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puce Jasmine Vegas - Damien
La Maroquinerie  (Paris)  23 septembre 2006

Chroniquer une soirée que l’on organise, s’il fallait résumer, équivaudrait à répondre objectivement à la petite amie qui vous demande "Comment me trouves-tu ce soir ?". Tenté par les louanges ("Tu est très en beauté ce soir") en évitant les pièges ("Ce rouge à lèvres bleu fushia est-il vraiment nécessaire ?"). Le dur crossover entre l’honneteté et l’optimisme, objectivité et point de vue subjectif.

Bref, cette première soirée organisée par l’Association Eh ! les Vilains à la Maroquinerie offrait ce soir un plateau de nerds bien étranges, avec la jeune signature de chez Record Makers, Damien, et la prêtresse Jasmine Vegas en maîtresse de cérémonie. Un plateau alléchant pour les amateurs de décalages sonores.

Charge à Damien d’ouvrir le bal des monstres avec son rock cosmique, surfant sur le buzz – mérité - de son premier album, L’art du disque, sorti voila quelques mois. Un rock déconcertant flirtant avec l’absurde et le non sens, mais également avec des vrais moments de génie.

Ainsi donc, Damien eut donc la lourde mission de décomposer ses perles déstructurées devant un parterre d’invités concentrés toujours, déconcertés parfois, par ces ritournelles sans étiquettes, comme ce "Fresh people" mixant funk, rock, metal, inserts audios, avec la plus grande fraîheur.

Peut on seulement parler de rock, lorsque les genres se brassent, que Damien embraye sur un "Mitsuki" gainsbourien dans une langue inconnue. Le public se tait, il apprécie, claque la porte excédé par ce grand bordel foutraque, il insulte il adore. Le public vit, enfin.

Et Damien de se lancer dans des scénographies improbables (chanter par-dessous sa jambe, ce genre) avec décontraction, de bon aloi. Champ ultime et son clavier tonitruant est joué sans complexe, sans aucune concession sonore, en parvenant presque à recréer l’ambiance melting pot de l’album de Damien.

L’impression réelle de se retrouver dans la chambre d’un enfant de 5 ans exhibant ses jouets. Avec fierté. Si le jeune homme gagnerait à canaliser son énergie dans son jeu de scène et sa voix parfois fluctuante, on compare sans aucune peine le garçon à Sébastien Tellier, pour sa folie, son éloquence et ses compositions je-m’en-foutiste, qui, l’air de rien rentrent dans la tête comme un jack en tête d’épingle.

Un chanteur qui se cache derrière l’ampli Marshall, un claviériste qui porte veste militaire et jupe avec éloquence… Un grand n’importe quoi qui dérange ou amuse, mais ne laisse pas insensible. Une réussite donc, pour cet amoureux de puzzle sonore qui finit sur un "I love you so" joué serré et complice.

Que le petit Damien grandisse et nous remontre sa chambre dans quelques mois, et la décoration devrait nous plaire encore plus.

Et puis il y a. Il y a Jasmine Vegas et son public transi.

Melting pot lui-même, fait de jeunes et de vieux, de nerds et de classiques. Des humains amoureux de Vegas et de son excentricité rationnelle, sa raison déraisonnable.

Et ce soir, le live de Jasmine, s’il est essentiellement axé sur les chansons de son premier album Time, est beau. Beau comme un camion en peluche, beau comme l’univers de Jasmine et de son piano à bretelles comme elle l’appelle, son accordéon, avec lequel elle débute le live.

Chanson sur la Normandie et ses bretons, comme elle le dit, et voix très en haut de forme avec cette magie pré-fabriquée, cheap et classe, juste belle la Jasmine.

"Avec un J dur, pas Yasmine, Jasmine, comme dans éjaculation et Vegas comme la ville de l’argent et du money… Comme ça quand vous penserez à Jasmine Vegas, vous penserez sexe et money ! " clame Jasmine, public transi et hilare, alpagué au collet pour se prendre "Blue sky" dans l’oreille, ce genre de perles qu’on fredonne trois heures encore après le concert.

Un son clair et précis, fin et intimiste, avec un groupe énorme de professionnalisme, pas seulement un backing band, mais vraiment un groupe avec du Jasmine dedans.

Un concert qui alterne moment d’émotions et moment pur pop ("Je te vois"), versions réarrangées ("Encaisse moi") et solo intimiste. La Jasmine, en bonne artiste de stand-up américain, se permet même le luxe absolu d’interrompre son live pour distiller blagues potaches et tours de magie factice.

Et l’aller-retour entre live et stand-up s’avère, avouons-le, savoureux et rafraîchissant, détonnant face aux nombreux concerts parisiens mous du genou, consensuel et faiblement dodeliné de la tête.

Du rock hard chord comme le Jasmine le vend, dans une bien jolie robe, s’éloignant de l’étiquette trip-hop ambient qu’on aimerait y coller.

Alors... Alors à la question "Me trouvais-tu belle ce soir chéri ?", la réponse est oui ma douce, indéniablement.

 

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En savoir plus :

Le site officiel de Jasmine Vegas
Le site officiel de Damien sur Myspace
Le site officiel de Eh ! les vilains

Crédits photos Jasmine Vegas : Loic Le Queré (Plus de photos sur Taste of Indie)
Damien : Nérone


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# 17 février 2019 : Presque le printemps

De Kafka à Kukafka, Miossec à Berlioz, il y a de quoi lire, voir, écouter cette semaine dans la petite sélection culturelle de nos chroniqueurs. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Gallipoli" de Beirut
"Ulysse et Mona" de Minizza
Rencontre avec Miossec autour de son album "Les Rescapés"
Une discographie d'Hector Berlioz par Jérôme Gillet
"Been meaning to tell you" de Ina Forsman
"4eme jour, Kan Ya Ma Kan" de Interzone
"A thousand days" de June Bug
EP de Bertille
"Morning room EP" de Catfish
"Souviens toi" de Laurent Montagne
"Blood siren" de Sarah McCoy
"Complètement flippé" de 16 Kat
et toujours :
"Persona" de Betrand Belin
"Les rivages barbelés" de Intratextures
"The mirror" de Nicolas Gardel et Rémi Panossian
"La révolte des couverts" de Wildmimi
"The sublime" de Yeruselem
"Aksham" de Aksham
"Last train" de Big Dez
"Tightrope EP" de Bigger
Caroline Loeb au Grand Point Virgule pour jouer "Comme Sagan" en live
Présentation du 11ème festival de Beauregard et de sa programmation
"Kalune EP" de Kalune

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Kafka sur le rivage" au Théâtre de la Colline
"Matin et Soir" au Théâtre de l'Aquarium
"J'ai pris mon père sur mes épaules" au Théâtre du Rond-Point
"Pourquoi dis, m'as-tu volé mes yeux" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Les membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Le bois dont je suis fait" au Théâtre de Belleville
"Peur(s)au Théâtre L'Etoile du Nord
"A vue" au Théâtre de la Tempête
"Merci" à La Folie Théâtre
"Barber Shop Quartet - Chapitre IV" au Théâtre Essaion
"Maria Dolorès y Habibi Starlight" au Café de la Danse
les reprises:
"Grande" au Centquatre
"Politiquement correct" au Théâtre de l'Oeuvre
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel" au Musée Jean-Jacques Henner
et dernière ligne droite pour "Rodin - Dessiner Découper" au Musée Rodin

Cinéma avec :

le film de la semaine : "Le jeune Picasso" de Phil Bradsky

Lecture avec :

"Dans la neige" de Danya Kukafka
Interview de Nylso dans le cadre du festival de la Bande Dessinée d'Angoulême
"L'île longue" de Victoire de Changy
"La main noire" de Robert Vincent illustré des musiques de Anthony Reynolds
"Le manufacturier / responsabilité absolue" de Mattias Köpling / Jocko Willink & Leif Babin
"Sans compter la neige" de Brice Homs
"So sad today" de Melissa Broder
et toujours :
"Angola janga" de Marcelo D'Salete
Interview de Stella Lory dans le cadre du festival de la BD d'Angoulême
"Gangs of L.A." de Joe Ide
"Hunger : une histoire de mon corps" de Roxane Gay
"L'Amérique derrière moi" de Erwan Desplanques
"L'ombre d'un père" de Christoph Hein
"Le président des ultra riches" de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot
"Que faire des cons ?" de Maxime Rovere
"Une éducation" de Tara Westover

Froggeek's Delight :

"I Will Survive" petit tour d'horizon des jeux dits "Survival"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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