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puce Anthony Roman - Radio 4
Interview  (Paris)  4 mai 2006

Les Radio 4 sont de retour pour un concert parisien au Nouveau Casino. Drôle de salle car depuis le succès planétaire de son tube "Dance To the Underground", le groupe est plutôt habitué aux grandes salles ou aux festivals.

Après un "Stealing Of A Nation" peu convaincant, les New Yorkais se remettent à jouer ce qu'ils font de mieux : des hymnes de punk funk dansant qui rameutent tous les fans de rock indépendant sur les pistes de danse…

Froggy's Delight a profité de ce passage parisien pour s'entretenir de ce nouvel opus avec Anthony Roman, bassiste et chanteur du groupe. L'occasion aussi de revenir sur les engagements politiques du groupe.

On a plutôt l'habitude de vous voir jouer dans des grandes salles, ça vous fait quoi de jouer ce soir dans une salle à taille humaine ?

Anthony Roman : L'album est juste sorti hier, donc pour le moment, nous jouons dans des clubs, mais nous serons bientôt de retour et nous jouerons dans des salles plus grandes ou des festivals. Cette "tournée" est juste pour présenter le disque, pour que nos fans puissent voir les morceaux du nouveau disque en live. Et puis, nous avions joué à la boule noire il y a quelques années. Cette salle était encore plus petite que celle-ci.

Ce nouvel album ressemble à un retour aux sources, avec des morceaux plus directs, tels que l'on pouvait les trouver sur votre album de 2002, Gotham. Est-ce en réaction aux critiques peu élogieuses de votre album précédent, "Stealing Of A Nation".

Anthony Roman : "Stealing Of A Nation" était un disque trop produit, et puis l'ambiance au sein du groupe n'était pas géniale, nous avions des problèmes avec notre guitariste. Pour "Enemies Like This", nous étions plus prêts, nous avions beaucoup tourné. Nous avons enregistré le disque tel que nous voulions qu'il sonne, sans tricher ou cacher la faiblesse de certains morceaux sous une grosse production.

Le fait d'avoir fait appel à Jagz Kooner (fondateur de The Aloof et Sabres of Paradise) a-t-il apporter du sang neuf au son du groupe ?

Anthony Roman : Sa principale contribution a été de bien faire sonner le groupe. Il est venu nous voir dans notre salle de répétition à Brooklyn et nous a demandé de lui jouer les morceaux. Il voulait que l'on enregistre une chanson par jour et nous lui avons dit que cela n'était pas notre manière de fonctionner, que nous travaillions bouts par bouts.

Donc il a contribué à faire sonner le groupe comme nous le voulions et cela a beaucoup redonné confiance au groupe, car nous avons toujours été intimidés par le studio. Il a beaucoup retravaillé des chansons comme "The Grass Is Always Greener" ou "All in Control". Musicalement, il a apporté quelques idées ça et là.

Le ton de l'album est relativement tourné vers des rythmiques de punk dansant sauf sue deux morceaux aux accents dub. N'as-tu pas l'impression qu'ils cassent la cohésion du disque ?

Anthony Roman : Non, tu trouves ?

Un peu, mais ça vient peut être du fait que je ne suis pas un grand amateur de dub, donc…

Anthony Roman : Je comprends mieux, si tu n'aimes pas trop le dub… Je ne voulais pas que tout sonne trop direct, trop pêchu. Nous aimons bien jouer du Reggae. Mais je comprends ton opinion. Le problème, c'est que dans n'importe quel cas, on peut nous critiquer. Si nous avions aligné que des morceaux tendus, on nous aurait reproché de ne pas varier les plaisirs.

Vous aviez beaucoup surfé sur la déferlante "DFA" (label du producteur James Murphy, qui joue également au sein de LCD Soundsystem), maintenant la "hype" semble retombée. C'est juste une impression ou DFA fait partie du passé ?

Anthony Roman : DFA ne fait partie du passé, c'est simplement que ce n'est pas la sensation du moment. Peut être que lorsque leur prochain disque sortira, on se dira que leur musique était intéressante il y a quelques années. Les modes évoluent. Mais pour moi, DFA reste aussi important.

Pourquoi ne pas avoir travaillé avec eux pour ce nouveau disque ?

Anthony Roman : Ils font quelques remixes. Mais ils ne sont pas vraiment disponibles. James (Murphy) est pas mal pris par LCD Soundsystem. Ils ne s'occupent plus de beaucoup de groupes qui étaient sur leur label, comme les Rapture.

L'influence de groupes comme ESG, Liquid Liquid, qui sont originaires de New York est elle essentielle pour Radio 4 ?

Anthony Roman : Bien sur, les groupes que tu viens de citer, la No Wave , les Talking Heads sont des points d'ancrage évidents. Il y a un certain métissage, une qualité de la musique jouée à New York. Nous essayons de faire durer cette tradition, nous sommes redevables de cet héritage musical.

Le groupe est connu pour ses prises de position politiques (il y a une chanson sur le fiasco de l'organisation des secours après l'ouragan Katrina). Quand Coca-Cola a utilisé votre tube "Dance To The Underground", tu n'as pas eu des remords de conscience, que ta musique se retrouve mêlée à un symbole de l' "American Way Of Life". C'est pas très punk tout ça…

Anthony Roman : (Un peu agacé) Nan. Ce n'est pas non plus très punk d'être signé chez EMI… Quand tu montes un groupe, le but est de le faire connaître au plus grand nombre. Tu n'écris pas des chansons pour qu'une petite élite puisse les écouter… Donc si "Dance To The Underground" a pu contribué à l'essor de DFA, c'est bien. J'ai trouvé assez intéressant d'écrire un hymne politique contre New York et qu'il se retrouve sur les écrans de tant de foyers … C'est parfois le seul moyen de se faire remarquer.

Maintenant, les choses ont évolué dans le bon sens avec les blogs, des sites comme My Space. Mais il y a quatre ou cinq ans, une des manières de faire connaître un groupe au plus grand nombre était la publicité… Ce n'est certes pas la manière la plus cool de se faire reconnaître, mais bon. Et puis encore une fois, "Dance To The Underground" est une chanson qui n'est pas dénuée de sens… Et puis je n'ai pas diabolisé Coca Cola en me disant «"Oh mon dieu, je vends mon âme au grand capital", et puis c'est le résultat final qui est important, il a permis de concentrer l'intérêt des médias sur une scène.

Tu sors rarement un disque qui se retrouve dans les meilleures ventes en claquant des doigts, il faut passer par différents moyens de promotion, donc cette publicité avec Coca était un moyen de promotion comme un autre… Dans quelle mesure "Enemies Like This" est un disque politique ?

Anthony Roman : Il y a un message politique, mais il est un peu plus subtil qu'il n'a pu l'être par le passé. On revient beaucoup sur les évènements qui se sont déroulés à la Nouvelle Orléans , l'ouragan Katrina…

Qu'as-tu pensé de la réaction du gouvernement suite au drame de Katrina ?

Anthony Roman : C'est un désastre. Quand je repense aux attaques du 11 septembre, je me souviens que les secours avaient été mis en œuvre très rapidement , alors qu'après le passage de l'ouragan Katrina, les choses ont pris des jours pour se mettre en route…

Cela met malheureusement en évidence le racisme sous jacent de ce gouvernement. Si cela s'était passé à New York, les choses en auraient été autrement. Mais là, il ne s'agit que de la Nouvelle Orléans , qui accueille beaucoup d'artistes et qui a la réputation d'être une ville excentrique…

Pourrais-tu, a l'instar de certains groupes (The Flaming Lips, Death Cab For Cutie) t'engager dans la campagne d'un candidat, pour Hilary Clinton par exemple ?

Anthony Roman : Pourquoi pas ? Nous avions déjà apporté notre soutien à John Kerry, ainsi qu'au parti démocrate. Nous avons fait des disques, des concerts de soutien pour l'ouragan Katrina, pour le SIDA. Quoi qu'il arrive nous soutiendrons le projet démocrate, nous ferons ce que nous pourrons…

Tu penses que le parti démocrate peut partir confiant, au vu de l'impopularité croissante de George Bush ?

Anthony Roman : Je ne sais pas. Le problème est que certaines personnes ne sont pas prêtes a voter pour qu'une femme soit à la tête du pays… Peut être que le temps est venu… Moi, je suis prêt à voter pour une femme, mais je ne pense pas que pour mon père, par exemple, cela soit si évident que cela… Je pense que les quinquagénaires aient intégré cela.

Je te pose la question parce que nous avons le même débat en France. Les socialistes pourraient présenter une candidate en France et les avis restent partagés…

Anthony Roman : C'est pareil chez nous. Quand je prends mon père, qui est un démocrate de longue date, je ne pense pas qu'il soit prêt à voter pour une femme. Je ne sais même pas si ma mère voterait pour une candidate démocrate…

Quel est le programme pour les mois à venir pour le groupe ?

Anthony Roman : Nous allons faire quelques dates en Europe, ensuite nous partons pour une série d'une quinzaine de concerts aux Etats-Unis. Cet été nous jouerons probablement dans quelques festivals, et nous reviendrons ici en septembre.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Stealing of a nation de Radio 4
La chronique de l'album Enemies Like This de Radio 4
Radio 4 en concert au Festival Rock en Seine 2004
Radio 4 en concert au Festival International de Benicassim 2005 (samedi)
Radio 4 en concert au Festival La Route du Rock 2006 (samedi)
L'interview de Radio 4 (août 2004)

En savoir plus :

Le site officiel de Radio 4


Julien P.         
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