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Interview  (Paris)  1er décembre 2006

Impossible de rater une affiche noire, rouge et blanche avec une iconographie cinétique proclamant haut et fort que Francky O.Right is dead…à l’Européen.

Un spectacle décapant, drôle, décalé, poétique, séduisant, mené tambour battant par un clown, crooner, magicien, mime, danseur, qui enchante.

Sous le masque gominé de Francky O.Right très glamour des années 30, Alexandre Pavlata, un vrai clown des temps modernes qui nous reçoit au naturel, imberbe, sans nez rouge, cheveux en pétard et pull marin.

Il est gentil, drôle, enthousiaste et souriant et a pour souci d’apporter de la joie et du bonheur aux autres. Qui a dit que tous les clowns sont tristes ?


Moi qui suis venue le bec enfarinée à votre spectacle j’ai été complètement bluffée ! Alors d’où vient réellement Francky O.Right ?

Alexandre Pavlata : Je viens du cirque et de la rue. Je suis clown et j’ai été amené à créer spontanément un petit numéro de magie, celui qui se trouve à la fin de mon spectacle "Francky O.Roght is dead" et je l’ai présenté dans le cadre d’un festival au Samovar. Là j’ai rencontré Lysika Clabaud qui m’a fait part d’un projet de cabaret qu’elle voulait faire avec des potes à raison d’un soir par semaine. Ils cherchaient un présentateur et mon personnage leur a paru correspondre à ce qu’il cherchait. J’ai dit top là !

Et pendant 4 ans pratiquement non stop nous avons fait les cabaret au Bob art, au Samovar, à l’Opus café, avec ce spectacle Macaroni Cabaret qui m’a permis de faire mes gammes avec des gens comme Fantazio, Mazout et Neutron, Grand corps malade. Il s’agissait toujours de représentations uniques et éphémères mais avec le temps j’ai monté d’autres numéros parce que le public étant parfois le même j’ai voulu lui proposer des choses nouvelles.

Et il y a 2 ans j’ai voulu concrétiser mon vieux rêve de monter un solo de clown et naturellement j’ai gardé ce personnage que les gens aimaient bien et que j’aime bien également. J’ai réuni les numéros que j’avais, et qui du coup étaient bien rodés, pour faire un spectacle qui soit cohérent et non pas une succession de sketchs. J’ai bossé avec Philippe Martz BP Zoom qui était dans un duo de clowns que je connais depuis des années ce qui nous a permis de donner un sens et une unité aux différents numéros.

Vous êtes un enfant de la balle ? De la grande famille du cirque les Pavlata ?

Alexandre Pavlata : Oui, oui.

Ah tout s’explique ! Vous êtes né dedans !

Alexandre Pavlata : Oui je suis la 6ème génération de cirque. Mon père et sa famille viennent de la République tchèque et ce sont des gens de cirque, de tradition slave, pure et dure. Ma mère a également travaillé dans le cirque et puis mes parents se sont séparés et mon père a émigré aux Etats Unis

Vous n’avez jamais travaillé dans un cirque ?

Alexandre Pavlata : Non. Enfant, je faisais un peu le clown avec mon père. Mais il m’a paru toujours évident que je ferai du spectacle. Ado, j’écrivais beaucoup et j’étais un peu le rigolo de service. Après mon bac raté, j’ai rejoins mon père aux Etats Unis et j’ai travaillé direct dans le cirque avec des numéros de clown, d e jonglage, d’acrobatie ? J’ai même fait des numéros avec des chevaux et des éléphants. C’était génial !

Quand je suis revenu en France j’ai fait la connaissance de clowns de la rue et de clown de théâtre. J’ai aussi connu l’école Jacques Lecoq et cela m’a ouvert des horizons nouveaux car j’étais un peu limité à celui du cirque. Et la rue m’intéressait. J’ai vu beaucoup d’artistes comme Laura Hertz, Django Edwards qui se produisaient dans la rue et leur liberté de ton et cette anarchie me plaisaient. Je me suis donc lancé dans ce registre.

Cela veut dire que le cirque est plus institutionnalisé et donc moins créatif ?

Alexandre Pavlata : Le cirque n’offre qu’un champ d’intervention restreint au clown qui n’ont que 2 ou 3 moments très courts de l’ordre de 2-5 minutes pendant lesquelles il doit arriver à convaincre les gens qu’on est les meilleurs du monde ou les plus cons, les faire rire, avoir une chute et à se barrer. Ce qui est un super exercice et je l’ai fait pendant 3 ans. Le clown de rue et surtout de théâtre peut prendre son temps et surtout développer son numéro. Ce n’est pas une question de richesse mais de différence.

Le clown intervient souvent en intermède entre deux numéros d’où un travail et un plaisir différents. Francky O.Right qui ne vient donc pas des Etats Unis ira se produire là-bas ? Ce serait une belle gageure !

Alexandre Pavlata : Oui, une sacrée gageure ! J’y suis allé 2 fois avec Francky O.Right mais en version courte. Ca s’est bien passé mais l’inconvénient de ce spectacle est que je ne peux pas bluffer les américains ou les anglo-saxons car il y a des intonations ou des ponctuations qui sont très françaises. Cela étant ce n’est pas très grave car cela reste un jeu. Mais j’essaierai bien !

Après l’éphémère, vous voici programmé dans une vraie salle de spectacle pour plusieurs représentations. Vous entrez un peu dans l’institutionnel.

Alexandre Pavlata : C’est surtout une belle opportunité de jouer vraiment car ce spectacle n’a pas vraiment tourné. Il y a 2 ans j’ai joué pendant 2 semaines au Zèbre de Belleville et puis ensuite que des représentations ponctuelles. Les programmateurs sont toujours emballés par le spectacle mais dans 98% des cas disaient qu’ils ne pouvaient pas le prendre.

Quels motifs invoquaient-ils ?

Alexandre Pavlata : L’anglais, le style, la drogue, le nu, trop rock’n roll, décalé alors que je trouve que cela l’est moins que ce qui faisait dans les années 80.

Avant la programmation de décembre, vous avez déjà joué à l’Européen pour des avant premières. Y a-t-il déjà un retour ?

Alexandre Pavlata : Le bouche à oreille commence à courir mais le mois de décembre reste le moment fort et déterminant.

Ce spectacle joue avec le burlesque et vous vous jouez un peu avec le public en vous moquant de lui notamment à l’intention de ceux qui se ruent sur les bières ou les cigarettes que vous distribuez.

Alexandre Pavlata : Oui, il y a un peu de provocation bien sûr. Et puis même s’il ne s’agit pas d’un spectacle intellectuel, il y a quand même des idées qui y sont exprimées. Tout est mûrement réfléchi et à chacun de voir les double sens. Ainsi le spectacle commence par un numéro où je finis nu et ce n’est pas là par hasard sans que je me sois interrogé sur les raisons de ce numéro. Ainsi je mets tout de suite les choses au clair. Après on dit oui ou non et puis voilà tout.

Que pensent vos parents de votre spectacle ?

Alexandre Pavlata : Ma mère est très fière de moi comme toutes les mères de leur fils. Mon père également même s’il a un style plus traditionnel. Donc il est plus sensible à des numéros comme "Daisy" la marionnette avec la main et aux références avec le burlesque des années 30 car je suis un fan de Chaplin, Buster Keaton et les Marx Brothers.

Est-il trop tôt pour parler d’autres projets et surtout pour demander si malgré le titre du spectacle Francky O.Right sera un personnage récurrent ?

Alexandre Pavlata : (rires). C’est effectivement tentant mais je suis un garçon très terre à terre et pour le moment je suis là avec Francky O.Right et très content d’y être. Je ne me projette pas au-delà.

Et le clown que vous êtes intervient également au sein d’associations telle que "Clowns sans frontières".

Alexandre Pavlata : Oui ; Je travaille avec l’association "Le rire médecin" qui propose des interventions clownesques pour les enfants en milieu hospitalier, et surtout dans les services lourds, depuis 6 ans et de manière assez régulière. C’est un merveilleux métier dont je suis particulièrement fier et que je suis heureux de faire. Nous sommes 30 clowns à intervenir dans12 hôpitaux parisiens.

Cette association existe depuis 15 ans et se bat pour continuer à vivre et à exister. Elle est d’ailleurs soutenue et encouragée par le personnel soignant qui constate son aide réelle et efficace autant pour les enfants que pour les parents et les médecins et les infirmières car ses interventions constituent des bouffée s’oxygène dans le service.

Bien sûr, je n’interviens pas en tant que Francky O.Right. Je suis un clown plus traditionnel, un mime, et nous jouons en duo dans des interventions qui relèvent souvent de l’improvisation et qui sont parfois très courtes en fonction de l’état de santé des enfants qui subissent une douleur physique forte voire très forte. Quelquefois juste un sourire ou un signe de la main. Et c’est déjà beaucoup.

Et je travaille également au sein de l’association "Clowns sans frontières" qui a besoin d’argent car malheureusement elle est dans une situation financière difficile du fait de la suppression de subventions qui résulte de la drive libéraliste qui ne s’intéresse pas à ce qui ne rapporte pas d’argent.

Cette association propose des spectacles variés et pas uniquement de clowns malgré son nom et interviennent dans les milieux défavorisés qui n’ont pas accès à la culture en France comme à l’étranger. Ce sont des spectacles entièrement gratuit qui durent 45 minutes-1 heure. Le grand projet de cette association concerne des interventions dans des pays qui ont connu la guerre ou la famine. Je pense au Liban, à la Palestine, en Afrique.

Pour ma part j’ai participé à des spectacles en France dans des centres d’accueil pour étrangers. Je suis également allé aux philippines et ce fût une expérience inoubliable. Ces gens qui vivent dans des bidonvilles sur des montagnes d’ordure nous ont donné une grande leçon d’humanité.

Et même avec votre nom en haut de l’affiche vous poursuivrez cette action ?

Alexandre Pavlata : Evidemment !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique du spectacle "Francky O.Right is dead"

En savoir plus :

Le site officiel de Fancky O.Right

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur Taste of indie)


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# 14 juillet 2019 : Les pieds dans l'eau

C'est l'été, les vacances pour certains, mais cela n'empêche pas de découvrir quelques petites perles musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques... Alors ne perdons pas de temps et découvrons le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Reward" de Cate Le Bon
"Walk on a mirror" de Beautiful Badness
"You're here now what ?" de Matmatah
"Verdée" de Verdée
"Circo circo" de Who's the Cuban
Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...
et toujours :
"Lung bread for daddy" de Du Blonde
"Orgue" de Guero
Hellfest #14 avec No one is innocent, Gojira, Kiss, Cannibal Corpse, Sister of Mercy et pas mal d'autres
"L'envoutante" de L'Envoûtante
"Uncovered Queens of the Stone Age, The lost EP" de Olivier Libaux
"Praeludio" de Patrick Langot
"Carnet de voyage, livre 1 : Beethoven Cras" de Quatuor Midi Minuit
"The twin souls" de The Twins Souls

Au théâtre :

"Glissement de terrain" au Théâtre de la Reine Blanche
"Philippe Chevallier et Bernard Mabille - Chacun son tour" au Théâtre L'Archipel
"De Judas à Manuel Valls" à la Comédie Saint-Michel
"Philippe Fertray - En mode projet" au Théâtre de la Contrescarpe
"Florian Lex - Pas de pitié !" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Nature morte dans un fossé" au Petit Gymnase
"Muriel Lemarquand - Trop forte !" au Théo Théâtre
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle
et dernière ligne droite pour :
"L'Orient des peintres, du rêve à la lumière" au Musée Marmottan-Monet
"Hammershoi - Le Maître de la peinture danoise" au Musée Jacquemart-André
"La Lune - Du voyage réel aux voyages imaginaires" au Grand Palais
"La Collection Emil Bürhle" au Musée Maillol

Cinéma :

"Le Voyage de Marta" de Neus Ballus
et la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"Hitler et la mer" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud
et toujours :
"Entrer dans l'arène en même temps que l'orage" de Danny Denton
"Et tout sera silence" de Michel Moatti
"Je te donne" de Baptiste Beaulieu, Agnèes Ledig, Laurent Seksik, Martin Winckler
"Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat
"Néron" de Catherine Salles

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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