Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Jack The Ripper -Don't look back
Passagers du Zinc  (Avignon)  6 octobre 2006

La dernière fois que j’allais voir Jack the ripper en concert était aussi la première fois - et parmi ces deux-là, aucune, c’est certain, n’est la dernière.

La dernière fois que j’allais voir Jack the ripper en concert, la première partie m’avait étonnée, assurée par un certain Cabwaylingo - aussi inconnu que talentueux, épiphénomène rock on ne peut plus incertain. Cette fois, c’était à Dont look back (sans apostrophe - les quatre gaillards y tiennent) qu’était confiée cette tâche.

Cette deuxième fois, Dont look back jouait en Avignon (et non "à Avignon", les gaillards de là-bas y tiennent) pour la première fois et je les voyais moi-même pour la première fois.

Encore une fois, ils défendaient leur deuxième album, Brighter, et portaient sur scène avec énergie et conviction leur rock que l’on pourrait dire post, à la confluence de Diabologum et Mogwai, à grands renforts de samples et projections vidéos.

Une seule fois ils jouèrent un titre issu de Drunk in your arms, leur premier album : l’excellent "Stage diver’s blues". Pour le reste, la setlist se cantonnera au meilleur de leur deuxième album, avec notamment les excellents "Remove all trace" et "Six feet under the ground".

En toute bonne foi, le public est vite conquis par l’énergie de la musique du quatuor, dont il déplore le départ et applaudit avec chaleur.

A la fois belles et puissantes, en tout cas très orchestrées, les compositions, principalement instrumentales, de Dont look Back, auront su trouver cette fois leur public.

Une fois le changement de scène opéré, les huit Jack the ripper entrent en scène, simplement, comme chaque fois, en costumes, élégants comme certaines mauvaises graines plus illustres mais pas nécessairement plus noires.

Dès le premier titre, "From my veins" (issu du troisième album du groupe, et dernier en date, Ladies first), la présence écrasante du chanteur se fait sentir de tout son poids. Ses yeux fous, exorbités - à moins que ce ne soit l’ensemble de son corps qui ne le soit (je veux dire : fou - car un corps s’il exulte ne s’exorbite) ; mimiques après mimiques, tous ces personnages qu’il incarne à la fois ; ces gesticulations, l’intensité de ses interprétations - je resonge à l’arrêt forcé de leur tournée de printemps, au repos auquel il avait été condamné par son état de santé.

 

 

J’y songe et le vois, cette fois encore, fumer cigarette sur cigarette. Il chante "I was born a cancer", jette cigarette après cigarette dans le public. "I was born to die of cancer - no matter if I smoke". Je pense à Desproges et à son obsession pour le cancer (je songe aussi à mon obsession pour Desproges - mais cela n’intéresse pas le lecteur).

Je songe qu’il ne vivra pas vieux (je ne parle plus de Desproges). Martyr d’un art de cabaret, la bohème d’un rock dandy-grinçant chevillée au corps. Il y a aura bien une fois de trop, cette fois que toutes les autres fois auront amenée.

Le groupe, comme une troupe de théâtre qui représentation après représentation rejoue le mêmes spectacle - j’ai bien dit "rejoue", et pas seulement "refait" ou "reproduit", puisqu’il s’agit bien d’habiter la prestation, et non seulement de s’acquitter, chaque fois, d’une faire, d’une simple tâche ; le groupe, donc, rejoue le même spectacle, le chanteur, rapace, fondant sur le public à l’occasion de "The assassin" ; quelques pas de tango ; frappant rageusement un fût de batterie pour "Party downtown" ; monté sur les enceintes des retours ; un rappel, "Son of", à la guitare accoustique ; deux rappels.

Mais cette fois, si la complicité qu’ont les musiciens à jouer ensemble est toujours là, intacte malgré l’enchaînement de toutes ces fois, de toutes ces scènes, le public pour sa part sera capricieux, dissipé parfois.

Peut-être échauffé, à rouge, rouge sang, par l’impétuosité saturée du rock épais de Dont look back, il s’échauffe, crie, réclame à corps & vociférations décibels et tempo plus élevé ; il s’agite, s’échauffe, rigole, perd la mesure, se sépare, s’oppose à lui-même, se demande le silence, se divise, se chahute un peu - pour qu’un coin de la salle hérite finalement du regard noir du chanteur, plus blessé qu’excédé, trahi un peu par la fièvre de ses yeux, fusillants, alors qu’il conclue une chanson. "Sons of a bitch".

Rien de tout cela n’empêchera, cette fois encore, Jack the ripper de triompher, devant un public ravi, qui l’applaudira longtemps après son départ, espérant vainement qu’il revienne une fois de plus.

Sorti de la salle, une fine pluie d’automne pour griffer la nuit. Juste ce qu’il faut pour frissonner un peu sous la lune. Une fois encore le moment idéal pour quitter Jack the ripper.

 

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album I'm Coming de Jack the Ripper
La chronique de l'album Ladies first de Jack the Ripper
Jack The Ripper en concert à L'Européen (12 juin 2003)
Jack The Ripper en concert à La Clef (14 novembre 2003)
Jack The Ripper en concert à l'Elysée Montmartre (9 juin 2004)
Jack The Ripper en concert au Trianon (1er février 2006)
Jack The Ripper en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2006 (dimanche)
Jack The Ripper en concert au Poste à Galène (19 mai 2006)
Jack The Ripper en concert au Festival FNAC Indétendances 2006
L'interview de Jack the ripper (10 avril 2003)
L'interview de Jack the ripper (13 novembre 2003)
L'interview de Jack the Ripper (13 octobre 2005)
L'interview de Jack The Ripper (30 avril 2006)
Don't look back en concert au Nouveau Casino (20 mars 2006)

En savoir plus :

Le site officiel de Don't look back
Le site officiel de Jack The Ripper

Crédits photos : Cédric Chort (plus de photos sur Taste of indie)


Cédric Chort         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 14 juillet 2019 : Les pieds dans l'eau

C'est l'été, les vacances pour certains, mais cela n'empêche pas de découvrir quelques petites perles musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques... Alors ne perdons pas de temps et découvrons le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Reward" de Cate Le Bon
"Walk on a mirror" de Beautiful Badness
"You're here now what ?" de Matmatah
"Verdée" de Verdée
"Circo circo" de Who's the Cuban
Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...
et toujours :
"Lung bread for daddy" de Du Blonde
"Orgue" de Guero
Hellfest #14 avec No one is innocent, Gojira, Kiss, Cannibal Corpse, Sister of Mercy et pas mal d'autres
"L'envoutante" de L'Envoûtante
"Uncovered Queens of the Stone Age, The lost EP" de Olivier Libaux
"Praeludio" de Patrick Langot
"Carnet de voyage, livre 1 : Beethoven Cras" de Quatuor Midi Minuit
"The twin souls" de The Twins Souls

Au théâtre :

"Glissement de terrain" au Théâtre de la Reine Blanche
"Philippe Chevallier et Bernard Mabille - Chacun son tour" au Théâtre L'Archipel
"De Judas à Manuel Valls" à la Comédie Saint-Michel
"Philippe Fertray - En mode projet" au Théâtre de la Contrescarpe
"Florian Lex - Pas de pitié !" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Nature morte dans un fossé" au Petit Gymnase
"Muriel Lemarquand - Trop forte !" au Théo Théâtre
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle
et dernière ligne droite pour :
"L'Orient des peintres, du rêve à la lumière" au Musée Marmottan-Monet
"Hammershoi - Le Maître de la peinture danoise" au Musée Jacquemart-André
"La Lune - Du voyage réel aux voyages imaginaires" au Grand Palais
"La Collection Emil Bürhle" au Musée Maillol

Cinéma :

"Le Voyage de Marta" de Neus Ballus
et la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"Hitler et la mer" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud
et toujours :
"Entrer dans l'arène en même temps que l'orage" de Danny Denton
"Et tout sera silence" de Michel Moatti
"Je te donne" de Baptiste Beaulieu, Agnèes Ledig, Laurent Seksik, Martin Winckler
"Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat
"Néron" de Catherine Salles

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=