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Fred Vargas  (Editions Viviane Hamy)  mai 2006

Fred Vargas est considérée comme un auteur de romans policiers, les "rom’pol" comme elle les nomme tout en les qualifiant d’essai au sens de la tentative d’atteindre une cible qu’elle se garde bien de définir. Mais plus on les lit plus on se demande si l’adjectif est, sinon justifié, du moins, approprié. Certes, il y a des meurtres, des policiers, une enquête, un coupable neutralisé.

Mais les meurtres sont des prétextes, l’intrigue actionnée par le même mécanisme, le coupable évident avec un double retournement final, l’identification du coupable ne résout finalement pas grand chose si ce n’est de clore le suspense addictif que le lecteur s’est lui-même créé.

Et pourtant cela fonctionne parce que les policiers sont atypiques, une cour des miracles rassemblée autour d’un commissaire anti-héros par excellence, parce que l’enquête se perd dans des méandres labyrinthiques qui explorent les sous sols de conscience humaine doublée d’une quête spirituelle voire mystique.

A cet égard, "Vers les bois éternels" le dernier essai en date de Fred Vargas paru en 2006 n’y déroge pas et s’érige en point d’orgue syncrétique de la manière de son auteur avec les thématiques récurrentes du double, ici sous de nombreuses configurations du symétrique au la personnalité dissociée, de la famille au sens large, du mythe et ici, de façon très patente, le retour à un état oublié, celui de la perception terrienne, instinctive presque animale.

Tout commence avec une ombre qui tue. Quoi de plus simple et de plus intemporel ?. Mais ce sont souvent les ressorts les plus simples qui fonctionnent le mieux parce qu’ils résultent des peurs ancestrales profondément ancrées dans notre cerveau archaïque et dans l’inconscient collectif.

Et de la terre sous les ongles de deux petites frappes parisiennes qui sont retrouvées assassinées. Un détail, presque rien, si ce n’était le petit bout de fil de la pelote sur lequel le commissaire Adamsberg va tirer à l’envi et qui le mène à enquêter sur la profanation inexpliquée de sépultures et le massacre de cerfs dont le cœur est arraché et pulvérisé.

"Vers les bois éternels" est une histoire de fantômes, de vrais fantômes inoffensifs, de faux fantômes à la recherche du secret de la vie éternelle, de fantômes du passé que les souvenirs ou les rencontres improbables réveillent, qui s’enchevêtrent dans une complète collusion de l’espace temps.

Si les romans de Fred Vargas étaient des pâtisseries ce seraient sans doute des millefeuilles. Quelques ingrédients simples mais tellement imbriqués et malaxés qu’ils s’organisent en strates ténues et indissociables qui s’effritent dès qu’on entend les isoler et dont la saveur vient justement de ce savant empilement.

Adamsberg, sa créature et son double, mène l’enquête comme Fred Vargas, archéologue médiéviste spécialisée dans l’étude de la vie villageoise à travers les ossements d’animaux, pratique dans son métier.

Alors qu’il semble un doux rêveur, celui qui procure le sommeil par l’imposition des mains, semble vivre en lévitation léthargique et pratique l’écoute flottante, dénoue les énigmes irrationnelles avec un cartésianisme redoutable et un déterminisme très terrien même s’il prend des voies détournées profitant des écrans de fumée que son alter ego dissémine pour brouiller les pistes.

Avec un grand sens de l’altérité dans les dialogues, une écriture en clair obscur, à la fois pleine d’humour et profondément grave, et une manière très proustienne de creuser toujours le même sillon, Fred Vargas est une redoutable fabuliste.

 

"Je vois le polar comme une grande fable contemporaine. Je n’essaye pas de transmettre un message. Plutôt de donner accès à une utopie non conformiste." Fred Vargas

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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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