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The Eraser  (XL Recordings / Beggars)  juillet 2006

Un album solo de Thom Yorke, c'est un peu Noël avant l'heure, comme un album de Lennon après le Blanc. Comme une avancée de terre dans la mer noire, entre les rêves humides de Thom et ses doutes acérés.

Echappé de la monture Radiohead, l'homme à tête de radio livre un objet aux mille facettes, sans concessions ni faiblesses, car taillé pour l'élite, sorte de cheval schizophrénique mutilé par les plaies électroniques.

The Eraser, dans un sens, représente la malle à secrets de Thom, ses désirs enfouis sous les années de succès qui passent, et son amour de Brian Eno qui remonte enfin à la surface. Ouvrir ses victimes et ses compositions au scalpel en y insérant boîtes à rythmes tribales, échos et delays sans refermer son patient.

The Eraser, sans y réfléchir, représente l'oubli de soi dans la musique, comme une catharsis, un cri dans la nuit, seul et hypnotisé. Titre d'ouverture, la chanson éponyme "The Eraser" et son piano samplé à l'infini, ouverture vers l'espace, chant fantôme se baladant en coulisses.

Et puis vient le temps des mélodies orientales électroniques mixées au piano omniprésent sur "Analyse", storytelling à l'anglaise, construite comme la lente montée jusqu'à l'explosion. Voix parfaite et singulière de Thom, qui achève le chantier débuté sur Kid A et Amnesiac, à la recherche du Krautrock (Can, Cluster, Neu !) plus que des pop-songs du début. L'avancée dans les tranchées continue, et l'âme de Radiohead étonne par sa capacité à dériver dans la structure de ses chansons, loin du cliché couplet/refrain/pont/solo.

Un champ expérimental pour les générations futures, dans lignée des Boards of Canada, voila ce qu'est The Eraser. Un bon gros coup de pied dans le cul des guitares, absentes pour la plupart sur l'opus solo. Exception faite du très "I might be wrong" "The Clock" et ses guitares régulières comme un pendule, lourdes comme une massue allemande.

"Black swan", single utopique (Comprendre par là impensable car trop bon pour être diffusé sur les mass-médias) marque le début d'une nouvelle ère, où les riffs de basse torturées chercheraient en vain à étrangler les synthétiseurs pastoraux. "And it rained all night" paraphe l'ensemble lumineux comme une sentence définitive, une mélodie à base de samples et de machines, une nouvelle ère glaciaire et humaine, froide et éternelle, où le vent serait guidé par le souffle de Thom Yorke.

Clairement, le pathos et les cauchemars du névropathe influent sur l'ambiance onirique et malsaine de l'ensemble. La douleur est trop forte ("Harrowdown hill"), le bonheur est trop bon et meilleur reste à venir, en conclusion.

Atterrissage lunaire rappelant le Dark side du Floyd, amerrissage ouaté et brumeux sur "Cymbal rush", crossover entre le néant et la vie, enterrement des idées préconçues. Formule miracle mariant l'électro et le piano comme l'eau et la grenadine, amenant lentement, vicieusement la rupture et la transition vers les chants angéliques et le piano qui monte en sourdine, pour amener au deuxième mouvement de ce bal nocturne, avec près de deux minutes de jouissance absolue et instrumentale, soutenue par les claviers mystiques et la guitare en stratosphère. Beau comme la vie éternelle.

Que reste-t-il après The Eraser ? Une amnésie partielle de la musique dans son ensemble, l'envie de pages blanches pour y copier l'art de Thom Yorke à ne se fier qu'à lui-même, l'art pour l'art, œil pour œil, et dent pour dent. Cet album, nos enfants en parleront longtemps, bien après nos réincarnations.

 

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# 1er juin 2020 : Retour à la réalité

Le monde d'après ne sera sans doute pas mieux que celui d'avant. Ces 2 mois de répit n'auront sans doute servi qu'à amplifier les frustrations en tout genre. Sans prétendre y remédier voic de quoi vous détendre un peu avec notre sélection culturelle de la semaine.

vous pouvez également revoir notre première émission "La mare aux grenouilles" sur la Froggy's TV. Suivez la chaine pour ne pas rater émissions et concerts en direct.

Du côté de la musique :

"Nunataq" de Alexandre Herer
"Vodou Alé" de Chouk Bwa & The Angstromers
"Wallsdown" de Enzo Carniel
Interview de Jo Wedin et Jean Felzine à l'occasion de leur concert sur la Froggy's TV
"Pictures of century" de Lane
"Lullaby (mix #15)" nouvelle émission de Listen In Bed à écouter
"Introssessions" de Minhsai
"Guinea music all stars" de Moh! Kouyaté
"Parcelle brillante" de Orwell
"Evocacion" de Quatuor Eclisses
"Is this natural" de Tazieff
"EP 2" de The Reed Conservation Society
et toujours :
Interview de Roman Rappak autour de son nouveau projet Miro Shot
"Par défaut" de Antoine Hénaut
"Three old words" de Eldad Zitrin
"Night dreamer direct to disc sessions" de Gary Bartz & Maisha
"Mareld" de Isabel Sörling
"Miroir" de Jean Daufresne & Mathilde NGuyen
"Self made man" de Larkin Poe
"Notre dame, cathédrale d'émotions" de Maitrise Notre Dame de Paris
"Enchantée" de Marie Oppert
"Miroirs" de Quintet Bumbac

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

les créations contemporaines :
"Le Mardi à Monoprix" de Emmanuel Darley
"Lucide" de Rafael Spregelburd
"Le Royaume des animaux" de Roland Schimmelpfennig
"Délivre-toi de mes désirs" de María Velasco
"L'étudiante et Monsieur Henri" de Yvan Calbérac
de la comédie signée Pierre Palmade:
"Ma soeur est un chic type" de Pierre Palmade
"Pièce montée" de Pierre Palmade
"10 ans de mariage" de Alil Vardar
Au Théâtre ce soir :
"On dînera au lit" de Marc Camoletti
"Le canard à l'orange" de William Douglas Home
"L'Or et la Paille" de Barillet et Grédy
les classiques par la Comédie française :
"L'Avare" de Molière
"Les Rustres" de Goldoni
du côté des humoristes :
un spécial Christophe Alévêque à l'occasion de son inédit 2020 "Le trou noir"
avec
"Christophe Alévêque - Super rebelle... et candidat libre"
"Christophe Alévêque revient bien sûr"

"Christophe Alévêque - Debout"
et du théâtre lyrique revisité:
"Le Postillon de Lonjumeau" d'Adolphe Adam par Michel Fau
"Turandot" de Puccini par Robert Wilson
et de la caricature joyeuse avec "The Opera Locos"

Expositions :

découvrir la visite en ligne d'expositions virtuelles annulées :
"Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique" au Musée de l'Orangerie
"Pompéi" au Grand Palais
et "Plein air, de Corot à Monet" au Musée des Impressionnismes de Giverny
s'évader en un clic en direction de la province :
à Nice pour une visite virtuelle du Musée Magnin et celle de l'exposition "Soulages, la puissance créatrice" à la Galerie Lympia
de l'Europe :
en Espagne vers le Musée Carmen Thyssen à Málaga
et en Allemagne avec la visite des 3 niveaux de la Kunsthalle de Brême
et plus loin encore aux Etats-Unis vers le Musée Isabella Stewart Gardner à Boston
et le Musée d'Art de Caroline du Nord à Raleigh
avant le retour sur Paris pour découvrir les éléments décoratifs de L’Opéra national de Paris

Cinéma at home avec :

de l'action :
"Code 211" de York Alec Shackleton
"Duels" de Keith Parmer
de la comédie : "Le boulet" de Alain Berbérian et Frédéric Forestier
du drame :
"Marion, 13 ans pour toujours" de Bourlem Guerdjou
"Happy Sweden" de Ruben Östlund
de la romance :
"Coup de foudre à Jaïpur" de Arnauld Mercadier
"Marions-nous !" de Mary Agnes Donoghue
du thriller :
"The Watcher" de Joe Charbanic
"Résurrection" de Russell Mulcahy
du fantastique : "Godzilla" de Masao Tamai
les années 40 au Ciné-Club :
"Boule de suif" de Christian Jaque
"Le carrefour des enfants perdus" de Léo Joannon
et un clin d'oeil au début du cinéma avec "Le Voyage dans la Lune" de Georges Méliès

Lecture avec :

"BeatleStones" de Yves Demas & Charles Gancel
"L'obscur" de Phlippe Testa
"La géographie, reine des batailles" de Philippe Boulanger
"Trouver l'enfant / La fille aux papillons" de René Denfeld
et toujours :
"J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond" de Alexis Jenni
"Les Beatles" de Frédéric Granier
"Washington Black" de Esi Edugyan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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