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Le voyage des grands hommes
François Vallejo  (Editions Viviane Hamy)  juillet 2006

Au 18 ème siècle, le voyage en Italie était considéré comme une pratique éclairée, à laquelle se soumettaient tous les artistes et écrivains, comme retour aux sources et coutume sociale reposant sur les liens entre les élites.

Toutefois, les philosophes des Lumières furent de grands méditatifs sédentaires. Il est donc troublant de lire, le périple latin du célèbre trio amical que formaient Rousseau, Diderot et Grimm juste avant leur grande fâcherie qui, à l'exception de Rousseau qui y exerça une charge, ne mirent jamais les pieds sur la péninsule italienne.

D'autant plus troublant que ce voyage est révélé à travers le récit d'un valet.

En guise d'amuse bouche pour le régal qu'est "Le voyage des grands hommes" de François Vallejo, les propos de l'auteur lui-même : "Tout est inventé mais tout est vrai."

Car François Vallejo nous fait le coup du manuscrit retrouvé d'un de ses aïeuls ancillaires dont il se défend tout aussitôt par une pirouette. Plein de malice, il répond par avance aux critiques en disant qu'il sait trop bien qu'on l'accusera "de reprendre ou de parodier un procédé des plus éculés, particulièrement employé à l'époque au 18ème siècle, notamment par Laclos, Rousseau et Marivaux, pour créer une illusion réaliste dont personne n'est dupe et confie au lecteur qu'il ne perdra pas son temps à en exhiber les preuves puisqu'il a écrit tout simplement un roman. Un roman, dont il donne la définition suivante : "un document moins brut que rectifié, amplifié, manipulé, démoli, reconstruit, détourné".

Ce document fiction commence par une présentation savoureuse du narrateur, Lambert, ce valet qui "a des dents pour mordre mais sait garder la muselière", jeune homme curieux et intelligent pour qui cette odyssée constituera une sorte de voyage initiatique pour l'éveil d'une conscience politique.

Car il ne s'agit pas d'un voyage touristique, leur itinéraire ne passant même pas par l'incontournable Venise. Il s'agit tout simplement d'un voyage humain et littéraire. François Vallejo montre des hommes profondément humains au sens où ils ne sont sujets comme tout à chacun des petitesses, des mesquineries et des avanies physiques.

Un peu à la manière de Michel Onfray qui, dans "Le ventre des philosophes", démystifie un peu le côté éthéré de la pensée philosophique en portraitisant les grands penseurs à travers le petit bout de leur fourchette, il ravit le lecteur avec la perruque voyageuse de Diderot, la tête de meunier de Grimm pommadé et la vessie exigeante de Rousseau.

Et tous les épisodes de cette équipée sont prétexte à de petites réflexions philosophiques troussées à la manière populaire, puisque vus par les yeux d'un homme du peuple, peut être le personnage principal de ce roman, qui nous en apprennent beaucoup, par le biais des petits faits ordinaires de la vie quotidienne, et de manière fort métaphorique et ludique, sur les nos grands hommes et la pensée de l'époque.

Maniant fort bien la langue cultivée de l'époque et le parler populaire, émaillant le récit haut en couleurs de dialogues discursifs, François Vallejo court avec brio plusieurs lièvres à la fois. "Le voyage des grands hommes" est à la fois un roman épique, une fiction poétique, un conte philosophique, une comédie burlesque et une peinture historique avec la confrontation de deux mondes, aujourd'hui révolus, qui d'ordinaire se côtoient, celui des maîtres et des valets.

 

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MM         
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# 5 octobre 2008 : En cas de crise, enfoncez le bouton play...

La crise, la récession, le chômage et l'hiver par dessus tout cela. Rien de très réjouissant dans le monde actuel. Autant de bonnes raisons de ne pas se laisser aller et enfoncer le bouton play de votre lecteur de cds, sortir au théâtre ou encore allez voir quelques expos. Pour cela suivez notre mini guide et lisez l'édition de la semaine :

Côté musique :

"Dear Science"de TV on the radio,
"Cheer Gone" de Euros Childs,
"I'll be lightning" de Liam Finn,
"Remember" de The Fiery Furnaces,
"Sirens" de Pete Greenwood,
"Rendez vous" de Manu, également en interview et en Froggy's session,
Marianne Feder en interview, ainsi qu' en Froggy's session, venue parler de son nouvel album "Toi mon Indien",
Une interview également de Neimo, en session acoustique pour l'album "Moderne Incidental"

Black Lips, Cheveu et Mark Sultan en concert à la Boule Noire,
Le festival le plus à l'Ouest, Ilophone avec notamment Yann Tiersen,

Retrouvez également Le Morceau Caché, l'émission de Mickaël et Flavien, que vous retrouverez en podcast tout au long de l'année en commencant par ce numéro spécial rentrée !

Tous les podcasts et notamment des sessions acoustiques exlusives sont à écouter ici !

Au théâtre :

"Alouette" au Théâtre Daniel Sorano
"Rhinocéros" au Théâtre de la Huchette
"Geronimo" au Petit Théâtre de Paris
"Les contes de la petite fille moche" au Théâtre Daniel Sorano
"Les passagers" sur la Pelouse de Reuilly
"Les enfants du soleil" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Europeana" à la Pépinière Théâtre
"Tartuffe" au Théâtre National de l'Odéon.

et des reprises à ne pas rater :

"Big Shoot" au Lavoir Moderne Parisien
"La Commission Centrale de l'Enfance" à la Maison de la Poésie
"Le cirque invisible" au Théâtre du Rond Point
"Le monte plats" àau Théâtre Essaion

Exposition avec "Xavier Mascaro - Guardianes" dans les Jardins du Palais Royal

et un peu de littérature avec "Le Messager" de Eric Bénier-Burckel

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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