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Interview  (Paris)  1er août 2006

Avec Hors Scène, le photographe Thomy Keat expose vingt portraits de belles et de bêtes de scène hors plateau à l'Espace Galerie de la Maroquinerie du 15 septembre au 15 octobre 2006.

Vingt portraits saisis par un oeil qui cherche le moment ultime, rare, exceptionnel, où naît cette relation intense, privilégiée et cette symbiose ô combien fugitive entre le photographe et son modèle. Vingt portraits saisissants et peu académiques.

Rencontre avec Thomy Keat qui nous livre quelques uns de ses secrets.

Quelle différence y a-t-il entre le portrait d'un anonyme et celui d'une personne publique ?

Thomy Keat : En fait, il n'y a pas de différence entre l'individu lambda et la personne ayant une notoriété car c'est avant tout une histoire de rencontre. Il faut que se crée un dialogue entre le photographe et son sujet pour que la photo puisse naître.

Toutefois, l'artiste a souvent une idée précise de l'image qu'il veut voir véhiculée et publiée et manifeste sans doute des exigences ou des interdictions. Comment satisfaites-vous ou contournez-vous ces contraintes ?

Thomy Keat : Quand je fais un portrait j'ai déjà une idée qui se forme quand je la rencontre, et lui dis bonjour. Quelque chose se met en route dans mon esprit et ensuite je fais tout pour parvenir à ce résultat. Je suis absolument contre les diktats des personnes. A partir du moment où elles acceptent la prise de photographie elles doivent accepter de se plier en quelque sorte au désir du photographe. Cela étant, il est bien évident que je ne vais jamais procéder de manière à porter atteinte à l'intégrité de sa personne. Car je veux avoir un visuel librement consenti.

Tous les portraits exposés ont été pris à l'occasion d'interviews et non de séance de pose en studio c'est-à-dire dans des conditions de temps limitées et dans des environnements qui ne permettent pas toujours une mise en scène. Comment cela se gère-t-il ?

Thomy Keat : C'est très stressant. Stressant à mort. Mais c'est ce qui me motive. Et j'adore ce moment. Quand Albert Dupontel me dit qu'il n'avait pas le temps et qu'il se casserait quand il en aurait marre, cela crée une décharge d'adrénaline qui génère une motivation incroyable. D'abord parce qu'il est hors de question que la personne quitte la séance photo avant que je le lui dise. Cela étant il m'appartient donc d'agir en tenant compte de cet élément.

Ma seule exigence est de pouvoir mettre ma lumière dans le cadre que j'ai choisi car cela me permet de me libérer d'une contrainte technique et me laisse mentalement entièrement disponible pour la photo. Ensuite peu importe que la séance dure une heure ou 5 minutes.

La photo est une technique compliquée car il y a une obligation de résultat qui est instantanée. Notamment au cours d'une séance assez courte. Cela génère une pression qui pour ma part est un facteur indispensable mais aussi très fatigant. La tension et l'attention sont telles que je ne peux pas enchaîner des prises de vue.

En ce qui concerne la brièveté de la séance, cela n'est pas foncièrement gênant car il suffit d'avoir réussi une bonne photo. Beaucoup d'amateurs font de très nombreux clichés et sont souvent déçus de ne pas avoir un grand nombre de photos qu'ils considèrent comme bonnes. Bien sûr je prends plusieurs clichés mais en réalité j'attends un certain moment où surgit une étincelle. Et pour ma part, une photo réussie, celle où je suis parvenu à capter cette étincelle, me suffit.

Les artistes ont souvent une certaine habitude des séances photo et donc de poser. Cela constitue-t-il un atout ou un inconvénient ?

Thomy Keat : Je préfère faire des portraits de personnes qui sont peu habituées à cet exercice. Par exemple, j'ai fait une séance photo avec Hélène Noguerra, dont je suis très content par ailleurs, mais qui a été source de difficultés pour moi. Car comme elle est mannequin elle sait poser et de ce fait, dès qu'elle entendait le déclic de l'appareil, elle changeait instinctivement d'attitude.

Et cela me gêne puisque je ne peux pas être sûr du cliché que je viens de prendre. En contrepartie, toutes les photos que j'ai faites d'elle sont bonnes et il y a donc peu de déchet. Mais ce sont des clichés un peu trop "propres", un peu trop lisses. J'aime les photos plus imparfaites dans lesquelles se nichent les petites imperfections et accidents de la vie.

Vos portraits ne sont ni classiques ni académiques. Quels sont les éléments déterminants pour le cadrage ?

Thomy Keat : C'est difficile à dire car ce n'est pas forcément totalement conscient ou prémédité et j'ai toujours eu l'habitude de rentrer dedans, sûrement la crainte de la "photo d identité". Et puis le fait d'avoir été assistant d'Arnault Joubin a forcément eu une incidence. Il m'a surtout montré qu'il faut aller sur la personne, éviter de créer une distance.

Ca ne plait pas forcément car c'est un peu agressif, mais je veux qu'il se passe quelque chose quand on regarde les photos, c'est important.

Les tirages et la présentation des portraits ne sont pas davantage classiques.

Thomy Keat : En effet, il s'agit de tirages papier de format 40x60 qui sont collés sur un support Dibond, qui est un matériau composite formés de 2 plaques externes en aluminium et plastifiés. Ils ne comportent ni marie-louise ni cadre pour ne pas imposer une limite à la photo.

Sans faire de palmarès, avez-vous eu un coup de cœur ?

Thomy Keat : Jay Jay Johanson. C'est mon coup de cœur. Parce que je suis fan et je l'adore. Quand j'ai appris que je pourrai le photographier, j'étais plus que ravi. De plus les circonstances étaient particulières. Le rendez-vous a été fixé très rapidement et il y avait de fortes contraintes de temps. Cela étant, alors qu'il était très pressé car il devait repartir en Suède, il a été très gentil et disponible en me disant que je pouvais prendre mon temps.

Et puis, pour un des clichés, je l'ai fait poser couché sur la pelouse du jardin intérieur des bureaux d'EMI. Il a accepté en me disant que cela correspondait tout à fait à l'esprit de son nouvel album que je ne connaissais pas encore. Et fait curieux la couverture de cet album le représente allongé au sol.

Quels ont été vos critères de choix pour sélectionner les 20 portraits exposés ?

Thomy Keat : Uniquement l'émotion que le cliché me procure.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique sur Thomy Keat L'oeil qui cherche
L'interview de Thomy Keat en novembre 2004


En savoir plus :

Le site officiel de Thomy Keat
Le site officiel du Label Eh ! Les vilains

Crédits photos : Loic Le Quere


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# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"Le Tombeur" de Robert Lamoureux
"Une cloche en or" de Sim
du boulevard :
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Face à face" de Francis Joffo
du côté des humoristes :
"Bernard Mabille sur mesure"
"Christophe Alévêque est est Super Rebelle... et candidat libre !"
et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
"Le Balcon" de Peter Eotvos par Damien Bigourdan
"Orlando furioso" de Antonio Vivaldi par Diego Fasolis
"La Flûte enchantée" de Mozart par Romeo Castellucci
et du ballet avec deux créations étonnantes : "Raymonda" de Marius Petipa et "Allegria" de Kader Atto

Expositions :

les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma at home avec :
le cinéma contemporain
"A woman at war " de Benedikt Erlingsson
"Lulu" de Uwe Janson 
"L'Apotre" de Cheyenne Carron
"La tendresse" de Marion Hänsel
"Crawl" de Herve Lasgouttes
"Nesma" de Homeïda Behi
le cinéma culte des années 1920 :
"Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein
"Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau
"Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene
"Les Deux Orphelines" de D.W. Griffith
et l'entre deux avec les années 1970 :
"Mado"de Claude Sautet
"La Traque" de Serge Leroy
"La femme du dimanche" de Luigi Comencini
et retour au 2ème millénaire avec de l'action :
"Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie" de Jan De Bont
"Blade Trinty" de David S. Goyer
avant de conclure en romance avec : "Un havre de paix  de Lasse Hallström

Lecture avec :

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"La nuit d'avant" de Wendy Walker
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