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Interview  (Paris)  4 octobre 2006

Marianne Groves, auteur, metteur en scène et comédienne, a fait un travail remarquable en adaptant et mettant en scène une pièce "Jesus Hopped the ‘A’ Train" d'un auteur américain contemporain Stephen Adly Guirgis.

Sous le titre "Dura Lex", ce texte fort et bouleversant, résolument moderne, qui aborde notamment une thématique universelle douloureusement d'actualité, le système judiciaire et pénitentiaire, est actuellement à l'affiche du Vingtième Théâtre.

Nous avons rencontré Marianne Groves qui est une passionnée. Passionnée de théâtre, passionnée par son métier, passionnée par les comédiens, passionnée par la vie et passionnée par l'humain.

Elle nous parle avec lucidité, ardeur et enthousiasme des sujets qui l'interpellent, des difficultés pour imposer ce spectacle totalement indispensable qui montre l'homme à l'homme, de l'implication de l'artiste dans la vie citoyenne et nous confie sa recette miracle pour se sentir bien : visionner "Chantons sous la pluie" .

Vous avez découvert cette pièce en Angleterre. Quels sont les éléments qui vous ont séduit au point de vouloir l'importer en France ?

Marianne Groves : Il y avait 2 plans. Le plan purement artistique tout d'abord car j'ai trouvé qu'il s'agissait d'une pièce extraordinairement bien écrite et vraiment conçue pour des acteurs exceptionnels. Il est rare de trouver des écritures aussi aimantes des acteurs. L'écriture est prévue pour faire un spectacle fort. Et artistiquement c'est le genre d'énergie que j'aime défendre.

Il y a également un engagement qui n'est pas didactique, qui est en sous texte, qui pose des questions mais ne donne de leçons à personne. J'aime beaucoup l'esprit et l'humour aussi de ce texte cette façon élégante de traiter de sujets atrocement graves. Ce qui est une manière très anglo-saxonne ou du moins dans cette mouvance contemporaine newyorkaise de gens qui ont un regard un peu en biais sur l'actualité sur le réel.

Pour l'adapter en France il y avait le plaisir de trouver un très grand texte, ce qui est énorme, et de travailler sur une très belle langue pour laquelle j'étais confiante de trouver une langue française aussi forte en évitant certains pièges de folklore que l'on retrouve souvent dans les traductions contemporaines, en allant chercher une langue qui donne aux acteur un tremplin, comme un ring de boxe. J'ai perçu cette langue comme le ring de boxe qui permet aux boxeurs d'avoir un rebond. C'était donc notre souci dans la traduction.

Ensuite par rapport au fond de la pièce, qui est située au Etats Unis dans un système carcéral et un système judiciaire spécifique américains dont la transposition en France pouvait être difficile. J'ai fait ma petite enquête en France, car ce texte m'avait perturbé en m'amenant à me poser des questions, moi citoyenne, sur le pays dans lequel je vis et qu'elle est la réalité de ce que je vis.

Ce que j'ai pu comprendre du système carcéral français, en rencontrant des gens qui avait séjourné en prison ou qui travaillait dans cet environnement, m'a laissé penser qu'il existait une gravité équivalente dans le système pénitentiaire français qui a connu un durcissement énorme de l'aspect répressif de la justice avec un oubli quasi-permanent de l'aspect réparation tant du tort fait aux victimes que de la personnalité des gens que l'on condamne et de leur donner une possibilité de revenir dans la société.

Politiquement, c'est l'option de la sécurité tolérance zéro qui a été importée d'Angleterre d'abord puis des Etats Unis et qui a été adoptée par la plupart des gouvernements européens comme théorie politique juste et dont on commence à percevoir les effets qui sont absolument nuls. Nuls c'est-à-dire égal à zéro car la criminalité augmente. On occulte simplement les problèmes dans les prisons mais il ne s'agit pas que de problèmes de délinquance. La délinquance résulte d'une autre situation que manifestement on ne traite pas.

Et "Dura Lex", bien que située aux Etats-Unis, parle aussi de ça. On ne cherche pas à réparer les êtres humains qui ont commis une faute, à supposer cette faute établie et qu'elle leur soit imputable, et en admettant qu'il y ait un tort réel causé à la victime ou à la société, on n'envisage pas d'écouter et d'aider ces criminels.

Nous, artistes ne sommes pas plus malins que les autres et c'est la raison pour laquelle cette pièce ne peut que poser des questions. Si nous détenions les réponses, nous ferions de la politique. Nous avons souhaité monter cette pièce parce que, en tant que citoyens et artistes, elle nous a aidé à nous poser des questions. Et qu'il était peut être bien de poser ces questions au public, comme un début d'action de notre part.

Vous êtes franco-canadienne et vous avez assuré la traduction du texte. Pouvez-vous nous expliquer le titre original de la pièce ?

Marianne Groves : Le titre original "Jesus Hopped the ‘A’ Train"comporte plusieurs couches de sens. C'est d'abord une histoire d'enfants que raconte Angel qui s'amuse avec un copain se tenir le plus longtemps possible sur les rails du métro avant de se plaquer contre les parois du tunnel pour laisser passer le train. Un jour ils ont été paralysés de peur et n'ont pas compris comment ils avaient survécu. Le copain d'Angel a décidé que c'était Jésus qui était monté dans le métro pour les sauver. "A train" est la ligne mythique qui va des quartiers riches aux quartiers pauvres, de l'enfer au paradis.

Il y a aussi un argot de prison pour "A train" qui signifie "le cul" et effectivement Angel s'est fait violé en prison, ce qui est un problème fréquent récurrent e très grave en prison. L'évocation de Jésus est également assez humoristique car il y a beaucoup de naïveté envers certains principes chrétiens. Ce titre magnifique était intraduisible.

Le titre français est également à plusieurs sens.

Marianne Groves : Oui. La loi est dure, "Dura Lex. Sed Lex", on entend vaguement la marque de préservatif "Durex" pour la connotation sexuelle, et le duralex qui est un verre de collectivité bien connu que l'on retrouve en prison que l'on peut jeter autant de fois que l'on veut sans le casser et puis un jour où il se brise de manière irréparable. C'est la morale de la pièce, une métaphore de la machine judiciaire qui est une machine à broyer des être humains

Combien de temps a-t-il été nécessaire pour concrétiser ce projet ?

Marianne Groves : 4 ans. Le parcours nous a un peu surpris car cette pièce a connu un très grand succès aux Etats Unis et à Londres, a été primée au Festival d'Edimbourg et avait été montée par Philip Seymour Hoffman, qui a mis en scène les pièces de Guirgis, célèbre pour avoir reçu depuis l'Oscar pour son rôle dans "Truman Capote" et connu pour ses engagements. Nous ne pensions susciter autant de défense. Pendant 3 ans, nous nous sommes heurtés à un refus systématique. Pour plusieurs raisons; il y en 1 000 et il y en a zéro. Et puis des raisons parfois contradictoires.

Comme c'est un texte très vif écrit avec une technique de dialogue très sûre, on émettait le reproche qu'il soit trop efficace. Ou alors le fond était trop dur. Bon, c'est l'histoire de la vache qui rit : il y avait toujours quelque chose de "trop". Cela jusqu'au moment où nous avons décidé de le monter à Avignon off avec que ma productrice, Danielle Gain, qui a accepté d'en prendre le risque. Car c'était un risque énorme puisqu'il y a 700 spectacles dans le off et nous ne partions pas forcément gagnant. Il y a eu un miracle sur Avignon car nous avons bénéficié d'une bouche à oreille immédiat et très vite refusé du monde.

Et nous avons finalement reçu le prix Adami du meilleur spectacle à Avignon off soit une dotation de 60 000 € qui nous a permis de pouvoir répondre à la proposition du Vingtième Théâtre qui s'est manifestée à Avignon. Car ce théâtre est un théâtre municipal qui n'est pas producteur de spectacles et y jouer nécessite donc un minium d'assise financière. Nous avions eu d'autres propositions sur Avignon qui ne se sont pas concrétisées. Nous sommes très contents d'être au Vingtième Théâtre car honnêtement c'est le seul théâtre qui a pris le "risque", je mets des guillemets, de produire un texte nouveau avec des acteurs qui ont été salués par la presse et le public. Et je pense que le spectacle est relativement valide en tant que tel.

Les directeurs de théâtre manifestent effectivement une certaine frilosité et le public recherche également des spectacles de divertissement.

Marianne Groves : Je comprends bien le public car j'ai également envie d'aller voir des spectacles drôles. Nous sommes tous bâtis de la même manière et nous en avons besoin. Je suis une grande fan de divertissement, un genre qui, bien fait, dispense bien aux gens. "Dura Lex" est prévu pour être un spectacle qui est tout sauf ennuyeux. Il y a même une petite part de comédie au départ et nous l'avons conçu comme un spectacle grand public accessible à partir de 16 ans parce qu'un peu violent pour des enfants. Et nous l'avons testé à Avignon et à Luxembourg. Les publics sont très variés et très réactifs ce qui nous fait plaisir.

Nous n'avons pas conçu un spectacle réservé à une catégorie de gens cultivés ou soi disant ceci ou cela. Mais effectivement après il faut donner envie aux gens de venir voir ce spectacle. La présence d'Edouard Montoute dans la distribution est importante car il fait une partition sidérante et il est connu par les jeunes gens pour ses prestations au cinéma dans des films comme "Taxi" ou "Astérix". Le seul problème à Paris est celui de se faire connaître ce qui prend du temps en raison de l'abondance de l'offre de spectacles chaque soir.

Vous citiez Edouard Montoute ce qui amène la question sur le choix de la distribution. Est-ce le votre ?

Marianne Groves : Je connais Edouard Montoute depuis longtemps et il était le seul qui me paraissait pouvoir jouer ce rôle de sérial killer qui a connu la rédemption, extrêmement charismatique, un homme dont on se dit que c'est un gâchis. Quand son enfance est évoquée brièvement, à la fin de la pièce, on comprend que cet homme est un enfant qui avait juste besoin d'un coup demain, un enfant brillantissime dont l'intelligence est partie en vrille pendant longtemps et qui a réussi, et c'est un tour de force incroyable, à faire un rétablissement mental, moral et spirituel en prison. C'est un personnage plus grand que nature, shakespearien en quelque sorte, qui porte le bien et le mal au même degré en lui et qui est capable de les porter tous deux. C'est un personnage sublime et un rôle de maturité pour Edouard Montoute

Et les autres comédiens ?

Marianne Groves : Il y a une histoire par acteur. Je connais Beata Nilska depuis longtemps sans avoir jamais travaillé avec elle. Je savais qu'elle pouvait porter cette avocate passionnée qui recèle de la violence en elle et qui va vouloir être plus forte que le système judiciaire. Il fallait une actrice qui ait de la poigne et la beauté, cette capacité à être très douce aussi, donc de manier les paradoxes. Et puis elle a un léger accent, un accent de l'Est, et cela m'intéressait de décaler le personnage qui est une immigrée de la 2ème génération fille d'italien et d'irlandais. Elle a eu la volonté de s'intégrer à toute force dans le pays d'accueil de ses parents et s'est intégrée dans le système judiciaire qui est le moyen le plus absolu d'intégration. Et tout à coup elle va retrouver une identité personnelle à travers la défense d'Angel Cruz.

Angel Cruz est joué par Dimitri Storoge que j'ai vu dans un film de Cédric Klapish et que j'avais repéré tout simplement. Quand j'ai cherché un comédien pour Angel c'est son nom qui a paru évident. Dimitri a eu un accident de moto qui l'immobilise pour plusieurs semaines et c'est Thierry de Peretti, qui est également un ami de longue date, metteur en scène également, qui assure l'intérim et il n'y a que lui qui pouvait assumer de prendre ce rôle en quelques jours.

Les deux gardiens étaient joués au départ par deux formidables acteurs luxembourgeois Jules Werner et Franck Sasonoff. Pour Valdez, Morgan Perez s'est révélé d'une évidence totale lors d'une audition. Je l'avais simplement vu dans des rôles totalement différents. C'est un acteur formidable qui peut se glisser dans tous les rôles. J'aimais sa stature, sa jeunesse, sa beauté, une sorte de beauté sarkoziste. Et je connais très bien John Berrebi qui était capable de se glisser dans le soi disant petit rôle de Damico qui est un rôle plus court mais qui porte un récit très important celui de l'exécution. Il avait cette capacité à être extrêmement humain et à l'assumer sur scène.

Au bout du compte, nous formons une équipe dont le point commun est l'humanité. Ce qui est essentiel pour jouer cette pièce qui ne peut pas être jouée le cœur fermé. C'est une pièce très dure qu'il faut jouer le coeur grand ouvert. Cela demande du métier, de l'endurance et une capacité à être humain. Nous avons traversé des épreuves ensemble, dont l'accident de Dimitri, et qui ont prouvé que nous réagissons ensemble. Ce sont des comédiens à la hauteur du texte ce qui pour un metteur en scène est un beau cadeau.

Votre ambition et votre souhait sont qu'il y ait un après le Vingtième Théâtre.

Marianne Groves : Nous sommes en pleine négociation et tout va se décider dans les semaines à venir. Nous ferons certainement une tournée qui est en cours de programmation mais à une échéance non encore déterminée. Les réactions sont plutôt bonnes. Et le fait d'exister ici nous permet d'envisager d'exister ailleurs.

Et sur Paris une reprise est peut être plus difficile ?

Marianne Groves : Cela arrive souvent aux spectacles programmés au Vingtième Théâtre.

Compte tenu du temps nécessaire pour concrétiser les projets, travaillez-vous déjà sur d'autres ?

Marianne Groves : En tant que comédienne, je vais travailler pour la télévision dans une série "Rose et Val" dans laquelle je joue un personnage récurrent de commissaire de police et pour laquelle nous avions tourné quelques épisodes l'année dernière qui ont passé les tests d'audience. Donc nous avons le droit de continuer ! C'est un rôle très amusant car une série un peu calquée sur "Starsky et Hutch" avec Bernard Yerlès et Jean-Michel Tinivelli. Je joue leur chef, le pendant du gros black qui mangeait tout le temps dans la série américaine. C'est une chef un peu bougon qui doit tenir des hommes un peu fantaisistes et passionnée par eux car ils sont plus forts que tout le monde malgré les bêtises qu'ils commettent. Nous formons une bonne équipe avec Sandrine Le Berre également et nous avons hâte de nous retrouver et moi je suis ravie car j'aime faire des choses populaires de bonne qualité.

Et le théâtre ?

Marianne Groves : J'ai d'autres envies de théâtre mais sans concrétisation pour le moment. Il y a notamment un texte que j'adore et dont j'essaie d'obtenir les droits mais c'est le plus difficile.

Pour "Dura Lex" vous avez rencontré ces mêmes difficultés ?

Marianne Groves : Non, l'agent de l'auteur nous a fait confiance tout de suite.

Et Stephen Adly Guirgis ?

Marianne Groves : Nous essayons désespérément de l'inviter venir voir le spectacle pour le rencontrer mais nous avons rencontré ses amis et c'est un homme difficile à déplacer. Il n'est pas du tout mondain et il a sa vie à New York. Nous aimerions pourtant tellement le rencontrer car son texte nous a tellement changé.

Ce théâtre engagé un axe de travail que vous privilégiez ?

Marianne Groves : Je n'ai pas vraiment d'axe. Je marche au coup de foudre au coup de cœur à la passion. J'ai néanmoins constaté que jusqu'à maintenant le thème de l'enfermement, dans un sens général, enfermement dans une pensée, dans un état, était un thème presque récurrent. Je ressens cet enfermement dans la société dans laquelle je vis alors que je suis une femme parfaitement libre et que je ne fais pas partie des gens qui souffrent socialement. J'ai eu la chance d'avoir eu une éducation d'avoir la possibilité de penser par moi-même, et pourtant je ressens cela et je me rend compte que tragédie ou comédie, je tourne toujours autour de ce thème.

Il est vrai qu'après "Dura Lex" j'aimerai monter une comédie car je suis une grande fan de burlesque. "La symphonie du hanneton" de James Thierrée est un prodige pour moi. Les premiers spectacles que nous avons montés, avec Edouard Montoute s'appelait "Le lait, les amphét et Alby la famine" et c'était une comédie post-punk tirée d'un roman complètement bardzingue de Martin Millar inspiré des comics Marwel. J'aime le spectacle et les émotions vraies. J'ai beaucoup de mal avec le manque d'authenticité. Comédie ou tragédie, l'authenticité est également nécessaire. Après l'humour c'est l'élégance suprême. Dans "Dura Lex" nous avons essayé de le conserver car il existait.

La pièce ne tombe jamais dans le pathos qui est assez inutile. Aujourd'hui le mélodrame gratuit est assez indécent surtout quand on essaie de parler de choses graves et qu'on n'en fait pas partie. Je ne suis pas une prisonnière, je ne suis pas condamnée à tort par la justice, je me positionne là où je suis, à me poser des questions et à les transmettre de façon à ce que les spectateurs puissent les entendre. Je ne crois pas qu'on puisse assommer les gens et espérer d'eux qu'ils entendent. Il faut les émouvoir, les distraire, leur faire plaisir.

Je crois beaucoup à la beauté d'un spectacle même si elle est débile et punk ou cinglée. Il y aune forme d'émotion qui est provoquée par la beauté et je préfère parler aux gens que contre les gens. On n'essaie pas de les abîmer mais de les nourrir comme nous avons été nourri par la chose que l'on a travaillée; Le burlesque et la comédie est également une façon de nourrir les gens. J'adore rire.

Avez-vous vu récemment un spectacle qui vous a procuré cette joie et cette émotion ?

Marianne Groves : J'ai adoré "Moi aussi je suis Catherine Deneuve" de Pierre Notte. Il y avait une élégance du burlesque et de la dinguerie que j'adore. Depuis, j'ai eu la tête un peu dans le guidon, il faut l'avouer. J'ai adoré "Kiss kiss bang bang" un film hilarant de Shen Black qui est une parodie des comédies hollywoodiennes fait par un spécialiste qui s'est auto parodié. Et le film que je regarde quand j'ai besoin d'aller bien c'est "Chantons sous la pluie".

De Stanley Donen avec Gene Kelly ?

Marianne Groves : Depuis mon enfance, c'est mon film remède. Je le connais par cœur ! Et j'ai une passion pour ce film. Cela vous surprend ?

Non, pas vraiment parce que je vous vois bien mettre en scène une comédie musicale.

Marianne Groves : J'adorerai ! Ce film que j'ai vu enfant m'a ouvert tout un monde ! La possibilité de créer de la joie ! Les thèmes parfois graves, comme l'arrivée du parlant, sont évoqués avec tellement de légèreté et d'élégance comme les pieds de Gene Kelly qui virevoltent. Je suis plus Gene Kelly que Fred Astaire que je trouve sérieux dans sa danse alors que le premier a de l'humour dans les pieds. Plus Tex Avery que Walt Disney.

Plus "Fritz the cat" que "Bambi" ?

Marianne Groves : Ah oui ! Je n'ai jamais pu regarder "Bambi" !

Et "Chantons sous la pluie" vous a donné envie d'être comédienne ?

Marianne Groves : De manière indirecte. Je croyais qu'il ne fallait surtout pas devenir comédienne. J'avais envie de l'être mais j'ai fait des études compliquées pour ne pas l'être et j'ai tout raté car le théâtre m'a rattrapé ! Le métier est venu me chercher. J'ai commencé dans un film russe et tout s'est déroulé de manière étrange jusqu'à ce que j'abdique et que je me dise :"C'est là que je suis bien". Et depuis, je n'ai jamais regretté ce choix.

Je ne sais pas pourquoi mais dès l'enfance j'ai toujours cru que les filles faisaient du théâtre et que les garçons jouaient au foot. Et un jour j'ai compris que ce n'était pas normal de faire du théâtre mais on ne me l'avait jamais dit. Et quand on choisit dans ces conditions de faire ce métier on en supporte tous les aléas et tous les obstacles car c'est un vrai choix ! Ma maman un jour m'a dit : "Je ne comprendrai jamais comment j'ai mis au monde une artiste !". Et j'ai répondu : "Moi non plus !".

 

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La chronique de la pièce "Dura Lex"

En savoir plus :

Le site de Dura Lex


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# 9 décembre 2018 : l'empire d'essence

Pénurie d'essence peut être, mais pas de pénurie des sens avec notre sélection hebdomadaire à lire, à voir et à écouter. C'est parti sans plus attendre pour une semaine de plaisirs.

Du côté de la musique :

"L'allégresse" de DaYtona
"C'est la vie" de Phosphorescent
"Oak leaf" de Raoul Vignal
"Karl Maria Von Weber : Symphonie N 1 & concertos" de l'Orchestre Victor Hugo, Jean François Verdier, Nicolas Baldeyrou, David Guerrier et Thomas Bloch
"City walk" de Adrien Chicot
"Tribute to an imaginary folk band" de Bedmakers
Rencontre avec Emma Solal, accompagnée d'une session acoustique aux couleurs de l'Italie
"Valdevaqueros" de Fred Nevché
"Chapitres V et VI" de La Pietà
"Parallel universe blues" de Papercuts
et toujours :
"Persuasive" de Persuasive
"About Bridges" de Régis Boulard et Nico Sacco
"No tourists" de The Prodigy
"Kings and bastards" de Roberto Negro
"Tout bleu" de Tout Bleu"
Plutôt me rendre" de Anne Darban
Nicolas Vidal en interview accompagnée de sa Froggy's session live, autour de son album "Bleu Piscine"
"Il était fou" de JUR
"Young girls punk rock" de Lilix & Didi
Mokado, Clozee et Grandepolis dans une sélection singles et EP
"S/T" de The Balkanys

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Antigone" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Love, Love, Love" au Théâtre de Belleville
"Un Picasso" au Studio Hébertot
"Bérénice Paysages" au Théâtre de Belleville
"J'admire l'aisance..." au Studio Hébertot
"Le Double" au Théâtre 14
"J'ai des doutes" au Théâtre du Rond-Point
"L'Ecole des femmes" au Théâtre Dejazet
"Kiss & Cry" à la Scala
"Dans ma chambre" au Théâtre La Flèche
"F(r)iction" au CNAC de Châlons-en-Champagne
les reprises :
"Stuck Plastik, une pièce en plastique" au Théâtre-Studio d'Alfortville
"Aglaé" au Théâtre du Rond-Point
"L'Ombre de la baleine" au Théâtre Lepic
"ABC D'airs" au Théâtre Le Lucernaire
"Barbara amoureuse" au Théâtre Essaion
la chronique des spectacles de novembre
et la chronique des autres spectacles de décembre

Expositions avec :

"La Galerie des Sculptures" au Petit Palais
"Youssef Chahine" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Pachamama" de Juan Antin
"Utoya 22 juillet" de Erik Poppe
"Rêver sous le capitalisme" de Sophie Bruneau
"Le sous bois des insensés" de Martine Deyres
Oldies but Goodies avec :
"Le Solitaire" de Michael Mann dans le cadre de la Rétrospective James Caanà la Cinémathèque française
et "La Cousine Bette" de Max de Rieux dans le cadre du Cycle Balzac à la Cinémathèque française
la chronique des sorties de novembre
et la chronique des autres sorties de décembre

Lecture avec :

"Le coup d'état Macron, le Prince contre la nation" de Guillaume Larrivé
"Allez tous vous faire foutre" de Aidan Truhen
"Dialectique de la pop" de Agnès Gayraud
"Inconnu à cette adresse", "84, Charing cross road" et "Les heures silencieuses" de Kressmann Taylor, Helene Hanff et Gaëlle Josse
"Pierre Laval, un mystère français" de Renaud Meltz
et toujours :
"Humains dans la rue : Histoires d'amitiés, avec ou sans abri" de Jean Marc Potdevin, Anne Lorient et Lauriane Clément
"Le meurtre du commandeur, livre 2 : La métaphore se déplace" de Haruki Murakami
"Les vérités cachées de la guerre d'Algérie" de Jean Sévillia
"No society" de Christophe Guilluy
"Séance infernale" de Jonathan Skariton
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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