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puce New York Dolls - Fickle
Olympia  (Paris)  25 juin 2006

Un événement, un mausolée du rock, la péninsule des revivals, bref un concert high class attendu comme le messie par les quadras nostra'. Les New-York Dolls à l'Olympia, mi-poupée de cire mi-poupée de son, ont donc remis une couche de rimmel en ce samedi nocturne devant un parterre d'invités pas dégueus comme disait l'autre, Jad Wio, Thai Luc de La souris Déglinguée , Manœuvre sûrement pas très loin, Mareva Galanter, on en passe et des meilleurs...

Que reste-t-il de nos amours 35 ans après l'effusion Glam ou Glitter des New-yorkais ? Quelle est la teneur de ce retour sur scène, en bref, fallait-il débander les momies pour en voir les cicatrices et les cernes ?

Il fallut attendre quelques - éprouvantes - minutes pour le savoir, seul face à la première partie affligée par les Flickle et leur rock à casquette, plein de refrains sermonnés avec la fausse énergie des groupes s'étant tambourinés trop fort les Blink 182 et Rancid.

Adolescence douteuse et faux pathos, autant de raccourcis pour résumer cette épreuve.

Fait assez surprenant pour l'écrire, David Johansen et sa clique Glam envahissent la scène à 00.30. Heure du crime parfait pour débuter l'opération à coups de scalpels électriques, soulever la salle avec leur sales gueules déformées par le temps et les excès qui passent.

Lumières qui s'éteignent et début du show, palpitant au maximum, apparition de Dave, charismatique comme un diable, déhanché intact et poses androgynes comme de bon aloi.

Le chanteur au sexe indéterminé et Sylvain Sylvain à la guitare restent aujourd'hui les deux seuls rescapés de l'époque glorieuse de Too much too soon, aujourd'hui accompagné par un backing band de stoners hauts en look et attitudes. Soit.

Les hostilités débutent par un "Personality Crisis" de rigueur, son pourri et voix sous-mixée, comme pour masquer les effets du temps sur la voix de Johansen, comblant tant bien que mal ses déficiences par un jeu de scène nonchalant, et sa rock attitude éternelle.

Sylvain, de son côté, carbure à plein régime sur ses accords, au four et au moulin, jeu scénique parfait, comme si le plaisir d'être ici valait toutes les galères.

La disparition dans l'oubli des 80', la mort de Johnny Thunder et des autres, les icônes et les murs qui tombent.

Une petite saupoudrée du dernier album, One day it will please us to remember even this, avec un naïf "We're all in love" du meilleur effet, une fois oublié les légendes et les articles surannés sur le gang de New-York.

Les Dolls sont un bon groupe de rock, ni plus ni moins, ayant basé la majeure partie de leur répertoire sur les rythmiques boogie de Marc Bolan et Mick Ronson. Les foulards roses en plus.

"Looking for a kiss" , chanson ultime des Dolls, prolonge la danse, emmenée par un Dave Johansen électrisé, perdu dans le déluge sonore des comparses.

Foule transie, bercée par ses souvenirs et sa nostalgie, incapable de reconnaître qu'il ne s'agit que d'un live et non d'un événement. "C'est un peu chiant ici!" proclame hilare Dave, avant de s'enfiler un brin de Mescaline, pour se redonner un peu de force.

Et le chanteur de déclarer que Janis Joplin était la meilleure, pour enchaîner sur un "Piece of my heart" repris en chœur par la foule.

Suivront une reprise acoustique de Johnny Thunder par un Sylvain Sylvain haut en voix, une autre de Johnny Winter. Les Dolls connaissent leurs classiques sur le bout des ongles vernis.

 

 

 

Et puis vient le temps du boogie, sûrement la force du groupe, avec un "Pills" débuté à l'harmonica par Johansen au souffle retrouvé, une bonne orgie sonore et un bordel qui redonne vie au groupe recomposé.

Un bon groupe de Rock & Roll en somme, une fois enlevé le filtre de groupe mythique ayant marqué toute une génération en deux albums au make-up bien fourni. Les couches de fond de teints s'empileront un peu plus chaque année, les concerts se raccourciront, Dave fumera un peu moins chaque jour, se fera moins sucer l'écharpe et restera une poignée de classiques comme "Private World" en conclusion.

Si la résurrection était de mise, il faudra néanmoins attendre encore pour l'érection jusqu'à la réincarnation des quatre New-yorkais en piano de bar.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album One Day it will please us to remember even this de New York Dolls
New York Dolls en concert au Festival International Benicàssim 2008
New York Dolls en concert au Festival International Benicàssim 2008 - 2ème

Crédits photos : David (Plus de photos sur Taste of indie)


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# 16 juin 2019 : C'est la fête !

Vendredi prochain, ce sera la Fête de la Musique, une raison supplémentaire pour en écouter de la bonne en vous baladant dans notre sélection culturelle de la semaine, avec également bien entendu du théâtre, du cinéma, des expos et de la littératures.

Du côté de la musique :

"Frescobaldi : Toccate e partite d'intavolatura di cimbalo, libro primo" de Christophe Rousset
"Ravel l'exotique" de Ensemble Musica Nigella & Takénori Némoto & Marie Lenormand & Iris Torrosian & Pablo Schatzman
"Rouen dreams" de Jean-Emmanuel Deluxe & Friends
"Antonio Salieri : Tarare" de Les Talens Lyriques & Christophe Rousset
"N'obéir qu'à la terre" de Louise Thiolon
"... Ni précieuse" de Malakit
"Différent" de Monsieur
"Women's legacy" de Sarah Lenka
"At the end of the year" de Thomas Howard Memorial
"Génération guerre sainte" de Torquemada
et toujours :
"Appareil volant imitant l'oiseau naturel" de Boule
"Hypersensible" de Cat Loris
"Strange creatures" de Drenge
Petit tour à Beauregard, qui approche, pour y parler des découvertes. Nous avions déjà évoqué le reste de la programmation
"Strome" de Martin Kohlstedt
"Arrivals & Departures" de The Leisure Society
"Attack of the giant purple lobsters" de Washington Dead Cats

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"L'étrange affaire Emilie Artois" au Théâtre de la Contrescarpe
"La Magie de l'argent" au Théâtre Aleph à Ivry
"Huckleberry Finn" au Théâtre de la Huchette
"Noire" au Théâtre du Rond-Point
"Homme encadré sur fond blanc" au Théâtre Tristan Bernard
"Un drôle de mariage pour tous" au Théâtre Daunou
"Guigue & Plo" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Hiroshima, mon amour" aux Théâtre des Bouffes parisiens
"Matka" au Théâtre Elisabeth Czerczuk
"Dîner de famille" au Café de la Gare
"Hypo" au Théâtre du Marais
et la chronique des spectacles à l'affiche en juin

Expositions avec :

dernière ligne droite pour :
"Les Nabis et le décor" au Musée du Luxembourg
"Rouge - Art et Utopie au pays des Soviets" au Grand Palais

Cinéma :

les films de la semaine :
"Le choc du futur" de Marc Collin
"Bunuel après l'âge d'or" de Salvador Simo

Lecture avec :

"Au péril de la mer" de Dominique Fortier
"Etre soldat de Hitler" de Benoit Rondeau
"La nation armée" de André Kaspi
"Le karaté est un état d'esprit" de Harry Crews
"Le rêve de la baleine" de Ben Hobson
"Les deux vies de Sofia" de Ronaldo Wrobel
et toujours :
"Alice" de Heidi Perks
"J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi" de Yoan Smadja
"Présumé coupable" de Vincent Crase
"Une histoire de la Nouvelle France : Français et Amérindiens au XVI siècle" de Laurier Turgeon
"Vue pour la dernière fois" de Nina Laurin

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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