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Interview  (Paris)  14 juin 2006

Après "Néons blancs et asphaltines" album de pop contemplative sorti en 2004, qui se démarquait de la production française et recevait un bel accueil unanime, Arman Méliès nous propose "Les tortures volontaires" qui explorent les méandres de la vie et les circonvolutions d'un univers très personnel.

Rencontre avec un jeune homme sensible et exigeant.

Avant Arman Méliès vous aviez joué dans d'autres groupes dont eNola et Arman Méliès se présentait comme un projet personnel parallèle qui est devenu principal puisqu'eNola n'existe plus.

Arman Méliès : Après la sortie du premier album d'eNola, nous nous étions remis très vite à travailler et pour des raisons assez compliquées, tenant notamment à des divergences avec notre label, l'enregistrement du second album a été longtemps retardé J'avais donc du temps libre et beaucoup de chansons dans mes tiroirs. Comme je n'envisageais pas du tout d'attendre patiemment qu'on m'octroie le droit d'enregistrer un second album j'ai décidé d'enregistrer les morceaux que j'avais et qui correspondaient sans doute un peu moins au registre d'eNola puisqu'il s'agissait de chansons plus intimistes et plus personnelles. Et puis j'avais envie de faire quelque chose de plus épuré. Or, dans le groupe nous étions 5 et nous avions tendance à beaucoup arranger les morceaux qui avaient de plus une couleur plus rock. C'est ainsi que j'ai enregistré un mini album.

Vous répondez déjà une de mes questions qui était de savoir si Arman Méliès recyclait les chansons. L'artwork particulier de la pochette de votre premier album "Néons blancs et asphaltines", décliné en plusieurs variantes, a beaucoup fait parler de lui et on le retrouve pour "Les tortures volontaires". Aviez-vous déjà au départ le souhait de pérenniser l'investissement fait avec Arman Méliès avec une idée précise?

Arman Méliès : Non, pas du tout car je ne suis pas doué pour me projeter à moyen terme et encore moins à long terme. Je me faisais plaisir avec ce maxi et puis je voyais ce qui se passait ensuite. J'ai eu la chance que le maxi soit bien accueilli, notamment par les webzines, ce qui m'a encouragé et donné l'opportunité de trouver des dates et les concerts où je jouais en solo avec des samples se sont très bien déroulés.

Il s'est créé une dynamique et dans la mesure où eNola restait en stand by je me suis vraiment investi dans ce projet solo. Le deuxième album d'eNola a été enregistré en grande partie mais nous n'étions pas satisfait du résultat et la détérioration des relations avec le label a influé sur la motivation. Même si nous étions très soudés, et nous le sommes encore aujourd'hui, nous voulions tous passer à autre chose. Logiquement, j'ai continué mon projet solo.

L'accueil favorable reçu pour le premier album s'est-il concrétisé en termes de ventes et de tournées ou cela est-il resté un succès d'estime?

Arman Méliès : C'était indéniablement un succès d'estime. Nous l'avions produit avec nos petits bras et il a été distribué par Chronowax qui est une petite structure. Il était peu visible et a connu un succès un peu confidentiel. Mais nous avons fait un score tout à fait honorable. Pour le second album, l'accueil du premier n'est pas anodin et il est sorti avec une logique de développement et non pour faire un coup marketing. Nous verrons ce que cela donne dans 6 mois-un an. Pour le moment, cela démarre assez bien et l'accueil des médias est positif.

Avoir signé chez Warner implique également des moyens plus important en termes de promotion et de médiatisation notamment?

Arman Méliès : Oui, c'est indéniable. J'ai la chance de travailler avec des gens qui sont motivés et qui aiment la musique et ce que je fais. Nous ne sommes pas dans une démarche marketing car il ne faut pas se leurrer la musique que je fais n'est pas accessible à tout le monde. Je ne serai jamais Raphaël. Warner m'ouvre beaucoup de portes, radio, télé, presse et forcément cela impacte sur les ventes et la fréquentation des concerts.

Arman Méliès, qui n'est pas votre nom, est-il un groupe ou est-ce vous accompagnés de musiciens ?

Arman Méliès : Il est un peu présomptueux de répondre ainsi mais Arman Méliès c'est moi. Ce qui ne veut pas dire que je fais tout tout seul. Je suis entouré de plein de gens et même si je soue en solo en concert, je joue également accompagné selon des configurations diverses. Pour l'enregistrement, j'ai fait appel à des amis musiciens qui sont venus apporter leur petite patte et depuis le début je travailler avec un ingénieur du son Antoine Gayer qui fait partie du projet. Mais ce projet est totalement personnel et j'écris les musiques et les textes.

Justement comment se concoctent les morceaux d'Arman Méliès et le choix de chanter en français répond-il à une stratégie ?

Arman Méliès : Pour ma part,il était totalement inenvisageable de chanter en anglais. Déjà parce que je m'y étais essayé il y a très longtemps et je ne trouvais pas cela concluant. D'autre part, j'avais une réelle exigence au niveau des textes. Je voulais écrire des choses personnelles et sincères et en même temps essayer de restituer une certaine complexité, celle du monde dans lequel nous vivons ainsi que la complexité de l'être humain. Je ne maîtrise pas suffisamment la langue anglaise pour atteindre ce but.

Et puis il y a le problème de l'accent qui est assez souvent dommageable à pas mal d'artistes français qui, même s'ils se débrouillent pas mal, n'échappent pas là a critique de chanter à la manière de. En chantant en anglais j'aurais eu l'impression de me mentir à moi même donc cette question était réglée dès le départ. Du coup c'est un vrai plaisir de fouiller la langue française et de la malaxer pour en sortir quelque chose de musical car ce n'est pas la langue la plus chantante. J'ai énormément d'influences anglo-saxonnes donc il aurait été tentant de chanter en anglais et cependant je trouve plus intéressant de chanter en français et d'y mêler ces influences.

Les influences françaises sont surtout Léo Ferré. Ce genre de personnes qui rend exigeant et qui mettent la barre très haut ce qui a tendance à élever et donc à me tirer vers le haut. Il y a aussi Bashung, Dominique A. Ensuite il y a des gens avec qui j'ai des affinités même si ce ne sont pas des influences comme Keren Ann, Benjamin Biolay, J'ai aussi sans doute quelques points communs avec Christophe.

Vous disiez dans une interview que votre musique était faite de bric et de broc. Cela veut dire quoi ?

Arman Méliès : Il y a le côté influences éparses qui est indéniable. J'écoute énormément de choses et rien ne venant de rien toutes ces influences font ma musique après avoir été digérées pour en faire quelque chose de singulier. Et puis au début il y a ce côté low fi le côte un peu bricolé qui ne cherche pas forcément à être parfait et lisse. J'essaie de garder la vie et la volonté de bidouiller. Tout cela n'est pas forcément restitué sur disque mais néanmoins j'y suis attaché. Et puis cela tire vers le haut car il faut vraiment que le morceau tienne la route pour prendre forme.

Votre écriture est très particulière et percutante sur des formats courts comme la chanson. Avez-vous des velléités de vous essayer à des formats plus longs ?

Arman Méliès : C'est tentant mais pour le moment je suis tellement pris par la musique que je n'arrive pas vraiment à la concrétiser.

Dans vos deux albums on perçoit bien la recherche de la musicalité des mots qui ne sont pas seulement destinés à raconter mais qui constitue un instrument. Cela implique une certaine discipline au niveau de l'écriture.

Arman Méliès : Oui, mais la musicalité ne doit pas tout primer il faut aussi du sens même si cela doit rester suffisamment ouvert pour que chacun puisse s'y retrouver. On peut vite tomber dans le travers des jolis mots, des jolies images au détriment du sens au final. Quand je sens que je m'égare j'essaie toujours de resserrer le propos. C'est aussi une question de sincérité.

Parfois c'est un peu confus parce que tout est confus. C'est confus dans la vie et dans ma tête donc j'essaie d'écrire une musique qui soit le reflet de cela. Il y a des gens qui se construisent des schémas préétablis qu'is appliquent ensuite de manière standardisée. Pour ma part, j'aime assez l'idée que je ne maîtrise pas tout, que je ne comprends pas tout, y compris ce qui se passe dans ma tête. Cela m'octroie un peu de liberté, c'est libérateur.

Les textes sont écrits avant la musique ?

Arman Méliès : Non, c'est l'inverse. Les textes sont assez longs à écrire. Je prends mon temps pour l'écriture. Je ne me mets pas la pression et j'attends que les idées viennent. Je glâne des choses et en consigne des brides sur des carnets qui sont ensuite rangés et qui "macèrent". Puis je les ressors. La musique me vient beaucoup plus rapidement car j'en ai une pratique quotidienne. C'est un besoin viscéral. Les morceaux peuvent venir assez vite et je vois ensuite avec les textes que j'ai commencé à écrire ceux qui peuvent se combiner. Et puis je peaufine les textes en fonction de la musique.

L'album "Les tortures volontaires" comporte plusieurs instrumentaux. Cela correspond-il à un défaut de texte adéquat ou à une volonté de garder la musique seule?

Arman Méliès : J'ai voulu insérer des pause musicales dans cet album comme des respirations. Il est vrai que je suis influencé par la musique de films comme celles Ennio Morricone, Nino Rota, John Barry. J'ai aussi des textes qui sont orphelins de musique. Ils sont conservés dans un tiroir. Peut être trouveront-ils une musique un jour, seront-ils chantés par quelqu'un d'autre. Le fait qu'il n'y ait pas que des chansons me paraît même ajouter de la cohérence à cet album en créant une atmosphère plus homogène.

Avez-vous eu des propositions pour écrire de la musique de films ?

Arman Méliès : Il y a deux titres du premier album qui ont été utilisé pour un documentaire et il y a quelques pistes de travail mais sans concrétisation pour le moment tant pour des titres qui existent déjà et qui pourraient être utilisées tel quel voire retravaillés et puis des morceaux à écrire. C'est dans l'air et cela se fera le moment venu.

Vous dites jouer seul alors que l'album a été réalisé avec la participation de musiciens. L'auditeur ne sera-t-il pas déçu ou déconcerté s'il vient vous voir en live?

Arman Méliès : Sur scène, je jongle actuellement avec 3 formules dont en solo et aucune des 3 n'est similaire à celle de l'album parce que j'ai vraiment la volonté de revisiter à chaque fois les chansons. La formule solo est la plus simple pour permettre cette relecture permanente. Avec d'autres musiciens, cela est plus compliqué et dans ce cas nous nous octroyons des plages d'improvisation et le reste est un peu plus cadré.

Il est important pour moi de pouvoir jouer les morceaux différemment car c'est en ça que j'éprouve du plaisir. Un plaisir égoïste tout d'abord parce que je me lasse très vite mais aussi par respect pour le public qui n'est pas là pour entendre ce qu'il y a sur le disque. Cela me semble plus intéressant aussi pour le public de se voir proposer des versions alternatives.

Dans ce 2 ème album il y a des morceaux plus denses, plus péchus, cela constitue-t-il les prémisses d'une certaine évolution ?

Arman Méliès : C'est naturel et aussi un peu égoïste dans le besoin de ne pas se répéter et d'avancer. Cela me permet aussi de prospecter vers autre chose. Le travail sur scène fiat en aval du 1 er album a débouché sur cet album. Rien n'est figé. Il y a aussi de l'incertitude et de la créativité qui naît des contraintes. Bouleverser le set, modifier les morceaux permet d'avancer. Et le travail sur celui là se ressentira dans le 3ème album sans doute. C'est effectivement également risqué mais cela fait partie du jeu. Je perd peut être des auditeurs et j'en gagne peut être d'autres aussi cela ne me dérange pas.

Bien que ce soit une question prématurée, mais par ailleurs vous avez vous-même évoqué un 3 ème album, avez-vous une échéance avec Warner pour un 3 ème album ?

Arman Méliès : Il n'y a pas d'échéance fixée mais il y aura un 3 ème album. Tout dépendra de ma rapidité d'écriture mais aussi de ce qui va se passer avec les concerts prévus pour la rentrée. Cela étant j'ai déjà des choses écrites mais peut être ne figureront-elles pas sur l'album.

Quels sont les prochaines dates prévues pour la promotion de cet album ?

Arman Méliès : Je participerai à quelques festivals cet été, au moins 5 ou 6. Les concerts sont prévus pour la rentrée 2006.

Pour les concerts en cours de finalisation vous serez en 1 ère partie ou en tête d'affiche ?

Arman Méliès : Il y a des 1 ère s partie s effectivement avec Dominique A et des plateaux où l'affiche est partagée avec d'autres artistes et aussi en tête d'affiche.

Jouer dans un festival est un exercice un peu différent pour Arman Méliès qui n'est pas une musique festive ?

Arman Méliès : Cela ne me dérange pas même si effectivement ce n'est pas ce que le public attend forcément. Mais ce sont des festivals à la programmation éclectique parfois pointue et donc le public vient en connaissance de cause.

Vous avez aussi exprimé votre volonté d'écrire des morceaux ouverts, un peu à entrées multiples pour l'auditeur.

Arman Méliès : Oui. Pour moi l'auditeur fait partie intégrante du sens du texte. Je ne lui donne pas toutes les clés, je ne les ai pas d'ailleurs, et c'est à chacun de le finaliser.

 

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En savoir plus :

Le site officiel d'Arman Méliès

Crédits photos : David (plus de photos sur Taste of indie)


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Il fait beau et chaud, on reste à l'ombre, on traine à la plage, mais si vous avez encore un petit moment pour jeter un oeil à Froggy's Delight, nous sommes toujours là. Voici le programme light et rafraichissant de la semaine.
petit bonus, le replay de la MAG (Mare Aux Grenouilles) numéro #1

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"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

Le compte-rendu de la 35ème édition du Festival Humour et Eau salée
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