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Interview  (Paris)  8 septembre 2006

Deux ans, deux albums. Après Ever Everest, voici Comme un seul homme.

Nouvel entretien, dans ce triangle Belleville-Ménilmontant-Oberkampf du 11ème arrondissement qu'il affectionne, avec Fabien Martin qui a toujours des histoires qui lui trottent dans la tête.

Deux ans séparent "Ever Everest" votre premier album du second "Comme un seul homme". Ces deux années que vous ont-elles apportées ?

Fabien Martin : Je ne fais pas de bilan sur ce que cela m'a apporté ou non. J'ai juste passé deux ans à faire des concerts, à écrire de nouvelles chansons, à apprendre un nouvel instrument, la guitare. J'ai dû me séparer de mon piano qui était celui de ma mère et que j'ai rendu parce que je n'avais plus de place pour le garder. J'ai un piano numérique dont je me sers pour faire les maquettes mais pas pour composer. Et puis cette guitare m'a été offerte pour mes 30 ans par mes amis. Il fallait que je m'y mette.

D'où le nombre d'intros à la guitare dans vos nouvelles chansons ?

Fabien Martin : Oui, même si ce n'est pas moi qui en joue. Mais effectivement beaucoup de morceaux ont été composé à la guitare d'où cet aspect plus direct, pas plus simple mais moins labyrinthes que. Parce que je ne dispose pas de la même science des harmonies à la guitare qu'au piano dont je jouais depuis ma chère et tendre enfance. Donc j'étais obligé d'écrire des choses simples. Ensuite, j'ai enregistré ces nouvelles chansons. Et les deux ans sont passés très vite.

Et pourquoi pas de bilan ?

Fabien Martin : Un bilan c'est fait quand on va mourir ! (rires). Je fais un bilan sanguin tous les dix ans et puis c'est tout !

Pas de bilan donc je vais avoir du mal à poser la question suivante qui était : qu'avez-vous appris de cette "confrontation"' avec le public ?

Fabien Martin : J'ai continué à apprendre le chant car je cherche et je continue à chercher le dénuement le plus total dans ma façon de chanter. Je veux vraiment éliminer tous les effets qu'on peut mettre dans la voix et que l'on entend beaucoup aujourd'hui. Pour moi chanter c'est chanter avec la même sincérité et la même simplicité que celles avec lesquelles je vous parle en ce moment. Et puis me glisser dans les histoires, dans la perception et la sensation pour le ressenti.

Et la scène a agi comme un révélateur ?

Fabien Martin : Oui parce qu'au bout d'une dizaine de concerts je me suis rendu compte que je ne pouvais pas continuer. Je sentais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Peut être étais-je trop attaché à la musique. Trop dans le mental, la volonté de bien faire. Au fur et à mesure, j'ai enlevé tout cela pour ne jouer à rien. Enlever le faire pour mettre de l'être. Mais c'est un long travail. Je ne sais pas combien de temps cela prendra.

Deux albums en deux ans c'est un rythme soutenu. Cela veut-il dire que pendant la tournée d'"Ever Everest" vous pensiez déjà au futur album ?

Fabien Martin : Oui. J'ai écrit le deuxième album assez vite et à part deux titres, toutes les chansons sont neuves en ce sens où il n'y a pas de recyclage de vieux morceaux. "Bamiléké" et "Indélébiles" qui sont des chansons anciennes, les autres sont des chansons d'urgence, d'urgence travaillée. Tout est nouveau dans l'écriture, dans l'enregistrement, dans le rapport avec les musiciens.

J'étais attaché à cet aspect brut et urgent. Quelque chose comme un triangle. Je voulais que ce soit le plus humain possible avec les bonnes choses et les mauvaises. Ainsi il y a des morceaux avec les voix des musiciens que j'aurais pu refaire mais j'ai gardé cette prise. Peut-être que cela aurait-il été mieux chanté. Et encore qu'est ce que cela veut dire ?

L'album est une cristallisation à un moment donné.

Fabien Martin : Oui, voilà. Il y a un côté très collectif car nous avons tout fait ensemble en rajoutant quelques instruments dessus. Nous n'avons pratiquement pas utilisé l'ordinateur ou Protools. Nous avons tous fait en analogique. La recherche de matériel s'inscrivait aussi dans ma démarche artistique dès lors queje voulais un rendu très chaud, loin du numérique, avec du vieux matériel. Nous avons enregistré isolé dans la campagne angevine pendant deux semaines, un peu reclus.

Parmi les musiciens qui ont participé à ce deuxième album on retrouve le nom de certains qui vous ont accompagné sur scène. Cela implique-t-il une certaine fidélisation de groupe autour de vous ?

Fabien Martin : Non car il est très difficile de fidéliser les musiciens car ils ne peuvent pas s'engager à ne jouer qu'avec un seul chanteur car ce sont des musiciens professionnels et un seul chanteur n'a pas suffisamment de concerts. Et il y a une question de disponibilité pour les dates. Mais ce n'est pas très grave. Il y a des fidèles comme Philippe Desbois qui joue avec moi depuis très longtemps, qui fait beaucoup de scène et qui a co-réalisé l'album avec moi, ce qui est très important. Cela étant, il veut arrêter la scène. Il y a aussi Alexandre Léautaud à l'accordéon qui lui me qui de très près.

Votre goût de la mise en musique de poèmes se manifeste à nouveau avec "Trottoirs de l’Elysée Palace" et "C’était longtemps avant la guerre" qui sont deux poèmes de Paul-Jean Toulet qui n'est pas très connu.

Fabien Martin : Moi non plus je ne le connaissais pas non plus. C'est le fruit d'un hasard et j'ai beaucoup apprécié l'ambiance la versification. J'aime bien travailler avec les gens morts comme ça je ne suis pas embêté (sourire).

Comme cela ils ne peuvent pas manifester leur désaccord éventuel ?

Fabien Martin : Non. Et puis moi je ne peux pas les embêter non plus en leur demandant de modifier quelque chose.

Vous évoquiez l'urgence qui a présidé à l'écriture. Quels en sont les thèmes ?

Fabien Martin : J'ai toujours les thèmes de prédilection qui sont le hasard de nos vies, des rencontres te puis les sentiments humains, l'amour, la peur, l'espoir, l'envie. J'essaie de réintégrer cela dans nos vies quotidiennes et non d'en faire une philosophie abstraite. Je préfère cela à quelque chose de plus pittoresque. Et puis travailler sur les consciences collectives.

Des sujets d'actualité qui sont censés interpeller chaque conscience?

Fabien Martin : Oui.

La sortie de l'album, prévue en avril, a été reportée à septembre en signe d'anniversaire ?

Fabien Martin : Non. L'album était prêt. Je trouvais bien de le sortir un an et demie après le premier. Cela ne m'aurait pas posé de problèmes. Maintenant ça ne m'en pose pas non plus. C'est un peu comme la rentrée littéraire. Il y a 600 livres et 300 disques.

Des concerts sont déjà prévus ?

Fabien Martin : La tournée s'organise à partir de janvier 2007 avec notamment le Bataclan à Paris le 19 mars.

Une belle salle !

Fabien Martin : Oui, de plus une salle que j'adore et qui est située près de chez moi donc c'est très pratique ! J'espère ne pas déménager entre temps ! En attendant il y aura de la promo, des émissions télé avec des titres live et quelques petits concerts, comme à Clichy le 24 novembre en acoustique pur sans micro ni ampli.

Comme vous aimez le brut …

Fabien Martin : Oui mais en même temps j'aime la guitare électrique…

Avez-vous travaillé pour d'autres personnes ou sur d'autres formats ?

Fabien Martin : Je reste concentré sur le format de la chanson en ce qui concerne la musique. Je suis déjà bien occupé plus mon travail d'interprète, plus la guitare. En revanche j'aime bien faire de la vidéo et j'ai réalisé un clip sur "Riz complet", la reprise d'une chanson de Nino Ferrer qui figure dans la compilation "On dirait Nino", dont je suis assez content.

Vous réitérerez peut âtre alors ?

Fabien Martin : Oui. J'ai essayé. Ce projet concerne la bande annonce de l'album mais je n'ai fait que la musique pour le moment qui est un medley de l'album qui dure 6-7 minutes et qui sera en écoute sur myspace.

Cela doit être intéressant puisque vous avez des chansons plus intimistes et d'autres plus "épiques".

Fabien Martin : Oui, c'est une bonne approche. Et puis j'ai fait quelques modifications par rapport à l'album donc ce sera amusant aussi pour ceux qui connaissent l'album.

 

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# 9 août 2020 : Vacances, j'oublie tout

Il fait beau et chaud, on reste à l'ombre, on traine à la plage, mais si vous avez encore un petit moment pour jeter un oeil à Froggy's Delight, nous sommes toujours là. Voici le programme light et rafraichissant de la semaine.
petit bonus, le replay de la MAG (Mare Aux Grenouilles) numéro #1

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

Le compte-rendu de la 35ème édition du Festival Humour et Eau salée
et un spécial "Au Théatre ce soir dans un salon" avec les grands classiques de Barilet et Grédy :
"Peau de vache"
"Potiche"
"Folle Amanda"
"Le don d'Adèle"
"L'Or et la Paille"
et "Fleur de cactus" revisité par Michel Fau

Expositions :

en real life :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
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"Le Défi du champion" de Leonardo D'Agostini
et at home avec des longs...
"2021" de Cyril Delachaux
"Les Robinsonnes" de Laurent Dussaux
"L'Ile aux femmes" de Eric Duret
"Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué" de Jean-Claude Sussfeld
"The Storm" de Ben Sombogaart
...et des courts-métrages
"Odol Gorri" de Charlène Favier
"Poseur" de Margot Abascal

Lecture avec :

"Retour de service" de John Le Carré
"Un océan, deux mers, trois continents" de Wilfried N'Sondé
"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
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"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
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