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Théâtre de la Boutonnière  (Paris)  décembre 2006

Tragi-comédie de William Shakespeare, mise en scène de Habib Naghmouchin avec Denis Lavant, Laura Benson, Cyril Guei, Nigel Hollidge, Cécile Lehn , Eric Prigent et Dorcy Rugamba.

Timon d’Athènes c’est un peu Le corbeau et le renard à la grecque rehaussé d’une sauce anglaise. Entouré d’une cour privée de courtisans cupides qui se réclament de l’amitié la plus profonde, Timon leur distribue son bien avec munificence malgré les mises en garde de son fidèle intendant Flavius et d’Apémantus philosophe cynique, jusqu’au jour où la banqueroute l’amène à solliciter, en vain, leur aide. Tombant dans la déréliction, il renonce au monde pour vivre en ermite et verse dans une misogynie éructuante.

Diverses en sont les lectures et son intemporalité est déclinée selon les sensibilités. Timon symbolise autant le libéral inféodée à la croissance aveugle, l’utopiste aristotélicien, le prosélytisme altermondialiste, le démiurge dépassé par ses propres créatures, la dénonciation de l’hégémonie religieuse, le pessimisme politique et autres.

Mais c’est un homme aussi et ne serait-il pas, à l’instar des autres personnages, un simple avatar du cœur corrompu par l’or ? Un naïf vaniteux aux rêves de grandeurs ("Moi, ma sucrerie, c’était le monde"), puisqu’il ne pratique pas la bienfaisance à l’égard du pauvre, qui crève du dépit des démiurges fous ? Même mort il nourrit un ego surdimensionné à l’image de son épitaphe ("Ne revenez plus me voir; mais dites à Athènes que Timon a bâti sa dernière demeure sur les grèves de l'onde amère qui, une fois par jour, viendra la couvrir de sa bouillante écume: venez dans ce lieu et que la pierre de mon tombeau soit votre oracle.").

Habib Naghmouchin opte pour une transposition moderne et économico-écologique de cette tragédie antique à l’anglo-saxonne qui illustrerait l’incapacité des sociétés libérales modernes à gérer les finances publiques et les ressources naturelles face au diktat du profit, et ce, au détriment de l’avenir de l’espèce humaine.

Le parti pris d’une certaine distanciation, malgré l’hyper réalisme de l’interprétation de Denis Lavant, ajouté au fait que, sans crainte des foudres qu’appellent des considérations aussi prosaïques et iconoclastes à l’encontre de Shakespeare, la pièce est longue et particulièrement bavarde font que l’attention et l’implication du spectateur sont quelque peu malmenées.

Cela étant, les comédiens assurent leur partition et Denis Lavant, qui domine la distribution, incarne un Timon illuminé autant dans son amour béat pour ses amis largement rétribués que dans son imprécation universelle à l’égard du genre humain.

Dans ce lieu singulier qu’est le Théâtre de la Boutonnière, sorte de loft avec mezzanine muni d’escaliers, d’échelles et barre de pompiers induisant une mise en scène chorégraphique, Timon claustré dans sa déréliction, ressemble à ces singes en captivité qui passent leur temps à se balancer et se jeter contre les parois de leur cage, alternant entre la prostration et la rage. Et comme eux, il accapare l’attention du public.

Et il y a Flavius (Eric Prigent parfait d’humanité). C’est en lui qu’il faut voir la noblesse et la grandeur de l’âme humaine. S’il n’en reste qu’un ce sera celui-là. Pour racheter l’homme aux yeux de l’homme.

 

MM         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
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Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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