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Interview par mail  (Paris)  11 novembre 2006

Ceux qui ont pu jadis lorgner du bout de l’iris l’émission cathodique Tournez manège le savent. Charlie Oleg était, est peut être encore, un bon organiste, caché derrière ses deux rombières de présentatrices décérébrées.

Loin, loin, plus tard dans le temps, c'est-à-dire aujourd’hui, surgit à Paris Charlie O, fils illégitime d’Oleg, la classe en plus, un je-ne-sais- quoi qui fait le buzz et concentre les regards. Charlie O, organiste de talent, compagnon musical de nombreux artistes, émerge enfin avec un maxi et un single purement génial, The President. Chanson dans l’air du temps, claviers parfaits.

Clavier attitré de Peter Von Poehl, et passionné par l’Hammond et la soul sur plusieurs octaves, Charlie est un vieux baroudeur des collaborations éclectiques, et a déjà laissé traîner ses doigts magiques sur les musiques érotiques (John B. Root), l’underground aux cotés de Jean-Louis Costes, et côtoyé les plus grands (Katerine, Rubin Steiner, Cosmo Vitelli).

Les temps ont changé, Charlie O est aujourd’hui Président, et sort son premier album solo, condensé de Ray Charles, Jimmy Smith et Billy Preston. Un genre musical tombé en désuétude que le Charlie O dépoussière avec charisme et second degré. Un monde idéal ou chaque touche serait un style et chaque organiste un président. Vite, ma carte d’électeur.


Quel est ton parcours, en quelques mots? Tu as une liste de collaborations musicales assez hallucinantes....`

Charlie O : Pour résumer, disons que je suis autodidacte : un peu de conservatoire gamin, des ateliers de jazz, et ensuite jouer, passer des nuits et des nuits à jouer de l'orgue dans mon local, pendant des années ... des groupes un peu jazz, un peu de salsa (!), mais surtout orgue solo dans mon local (et de la drum quand on m'en prêtait une, de la trompette aussi). Je pense qu'il n'y a rien de mieux pour progresser : écouter, jouer et s'écouter jouer plutôt que d'apprendre des recettes, à bas l'école ! Et de jouer avec toutes sortes de gens toutes sortes de musiques, ça ouvre les oreilles sur ce qu'on peut faire.

Comment en es tu arrivé à jouer avec John B. Root (Qu'as tu composé d'ailleurs?), Jean Louis Costes? Peter von Poehl

Charlie O : J'ai toujours aimé essayer des choses, et la rencontre avec Quentin Rollet et Noel Akchote du label Rectangle a été une porte ouverte incroyable, puisque eux aussi aimaient les rencontres, les essais, les surprises et les risques. Rencontré grâce à Dom Farkas/Christophe Minck et la Poesie B, et Luigee Trademarq qui fait les musiques de BRoot depuis le premier jour, l'expérience "film-de-boules" a été rigolote. Et John étant un homme très cultivé et amateur de musiques, les BO ont souvent eues une place importante dans ses films. Comme dans un film de cul la seule contrainte c'est qu'il y ait du cul, pour le reste, on avait totale liberté ... On a bien bossé et bien rigolé.

Costes c'est grâce à Rectangle aussi, au final on n'a pas fait grand chose ensemble, mais je lui tire ma révérence, allez voir son site par vous même : et si vous n'aimez pas, c'est pas grave, ça n'est pas l'objet. Je le compare au marquis de Sade, il faut connaître, et l'on n'est pas obligé d'aimer.

Et Peter, ah Peter ... on se connaît du lieu Mains d'oeuvres, à Saint Ouen, qui est presque aussi important dans mes rencontres que Rectangle. Peter jouait avec AS Dragon et Bertrand Burgalat qui répétaient dans le local en face du mien. Sa première tentative pour sortir son album actuel était il y a 5 ans .... Échec, pas de maison de disque, il se décourage, bosse avec d'autres gens, et puis il y deux ans, il se remet au travail, reprend la patate, encouragé par quelques uns qui étaient fans de ses morceaux, et là la sauce prend enfin, maison de disque, radio, etc, et en ce moment, et bah ça se passe super. Je lui vois un destin planétaire, à mon Peter. J'en profite pour signaler que je bosse avec Mendelson, qui a un double magnifique album dans ses tiroirs, et qui aimerait bien le sortir histoire de continuer à avancer. Si possible pas dans 5 ans !

Si on s'en tient au single "President", ta musique est peu conventionnelle, tout comme le choix de l'orgue comme instrument. Quelle a été ton éducation musicale? Influencé par des mecs comme Jimmy Smith, Billy Preston?

Charlie O : La musique qui me fait vibrer, pour simplifier, c'est la musique noire, du Jazz 1925 au R&B maintenant, en passant par l'Afrique, les Caraïbes, l'Amérique du sud, etc... En fait au final, je pense qu'en matière d'harmonie, tout a été dit par JS Bach, et que pour le rythme, l'Afrique est reine et encore imbattue. Mon éducation se poursuit toujours, et heureusement. Je recommande à toutes et tous d'écouter notre magnifique France Musique, 91,8 à Paris, une radio zen et éclectique.

Pour répondre à ta question , bah ... les conventions .... ? euh, c'est pas trop une préoccupation. L'orgue je voulais en jouer avant même de faire du piano, c'est même pour jouer de l'orgue que j'ai pris des cours de piano. Et puis j'ai oublié, et un jour mes premières amours sont revenues en force quand j'ai vu mon premier orgue hammond en vrai, je m'en suis payé un après un an d'économies, et puis voila, je n’ai pas choisi, en fait.

Maintenant Coltrane ou Elvin Jones ont eu plus d'influence sur moi que Jimmy Smith, je pense. De toute manière, mon organiste préféré, c'est Eddy Louiss, pas forcement tout, mais il est dans les top 20 de mes musicien de jazz, Jimmy que dans le top 50.

Sur tes démos on peut également t'entendre chanter en allemand. Un attrait caché pour le pays de Goethe?

Charlie O : C’est ma mère qui était professeur d'Allemand, j'ai un peu baigné dedans. Et surtout le jour où j'ai entendu des (vieux) acteurs du Bauhaus parler, j'ai découvert que c'était une langue magnifique, à l'égal de l'Italien. Et effectivement j'aime plutôt bien les Allemands, ils sont moins chauvins que les Français, ils ont réglé leurs histoires du passé un peu plus que nous. Par contre on ne mange pas très bien là bas, ils ont encore des progrès à faire.

Quelle est ton actualité la? Je sais que tu as un maxi sorti, The President, a quand la sortie d'un EP, d'un album?

Charlie O : Je travaille à la sortie de mon premier album, the President en est extrait, mais avant je vais enregistrer pour Microbe Records un album avec mes deux batteurs, Sylvain Joasson et Jean-Michel Pires, pour une nouvelle collection, série limitée, extrêmement exclusive, un très bel emballage, sortie prévue au printemps 2007. On va enregistrer ça lors d'une fête, et "à l'ancienne", prise directe, 2-3 heures de recording et c'est dans la boite !

Dernier concert avant enregistrement mercredi qui arrive, le 15, au Triptyque. Sinon la tournée de Peter se passe très bien, nous allons même faire un Olympia fin novembre avec Phoenix, et me prend pas mal de temps, ça fait tellement longtemps que j'attendais ça !

Bon, d'ou est parti ce génial délire d'être un "Président"? C'est l'approche des présidentielles, une passion pour les uniformes gaulliens. Tu es Chiraquien? Tu soutiens qui pour les présidentielles?

Charlie O : C'est certain que je suis grave chiraquien .... Il y a quelque chose que je ne comprends pas quand je regarde un livre d'histoire, c'est pourquoi il y a toujours eu cette couche de quelques milliers d'abrutis qui soumet les peuples à leurs désirs dérisoires. Ca parait grotesque il y a mille ans, les guerres de Chevaliers, Templiers, croisades, les pillages, les famines, les luttes de pouvoir pour être Calife à la place du Calife, je me dis qu'ils étaient quand même pas finis...

J'ai un peu la nostalgie des moments de l'Histoire où la fourmilière explose, où tout est possible, où chacun a la notion qu'il peut contrôler son existence. L'homme moderne est dit Sapiens Sapiens : qui sait qu'il sait ...

En matière de vote, déjà, éteindre sa télé, voir la brûler. La presse contrôlée par les marchands de canons n'est pas forcément non plus une bonne source d'information... Je ne crois pas que la démocratie puisse s'exercer à la prochaine élection. Je pense que je vais voter blanc (si Costes a raison : le blanc passe toujours devant !) A part ça, j'aime bien les uniformes, tout est plus simple en uniforme (Sur scène Charlie revêtit souvent l’uniforme militaire de Charles de Gaulle, NDLR), les gens savent qui tu es !

Pour t'avoir vu au point FMR, tu as un véritable comité de soutien… D’où sortent tous ces gens?!

Charlie O : Je mets juste toute mon énergie à ce que le public et mes musiciens passent un bon moment, nous ne sommes quand même là que pour ça, passer quelques heures ensemble dans les meilleures conditions autour de quelque chose de fragile et beau : la musique. Par exemple, je n'irai pas imposer à "mon public" d'aller dans une salle de concert avec un service d'ordre agressif et con, ou avec les consos à 12 euros la bière. Et si il doit m'arriver de jouer dans un de ces endroits, je ne ferai pas la même promo que si c'est dans un lieu que j'aime vraiment. Au final, les gens sont contents, ils reviennent, c'est simple.

Quelle est ta note préférée sur un clavier?

Charlie O : Le "LA" du milieu, quand tu sais pas quoi jouer, tu joues un La, ça marche toujours.

 

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Charlie O en concert au Triptyque (15 novembre 2006)

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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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