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puce Livres d'Arménie : cinq siècles de trésors à la BNF
Bibliothèque Nationale de France  (Paris)  Du 30 janvier au 25 mars 2007

A l’occasion de l’année de l’Arménie en France, la Bibliothèque Nationale de France propose Livres d’Arménie, cinq siècles de trésors à le BNF, 55 des pièces les plus belles de sa collection de livres arméniens.

Logée dans la crypte du site Richelieu, l’exposition dresse le portrait du livre arménien qui ne ressemblait ni à un livre occidental ni oriental. Elle a aussi pour but, selon Annie Vernay-Nouri, la conservateur en charge de l’exposition, de montrer que c’est une collection très ancienne, qui remonte à François Ier. Elle compte aujourd’hui près de 350 manuscrits arméniens sur les presque 3000 conservés dans le monde.

L’exposition s’ouvre sur le premier manuscrit de la collection acquis sous François Ier et relié sous Henri II. A ses côtés, le premier livre édité en arménien, en 1511 à Venise.

La France s’est intéressée aux livres arméniens très tôt. La bibliothèque royale en acquiert six sous le premier des rois de la Renaissance. Mais c’est plus tard, sous Louis XIV, que l’impulsion est véritablement donnée. 134 manuscrits arméniens sont ainsi ramenés par l’abbé Sevin, missionné par la royauté française entre 1728 et 1730.

La collection s’est alors agrandie de pièces exceptionnelles et uniques. Comme ce papyrus, daté d’avant la conquête arabe de l’Egypte, où il fut retrouvé, écrit probablement par un soldat et qui est doublement unique ! D’une part, car il est le seul papyrus en arménien connu dans le monde. Et d’autre part, car si les caractères de l’écriture sont arméniens, la langue est un vulgaire grec ancien ! Ou encore ce petit calendrier grégorien édité à Livourne, lui aussi un unicum (pièce unique).

D’autres pièces ont un caractère exceptionnelle : l’ultime document de l’exposition est le premier planisphère en arménien daté de 1695.Il fait face à la première Bible imprimée en arménien.

L’exposition se construit en quatre parties. Elle revient tout d’abord sur "l’histoire de la collection de le BNF" puis sur l’écriture de cette langue indo-européenne qu’est l’arménien. Cet alphabet spécifique fut crée au début du Ve siècle pour mieux servir le christianisme, religion d’Etat depuis alors 100 ans. C’est là que le visiteur découvre les "lettres décoratives qu’on retrouve dans tous les manuscrits en début de chapitre ou début de texte. Ce sont des petits animaux, parfois un homme", ici deux singes le tête en bas et jouant de la flûte, en guise de lettrine.

La plus grande partie de l’exposition est consacrée aux manuscrits. De très gros, comme l’homéliaire de 1958 pages et presque cent kilos, ramené par l’abbé Sevin. Il est tellement grand "qu’il ne tenait pas dans les vitrines" regrette la conservateur ! Il fallait montrer « la monumentalité des livres liturgiques". Deux pages de l’homéliaire sont ainsi présentées encadrées. Et puis de très petits, des missels, des psautiers, qui permettaient de suivre l’office dans les Eglises.

Tous les livres arméniens ont les mêmes caractéristiques: un frontispice orné d’un motif décoratif occidental, un motif vertical d’influence souvent orientale, une lettrine en forme d’animal, une première ligne en majuscule puis le texte. "Visuellement, le livre arménien ne ressemble pas à un autre livre" confirme la conservateur. Le tout est soit monochrome dans les tons rouges ou avec une palette de couleurs très réduite : rouge-rose, un peu de bleu et du noir.

Les voûtes de la crypte de la BNF, sont elles-mêmes ornées par des affiches représentant les fameux ornements d’un des manuscrits. Tout un imaginaire est développé: les figures qui se lovent dans les formes géométriques, des personnages aux joues bien rondes, les pommettes rehaussées, les yeux soulignés, c’est comme une bande dessinée qui s’étale sur ces manuscrits de l’âge moderne.

Le profane et l’imprimé sont peu représentés pour des raisons esthétiques : "le but était aussi de montrer de jolies choses". Et en effet, les livres imprimés, bien que précieux sont néanmoins en noir et blanc et moins révélateurs de l’art du livre arménien. Quant aux livres profanes, le roman d’Alexandre exposé est "pratiquement le seul texte profane dont on a des exemplaires illustrés".

C’est une exposition riche et remplie d’Histoire que nous offre la BNF pour entamer la saison des expositions parisiennes consacrées à l’Arménie.

 

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