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puce Duke Special - Le Comte de Fourques
La Maroquinerie  (Paris)  19 janvier 2007

"La fatalité veut que l'on prenne toujours les bonnes résolutions trop tard". La citation d'Oscar Wilde me revient en flash-back en ouvrant malencontreusement les portes de la salle pour une première partie plus ravageuse que le typhus.

Si le Comte est bon, humainement parlant, avenant, empathique, rigolard et sympathique, la musique est quand à elle à l'image de la Nouvelle scène française. Surfaite, grossière de poésie au ras du parquet ("On finira tous à vélo", sur le thème engagé de la pollution qui tue, ce genre), produit de tête de gondole même pas rentable tant elle fut vue et revue par d’autres plus talentueux. Armé de sa guitare acoustique, le Comte de Fourques visite son répertoire à sortir sur Cd prochainement, et si le jeu de guitare s’avère folk et percussif, il peine à atteindre la réelle sensation 2006 du genre, Joseph d’ Anvers.

Le pop/folk à texte ne valant qu’avec des textes, et non des mots mis à la suite les uns contre les autres, les chansons s’enchaînent avec une lucidité dans le titre évidente ("Sans me forcer", "Oublie moi") qui font oublier la voix chaude et vibrante d’un auteur compositeur français à oublier vite. Très vite, car ici les ficelles prennent la forme de grosses cordes.

Puis Duke Special entre en scène, impérial, en total décalage avec le massacre auditif décrit ci-dessus, et ce avant même d’avoir effleuré son piano de bois.

Peter Wilson, le hippie-chic revient ici à Paris en tête d’affiche, quelques mois seulement après son passage en première partie de The Divine Comedy. Et d’emblée, en introduisant "Everybody wants a little something", Duke fait mouche et impressionne par ses qualités vocales, qui le place directement au niveau de Rufus Wainwright dans la catégorie des pianistes chefs d’orchestre à l’univers inclassable.

Le Duke sait y faire lorsqu’il s’agit de recréer la chaleureuse ambiance des Noëls en famille, tous là autour du feu qui réchauffe. Sur "Portrait", le Duke confirme que piano et show peuvent aller de pair, ses influences vintage jazzy (Cole Porter, Gershwin) remontant à la surface, l’Irlandais se lâche, exulte, ne tient plus assis, débute quasiment toutes ses intros debout, tel un Jerry Lee Lewis voulant manier le manche plutôt que l’ivoire. Et puis se rassoit.

Lançant un brin goguenard à la foule qu’il apprend le français avec sa sœur, qui lui a prêté la veille un CD audio d’entraînement. Salle hilare lorsque Duke prononce les deux phrases apprises la veille : "Je suis de Bordeaux", "Je suis fonctionnaire". Fou rire général, le Duke est fier de son effet.

Mais l’essentiel ici n’est pas de faire rire, mais d’étonner, et sur ce registre, Peter sait y faire, comme sur le "Last night I nearly died", mille fois plus pointu que n’importe quel titre de Keane, aussi bon qu’un vieux Joe Jackson ou Billy Joël. Un pianiste à voix d’or et aux compositions brassant large dans les influences.

Moment d’apaisement sur le génial "No cover up", qui tire les larmes hors des orbites, puis de la pop en barre avec "Slip of a girl". Le Duke mérite bien son titre, accompagné par un groupe d’illustres névropathes (Spécial dédicace au batteur trollesque et ses tentations de violentes sur cymbales).

En synthèse et pour conclure, Duke Special, hybride de Robert Smith et d’un ganjaman aux dreads foisonnantes, ouvre une carrière qu’on espère longue et prospère. Le piano a encore de l’avenir, et l’Irlande enfin un meilleur représentant que Bono.
 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Songs from the deep forest de Duke Special
Duke Special en concert à La Coopérative de Mai (14 octobre 2006)
Duke Special en concert à l'Olympia (19 octobre 2006)
L'interview de Duke Special (janvier 2007)
Le Comte de Fourques parmi une sélection de singles (juin 2006)
La chronique de l'album Sans me forcer de Le Comte de Fourques

En savoir plus :

Le site officiel de Duke Special


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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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