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Interview  ( Paris)  février 2007

Après avoir découvert son single Le Marin, écouté son album Drôle d’oiseau en boucle depuis une semaine, j’étais prêt à aller interviewer Babet

C’est un plaisir de te rencontrer… Le public te connaît surtout comme la violoniste de Dionysos, la Miss Acacia et la sorcière de Mister Chat. Aujourd’hui, parallèlement à la sortie du live symphonique de Dionysos, tu sors un album solo, intitulé "Drôle D’oiseau"…Pourrais-tu commencer par nous présenter ton parcours musical…

Babet : alors, je te raconte tout, vite fait ! … A 5 ans, j’ai commencé le violon. A 13 ans, j’étais complètement en décalage avec ce que j’écoutais et ce que j’apprenais donc j’arrête le violon et je commence la guitare… c’était l’époque Nirvana… le conservatoire ça collait plus. J’aimais bien mais ça ne collait pas du tout avec ce que je vivais et la musique que j’écoutais…

A 18 ans et demi, j’ai rencontré Mathias à la fac de Montpellier. On est devenu d’abord copains pendant 6 mois. Un jour, il m’a dit qu’il avait un groupe qui s’appelait Dionysos et que pour certaines chansons, il aurait bien aimé qu’il y ait du violon. Moi, pour faire joli dans ma chambre d’étudiante à l’époque, j’avais gardé mon p’tit violon accroché mais je n’en jouais pas du tout donc je lui ai dit : "Si tu veux, je m’y remets. On peut essayer !" … En fait, le mercredi d’après, j’me suis remise au violon, comme ça, et j’ai trouvé tout de suite une ligne de violon sur sa chanson et on l’a gardée sur le disque suivant…ça a commencé de cette manière.

Ensuite, pendant 10 ans, l’aventure que tu connais, du groupe qui a grossi, grossi, grossi et qui s’est fait une réputation sur la route… En gros, c’est ça ! Et pendant la tournée, je m’essayais aux guitares électriques de Mike, à la batterie d’Eric. Quand t’as plein d’instruments, comme sur Dionysos, tu ne peux pas t’empêcher d’aller essayer des trucs… j’suis une touche à tout.

Justement, sur l’album, tu joues de presque tous les instruments…

Babet : … sauf la basse. J’suis nulle à la basse… j’avoue ! J’ai pas le feeling du tout, je n’y arrive pas. J’pourrais mais c’est pas terrible…

On retrouve le violon aussi. Ca reste quand même ton instrument favori ?

Babet : Ca fait quand même 10 ans que j’en fais beaucoup. J’exprime exactement les mêmes choses, que ça soit par la voix ou par le violon. C’est la même approche de l’émotion pour les deux. En fait, ce que je joue au violon, c’est ce que je pourrais chanter, tu vois ? Quand je trouve une ligne mélodique, je la chante puis je la joue au violon… ça marche souvent comme ça.

Avais-tu déjà sorti tes disques avant celui là ?

Babet : Non, c’est mon tout premier !

Tu as donc passé 10 ans avec Dionysos…qu’est ce qui t’a poussé à faire un album solo ?

Babet : c’est justement ces dix années de vie que j’ai passées… ça m’a appris beaucoup de choses… Et puis surtout, à un moment donné, j’ai regardé en arrière, tu vois… J’ai passé un peu la tête par-dessus le bordel de ces dix années et j’me suis dis : "Waouh, c’est passé super vite"… De 19 à 29 ans, j’ai pas vu passer les années. J’me suis juste posée la question de savoir qui j’étais devenue au bout de ces dix années là. J’me suis dit "Mais qui suis-je ? Est-ce que je ne suis que Babet de Dionysos, est ce qu’il y a quelqu’un d’autre ?", c’était "Mais qui t’es devenue finalement ? Qu’est ce que ça t’ont apporté ces dix années et qu’est ce qui se passe en ce moment dans ta vie…".

Tu vois, j’me suis posée ce genre de questions là… Pourquoi tu continues, pourquoi la musique, pourquoi tu vis comme ça ? Et fait chez moi, y’a plein de choses qui ne sortent qu’à travers la musique. Y’a plein de choses que je n’arrive pas à exprimer en dehors de la musique, que ce soit des mots d’amour ou des mots de sincérité, c’est très dur pour moi de dire ce que je pense… c’est beaucoup moins difficile quand j’ai une guitare ou un violon. Du coup, ça m’a paru juste normal de faire ce disque.

En plus, dans ce disque, tu as des chansons très vieilles comme des chansons très très nouvelles donc, comme j’avais besoin de faire le bilan de ces 10 ans, ça me paraissait normal de récupérer plein de vieilles chansons et d’en rajouter aussi des nouvelles et j’me suis dit "Là, t’auras ton bilan, t’auras fait ton truc et tu sauras… En tout cas, t’auras des réponses à certaines questions que tu te poses en ce moment…".

Tu t’es dit du jour au lendemain : "Ttiens, c’est maintenant"…

Babet : Ouais, carrément !

… C’est pas un truc que tu préparais depuis un moment… tu te disais quand Dionysos s’arrête et fait une pause, j’en profite pour faire mon album ?

Babet : Ben oui, en plus, Dionysos n’a pas fait de pause donc ça fait un an et demi que j’ai pas pris de vacances… Dionysos ne fait jamais de pause. Comme Dionysos a toujours une actualité.. non, non, ça a été comme… j’en ai eu besoin, au mois de mars de l’année dernière.

Et comment as-tu trouvé le temps pour ce disque ?


Babet : On a eu un mois de vacances avec les garçons, au mois de septembre. Moi, j’ai décidé au mois de mars que j’voulais faire un disque. J’ai donc remué ciel et terre pour trouver un label, pour trouver des gens qui me feraient confiance, pour trouver un studio. Le moindre petit jour que j’avais de libre, hors tournée, c’était pour ça. Du coup, en septembre, quand on arrêtés de tourner, quatre jours plus tard, j’étais en studio.

Mais c’est comme ça tout le temps ! … Si tu veux, quatre jours plus tard, j’étais en studio ; j’suis sortie du studio et le lendemain, je rejoignais les garçons pour répéter le set de la tournée d’hiver… donc tout s’enchaîne tout le temps, tout le temps, tout le temps ! Et là, quand on a fini la tournée d’hiver, le lendemain, j’étais dans un avion à partir pour continuer le disque. Le clip s’est fait à New York donc j’suis partie direct à New York dans la foulée pour faire le clip. Après j’suis rentrée faire les répets’. Après, le DVD live est sorti donc j’suis remontée à Paris avec les garçons pour faire la promo du DVD live et puis ma promo qui est au milieu.

La semaine prochaine, y’a mon premier concert mais y’a un concert de Dionysos à Marseille le 22 février… donc tout est comme ça, tout le temps. Tout se mélange jusqu’à Austin, fin du mois de mars. On va à Austin avec les garçons, normalement, et après, à partir du mois de mars, j’serais un peu plus libre pour ne faire que ça. J’ai le droit à 15 jours de vacances au mois d’avril pour me poser…

Comment s’est passé l’enregistrement de l’album ? T’es arrivée avec tes maquettes toutes prêtes déjà ?

Babet : Mes chansons, elles étaient en démo. D’ailleurs, j’ai démarché avec mes démos, composées dans mon salon, enregistrées sur un 8 pistes numériques ; c’était vraiment très "maison". J’ai donc démarché avec ça et le label qui m’a signé (V2), ils m’ont dit : "Nous, on veut que tu restes très proche de ça". Quand je leur ai dit que j’voulais tout faire toute seule, ils m’ont dit "Y’a pas de problèmes, c’est exactement l’esprit qui te va le mieux, on ne veut pas que tu viennes avec un groupe, que tu fasses venir des musiciens".

Ils m’ont dit "Tu fais ce que tu veux, en liberté, nous on te veut le plus libre possible pour que tu sonnes plus proche de toi-même". Donc j’me suis dit c’est génial ! J’suis arrivée en studio, y’avait un immense salon partagé en deux. Dans la 1ère salle, il y avait tous les micros, le micro pour la guitare classique, le micro pour la guitare folk, l’ampli, pile devant la cheminée, j’trouvais ça rigolo…

C’était à quel studio ?

Babet : Ca s’appelle le Studio La Frette, à La Frette sur Seine. C’est un grand manoir… génial. Au-dessus, t’as les chambres ; à côté de la salle où j’ai enregistré, t’avais la cuisine, donc j’allais manger quand je voulais et en bas, t’as le studio. Tu descends l’escalier, t’écoutes la prise et tu remontes… Le matin, j’me réveillais vers les 9 heures, j’prenais mon café, j’attendais que l’ingé son arrive et puis je m’asseyais derrière ma chaise et j’commençais la batterie, la guitare, les machins, les trucs et à la fin, le chant. J’ai tout fait comme ça. Donc c’était de 10 heures du matin à 11 heures du soir à peu près, tous les jours.

On s’est amusé, tu vois, y’a une chanson que j’ai composée au studio même, elle s’appelle "Andy", et comme elle a beaucoup plu aux gens qui venaient me voir au studio ; du coup, on s’est dit que peut être, ça serait rigolo de laisser la bande tourner et reprendre toutes mes chansons comme ça en les jouant juste guitare / voix, on les mettra en bonus quand l’album sortira. On a donc été acheter deux bandes et un après midi, j’ai fait ça.

Quand l’album sortira, ce sera un digipack et les 5000 premiers, il y aura deux albums dont un album bonus où tu m’entends chercher, tourner les pages et jouer la chanson juste guitare / voix. Tu vois, on s’est vachement amusé, y’a pas eu que ça… y’a des morceaux qui sont pas sur l’album mais qui sont quand même enregistrés… y’a pleins de petites conneries qui sont restées et qu’on a pas utilisées. Ca a été un atelier… j’étais comme un gros bébé avec des superbes jouets vintages magnifiques.

C’est là que je me suis dit que vraiment, j’étais vernie, quand je me suis retrouvé dans ce studio toute seule, que tout le monde me faisait confiance alors que j’avais même pas eu le temps de répéter… j’suis arrivée les mains dans les poches. C’était quatre jours après la tournée d’été, j’avais même pas répété. Quand j’suis arrivée dans ce studio, j’me suis dit c’est énorme, ce qu’on me propose de faire, c’est juste…le rêve ! A qui permet-on d’être libre comme ça ? Du coup, j’me suis dit "Faut pas que je les déçoive ! Je vais le faire sérieusement".

C’est pour ça, de 10 heures à 23 heures, je m’y tenais ! Même les mix, j’les ai fait avec, je faisais tout. Y’a un mix de batterie qu’était un peu compliqué où je pouvais rien apporter de spécial donc j’ai donné mes directives et j’ai fais une sieste. Sinon, j’étais derrière tous les fourneaux ! Je faisais même manger tout le monde, c’était très rigolo, je faisais la cuisine. C’était vraiment une ambiance…

Colonie de vacances…

Babet : Ouais, c’était vraiment des vacances mais en même temps, c’était des vacances studieuses mais y’avait vraiment un côté vacances !

Tu as dit tout à l’heure que sur cet album, il y avait des chansons plus vieilles… Tu n’avais jamais eu envie de les enregistrer ?

Babet : Elles étaient enregistrées. Elles étaient sur un CD chez moi…

C’était juste pour toi…

Babet : Voilà, J’avais pas besoin de faire partager plus que ça. J’avais pas le déclic. Et puis, Dionysos prenait toute ma vie ; j’pensais pas être capable de mener de front deux trucs… Et en fait, les âges venant, j’me suis rendue compte que peut être, je pourrais le faire. J’ai pris le risque. J’aurais très bien pu me planter, ça aurait pu ne pas marcher du tout. Tu vois, en studio, quand j’suis passée derrière la batterie, ça aurait pu être la catastrophe. Et qu’est ce qu’on fait, qui va jouer la batterie ? Ben… je sais pas, j’ai prévenu personne… Et les jours passent et t’as l’argent qui passe aussi et au final, tu rends un truc qui ressemble à une démo… C’était quand même une pression… ça aurait pu pas marcher !

En fait, sur ce disque, tu as regroupé les meilleures chansons que tu as écrites ?

Babet : Ouais, j’suis arrivée, j’avais, je crois, 23 chansons. Je les ai pratiquement toutes enregistrées. Après, j’aime pas trop les albums qui sont trop longs, j’m’étais dit 45 minutes, c’est bien. Donc, j’ai regardé les plus réussies, les plus abouties et puis voilà ! Alors, y’a déjà des trucs que j’aime pas… j’ai déjà le recul de me dire : "Ca c’est raté !". Y’en a deux que j’pense que j’ai ratées mais il y a des gens qui les adorent ces deux chansons donc je dis pas lesquelles c’est, parce qu’après, tu vas les écouter avec une autre écoute donc je dis pas ! J’ai déjà vu des erreurs et je sais que pour le prochain, je ferai pas comme ça pour certaines. Ca m’a déjà appris des p’tites choses !

Musicalement, on est quand même loin de ce que tu fais avec Dionysos… c’est plus doux, plus intimiste…

Babet : c’est vrai…

… C’était une volonté ou c’est sorti comme ça ?

Babet : mes chansons, elles étaient comme ça et puis j’pense que quand t’es toute seule, t’as pas forcément la même énergie que quand tu es à six. Quand t’es six, que tu as un batteur, tu vois qu’il joue fort ; toi, en face, tu peux être guitariste, tu peux envoyer… y’ a une énergie particulière ; y’a une énergie rock qui se créée d’elle-même… Mais quand t’es tout seul, c’est pas la même énergie… y’a pas ce truc ! Donc j’pense que c’est ça aussi qui fait que c’est plus calme, plus doux. C’est plus doux aussi parce que j’étais en vacances. Je sortais de la tournée, j’étais fatiguée aussi… à mon avis,, y’a beaucoup de ça aussi !

Et puis, y’a que Dionysos, c’est six personnes et que là, y’en a plus qu’une donc c’est juste naturel que ça se passe comme ça, j’aurais pas pu sortir un truc… Peut être que j’aurais pu sortir un truc très rock’n’roll mais pas en étant fatiguée comme je l’étais au sortir de la tournée.

Si jamais la prochaine fois que je compose ou que j’entre en studio et que je le fais à nouveau toute seule (ce qui n’est pas du tout obligatoire), il est très possible que l’album sonne un peu plus rock’n’roll parce que, je serais peut être plus dans cette énergie là. Mais toute cette énergie, je l’ai déjà dans Dionysos et les deux projets, je les prends comme une complémentarité donc du coup, j’ai pas eu besoin de la retrouver sur mon disque.

Il y a aussi une petite surprise sympa sur le disque : on passe plusieurs fois du français à l’anglais… "Le Voyageur" commence même en anglais et se finit en français… C’est naturel pour toi ? Tes chansons sont sorties comme ça ?

Babet : Ouais, j’me suis pas posée de questions à ce niveau là. Y’a des textes où parfois ça sonne bien et puis ça sonne bien en français aussi donc on commence comme ça et on finit comme ça… C’est comme changer d’instrument en fait !

Tu ne fais pas de différence entre chanter en anglais ou chanter en français…

Babet : Non… enfin, la différence elle est que les gens te comprennent ou ne te comprennent pas. En France, on te comprend pas quand tu chantes en anglais donc ça c’est une différence. Mais quand tu composes, c’est pas le genre de questions que tu te poses en fait.Quand tu composes une chanson, tu te dis pas "Est ce que les gens vont comprendre ce que je vais dire ? ". Tu vois, si tu commences à composer en te demandant déjà ce que les gens sont en train de s’imaginer quand ils écoutent, c’est un peu foutu !

Après, j’pense qu’il y a des gens qui écrivent des chansons et qui se disent "C’est con, s’il elle était en français, elle pourrait être plus écoutée"… mais c’est une autre démarche encore… Moi, j’me suis pas posée ce genre de questions parce que le succès, je l’ai avec Dionysos, donc j’ai pas eu besoin de faire un disque pour les gens spécialement. J’avais pas cette pression là, j’avais pas envie de plaire obligatoirement… j’voulais répondre à des questions personnelles à moi, savoir qui j’étais devenue.

La première personne à qui ça devait plaire, c’était toi…

Babet : Ouais, ouais… j’étais très très dure avec moi-même… Même quand j’étais épuisée, je continuais quand même ! J’me souviens un jour où j’étais censée rentrer des batteries, mon pied était tétanisé tellement j’étais épuisée et j’regardais mon pied droit et j’disais "Vas-y, joue là la grosse caisse !" et ma jambe ne bougeait pas… J’étais très dure avec moi-même mais j’avais besoin de ça, j’avais besoin de pousser mes limites, de voir jusqu’où je pouvais aller !

Cet enregistrement a-t-il été plus dur qu’un enregistrement de Dionysos ?

Babet : Carrément ! Avec Dionysos, pour moi, c’est très léger… j’mets un p’tit violon par-ci par-là, un p’tit chœur. C’est de l’arrangement que je fais, je mets des p’tites touches de blanc, des p’tites touches de bleu… Je tiens pas la carcasse du morceau ; moi, j’ajoute un p’tit truc léger par-dessus, un p’tit truc un peu frais. C’est beaucoup plus facile et simple d’être dans Dionysos que d’être toute seule à faire son disque. Y’a plein de gens qui m’ont dit "Mais t’es folle, t’es bien dans Dionysos, qu’est ce que tu vas te faire chier à faire un disque ?"

Tu disais que tu avais déjà le recul sur l’album… alors comment le trouves-tu ? Ca correspond à ce que tu cherchais ?

Babet : J’suis assez contente parce que ça ressemble pas à du Dionysos. Du coup, j’ai réussi à faire prendre du recul par rapport au groupe et par rapport à ce que je suis dans le groupe. Donc ça, pour moi, c’est une vraie réussite. J’ai réussi à dire, par le biais des chansons, des choses que je n’arrivais pas à dire dans la vie donc c’est une deuxième réussite. J’ai réussi à dire des choses à des gens en particulier. C’est une réussite parce que j’ai réussi tout simplement à le faire, ce qui n’était pas gagné avant d’arriver en studio… donc j’suis assez contente !

Donc prête à le défendre jusqu’au bout ! …

Babet : Ouais, en plus, il y a la scène et c’est énorme… j’suis exactement dans le même état d’esprit qu’avant d’entrer en studio pour faire le disque. C’est à dire que j’arrive vraiment les mains dans les poches, j’ai pas eu beaucoup de temps pour répéter, j’ai jamais tenu le micro sur scène. J’suis un gros bébé hyper novice dans le rôle que je vais avoir sur scène. Le premier concert est la semaine prochaine, j’ ai pas eu le temps de répéter. J’vais arriver les mains dans les poches… c’est tout le temps un saut dans le vide ! Dans la chanson « Je pars », je le dis : "Je temps les bras dans le noir et je cherche" et c’est exactement ça ! C’est un moment de ma vie où j’arrête pas de tendre les bras et à me dire "Qu’est ce qui se passe ?".

Pas trop d’angoisse pour le premier concert ?

Babet : Si, j’ai super peur mais il faut ! En fait, la peur, elle est normale mais il faut pas se faire bouffer par elle, il faut avancer à petits pas, faut pas être trop ambitieux.

As-tu envie de continuer cette expérience ? Tu veux continuer à faire des albums solo ?

Babet : Y’a déjà des nouvelles chansons… j’me régale vraiment, c’est vraiment super !

On parlait tout à l’heure des quelques titres joués au festival des inrocks… comment as-tu ressentis la réaction du public ?

Babet : Je sais pas du tout… j’avais tellement pas de références, j’avais tellement jamais fait ça que je suis sortie de scène et je ne savais même si c’était bien ! J’ me suis fait peur mais j’me suis fait plaisir donc j’ai bien fait de le faire !Les questions de regard des autres, elles arrivent quand tu sais un peu plus à quoi tu ressembles.

Suite à la sortie de l’album, tu as une tournée de prévue ?

Babet : Y’a une tournée… dix dates de prévues et y’en aura bien trente / quarante à la fin.

Sur scène, tu seras seule ou plus entourée ?

Babet : On va être trois. J’ai demandé à un DJ et à un bassiste / guitariste de venir avec moi donc on est en trio. Le DJ va lancer des boucles et les scratcher. J’ai récupéré des boucles de studio de violon que je pouvais pas jouer par exemple. Comme je pouvais pas tout jouer, j’me suis dit qu’il fallait trouver le plus pratique ; et j’voulais qu’il y ait des grosses batteries qui me donnent une espèce d’énergie de scène que j’aime bien.

Donc ce sera un imbroglio de bandes qui triturent et y’a Pierre à côté qui fait des basses, des guitares donc qui m’aide aussi. Moi, je joue toutes mes guitares, je chante et sur deux morceaux, je pose ma guitare et je fais chant / violon. Y’a des parties vachement instrumentales avec le violon et puis j’arrête le violon et je chante. C’est deux morceaux plutôt grands, plutôt lyriques où y’a des montées mais je passe au violon quand y’a des montées.

Une fois de plus, c’est le violon qui remplace la voix…

Babet : ouais, mais tu sais, le violon, c’est un instrument que tu poses sous ta gorge et quand tu joues du violon, le son passe par la gorge donc tu as l’impression de chanter quand tu joues du violon. Les deux sont très liés.

Quelle a été la réaction des autres membres de Dionysos quand t’as annoncé que tu voulais faire un album solo ?

Babet : Ils ont été super surpris. Mais Mathias fait beaucoup de choses à côté du groupe, il a énormément de projets à côté donc il comprend, il m’a dit "Ben écoute, c’est normal, t’as besoin de t’épanouir, t’as besoin de voir autre chose. Y’a pas de problèmes, tu vas nous revenir enrichie d’un nouveau truc, c’est tant mieux pour nous, c’est tout bonus !". Donc, ils le prennent comme ça , c’est très bien. Ils n’ont pas pris ça comme une trahison… évidemment, ils se sont dit merde, elle va peut être nous quitter et j’leur ai dit non, vous inquiétez pas, je fais pas ça pour m’en aller.

Evidemment, ils y ont pensé mais même moi, j’me suis dit "Si j’fais les deux, est ce que je vais pouvoir continuer Dionysos ?". C’était une question qu’on s’est posée. Mais, moi, j’aime bien jouer dans Dionysos donc ça me ferait vraiment de la peine d’être obligée d’arrêter ! J’ai vraiment envie de faire les deux ! Après, on verra ce qui va se passer mais j’vais tout faire pour que ce projet ne bouffe pas mon truc avec les garçons ! C’est quand même ma famille. Mon projet principal c’est censé être Dionysos. Mon projet solo est satellite…

Qui est complémentaire aussi…

Babet : c’est pour ça que je pense qu’il faut garder les deux. L’un apporte à l’autre : tout ce que je sais jouer grâce à Dionysos, ça a fait ce disque. Mais une fois que j’aurai eu toutes les expériences de ce disque là, j’vais revenir enrichie de plein de nouvelles choses que je pourrais apporter aux garçons. Le fait de travailler avec un DJ, ça va m’apprendre plein de trucs et j’vais pouvoir en faire profiter les garçons quand on va se remettre à composer. J’vais apprendre plein de trucs je pense.

Justement, quels sont les projets de Dionysos ?

Babet : Mathias finit d’écrire son bouquin et le prochain projet en fait, ce ne sera pas vraiment un projet de Dionysos car ce sera la BO du livre de Mathias. Dionysos est invité mais y’a plein d’autres invités… Le prochain disque de Dionysos arrivera après ! On commencera à le répéter en 2008 je pense. En avril, on commence la BO de Mathias…

Ce sera un peu dans le style de ce qu’il avait fait avec Magyd Cherfy dans le Maxi de Mister Chat ?

Babet : Ouais, il y a un peu de ça… C’est un peu une comédie musicale sur des textes à Mathias qui racontent une histoire mais avec de la musique qui ne sera pas forcément de la musique de Dionysos. Par contre, pour ce projet là, il y aura très peu de concerts, il y en aura une vingtaine. En fait, il y aura plein de personnages et Mathias a envie d’inviter des gens qu’on connaît pour jouer ces personnages. Du coup, on fera seulement des dates quand ils pourront tous être là et faire un vrai spectacle !

Dans l’actualité du groupe, il y a la sortie du concert symphonique… Avez vous envie de retenter ce genre d’expérience ?

Babet : Oui, je pense que si on a l’occasion de recommencer, on le fera ! Ce qui était génial dans ce projet c’est que quand je suis arrivée dans le groupe, il y a 10 ans, on avait déjà le rêve de jouer avec un orchestre symphonique… on a toujours rêvé de ça ! C’est un bon souvenir… un souvenir qui me stresse, j’arrive pas à regarder le DVD mais je sais que c’était beau ! Je peux jamais regarder les concerts en fait, je n’y arrive pas. Je peux pas me regarder, je déteste ça ! Pour les DVD et les concerts, c’est un peu spécial car ça me replonge complètement dans l’ambiance où j’étais quand j’étais sur scène.

Et en fait, quand t’es sur scène, c’est agréable cette émotion intense, ce stress… sauf que quand tu es chez toi, dans ton canapé, c’est juste l’horreur à vivre ! Rien qu’à me voir, je suis épuisée parce que je me remets complètement dans le truc… Du coup, j’ai jamais réussi à regarder aucun live de Dionysos ! Et puis, j’ai l’impression que c’est jamais moi la fille là, ça me fait très bizarre, j’me regarde et j’me dis "C’est pas moi ça, j’suis pas comme ça dans la vie !" Il y a un vrai décalage entre ce que tu es sur scène et dans la vie…

As-tu quelque chose à ajouter à cette interview ?

Babet : Non… je sais pas… tout me va !

Merci beaucoup !

Une semaine plus tard, j’allais voir le premier concert de Babet, au Triptyque. Babet était très énergique et sautait partout. Elle était accompagnée d’un DJ et d’un guitariste / bassiste qui ont superbement accompagné ses titres. Des titres qui s’étaient transformés et s’étaient enrichis d’une nouvelle énergie. Vraiment, un concert différent du disque, plus nuancé… vraiment magnifique ! J’attends avec impatience les prochains concerts ! Babet fêtera la sortie de son album le jour même, le 5 mars 2007, en donnant un concert à la Maroquinerie.

 

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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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© froggy's delight 2008
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