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Rouge sang  (Virgin / EMI)  octobre 2006

Revenu en 2002, après 7 ans d’absence médiatique, de dépression et d’alcool, Renaud connaissait son plus grand succès commercial avec l’album Boucan d’enfer. Il enchaînera sur une très longue tournée suivie de la sortie d’un double live ainsi qu’un Dvd.

Depuis, Renaud a produit le 1er album de Romane Serda, s’est marié avec elle et a eu un enfant, Malone, le 14 juillet dernier. L’album Rouge Sang est sorti le 2 octobre 2006, précédé cet été par le single "Les Bobos".

L’enregistrement de ce nouvel album s’est déroulé de novembre 2005 à juin 2006 au studio ICP de Bruxelles. C’est long… cependant, il en ressort 24 titres (pour l’édition limitée - 17 pour la version standard) et quelques inédits (Pondichéry - 26 avril). L’édition limitée de ce nouvel album est très soignée : un CD / livre de 80 pages. La pochette et les illustrations du livret ont été dessinées par Patrice Killofer (dessinateur de BD).

C’est entouré de ses musiciens habituels que Renaud a conçu cet album : Jean Pierre Bucolo, Alain Lanty, Dominique Grimaldi, Claude Salmieri, Jean François Berger et Mick Larie. Une dizaine de titres ont été composés par "Titi" Bucolo, 6 par Alain Lanty. Cet album marque aussi le retour de Renaud à la composition, il signe les musiques de 5 chansons. Les textes sont évidemment tous de lui, à part "Rien à te mettre" de Benoit Dorémus.

Les textes de l’album sont excellents ; on y retrouve trois sujets récurrents dans l’œuvre de Renaud :

- Les chansons d’amour :

Dans "RS&RS", Renaud remarque "la coïncidence de nos initiales" (Romane Serda et Renaud Séchan). Il s’amuse encore avec les noms sur "Danser à Rome" où Renaud s’exerce à trouver des anagrammes de Romane Serda sur un rythme tango.Romane est aussi présente dans "Les cinq sens", "Jusqu’à la fin du monde" et bien sûr dans "Ma blonde". La dernière chanson de ce double album ("Je m’appelle Galilée") est une balade érotique, une fois de plus dédiée à Romane.

- Les "petites chansons colère"

Fidèle à son surnom de "chanteur énervé", Renaud distille dans son disque ses idées et ses colères. Rouge Sang est un peu un résumé des thèmes chers au chanteur : défense de la nature, des enfants et des révoltés.

Deux titres font référence au passé discographique du chanteur : après "Où c’est qu’j’ai mis mon flingue" (sur l’album Marche à l’ombre de 1980), "J’ai retrouvé mon flingue" attaque le gouvernement Bush, les religions et la société de consommation ("Avec l‘horreur, ils font du fric/ Et avec la mort de l’audience/ Notre époque est télé-merdique/ L’info remplace la connaissance"). A noter que la musique de ce titre est signée Romane Serda.

Suite à "J’ai raté téléfoot" sorti en 1981 dans "Le retour de Gérard Lambert", Renaud s’accroche une nouvelle fois avec la télévision, le tout sur une musique d’Alain Lanty à consonance irlandaise à travers "A la téloche" ("Va voir le monde à l’extérieur/ Voir sa beauté/ T’y trouveras bien plus de bonheur/ Qu’dans cette télé/ Je te confie si tu le veux/ Mon manche de pioche/ Pour exploser l’écran merdeux/ De cette téloche"). Il fait encore quelques allusions à la télé dans la chanson "Les filles de joie".

Le titre "Arrêter le clope !" est on ne peut plus d’actualité. Il relate les tentatives infructueuses de Renaud à arrêter "cette merde" et cette "fumée du diable". Il se moque également de l’hypocrisie actuelle sur le sujet ("Etat criminel, trafiquant/ Qui s’enrichit sur mon cancer/ Et qui me supplie dans l’même temps/D’filer ma pièce à Schwartzenberg")..

Avec "Dans la Jungle", sorti l’an dernier en single, Renaud soutient Ingrid Betancourt (otage des FARC en Colombie), ainsi que tous les autres otages anonymes retenus dans le monde. Parallèlement, Renaud défend également Leonard Peltier, membre d’une tribu sioux et condamné injustement à perpétuité pour le meurtre de deux agents du FBI. Il est emprisonné depuis 30 ans.

Toutes les demandes de remise en liberté ont été refusées. "L’innocent qu’on enchaîne sera toujours mon frère" chantera Renaud en conclusion du titre.

- Les chroniques sociales :

L’album s’ouvre sur "Les bobos", moquerie humoristique sur les "bourgeois bohème", et sa conclusion : "Ma plume est un peu assassine/Pour ces gens que je n’aime pas trop/"Par certains côtés, j’imagine/"Que j’fais aussi partie du lot"…

A travers "Elsa" et son frère Lucas, Renaud parle du suicide. Sa splendide musique au piano nous rappelle un peu "Mistral Gagnant". Cette chanson lui a également été inspirée par le suicide l’an dernier de deux adolescentes à Ivry ("Elsa/Est-ce que tu voudras d’un grand frère/Comme moi/Maint’nant qu’le tien s’est fait la paire/Comme ça/J’le remplac’rai jamais, c’est clair").

La chanson "Elle est facho" (face B du single "Les bobos") nous trace le portrait d’une "Marine Le Pen de banlieue". Cette chanson rejoint les "etites chansons colère" à cause de sa conclusion : "La facho qui vote Sarko".

Après avoir décrit la vie des mineurs dans "Germinal" ou encore dans "Oscar", Renaud rend cette fois ci hommage au monde paysan avec ce titre "Pas de dimanches. La chanson "Nos Vieux" est tout aussi touchante.

En référence à la "Foule Sentimentale" de Souchon, Renaud y oppose "Sentimentale Mon Cul !" ("Foule qui d’une seule voix/Aussi pourrie que la mienne/*Assassine Manu, Morgane de toi/Pourvu qu’elle soit toujours là/Dans ma tournée prochaine/Ma foule sentimentale à moi").

- Dans les autres chansons, Renaud chante afin de faire passer des messages plus personnels. Avec "Malone", Renaud prévient son fils, tout juste né, qu’il va devoir affronter la vie, avec ses hauts et ses bas. Le thème d’ "Adieu l’enfance" rappelle "Mon Paradis Perdu", l’histoire de l’enfance envolée avec ses souvenirs. Cette fois, Renaud ne parle pas de son enfance à lui mais de celle de Lolita, sa fille.

Avec "A la Close", il nous décrit le café préféré du Renard redevenu Renaud : "Pour toi j’ai retrouvé/Le joli goût de l’eau/Renoncé pour toujours/Au poison anisé/Tu m’as, petite fille/Sauvé de la cirrhose".

Une autre chanson que j’aime beaucoup : "Rien à te mettre". Petite anecdote de la vie conjugale avec une intro à l’harmonica et un accompagnement à la guitare sonnant très "western".

L’ambiance musicale de l’album est plus douce que d’habitude. Le tempo s’accélère sur "Ma blonde", "Filles de joie" et "Elle est facho" ; les guitares sont plus électriques sur "Arrêter la clope !" et "J’ai retrouvé mon flingue". Les compositions au pianos sont toutes superbes ("Rouge sang", "Les cinq sens", "A la close" et bien sûr "Elsa"). On entend également des cordes sur "Je m’appelle Galilée".

Désolé pour la longueur de cette chronique mais je voulais parler de tout ça… En bref, c’est un très bon album ; attention cependant, la première écoute peut dérouter un peu, mais dès la 2ème fois, vous l’aimerez. Si je ne devais retenir que cinq chansons, mon choix se porterait sur : "Arrêter la clope !", "J’ai retrouvé mon flingue", "Rien à te mettre", "Leonard’s song" et évidemment "Elsa"…

Que Renaud ne s’inquiète pas, sa "foule sentimentale à lui" sera bien là lors de sa longue tournée et, j’espère, avec des concerts dans de plus petites salles que Bercy !!!

 

 

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En savoir plus :

Le site officiel de Renaud


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# 19 janvier 2020 : de De Gaulle à Rocard

Cette semaine encore beaucoup de choses à découvrir. D'un portrait de de Gaulle côté livre à l'affrontement Mitterand - Rocard au théâtre en passant par de la musique pop, classique et bien plus encore. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki
et toujours :
"Nougaro" de Babx, Thomas de Pourquery et André Minvielle
"True colors" de David Bressat
"Splid" de Kvelertak
"Bach, Handel : An imaginary meeting" de Lina Tur Bonet & Dani Espasa
"My favourite things", le podcast de Listen In Bed #8
"Turn bizarre" de Livingstone
"Le musc" de Petosaure
"En voyages" de Pierre Vassiliu
"Shadow in the dark" de Tiger & the Homertons
"Caipirinha" de Tiste Cool

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Una costilla sobre la mesa" au Théâtre de la Colline avec "Padre" et "Madre"
"L'Opposition - Mitterrand vs Rocard" au Théâtre de l'Atelier
"La Sextape de Darwin" au Théâtre La Bruyère
"hélas" au Théâtre de la Tempête
"Une histoire d'amour" à La Scala
"Le K" au Théâtre Rive-Gauche
"An Iliad" au Théâtre du Rond-Point
"Elephant Man" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Architecture" au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux
"En couple (situation provisoire)" à La Folie Théâtre
"Les vagues, les amours, c’est pareil" au Centrequatre
"La Vie est belle" au Théâtre Le Lucernaire
"Philippe Meyer - Ma radio heureuse" au Théâtre Le Lucernaire
"Opérapiécé" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereu - aaAhh BiBi" au Théâtre Tristan Bernard
"Marion Mezadorian - Pépites" au Pont Virgule
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Mondrian figuratif au Musée Marmottan-Monet
"Vincenzo Gemito - Le sculpteur de l'âme vénitienne" au Petit Palais
"Toulouse-Lautrec résolument moderne"au Grand Palais

Cinéma avec :

"Le Réseau Shelburn" de Nicolas Guillou
Oldies but Goodies avec "Les Bostoniennes" de James Ivory dans le cadre de la rétrospective que la Cinémathtèque française consacre au réalisateur
et la chronique des sorties de janvier

Lecture avec :

"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy
et toujours :
"Celle qui pleurait sous l'eau" de Niko Tackian
"Je suis le fleuve" de T.E. Grau
"La prière des oiseaux" de Chigozie Obioma
"Sang chaud" de Kim Un Su
"Un millionaire à Lisbonne" de J.R. Dos Santos

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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