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Interview (deuxième partie)  (Paris)  13 décembre 2006

C’est dans un café "trop parisien" comme il l’écrit à l’occasion d’une dédicace improvisée que nous avons rencontré Florent Marchet.

Discret et humble ce jeune auteur compositeur interprète (étiquette qu’il a lui-même du mal à se coller) nous livre avec sincèrité et plaisir les petits secrets de Rio Baril. Ce "roman chanté" très osé dans sa conception est une merveille.

Et ce personnage dans Rio Baril, c’est un peu un condensé de tout cela ?

Florent Marchet : Oui je pense, et puis la folie est finalement moins perceptible dans les grandes villes… Je n’en aperçois. Moi en tout cas je suis assez fasciné par les dérapages, les grands moments de colère. Tout le monde a connu cela. Et finalement, les gens que tu rencontres et qui te disent que non, pas eux, cela ne leur ai jamais arrivé, c’est peut être ceux là les plus dangereux. Et aucun d’entre nous n’est à l’abri.

Avant de devenir "chantiste" je faisais déjà beaucoup de musique et notamment j’allais jouer dans des hôpitaux psychiatriques, dans des prisons et là c’est l’occasion de rencontrer des gens. J’ai rencontré un jour dans un HP quelqu’un avec qui j’avais été en classe. Et cela marque énormément. Qu'est ce qui a fait que ça a dérapé pour lui ? Les faits divers aussi sont une source d'inspiration incroyable. Et c'est aussi quelque chose qui est plus visible en province.

Récemment une de mes voisines est morte et tout le monde s'en fout. On ne s'est même pas si elle s'est suicidé ou quoi. C'est une indifférence générale. Le courrier s'entasse sous sa porte, on sent bien qu'il y a un problème, mais non, tout le monde s'en foutait. C'est un truc qui n’arriverait pas dans les petites villes. Mais il y a d'autres choses. Il y a moins d'anonymat.

Il y a de toute façon chez toi et depuis "Gargilesse", cette ambiguité ville/campagne …

Florent Marchet : Les deux me plaisent. L'idéal étant d'avoir de l'argent et de pouvoir avoir une maison à la campagne et une maison en ville.
Moi je suis plutôt à Paris, je construis ma famille ici et j'aime bien Paris. Simplement, Paris ne nourri pas mon imaginaire.

A propos d'imaginaire, d’où vient tout ce qui se greffe sur l'univers de Rio Baril. C'est-à-dire, le site web avec la gazette etc… c'est ton idée ou bien un coup de pub de ta maison de disque ?

Florent Marchet : En fait, ce que je voulais faire au départ, mais c'était trop titanesque et trop coûteux pour pouvoir être fait, c'est de trouver un cousin, en photo ou filmé, pour illustrer chaque titre de l'album. Et puis finalement on a commencé à faire les photos avec Charles Frégé à faire des photos, avec Arnaud à écrire des petits scénarios et ça va donner un DVD qui sera avec une édition limité de l'album.

Et moi j'avais envie d'une sorte de gazette du Rio Barilois que j'avais présenté il y a longtemps parce que, avant même l'album, le tourneur m'avait demandé de faire un petit topo et plutôt que de me présenter moi et mon spectacle j'avais eu cette idée là d'inventer un nom, le Courrier Barilois et on a eu envie avec un gars de chez Barclay, qui s'occupe aussi de Philippe Katerine et qui comprend bien et qui encourage ce genre de démarche de faire cela.

Mais cela demande beaucoup d'énergie, et par eux-mêmes ils n'ont pas les moyens de faire vivre ce genre de projets si l'artiste ne s'implique pas, sinon ce n'est pas intéressant de toute façon. Il se trouve que l'on a monté ça avec Martin, un webmaster qui est super et j'ai commencé à écrire de faux articles, j'ai demandé à deux ou trois potes d'en écrire aussi et je commence à en recevoir plein, je ne sais pas comment je vais gérer tout ça, plus des photos, des trucs animés et j'aimerai bien le poursuivre après.

Il y aura une rubrique Courrier Barilois sur le nouveau site. Et même si c'est un peu fait avec les moyens du bord, comme les interviews que j'ai fait la nuit pendant que je travaillais sur mes concerts, pendant les répétitions.Ca a été fait sans essai de son sans rien, mais c'était super. Peut être que je pourrai faire un appel sur le net pour que les gens proposent leurs articles et leurs petits reportages. Ca pourrait être marrant !

Et en poussant l'idée plus loin, puisque tu disais que tu n'étais pas encore prêt pour faire un roman, est ce qu'une alternative serait de faire un film sur Rio Baril ? L'album est presque un scénario à lui tout seul.

Florent Marchet : Ah oui ça me plairait bien ! Mais le cinéma c'est tellement compliqué et long pour monter un projet … mais il ne faudrait pas me pousser longtemps pour que je regarde un peu de ce côté-là. Mais ce qui est réalisable pour le moment ce sont les albums et je trouve cela déjà énorme de pouvoir faire ça.

Quand je regarde autour de moi d'autres garçons tellement talentueux que je peux fréquenter et qui ne sortent pas d'album je me dis que j'ai beaucoup de chance. Mais c'est vrai que les autres modes d'expressions comme cinéma ou romans ça me plairait beaucoup … mais je reste sur l'idée d'une musique de film dans un premier temps. J'aimerai bien travailler avec un réalisateur et essayer de faire un truc avec lui …

Profites en pour lancer un appel …

Florent Marchet : Gondry, Sophia Coppola … si vous m'entendez (rires)

Revenons à l'album. Le format et le contenu n'a-t-il pas été un peu une surprise pour la maison de disque ?

Florent Marchet : Si, j'ai flippé au départ car ça les a beaucoup décontenancé. Ils m'ont dit "houlala, on aime beaucoup, on écoute ça chez nous mais … ça va être chaud à vendre". Ils avaient peur de se faire jeter avec l'album mais ils m'ont fait confiance et comme les retours ne sont pas mauvais, nous sommes tous un peu rassuré. Mais c'est vrai que moi le premier je suis comme cela.

Sur les artistes que j'aime bien, j'attends des choses des nouveaux albums que je ne retrouve pas forcément et au début tu fais un peu la mou. Comme si ce n'est pas l'album que tu aurais voulu qu'il fasse et puis ensuite cela passe. Et puis si l'album est bon, il passera l'épreuve du temps de toute façon. Mais c'est vrai que j'avais peur à un moment donné d'avoir fait un album un peu personnel et égoiste. Je n'avais pas pensé au single par exemple.

Un peu à la façon de Murat en fait.

Florent Marchet : Oui, je l'ai rencontré d'ailleurs il n'y a pas longtemps et il m'a dit "Va dans ta direction, ne lâche rien". En tout cas j'ai envie de garder le même plaisir de faire de la musique comme quand je n'étais pas professionnel. Je suis le champion du monde de la maquette. J'ai du mal à finir les trucs.

Est-ce que la scène te permet d'explorer tes chansons et de faire en sorte que ce ne soit jamais fini justement ?

Florent Marchet : Ce qui me perturbe sur la scène c'est qu'il n'y a pas de trace. Je n'ai pas encore bien réglé ce problème. C'est éphémère, même quand c'est filmé c'est trahi. Même les gens qui ont vu des spectacles incroyables de Barbara, de Brel, on ne sait pas trop ce qu'il en reste. On fantasme vachement la dessus mais c'est de toute façon quelque chose d'unique et tu te dis heureusement qu'il y a le disque. C'est un peu pareil pour le théâtre. Il y a des pièces fabuleuses qui ne seront jamais filmées et justement toute l'émotion vient aussi de ce côté éphémère.

Mais prends tu quand même plaisir à jouer ?

Florent Marchet : Oui, et de plus en plus depuis que je prend conscience que ça ne dure pas. Que peut il t'arriver sur scène de terrible ? A part mourir ? Au début de "Gargilesse" j'étais très mal et j'ai pensé arrêter le métier. Je ne pensais pas être fait pour cela. Et je n'arrivais pas à retrouver ce que je ressentais quand je faisais du piano bar etc. Et puis maintenant ça va mieux. Je me laisse plus aller. Et foirer un concert, cela peut arriver mais bon c'est pas très grave.

Rio Baril, en live, ce sera l'album tel qu'il est ?

Florent Marchet : Non il y aura d'autres choses. On est assez nombreux sur scène, on est 5. Trompette, violon, banjo, guitare, ukulele, piano, batterie … on est tous un peu multi instrumentistes sur scène. Et il y aura des vidéos tournées spécialement pour le spectacle. Nous avions imaginé avec Arnaud Catherine la mise en scène du spectacle en amont.

Il y a plein de surprises, une vraie création lumière, assez proche du théâtre d'ailleurs. Tout le monde est habillé en Rio Barilois. On a fait un vrai travail dessus pour garder la trame romanesque. L'idée c'est de dire au gens "Je vais vous raconter Rio Baril". C'est un vrai spectacle. Mais j'ai quand même réussi à mettre des chansons de mon premier album quand même ! (rires)

Après Gargilesse, et Rio Baril, quel sera le prochain titre d'album ?

Florent Marchet : (rires) Mais en fait c'est inconscient, même si c'est évident. Je ne savais pas comment s'appellerait l'album une fois terminé.

Dernière question, si tu devais donner un album de ta collection personnelle à ton meilleur ami et que tu ne reverras jamais, quel serait ton choix ?

Florent Marchet : Je pense que je prendrai … ça dépend quel ami quand même … mais je prendrai un album de Nick Drake je pense… Pink Moon

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Florent Marchet
Le Soundcloud de Florent Marchet
Le Myspace de Florent Marchet
Le Facebook de Florent Marchet

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur Taste of Indie)


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Florent Marchet (2 décembre 2008)


# 28 juin 2020 : Nouvelle Vague ?

Le premier tour des élections municipales fut le signe du début du confinement. Espérons que ce second tour ne sera pas l'appel à un second confinement. Quoi qu'il en soit : Soyez prudents, soyez heureux et cultivez vous ! c'est parti pour le sommaire en commençant par le replay de la Mare Aux Grenouilles #4 (eh oui déjà !)

Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
"La Force du dessin - Chefs-d'oeuvre de la Collection Prat" au Petit Palais
"Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà" au Musée Maillol
"Le dessin sans réserve. Collections du Musée des Arts Décoratifs" au Musée des Arts Décoratifs
et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

"Riens du tout" de Cédric Klapisch
"Noïse" de Henry Bean
"Sous surveillance" de Robert Redford
"La romancière" de John McKay
au Ciné-Club les années 50 :
"Un drôle de Dimanche" de Marc Allégret
"La vie à deux" de Clément Duhour
"L'homme au million ("The Million Pound Note") de Ronald Neame
des incontournables japonais :
des figures tutélaires :
"Tokyo drifter" de Seijun Suzuki
"A blind woman" de Teruo Ishii
et des plus jeunes :
"Mr Long" de Sabu
"Ichi, la femme samouraï" de Fumihiko Sori
et des raretés avec une sélection "Court metrage" :
"Le Chant du styrène" de Alain Resnais
"La chambre" de Chantal Akerman
"Pauline" de Céline Sciamma
"La traversée de l'Atlantique à la rame" de Jean-François Laguionie

Lecture avec :

"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin
et toujours :
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"Mauvaise graine" de Nicolas Jaillet
"Une immense sensation de calme" de Laurine Roux

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