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Interview  (Paris)  29 juin 2006

"Percolateur blues" à l'affiche du Théâtre des Déchargeurs donne l'occasion de découvrir Luc Cerutti, un jeune comédien époustouflant dont c'est la première scène, dans un spectacle de qualité tant par le texte dense et intense de Fabrice Melquiot que par la mise en scène exigeante de Damien Chardonnet-Marcillacq.

Rencontre avec Luc Cerutti qui interprète de manière très incarnée Cyril, un jeune homme prisonnier de ses rêves et de ses désirs.

Votre nom nous est encore inconnu d'où la nécessité d'une petite biographie.

Luc Cerutti : Je viens du sud de la France, de Dax dans les Landes. Je suis allé à Bordeaux pour intégrer le Conservatoire de théâtre de Bordeaux en classe d'initiation au théâtre pendant deux ans puis en classe professionnelle pendant 3 ans. J'ai toujours eu envie de faire du théâtre mais mes parents n'y étaient pas trop favorables.

Donc j'ai décidé de tenter le concours d'entrée au Conservatoire, d'une part, parce que je ne savais pas par quel bout prendre ce métier et, d'autre part, réussite ou l'échec à ce concours me paraissait être un repère sur le caractère opportun de ma volonté de faire du théâtre. Je l'ai réussi et j'ai donc intégré le Conservatoire qui m'offrait une structure au sein de laquelle je pouvais m'épanouir.

En classe d'initiation, il y avait 15 heures environ de cours par semaine qui m'ont permis de tester différentes choses pour voir aussi si cela me plaisait et ensuite j'ai intégré la classe professionnelle avec 40 heures de cours par semaine. J'ai terminé ce cycle en juillet 2005 et j'ai décidé de monter sur Paris.

Paris plutôt que Bordeaux ?

Luc Cerutti : Oui, parce qu'aucune opportunité ne s'est présentée sur place et que je n'avais pas rencontré de personnes avec qui j'avais vraiment envie de travailler. J'ai tenté en vain le Conservatoire supérieur en mars 2006 et puis j'ai commencé à chercher du travail en passant des castings, en répondant à des annonces de recherche de comédiens. Et j'ai très rapidement rencontré Damien Chardonnet Darmaillacq pour le projet de "Percolateur Blues".

"Percolateur Blues" est donc votre première scène et votre premier rôle?

Luc Cerutti : Oui. Et cela s'est passé de manière très rapide car j'ai répondu à l'annonce le jour même où se déroulait le casting où je me suis rendu en fin d'après-midi.

Connaissiez-vous l'auteur Fabrice Melquiot ?

Luc Cerutti : Un peu à l'occasion de l'étude de quelques scènes.

Le rôle de Cyril est un rôle lourd sur lequel repose toute la pièce ?

Luc Cerutti : Oui mais j'ai trouvé ce projet magnifique et j'ai eu confiance dans les personnes que j'ai rencontrées et je ne me suis pas posé de question. Nous avons d'ailleurs attaqué tout de suite le travail. Peut être si j'avais réfléchi me serai-je rendu compte de la difficulté.

Comment un tel rôle se travaille-t-il ?

Luc Cerutti : Pour le travail du rôle, il ne s'agit pas tant d'un travail sur le personnage que d'écoute du texte. Il faut se laisser traverser par le texte et j'ai fait un travail de dépossession, d'enlever des choses de moi, des choses de l'acteur, pour entrer dans le texte. A part la scène du milieu où il y a des débordements qui sont plus joués les autres scènes.

C'est un rôle difficile car il y a grand travail de sincérité et d'honnêteté avec ce rôle. Et parfois je me suis senti vide sur le texte au cours des répétitions. Parfois je partais sur une émotion très infime et parfois, sur deux pages je partais sur rien car il n'y a rien à jouer. Cyril est dan ses rêves et il faut simplement laisser les images affleurer.

Comment s'articule votre travail avec les autres comédiens qui sont sur scène pendant toute la représentation ?

Luc Cerutti : Cette présence est très importante car je suis au centre et je suis bousculé par les autres personnages. Leur présence st une grande aide et aussi un moteur quand j'entends leurs chuchotements.

Effectivement sinon vous joueriez en autiste.

Luc Cerutti : Cela est difficile car lors des répétitions la réflexion sur cette montée des images était parfois laborieuse car justement j'étais trop dans le texte et refermé sur moi. Bien sûr le personnage est dan son intériorité mais si moi je ne reste qu'avec moi le public ne percevra pas cette intériorité.

Je dois être très connecté avec mon intime tout en étant réceptif à ce qui m'entoure pour que les images s'extériorisent. Et les autres comédiens sont très à l'écoute et à mon écoute. Ils sentent les variations de mes questionnements qui diffèrent selon les soirs et s'en emparent pour le relayer en chuchotant. Cela exige beaucoup d'attention de leur part et cela me permet de leur répondre d'une certaine manière.

Comment s'est passé le travail avec le metteur en scène Damien Chardonnet Darmaillacq ?

Luc Cerutti : Il m'a emmené dans un voyage et pour un comédien, du moins pour moi, c'est une situation idéale car j'aime que l'on me raconte les choses pour me mettre dans l'ambiance de l'histoire à partir de laquelle je construis mon propre travail. Il s'agit d'une sorte de dialogue : il me racontait et je lui répondais par mon jeu tout en restant dans une structure préalable qu'il avait déterminé notamment avec la scénographie et le rapport avec le texte. Et comme il a une grande finesse d'écoute, il sentait parfaitement quand je m'éloignais du chemin et à ce moment là jamais il ne m'imposait une ligne directrice mais me disait de chercher ailleurs.

Avez-vous des affinités avec ce personnage ?

Luc Cerutti : Je n'ai pas d'affinité de personne mais beaucoup des choses dites dans ce texte font écho en moi, en tout cas me touche, et raconte quelque chose du monde qui m'entoure qui me concerne, qui font partie de ma façon de voir les choses et de ma compréhension de l'humain.

Vous avez pour dire ce texte une scansion particulière. Est-ce réellement la vôtre ?

Luc Cerutti : J'aime beaucoup le travail sur la langue et la parole. Ce texte m'en offre la possibilité et la mise en scène est dépourvue d'événements ce qui fait que tout doit passer par la voix et son énergie.

En tant que comédien, vos goûts vous dirigent plus vers la tragédie, la comédie…

Luc Cerutti : Mes goûts me portent davantage vers les textes qui ont une architecture littéraire et une portée poétique qui demandent une grande sincérité sur le texte avant d'être physique. Je suis quelqu'un qui travaille d'abord à la table.

Avez-vous d'ores et déjà d'autres projets ?

Luc Cerutti : Pour le moment, je continue à jouer "Percolateur Blues" qui est à l'affiche du Théâtre des Déchargeurs jusqu'en octobre et ensuite je chercherai bien évidemment d'autres projets. Peut être y en aura-t-il d'autres avec la troupe de "Percolateur Blues".

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique du spectacle Percolateur Blues
L'interview de Damien Chardonnet Darmaillacq


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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
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