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Le Korigan  (Aix en Provence (Bouches du Rhône))  3 décembre 2006

Date improbable pour le quatuor japonais Mono en ce début de décembre : Aix-en-Provence. Deuxième date française d’une tournée européenne commencée un mois plus tôt. Premier passage au Korigan, café-concert modeste de 200 places, au look épuré et à la scène exiguë. A croire que les groupes de post-rock vont enfin cesser d’éviter le sud-est. On se prend à rêver.

En première partie, Le Diktat projet solo (ce soir-là, en tout cas) d’une électro-indus relativement peu enthousiasmante - pour ne pas dire : poussive ; assénée non sans conviction, mais avec peu d’inventivité. Une tasse de thé for peu à mon goût, qui n’aura pas ce soir-là rencontré son public. Applaudissements polis - salut poli - entre gens de bonne compagnie, on reste poli.

Barrière culturelle, affectation post-rockéenne, réserve personnelle, l’entrée en scène de Mono a quelque chose d’incompréhensiblement froid. Une absence totale. Assis ou debouts, les musiciens après une rapide installation se tiennent raides, les visages cachés par leur cheveux, d’une absence totale.

S’il y a quelque chose d’horriblement austère dans cette attitude, n’est-ce pas cependant pour mieux servir quelques notes dépouillées, une mélodie belle de lenteur et de vide ?

N’est-ce pas pour mieux laisser naître et saisir quelque chose de l’ordre de la transe ? Comme si ce vide et cette lenteur ne savaient qu’enfler, se crever avec frénésie dès lors qu’on les laisse vivre.

On a beau être prévenu, connaître par cœur la formule, que d’aucuns diront ressassée, ce plan depuis longtemps élevé au rang de standard d’un post-rock pour manuels scolaires, le schéma canonique de l’alternance entre le calme et l’explosion, la douce furie splendide - on a beau s’y être préparé, l’avoir attendu, appelé, tant guetté, il y a toujours quelque chose de saisissant dans l’énergie brute qui s’en dégage. Saisissant de voir ces corps fantomatiques, privés de visages, privés de vie, trembler soudain, chanceler, perdre l’équilibre jusqu’à chuter réellement, poussant de déchirants hurlements venus du plus profond des entrailles de leurs instruments.

En la matière, les compositions de Mono font figure d’exercice de style. Plus exactement : feraient figures d’exercice de style si elles ne portraient pas en elles une évidente étrangeté - et ceux qui ont déjà prêté l’oreille à de la musique traditionnelle japonaise verront de quelle étrangeté je parle - de cette étrangeté au sens propre, culturelle, qui fait que l’on ne sait trop d’où tout cela vient, ni où tout cela va.

On peut en effet écouter Mono d’une oreille distraite, attendant à chaque note douce égrenée sur l’un ou l’autre des guitares qu’enfin tout cela en arrive à son paroxysme.

Ecouter Mono, en somme, comme un énième suiveur appliqué mais sans originalité de la recette de maîtres plus grands que lui. Mais on peut aussi prêter l’oreille, attentivement, à la suite de ces notes, essayer de la saisir pour elle-même.

On entendra alors, réellement, autre chose - autre chose qu’une musique (simplement) nord-américaine, par exemple. Autre chose, tout à fait, que l’élaboration croissante des compositions du groupe donne de mieux en mieux à entendre ; et qui s’est livré, avec intensité et authenticité, ce soir-là, une heure durant, à un public recueilli et ravi.

 

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Mono en concert au Festival de Dour 2006 (dimanche)
Mono en concert à Glaz'Art (27 mars 2009)
Mono en concert au Festival Furia Sound 2009
Mono en concert à Hellfest Open Air Festival #15 (édition 2022)

En savoir plus :

Le site officiel de Mono
Le site officiel de Le Diktat

CXrédits photos : Cédric chort (Plus de photos sur Taste of Indie)


Cédric Chort         
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# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
"Le cartographe des absences" de Mia Couto
"Le coeur ne cède pas" de Grégoire Bouillier
"Le tumulte" de Sélim Nassib
"Un profond sommeil" de Tiffany Quay Tyson

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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