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Blue cathedral  (Subpop / PIAS)  juillet 2004

A l'heure où beaucoup de groupes rock s'amusent à adoucir leur musique, l'étirer presque jusqu'au silence et au raffinement de la joliesse, expurgeant souvent les canoniques basses ou guitares, parfois au profit d'instruments aussi exotiques pour les descendants d'Elvis Presley que le violon ou le violoncelle, variant les formations sur différents thèmes, du duo au collectif incertain, frôlant la dizaine allégrement, à l'heure, bref, où le rock semble s'être lassé de ses vieilles marmites et se met à toutes les sauces, les Comets on fire, qui délivrent avec leur troisième opus, Blue Cathedral, l'un des disques le plus bruyants de l'année 2004 ("bruyant" comme on dirait "épatant"), semblent bien atypiques.

C'est qu'ici, la recette n'a pas tant changé depuis les glorieuses décades psychédéliques et heavy des 60's et des 70's dont elle marie les saveurs. Au détour de ce disque presque agressivement talentueux tant il est créatif, riche, foisonnant, la fine bouche croira reconnaître, digéré avec beaucoup de maturité, des influences aussi prestigieuses que celles de King Crimson, Pink Floyd, Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Santana, Hawkwind etc. - on se voit ici obligé de ponctuer d'un "etc." de circonstance, tant il est vrai que la liste pourrait s'allonger indéfiniment.

Pourtant, l'atmosphère n'a rien d'une douce balade en nostalgie, et cela ne tient pas seulement au réglage incroyablement exagéré, diaboliquement osé, de la reverb. C 'est qu'à travers nos oreilles s'engouffre un véritable cyclone. En moins de 10 secondes, "The bee & the crakin' egg", qui ouvre l'album, pose l'ambiance, superposant les couches saturées de sons compressés. Désorienté dès le premier pas, on titube, la respiration bientôt hachée par des riffs qui s'enchaînent en véritables solos simultanés, le cœur au rythme d'une basse toute souterraine, d'une batterie qui n'en finit pas de multiplier les variations, de nous perdre dans ses errances, pour nous projeter, hébétés, dans les espaces instrumentaux incertains où résonne une voix qui a tout de l'aboiement – de l'aboiement de circonstance. De temps en temps, heureusement, s'apaise l'ouragan et la douceur de mélodies pourtant nettement rock prend alors un aspect aussi rassurant qu'intrigant. Mais ce n'est là que l'œil du cyclone, qui ne dure jamais plus longtemps que le temps d'un authentiquement apaisant "Organs" (1'41 au compteur) ou d'un "Brotherhood of the harvest", qui sait encore dissimuler, derrière ses cycles hypnotiques, une tension tout à fait dramatique.

Lorsqu'enfin s'achève le disque, assassiné par "Death squad" puis "Blue tomb", il faut bien reconnaître que les Comets on fire ont réussi le pari de concocter un plat des plus fameux dans l'une des plus vieilles marmites de la musique rock, sachant par leur sens du riff et du chaos, par cette apparence d'improvisation permanente (au sens le plus magnifiquement brouillon ET jazz du terme), relever la recette que l'on aurait pu avoir le tort de croire trop fade pour les papilles modernes, l'agrémenter de touches toutes personnelles, l'épicer, sans rien changer à la composition. Sex , drugs & rock'n'roll, 30 ans après.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Avatar de Comets on fire
Comets on fire en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort 2008
Comets on fire en concert au Festival Furia Sound 2008

En savoir plus :

Le site officiel de Comets on fire

*Chronique parue initialement sur RockPostMagazine


Cédric Chort         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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