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Interview autour de "Le projet Laramie"  (Paris)  18 octobre 2006

2006 est un bon millésime pour Hervé-Bernard Omnès qui revient en force au théâtre avec pas moins de deux spectacles. Ce printemps au Vingtième Théâtre, il présentait un travail remarquable avec "Le projet Laramie" une pièce de Moises Kaufman, qui s'inscrit dans le théâtre-document politiquement engagé, dont il a assuré la traduction, l'adaptation et la mise en scène.

Cet automne, il investit le Théâtre Clavel dans un autre registre avec "Vive la France", qu'il qualifie de "revue française d'appellation drôlement contrôlée", qu'il a conçu et mis en scène à partir de textes de Jean-Claude Grumberg et des falmuses "Brèves de comptoir'" de Jean-Marie Gourio.

La frustration de n'avoir pu le rencontrer aux beaux jours s'est envolée en cet automne indien où Hervé-Bernard Omnès nous reçoit fort gentiment chez lui et fort chaleureusement autour d'une coupe de champagne.

L'occasion de revenir bien évidemment sur "Le projet Laramie", d'évoquer la situation du théâtre contemporain français et de pousser, gentiment, quelques coups de gueule pour un homme qui croît fermement en la mission politique du théâtre.

Commençons par la question métaphysique et existentielle : Hervé-Bernard Omnès et le théâtre c'est où, quand, pourquoi ?

Hervé Bernard Omnès : Je suis tombé dedans tout petit. J’ai fait du théâtre à l’école très très jeune vers 8-10 ans et j’ai tout de suite voulu en faire mon métier. J’ai fait le Conservatoire supérieur d’art dramatique à Rennes. Je suis arrivé à Paris en1988 où j’ai un peu joué au théâtre. Et puis à partir de 1991-92 que pouic ! J'ai joué quelques rôles mais il ne se passait rien. Je vivotais gentiment en faisant divers trucs de la figuration. Et puis j’ai carrément arrêté en changeant complètement d'environnement. J’ai fait du marketing téléphonique, j’ai été barman, baby-sitter, chauffeur.

Des jobs transitoires en attendant des propositions de rôles ou une manifestation d’un certain renoncement ?

Hervé Bernard Omnès : C’est à la fois pour attendre car en attendant il faut bien bouffer et en même temps je me rends compte rétrospectivement qu’à cette époque je ne me bagarrais pas suffisamment pour décrocher des rôles. Je n’étais du genre à décrocher mon téléphone pour faire chier les agents ou à courir les castings.

Comme la Belle au bois dormant qui attend que le prince charmant sonne à sa porte ?

Hervé Bernard Omnès : Oui, un peu. Et c’était une erreur totale parce que plus on s’éloigne de ce métier moins on risque de sonner à votre porte. En 1995, je me suis retrouvé au théâtre dans "Jésus était son nom" monté par Robert Hossein grâce à ma photo qui traînait à l’ANPE. Cette expérience a duré 3 ans puisqu’il y a eu le tournage du film qui était projeté au cours du spectacle, la programmation au Palais des Sports et une tournée de 5 mois aux Etats-Unis.

Et de retour à Paris plus rien à nouveau. Et là je commence à faire des voix pour RTL, Radio France, TF1 ce que je fais toujours, aussi bien dans la publicité que les documentaires. Beaucoup de travail mais j’adorai ça et comme ce travail me prenait beaucoup de temps moins il m’en restait pour démarcher la profession. Une deuxième expérience avec Robert Hossein est intervenue avec "Angélique marquise des anges". Puis en suite rien. Donc j’ai fait des voix, des voix, des voix ce qui m'a permis de très bien gagner ma vie.

Jusqu’à un beau matin 2004 où je me réveille avec une envie furieuse de revenir au théâtre et comme charité bien ordonnée commence par soi même et que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi même, j’ai monté une société de production, j’ai initié mes projets, j’ai découvert "Le projet Laramie" par hasard lors d'un voyage à New York, je l'ai traduit, adapté et monté à Paris. Et nous avons joué au Vingtième Théâtre au printemps 2006. Comme si en 2004, je recollai à ma vie et à mes envies premières.

Et rétrospectivement je ne pense pas avoir perdu du temps car je reconnais que j’aurai été incapable de monter "Le projet Laramie" il y a 10 ans par manque sans doute de maturité, de force et d’ambition.

"Le projet Laramie" comme "Vive la France" sont des spectacles dans lesquels vous ne jouez pas. Cette passion pour le théâtre se manifestait par l’envie d’être sur scène ou d’être metteur en scène ?

Hervé Bernard Omnès : Au début, je voulais être metteur en scène. Dès l’enfance car ce qui m’intéressait c'était de créer un univers, un monde. Je voulais être réalisateur et metteur en scène.

Et c’est pour cela que l’on ne devrait jamais vieillir et jamais réfléchir. Il faut toujours écouter ses sentiments d’enfant. Après, j’ai réfléchi en me disant qu’avant d’être metteur en scène il fallait peut être que j’aborde le métier par celui de comédien.

Et pourquoi donc ? Il y a plein de réalisateurs et de metteurs en scène qui ne sont pas comédiens. J’ai donc appris le métier de comédien que j’aime mais je me suis rendu compte que je n’avais peut être pas ma place en tant que comédien. Je ne suis pas sûr d’être bon comédien ni de véhiculer une envie chez les gens pour qu’ils me fassent travailler. Alors que la création d’univers, monter et diriger m’intéressent énormément.

Parlons du spectacle "Le projet Laramie". (ndlr : plop ! bruit du bouchon de champagne qui saute). Je suppose que vous avez vu ce spectacle sur scène à l’étranger et eu un coup de cœur ?

Hervé Bernard Omnès : Pas du tout ! A titre liminaire,je dois dire que je suis boudhiste depuis 10 ans et dans le boudhisme on ne croit pas au hasard mais aux chemins de vie, aux rencontres et aux choses qui en découlent. Je suis un hyper fan de Laurie Anderson et, un jour, avec une amie on se pique un délire en décidant de prendre l'avion pour New York où Laurie Anderson se produisait en concert, enfin plus exactement a Albany qui est quand même à plusieurs heures de route de New York. Aussitôt dit aussitôt fait et nous nous retrouvons à Albany.

Pour le retour, nous ratons le bus, nous dormons dans la gare routière complètement pourave, on rentre ensuite sur New York et dans la chambre d’hôtel, explosé de fatigue, j’allume la télé et sur la chaîne HBO je vois un film et je me dis : "C’est curieux dans une adaptation télévisée de la pièce de Moises Kaufman. J’ai trouvé ça génial et à la fin du générique je vois le nom de l’auteur. Je file dans une librairie, j’achète le texte, le lis et j’ai la révélation. Je savais que je devais monter cette pièce.

On dit couramment que ce sont les pièces qui vous choisissent et je pense que c’est vrai. Il y a des oeuvres qui vous appellent et des pièces que je n’ai pas envie de monter. Dès mon retour en France, je prends contact avec l’agent de Moises Kaufman et j’achète les droits. Il y avait une espèce d’évidence. Et tous les événements qui suivirent confirmèrent cela. Il s’agissait de ma première mise en scène et j’ai trouvé un théâtre sans problème, sans même faire une lecture. Il se dégageait une évidence, une harmonie, une force interne.

Même facilité pour trouver la distribution ?

Hervé Bernard Omnès : J’avais envie de m’entourer de comédiens en qui j’avais confiance et ayant quitté le monde du théâtre depuis un moment je n’y connaissais plus grand monde. J’ai donc contacté les personnes que j’avais connu au temps de "Jésus était son nom" et de fil en aiguille de rencontres se sont faites et j’ai monté la pièce avec 5 personnes que je connaissais et 4 qui m’ont été présentées de cette façon.

Et comment s’est passé ce premier travail concret de directeur d’acteurs, la confrontation, en quelque sorte entre le rêve d’enfant et la réalité, de surcroît sur un projet assez grave et difficile ?

Hervé Bernard Omnès : Mon inexpérience m’a finalement énormément servie et je souhaiterai beaucoup la conserver. Elle m’a permis d’accéder à une épure, d’aller droit à l’essentiel et le financement modeste m’a permis de ne pas tomber dans certains travers tenant au décor ou aux costumes.

Donc nous avons procédé par des élagages successifs pour arriver à l’essentiel qui est le texte ce qui est le plus important. Les fantasmes et les pignolages de metteur en scène me gonflent, les mecs qui réinventent le texte en se croyant plus intelligents que l’auteur me gonflent, les mecs qui noient la pièce sous un festival pyrotechnique ça me fait chier !

Le spectacle a été très bien accueilli par les professionnels et beaucoup de critiques ont fait l'éloge de cette rigueur et de cette épure. Et cela je souhaite vraiment le conserver un peu comme une marque de fabrique. Je pense important de garder comme ligne directrice une mise en scène qui se base sur rien c’est-à-dire sur la question "Que ferai-tu si tu n’avais rien ?".

Y a-t-il eu une vraie reconnaissance du travail de direction d’acteurs en dehors de la force du texte ?

Hervé Bernard Omnès : Oui. Quand vous retenez l’attention de gens comme des gens comme Philippe Tesson, Jean-Marie Besset, Thomas Le Douarec ou Gilles Costaz, il y a une vraie reconnaissance. Pour "Le projet Laramie" il m’importait beaucoup que ce projet soit monté en France et que ce théâtre documentaire qui est un style nouveau y trouve un écho positif.

Je m’en serai voulu d’avoir foiré cette expérience pour cette nouvelle forme de théâtre et également pour ce message de tolérance, cette dénonciation de l’indifférence et de la haine ordinaire. D’où je me dis que les satisfecits entrent dans la continuité de ce chemin. J’ai pour ma part encore plein de choses à apprendre et à prouver mais il était intéressant de voir que j’étais favorablement accueilli par des professionnels qui ont su apprécier le travail effectué.

Je voudrais que vous nous disiez quelques mots justement sur votre intérêt pour le théâtre américain contemporain, les recherches en la forme et en la structure qu’il opère au sein souvent de collectifs pluridisciplinaire.

Hervé Bernard Omnès : Ce que je trouve extraordinaire dans le théâtre américain et qui n’a pas son pendant en France, c’est le fait que les auteurs et les metteurs en scène n'ont peur de rien. Sans doute parce qu’ils vivent dans un pays jeune qui a moins d’histoire que l’Europe mais ils osent bousculer les règles. En France, qui est un pays magnifique et qui fait preuve d’une créativité extraordinaire, il y a une certaine sclérose liée à la règle des 3 unités, à la structure classique de pièces.

Aux Etats Unis, toutes les conventions sont bousculées. Ce peut être une succession de scènes non linéaires, sans début ni fin, intemporelles et non localisables en un lieu précis. Quand Tony Kuschner fait "Angels in America" c'est aussi bien de la science fiction, un drame sur l'homosexualité et le sida, la religion, les visions délirantes d'une femme qui entre dans un frigo et se retrouve dans l'Antarctique. Un mec comme Stephen Adly Guirgis écrit aussi bien "Dura Lex" que pour la série télévisée "NYPD Blue" en pratiquant le mélange des genres.

En France, la sclérose naît du compartimentage des genres et de la spécialisation pratiquée par les auteurs. A part une intelligentsia qui se pignole - j'adore ce mot- et qui fait lire des textes imbuvables qui ne racontent rien qui sont des branlées d'auteur et c'est insupportable. Je suis d'accord pour l'art et l'essai mais il faut quand même se dire que l'on s'adresse au public. Les auteurs en vogue aujourd'hui font des ramassis de phrases dans tous les sens et on se pâme la dessus. Je me demande vraiment pourquoi.

Le théâtre américain a la volonté de s'adresser au spectateur et de le déranger, de le secouer et cela tout en respectant la notion de représentation théâtrale. Ce n'est pas de la branlette intellectuelle. C'est un auteur qui se dit : "Je suis un auteur. J'ai des choses à dire et comment les dire. Je bouscule l'écriture dramatique pour cela. Et puis ils travaillent en groupe, ils se réunissent, font des brainstorming en repoussant les limites et en se lançant des défis tout en se soutenant.

En France, l'auteur parce qu'il connaît 3 directeurs de théâtre sait qu'il va pouvoir monter un type de pièce bien précis qui ne sera pas montée dans un autre théâtre dont le directeur est non ennemi juré. Et il y le monsieur a reçu un prix littéraire et dont c'est une merveille….

Vous pensez à quelqu'un là ?

Hervé Bernard Omnès : Noooon. Mais il se reconnaîtra. (rires). Le théâtre privé français ne prend plus aucun risque enfin au moins avec les auteurs français. Ou alors on tombe dans la farce. C'est très bien de rire car j'aime le boulevard et la comédie mais où on tombe vraiment parfois dans le n'importe quoi dans la négation même de l'écriture et de l'intelligence ou alors on ne prend aucun risque. Il en va de même pour les auteurs dramatiques. On n'ose pas on ne découvre rien. Il y a des vagues d'engouement pour un auteur comme ce fut le cas pour Eric-Emmanuel Schmitt. Mais il n'y a pas qu'un auteur à un moment donné.

Il est clair que pour des impératifs essentiels financiers quand un auteur marche on croit tenir une recette et on va le programmer jusqu'à épuisement, du spectateur d'ailleurs. Pour "Le projet Laramie" y a-t-il une vie après le Vingtième Théâtre ?

Hervé Bernard Omnès : Nous y travaillons bine sûr avec force et nous espérons que cela débouchera en 2007. Le spectacle a un avantage tenant à l'absence de décor mais un inconvénient tenant à la vidéo qui est onéreuse et difficilement transportable. Il y avait également du fait de l'absence de décor un énorme travail sur la lumière mis au point par Laurent Béal. Cela implique deux jours d'implantation avant la représentation ce qui constitue une sujétion. Nous ne pouvons pas vraiment nous installer comme des saltimbanques en dix minutes. Cela implique que nous nous trouvions des programmations d'une semaine sur le même site.

 

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Crédits photos : Zénoid (Plus de photos sur Taste of Indie)


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"Le Pouvoir" au Théâtre de Ménilmontant
"La Nostalgie du futur" au Théâtre national de Bordeaux
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"Laïka" au Théâtre du Rond-Point
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