allemagne au printemps 2002, chaque concert était formidable. Kleiser connaissait le groupe et tous nos morceaux et, pour moi, sa contribution comme bassiste a fait de Ai Phoenix un très bon groupe.

Bien sûr, nous avons dû modifier les arrangements ce qui rendait le projet excitant . Nous avons essayé des variations en changeant les instruments, utilisant un accordéon, deux guitares au lieu de la guitare, une basse et des batteries sur toutes les chansons.

C'était un challenge et nous en avons tiré beaucoup de plaisir. Nous le faisons encore avec d'autres formations. Des gens que nous connaissons et qui eux mêmes jouent dans d'autres groupes à Bergen : les membres de Sister Sonny (Kleiser, Fredrik, Andreas) et Stockhaus (Kristian). Ils savent ce dont il s'agit.

Mona et Patrick sont les deux auteurs et les deux membres "permanents" du groupe. Comment travaillez-vous pour réaliser un album par an d'autant qu'il semble que les périodes d'enregistrement durent une année?

Patrick : Nos deux premiers albums ont été enregistrés en six mois. Une des raisons était que l'enregistrement se faisait à notre domicile. Pour le dernier album, il en est allé autrement. Il a été enregistré en cinq endroits différents. "Elvis" et "Very kind", par exemple, sont enregistrés chez moi. "Revolution’s Grey" a été enregistré chez Robert . Les autres chansons furent enregistrées chez Espen et dans un studio une nuit. Le reste a été réalisé chez Mr. Airbuz après le départ de Robert et d'Espen." Hopscotch" fut enregistré dans sa cuisine (et ce n'est pas pour le rendre plus intéressant...). Espen y a contribué après son départ.

Il a donc fallu douze mois pour constituer l'album, faire les enregistrements, parfois par tranches de un ou deux jours. Ensuite, nous avons encore pris le temps de combiner les chansons et de complèter l'abum. Nous faisons toujours ainsi. Pour l'écriture des chansons, il n'y a pas grand chose à dire. Mona et moi nous écrivons tout le temps, pas tous les jours mais presque.

Quand nous enregistrons nous essayons d'utiliser les meilleures chansons, les plus abouties. Nous laissons de côté les autres ou nous les modifions. Et quelques chansons ont été faites en collaboration avec Bosse.

Je dois vous annoncer que nous venons juste de finir un nouvel album. Inutile de dire que nous fondons de grandes espérances sur lui..Il n'a pas encore de titre..Il a été enregistré en studio à Høyanger, une petite ville sur la côte ouest d'où Bosse et moi venons. Nous sommes tous très excités.

Votre troisième album a été très bien accueilli par la critique qui vous considère comme l'un des meilleurs groupes venant de Norvège depuis longtemps. Qu'en pensez-vous? Que pensez-vous de la musique norvègienne?

Mona : La musique occupe une place croissante dans nos vies. C'est comme une porte qui s'ouvre, que vous ne connaissiez pas avant, et cette porte n'est pas comme une autre porte. C'est un moyen d'expression et de communication qui ne ressemble à aucun autre et qui devient nécessaire dès que vous l'avez trouvé.Cela signifie aussi que nous apprécions vraiment le feedback et la possibilité de continuer à faire ce que nous aimons.

Ces cinq dernières années, peut être par hasard, règnait en Norvège (spécialement à Bergen) une atmosphère très particulière propice à l'épanouissement de la musique. Subitement, tous les musiciens qui en voulaient sont partis en Angleterre et ceux qui sont restés étaient paisibles et heureux juste en jouant. Et, il y a eu émergence de nouveaux petits labels et de radios indépendantes et des journalistes idéalistes et intuitifs qui ont senti qu'il se passait quelque chose de bien et qui ont favorisé l'émergence de cette musique.

Qu'apporte de nouveau votre dernier album par rapport aux précédents?

Patrick : L' album "Lean that way forever" est le reflet des péripéties qui ont affecté sa création, qu'il s'agisse de la pluralité des lieux d'enregistrements ou des différentes compositions du groupe. En conséquence, chaque morceau a un son propre. Ce qui est très singulier car d'ordinaire tous les morceaux d'un album obéissent à une logique et à une cohérence interne. Comme par exemple, dans l'album "The driver is dead" où la plupart des chansons sont reposantes et calmes. En fait "Lean that way froever" ressemble plus à notre premier album "Film" où nous avions des morceaux parfois rapides, parfois cools, parfois doux, parfois plus durs. Bien sûr, ce sont de simples constatations. Avec le recul, l'analyse est toujours plus aisée.

Comme j'écris la plupart des chansons, je dirais que les chansons de l'album "The driver is dead" exprimaient le côté ténébreux voire gothique de Ai Phoenix. Dans l'ensemble c'est plutôt optimiste. C'est comme ça que le ressentent les gens. Ils trouvent que cet album remonte le moral. Si ils ont un coup de blues ou quoi, l'album a un bon effet sur eux. J'aime ça. Sur l'album "Lean that way forever", les chansons sont plus gaies. Quelqu'un disait que cet album est un peu spectral. Je suis assez d'accord.

Approuvez-vous le qualificatif de musique intemporelle ?

Mona : Nous n'avons jamais été préoccupé par l'idée de créer quelque chose de NOUVEAU. Tant que nous suivrons notre propre voie SANS ESSAYER de copier quelqu'un d'autre on aura le sentiment que c'est nouveau. Personne n'invente rien. Nous faisons de notre mieux et nous savons quand nous avons atteint notre but (=quand nous aimons ce que nous avons fait). Nous puisons notre inspiration dans la musique d'hier et d'aujourd'hui et comme beaucoup, dans le cinéma, la littérature, la peinture, les histoires des gens, des amis, de nos proches...

Je pense que nous essayons de saisir ce qui est essentiel pour nous. Ce qui est impotant dans nos vies?. Ce qui est universel, comme le peintre Edward Munch qui essayait de saisir le lien entre l'universel et le singulier : amour, haine, jalousie, mort, bonheur, tristesse, peur et facilité... Il s'agit de sujets qui peuvent effrayer et qui sont évités dans les conversations quotidiennes.

Avec les groupes scandinaves (Gus Gus, Sigur Ros, Royskopp, Midnight choir), il semble qu'il y ait une nouvelle vague de musique rock indé très appréciée. Existe-t-il un son particulier qui viendrait "du froid"?

Mona : Cette singularité a pour origine l'atmosphère dont j'ai parlé mais aussi l'histoire et les traditions scandinaves. INous avons eu beaucoup d'écrivains et de peintres inscrits dans la tradition du réalisme et de l'expressionisme, à la recherche de la vérité cachée des choses, la sérénité, la solitude. Je pense qu'il y a également une attirance pour ce qui pourrait paraître mélancolique pour d'autres gens mais pour de nombreux scandinaves (et d'autres dans le monde), le slogan “Tout est si merveilleux! Amusez-vous!" est plus déprimant et même dangereux car il induit chez beaucoup des sentiments de tristesse et d'insatisfaction.

Tout est nécessaire, le bon comme le mauvais et vous devez les affronter quand ils surviennent, le bonheur est profond quand il arrive... Le point commun pour ces groupes réside dans la symbiose de la tristesse et de la joie.

A l'automne 2001, vous avez enregistré la bande son d'un documentaire "Balance". Quel est votre intérêt pour ce genre de collaboration? Pensez-vous que l'écriture musicale pour un documentaire ou tout autre création artistique (film, danse...) puisse être aussi intéressante que l'écriture d'un album?

Patrick : Notre participation à ce documentaire est le seul que nous ayions réalisé. Nous avons été fiers cette réalisation. Tell Teigen, la personne dans le documentaire est de Høyanger, tout comme le producteur Jan Frode Andersen. Nous avons perçu ce projet comme un challenge d'écrire de la musique instrumentale sans mélodie mais avec un thème.Tous les airs consistent en une répétition des thèmes.

Pour une des chansons, il fallait un son proche de Calexico. Sur une autre nous avons joué dans un registre plus folk. Il y a un morceau qui se réfère à Moulin Rouge qui existe dans l'album. Mais il s'agit d'une variante minimaliste pour le film avec uniquement la voix, une guitare et un accordéon. En définitive, cette musique diffère vraiment de celle de Ai Phoenix. La raison tient à ce que nous avons assayé d'écrire des morceaux adaptés au film et là était le challenge.

Si nous en avons l'opportunité et que le projet proposé nous convient, nous réitérerons sans doute ce genre de prestation.

Vous avez récemment conclu un contrat de distribution pour l'Europe avec Glitterhouse Record.Pensez-vous et espérez-vous que ce contrat permettra d'élargir votre audience en Europe?

Patrick : Ca peut paraitre prétentieux, mais nous voulons que l'on écoute notre musique et j'espère que cela accroîtra notre audience. Cela dépend des ventes et aussi des tournées. Nous devrions faire une tournée par an en Europe. D'ores et déjà, Glitterhouse nous a donné l'opportunité de jouer pour dans de plus grandes salles. Ainsi, en 2002, nous avons joué au festival d'Orange Blossom à Beverungen. Ce ne fut pas notre meilleur concert mais c'était bien. Il est important pour les petits groupes de participer à de tels festivals.
Glitterhouse s'avère-t-il un bon choix? Ce label produit également les Walkabouts et 16 Horsepower. Pensez-vous être proches de ces groupes?

Patrick : Oui, Glitterhouse est un bon label. Mais nous ne voyons pas vraiment de parenté avec 16 Horsepower ou les Walkabouts. Nous sommes plus proches de groupes comme Velvet Underground. Walkabouts est plus folkrock que nous et pour 16 Horsepower, je ne sais pas. Les quelques chansons que j'ai entendues sont très différentes de celles de Ai Phoenix.

Mona : L'essentiel pour nous est que Glitterhouse a écouté notre musique, nous a contacté et que nous ayons eu un bon contact avec des gens enthousiates qui aiment la musique.

Très souvent, les journalistes et aussi vos fans trouvent des références musicales avec d'autres groupes comme "Mazzy Star","This Mortal Coil", "Labradford," "Cowboy Junkies", ou"Young Marble Giants " et la voix de Mona s'inscrit dans le même registre que celles de Lisa Germano ou même Anita Lane. Qu'en pensez-vous? Quelles sont vos influences musicales?

Mona : La plupart des références sont fondées sur des similitudes induites par exemple par ma voix.Je n'ai jamais entendu Mazzy Star avant de lire que nous pouvions leur être comparés.Je suis d'accord avec la similitude physique/génétique mais, en réalité, j'essaie de chanter comme Bob Dylan. J'apprécie la version de "Blue Moon" par Cowboy Junkies.

Nos musiques favorites sont par exemple Bob Dylan, Sonic Youth, REM, Stina Nordenstam, Leonard Cohen, Sex Pistols, Velvet Underground...

Connaissez-vous le groupe Devics dont le registre est proche du vôtre

Mona : Non, mais maintenant oui.

Quels sont vos sentiments lorsque vous jouez en public?

Mona : Au début, ce fût l'enfer, puis nous avons pu éviter les tremblements et les heurts, et maintenant, nous sommes tout à fait sereins et nous prenons vraiment du plaisir quand le son est bon et que l'ambiance est détendue...

Quand viendrez-vous en concert en France?

Mona : Nous n'avons jamais joué en France mais nous le ferons certainement. Nous devons faire une grande tournée à l'automne.

Si vous deviez caractériser votre musique en trois mots, quels seraient-ils ?

Mona : C'est une question cauchemardesque... Ce sont les autres qui devraient répondre... Ce qui nous intéresse dans les critiques sur notre musique, ce ne sont pas les qualificatifs de mélancolique, belle et relaxante mais lorsque on voit quelqu'un a découvert les petits et essentiels détails et significations de ce que nous essayons d'exprimer, tels que les éléments des contes de fées, l'équilibre entre la beauté et l'effroi, entre la tristesse et l'OPTIMISME et l'énergie sous jacente.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Lean that way forever de Ai Phoenix
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La chronique de l'album The lights shines almost all the way de Ai Phoenix


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# 19 janvier 2020 : de De Gaulle à Rocard

Cette semaine encore beaucoup de choses à découvrir. D'un portrait de de Gaulle côté livre à l'affrontement Mitterand - Rocard au théâtre en passant par de la musique pop, classique et bien plus encore. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki
et toujours :
"Nougaro" de Babx, Thomas de Pourquery et André Minvielle
"True colors" de David Bressat
"Splid" de Kvelertak
"Bach, Handel : An imaginary meeting" de Lina Tur Bonet & Dani Espasa
"My favourite things", le podcast de Listen In Bed #8
"Turn bizarre" de Livingstone
"Le musc" de Petosaure
"En voyages" de Pierre Vassiliu
"Shadow in the dark" de Tiger & the Homertons
"Caipirinha" de Tiste Cool

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Una costilla sobre la mesa" au Théâtre de la Colline avec "Padre" et "Madre"
"L'Opposition - Mitterrand vs Rocard" au Théâtre de l'Atelier
"La Sextape de Darwin" au Théâtre La Bruyère
"hélas" au Théâtre de la Tempête
"Une histoire d'amour" à La Scala
"Le K" au Théâtre Rive-Gauche
"An Iliad" au Théâtre du Rond-Point
"Elephant Man" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Architecture" au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux
"En couple (situation provisoire)" à La Folie Théâtre
"Les vagues, les amours, c’est pareil" au Centrequatre
"La Vie est belle" au Théâtre Le Lucernaire
"Philippe Meyer - Ma radio heureuse" au Théâtre Le Lucernaire
"Opérapiécé" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereu - aaAhh BiBi" au Théâtre Tristan Bernard
"Marion Mezadorian - Pépites" au Pont Virgule
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Mondrian figuratif au Musée Marmottan-Monet
"Vincenzo Gemito - Le sculpteur de l'âme vénitienne" au Petit Palais
"Toulouse-Lautrec résolument moderne"au Grand Palais

Cinéma avec :

"Le Réseau Shelburn" de Nicolas Guillou
Oldies but Goodies avec "Les Bostoniennes" de James Ivory dans le cadre de la rétrospective que la Cinémathtèque française consacre au réalisateur
et la chronique des sorties de janvier

Lecture avec :

"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy
et toujours :
"Celle qui pleurait sous l'eau" de Niko Tackian
"Je suis le fleuve" de T.E. Grau
"La prière des oiseaux" de Chigozie Obioma
"Sang chaud" de Kim Un Su
"Un millionaire à Lisbonne" de J.R. Dos Santos

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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