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Impeach my bush  (XL Recordings / Beggars)  juillet 2006

oh Normandie
au temps pourri
ton mois de juillet
me fait débander

Putain de dimanche, le jour le pire de la semaine, même quand on est en vacances depuis un mois et demi. Le dimanche assomme, fait chier.

On est comme prisonnier d'une croûte immense qui nous a pénétré le cerveau par les orbites. Comment se sentir un tant soit peu méchant, rebelle, arrogant, quand tout le monde est en famille à marcher dans des parcs autour d'un lac avec les enfants en tricycle.

Aucun moyen de sentir ne serait-ce que le peu de vibe sexy qui nous entoure. Enfin, vibe sexy, avec les gamins et tout ça, il faut vraiment aller le chercher loin. Alors l'ambiance est franchement lourde, à peine bonne à écouter "La javanaise".

Peaches dans ce décor, cette espèce de guenon poilue qui aime montrer sa chatte au passant... ça ne se prête pas vraiment. Peaches ou l'ennemie du glamour, la chanteuse porno. Si l'anglais était notre langue maternelle, nous n'entendrions que des "chattes, bites, mac, enfonce-moi" et ce genre de choses tout au long de ses albums.

Et le choc opère réellement lorsqu'elle est sur scène. Voir une femme avec les poils qui dépassent de la culotte, qui dépassent de la minijupe, accompagnée de deux travelos armés de godes ceintures, le tout bandé à un pied de micro et criant "shake your dicks/ shake your tits"... c'est du Disneyland pour détraqué sexuel. Ce n'est pas spécialement qu'elle est salace, après tout elle ne parle pas plus de cul que n'importe quel gansta rapeur. Peaches est en fait la rencontre entre AC/DC et Snoop Dogg dans le corps d'une femme.

Musicalement on va vraiment de ça à là : du Gansta moite au rock minimaliste. Alors en proportion ça fait 4 morceaux à guitare pour 8 morceaux de MC et une réminiscence des années 80, le refrain du très blondinesque Down Town. Et le tout est superbement réussi, frais. Quelle chanteuse explique aux hommes son fantasme sur les gays mâles !? "Remember guys/ An Ass Is An Ass".

Et le tout est suant, dégoulinant, épais. Cela suinte tellement le sexe débridé que ça en devient écoeurant comme un sandwich au foie gras. Et toute cette luxure vous est offerte en plein mois de juillet, quand vous allez sortir en boite, vous torcher la gueule dans vos habits d'été les plus moches, en cocotant bien le parfum de mâle. Vous pourrez vous faire passer pour des mecs bien, offrir des coups à des jeunes filles fraîches... mais ce qui se passe en vous, c'est le magma pourri de Peaches.

Si Peaches passait dans les campings de France lors des soirées bals, tout le monde baiserait plus. Il faut être un peu honnête avec soi-même, Impeach My Bush n'est fait que pour cela, ça et choquer l'Amérique puritaine.

Mais l'histoire est bien plus intéressante que cela. L'album de Peaches est aussi une vraie démonstration de pouvoir féminin. Plus féministe que n'importe quelle chienne de garde et pourtant elle peut prononcer la soumission sexuelle. Prononcer ce que l'on veut vraiment (attache moi les chevilles) pour être plus libre. Peaches fait quelque chose qui choque encore à notre époque. Parler de sexe d'un point de vue féminin. Combien de fois ai-je entendu cette année "Quelle horreur cette chanson des Violett "Entre dans mon ventre", des gamines qui chantent ça..... Le sexe vu de l'autre côté heurte. Et pourtant c'est comme cela, les Naast pourraient chanter "Ecarte les cuisses", cela passerait beaucoup mieux.

Et pourtant, quand on regarde, les chansons des femmes ont toujours été plus explicites que celles des hommes. La "Harley Davidson " de B.B ou la chanson "Etienne Etienne" de Guesh Patti jusqu'à "Sans Chemise Sans Pantalons"... Mais c'est encore ici qu'un archétype du fantasme masculin qui est exprimé. Rien de plus qu'une blonde sur une grosse moto ou un brune assise sur une chaise retournée, ou Rika Zaraï...

Alors toutes les figures sont vers l'homme, la tension qui se trouve dans son pantalon ("Tent in your pants"), l'envie masculine d'être une femme ("Boys wanna be her") et d'autres trucs bien plus salaces qui choqueraient ma mère.

Et de plus, la musique est vraiment réussie, glissante et sexy. C'est bien pour cela que cet album de Peaches gagne le titre d'album de l'été. Il faut bien sûr absolument vous parler des participations qui ont bien été soulignées dans le dossier de presse. Alors il paraît que Josh Homme a participé à l'album (si quelqu'un sait où qu'il me le dise) et Feist (!?).

Par contre, il est intéressant de remarquer que l'habituelle boîte à rythmes a été remplacée par la première batteuse du groupe Hole, et surtout parlons de la superbe chanson avec Joan Jett. Pour moi il s'agit de "Give'er" : deux accords, des cliquetis et surtout une voix magnifique qui crie comme dans un bon hard rock de la fin des seventies. Un truc qui fout la pêche, un voix avec de la soul... un putain de morceau jouissif. Le meilleur de l'album bien sûr.

Finissons là-dessus, une bouteille de rhum à la main, pour se transporter jusqu'à la semaine prochaine, oublier le dimanche, pouvoir regarder les petits enfants avec un air méchant, les filles avec convoitise, leurs parents avec défi. Sentir un peu le rock and roll en ce dimanche pourri, avec les Countours en tête, "Do you love me/ Like i really do".

 

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La conférence de presse de Peaches (août 2004)

En savoir plus :

Le site officiel de Peaches


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# 21 juillet 2019 : La folle histoire de l'espace

Ces jours-ci on célèbre les premiers pas de l'homme sur la lune, on ambitionne d'y retourner. En attendant, c'est les pieds sur terre que nous vous proposons notre petite sélection culturelle pour vous inviter à décoller un peu vous aussi du quotidien. C'est parti :

Du côté de la musique :

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interview de The Psychotic Monks toujours à Terre du Son
On vous parle du Festival de Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Samedi avec Beach Youth, Clara Luciani, Idles, The Hives, Mogwai...
Dimanche pour finir avec Bro Gunnar Jansson, Jeanne Added, Tears for Fears, Interpol...
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Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...

Au théâtre :

"Iceberg" au Théâtre de la Reine Blanche
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

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Cinéma :

la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"Benalla, la vraie histoire" de Sophie Coignard
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et toujours :
"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"La traque du Bismarck" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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