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Centre Pompidou  (Paris)  Du 20 décembre 2006 au 19 février 2007

La bande dessinée entre au musée à l’image de la fusée rouge et blanche placardée sur sa façade dont nul n'ignore qu'elle est celle du double album "Objectif Lune"/"On a marché sur la lune" d'Hergé. Car un tintinophile sommeille en chacun de nous.

Mais ce n'est pas Tintin qui est au cœur de l'exposition organisée par le Centre Pompidou conjointement avec les Studios Hergé.

C'est son père de papier, Hergé, deux initiales inversées pour le pseudonyme d’un des plus célèbres créateurs de bandes dessinées qui ont fait le tour du monde et la joie de plusieurs générations d’enfants… et de parents.

Car Tintin appartient aux grandes figures de la tradition franco-belge, d'ailleurs toutes antérieures à 1960, qui ont intégré les bibliothèques familiales et constituent une lecture trans-générationnelle.

La preuve le nombre considérable de visiteurs adultes souvent non accompagnés d'enfants.

Le centenaire, en 2007, de la naissance d'Hergé fournissait une belle occasion pour une exposition grand public - et gratuite - qui se trouve également être la première concrétisation du souhait du Musée national d'art moderne d’illustrer l’importance de la bande dessinée dans l’histoire de l’art du 20ème siècle. Au demeurant, le Centre Pompidou présente simultanément "BD Reporters" une exposition d'exploration de la relation du voyage et du dessin.

L'intérêt majeur de cette exposition, au demeurant très classique d'exposition hagiographique sous forme de rétrospective chronologique doublée d'une approche thématique de l'œuvre d'Hergé, tient notamment à la présentation de séries peu vues comme Quick et Flupke, Jo, Zette et Jocko, et surtout des originaux de dessins.

La scénographie, voulue simple, sobre et lisible en hommage à la "ligne claire" d'Hergé se décline en deux couleurs, à l'image de la fusée, le rouge et le blanc, qui se trouvent être, pour la première, la couleur préférée d'Hergé et, pour la seconde, la couleur traditionnelle du musée contemporain.

L'exposition, sur deux niveaux, commence avec des vitrines chronologiques, qui se déroulent à l'instar d'une bande dessinée, pour raconter la vie et l'œuvre du dessinateur.

Ensuite, notes manuscrites, enregistrements sonores, correspondances et autocaricatures complètent le profil du dessinateur.

Au centre de l'exposition, le point d'orgue, la très belle salle gardée par deux dragons consacrée à l'album mythique "Le lotus bleu" datant de 1936.

Elle regroupe l'intégralité des planches originales exécutées en noir et blanc, rehaussées au lavis bleu pâle, réalisées à l'aquarelle.

Une créativité pérenne

La créativité d'Hergé a été féconde et ne s'est jamais interrompue. Dès 1923, il publie ses dessins dans "Le Boy-scout belge" puis dans des journaux illustrés pour enfants comme "Le Petit Vingtième" supplément hebdomadaire pour la jeunesse du journal "Le Vingtième siècle" et "Coeurs Vaillants" magazine hebdomadaire catholique qui fut l'un des premiers à publier "Les aventures de Tintin et Milou".


Parallèlement, la série des aventures de Tintin vont être publiés d'abord dans un magazine hebdomadaire appelé "Le journal de Tintin" puis sous forme d'album, le premier étant "Tintin au pays des Soviets" paru en 1937.


A partir de la documentation et des dessins relatifs à l'expédition de Tintin sur la Lune, le "Making of" d'un album illustre les différentes étapes graphiques du processus d'élaboration : découpage graphique, crayonnage, mise au net et mise en couleurs et dialogues.

Une étonnante modernité

Bien que certains albums soient liés à des contextes historiques très précis, ils demeurent quasi intemporels.

Ce qui explique leur succès aujourd'hui encore sans doute parce qu'Hergé a conservé la fameuse "ligne claire", un trait simple et des aplats de couleur en fait imposés par les contraintes techniques de l’imprimerie garants d'une grande et universelle lisibilité.

Et puis, malgré des caractéristiques physiques singulières, Tintin est un personnage neutre, entouré de personnages hauts en couleur mais archétypaux subsitut de famille, ce qui permet l’identification du lecteur sous toutes les latitudes mais aussi sous toutes les époques.

Par ailleurs, Hergé a créé une représentation d'un monde fictionnel mais comportant une réelle cohérence interne qui reçoit un écho passionné aujourd'hui encore.

Longtemps considérée comme un art mineur, la BD appartenait, jusqu'en 1960, à la contre-culture livresque. Devenue divertissement, elle intègre la nouvelle culture de masse. La création littéraire et graphique inhérente à la BD a été reconnue et son entrée au musée consacre sa reconnaissance comme 9ème art ce à quoi elle a toujours tendue. N’y a-t-il pas, depuis 1991, un Musée de la bande dessinée à Angoulême ?

Quant à Tintin, c'est bien vivant qu'il séjourne dans ce lieu après avoir échappé à la muséification dans une fausse expansion de César dont le menaçait l'abominable Rastapopoulos ("Réjouissez-vous, votre cadavre finira dans un musée.

Et personne ne se doutera jamais que cette œuvre, qu’on pourrait intituler Reporter, constituera la dernière demeure de ce petit Tintin."), imaginée par un Hergé à l'humour (visionnaire ?) dans son dernier album inachevé, "Tintin et l'Alph-Art".

 

"Tintin a été pour moi une occasion de m'exprimer, de projeter hors de moi-même le désir d'aventures et de violence, de violence et de débrouillardise qu'il y a en moi. " Hergé.

A lire aussi sur Froggy's Delight:

La chronique de l'exposition "BD Reporters"

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'amabilité du Centre Pompidou


MM         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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