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Fred Vargas - Baudouin  (Editions Viviane Hamy)  janvier 2000

"Les quatre fleuves", publié en 2000, à l’occasion des 10 ans des Editions Viviane Hamy, se présente comme un roman policier "illustré" résultant de la collaboration entre Fred Vargas et son ami le dessinateur au style expressif très noir, Edmond Baudoin et une véritable réussite.

Côté roman, l’intrigue est mince voire simplissime, un coupable connu dès les premières pages, une banale course poursuite et un dénouement sans surprise, ce qui est inhabituel chez Fred Vargas. En revanche, sur le fond, point d’innovations déstabilisantes pour les fidèles puisqu’on retrouve deux des thématiques de la reine du rom’pol français, l’irrationnel et la tribu.

La tribu est ici représentée par une famille un peu marginale composée du père et de ses quatre fils, le père, adepte de l’art brut, dont le grand œuvre est l’édification en canettes laminées d’une réplique grandeur nature de la Fontaine des quatre fleuves sise à Rome. 4 fils, 4 fleuves, le chiffre fétiche de Fred Vargas, de la symbolique biblique au symbolisme scientifique. A vous de chercher !

Cela étant Fred Vargas a écrit un roman "verbal" se cantonnant, si l’on peut dire sans que cela soit péjoratif, à la trame et à son point fort, les dialogues, mêlant comme toujours les dialogues, les monologues narratifs et les récitattifs distanciés.

Elle laisse la part belle à Baudoin pour le surplus : "Les sensations, les sentiments, les paysages, tout ça c’était pour Baudoin." Ce qui fait de ce roman graphique un véritable roman à 4 mains.

Au plan graphique, Baudouin a réalisé un travail tout à fait remarquable en rupture avec le classique "case/bulle" au point où "Les quatre fleuves" sont considérés comme "un véritable manifeste exploratoire de certains aspects de la poétique propre à la bande dessinée".

A l’heure où le 9ème art entre au Musée d’Art Moderne et où le Centre Pompidou consacre une exposition, "BD reporters", au nouveau champ d’exploration de la BD qu’est le journalisme, dans laquelle Baudouin figure en bonne place avec "Le chemin de Saint Jean", il est intéressant de revenir sur ce roman qui permet d’apprécier un autre domaine d’investigation de la BD et en l’espèce, son rôle majeur, au sens large du terme, qui ne se contente pas d’une mise en image d’un texte.

En effet non seulement il ne s’agit pas d’une illustration servile du texte mais d’une véritable œuvre créatrice, le dessin devenant un élément essentiel de la narration, se substituant parfois au texte.

Par ailleurs, Baudouin utilise tous les modes expressifs et graphiques, tant pour le dessin, de la BD traditionnelle au dessin à bords perdus, que pour l’insertion du texte, de la bulle au récitatif vertical avec un dessin latéral, ce qui donne des planches magnifiques.

Mais là n’est pas son seul intérêt puisque, enfin, le lecteur découvre une représentation physique du fameux commissaire de police Adamsberg, l’anti-héros récurrent de Fred Vargas, avalisée par cette dernière.

Ménageons encore un peu le suspense en constatant que les traits d’Adamsberg sont fort éloignés de ceux Jean-Hugues Anglade et José Garcia qui joueront respectivement dans la version télévisée de "Sous les vents de Neptune" filmée par Josée Dayan et l’adaptation cinématographique de "Pars vite et reviens tard" réalisée par Régis Warnier.

Car ce visage n’est autre que celui de Baudouin. Baudouin qui comme Adamsberg (le 1er a-t-il inspiré le second ?) a des fourmis dans les jambes, l’un déambule sur les chemins, l’autre sur le bitume, pratique la marche du pèlerin et se présente lui-même comme "perdu entre ses souvenirs et son imaginaire", également trait caractéristique du "pelleteur de nuages" qu’est Adamsberg.

A vous de voir !

 

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La chronique de "Coule la Seine"
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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