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La Cigale  (Paris)  13 février 2007

Enfant tardif du baby boom, Michel voit le jour en 1951 au cœur de la France profonde. D’une enfance paisible coulée au grand air entre des parents aimants et les verdoyants paysages d’Auvergne, Michel gardera une attirance pour la beauté et la perfection sous toutes ses formes.

Depuis toujours, Michel écoute de la musique. Les hits radiophoniques principalement. Mais d’une oreille encore distraite. De temps à autre, il accompagne sa mère à Clermont pour s’offrir quelques 45 tours. Dont notamment "Mon Ami La Rose" de Françoise Hardy, qu’il déposera en évidence aux abords de son lit, subjugué par la beauté de cette fille, pas tellement plus vieille que lui.

Du fond du pensionnat Saint-Pierre, Michel s’intéresse peu aux préoccupations des garçons de son âge. Pas du genre à faire le mur pour s’introduire dans le dortoir des filles. En effet, à celle des demoiselles, il préfère la compagnie des manuels scolaires ou des ouvrages de Raymond Radiguet et Boris Vian.

Malgré l’absence de signes avant coureur, sa vie s’apprête pourtant à basculer. Noël 1966. De retour de la capitale, Marc, son glorieux aîné, lui offre un 33 tours. Sans doute acheté dans la précipitation, car dépourvu d’emballage. En un clin d’œil, Michel déchiffre les indications de la pochette. "Les garçons de la plage ... Sons d’animaux domestiques"... Les cours d’anglais de Sœur Véronique auront au moins servi à quelque chose.

Et cette photo … Aussi crétine que le nom du groupe. Quel traquenard ce cadeau … Pour l’heure, remercier surtout et donner l’impression d’être content. Et le frangin de se lancer dans un éloge sans borne de cette fratrie de californiens. A l’entendre, ils auraient même atteint le niveau des Beatles avec ce nouvel album.

Et puis d’ailleurs, la musique d’aujourd’hui s’appelle désormais pop. Exit les obscures dénominations comme rythm’n blues, rock’n roll et consort ... De retour dans sa chambre, Michel sort délicatement le vinyle de son emballage, le dépose sur son tourne-disque avant de s’allonger à proximité.

Des premières notes de "Wouldn’t It Be Nice" aux derniers accords de "Caroline No", Michel reste terrassé par la beauté, l’inventivité, la qualité, la perfection d’exécution de ces chansons. Sa vie en sera changée à tout jamais. Michel a désormais deux passions : les mathématiques et la pop.

Mais pas n’importe quelle pop : la pop raffinée, travaillée, complexe … La pop parfaite en somme. Michel se lance alors dans une interminable croisade pour dénicher de nouvelles perles, dévorant les revues spécialisées, flânant aux puces à la recherche de quelque rareté, épluchant les rayons import des disquaires ...

Et de faire l’acquisition durant les années suivantes de ces trésors jalonnant une existence : Present Tense de Sagittarius, Odessey & Oracle des Zombies, l’album éponyme de Emitt Rhodes ou un peu plus tard #1 Record et Radio City de Big Star …

Au fil des années, la curiosité musicale de Michel ne s’est jamais tarie. Ainsi, toujours à l’affût, il avait vu venir Barbara Carlotti dès la parution de son majestueux EP Chansons en 2004. Inutile d’ajouter que le premier LP de la dame, Les Lys Brisés, trônait en tête de son top album 2006.

"Une galette parfaite estampillé pop sucrée à la française, comme seule Françoise Hardy pourrait encore en sortir. Arrangements subtils, paroles magnifiques, songwriting de grande qualité … Je suis ému rien que d’en parler"avait-il confié à son ami Paul avant de lui prêter l’objet.

Des concerts, Michel n’en fait plus beaucoup. Son dernier doit remonter à la présentation de Smile par Brian Wilson à l’Olympia en 2004. Pourtant, si l’opportunité se présentait, il irait volontiers voir Barbara Carlotti. Ces derniers mois, Michel avait appris, via une campagne d’affichage dans le métro, que sa favorite se produisait à la Cigale le 13 février 2007. Toujours près de ses sous, Michel avait même réussi à se faire offrir la place lors des fêtes de fin d’année.

Et le grand jour finit par arriver. Fermement installé au deuxième rang de l’orchestre, Michel trépigne sur place : ce set ne pourra qu’être formidable. Impression confortée par un rafraîchissant set de Rose en ouverture de soirée.

Suite à un bref entracte, les lumières s’éteignent à nouveau. Au fond de sa poitrine, il n’a pas senti son cœur battre de la sorte depuis longtemps. Le groupe a déjà pris place, quand Barbara Carlotti vêtue d’une splendide robe noire, fait son apparition sur "Les Lys Brisés".

Et ce guitariste aux airs de Jean-Pierre Léaud époque "La Maman Et La Putain", serait-ce le fidèle Jean-Pierre Petit ? Probablement … Michel n’en perd pas une miette. Appréhension. Application. Concentration. La chanteuse et ses musiciens se cherchent de leur côté pour quelques titres encore. Fin du premier acte sur "Tunis".

Paradoxalement, un léger malaise envahit Michel. Et de sentir rejaillir en lui ses sempiternelles réflexions sur les prestations scéniques de ces groupes pop chéris. A quelques exceptions près, le monde se divise en deux parties.

D’un côté, les faux calmes. Ceux faisant table rase des arrangements studios, montant le volume et balançant la purée sur les planches. Inattendu, parfois frustrant mais souvent réussi. De l’autre, ceux s’acharnant à recréer dans ses moindres détails l’enregistrement studio. Pour un résultat souvent imparfait. Et sa variante, ceux jouant des versions light de leurs titres, faisant perdre à ceux-ci une partie leur grâce.

Et pour le coup, il rangerait bien Barbara Carlotti dans cette catégorie. Sans parler du relatif manque d’expérience scénique du backing band sautant à ses oreilles. Il faut cependant avouer, qu’en matière de pop, Michel place la barre à un niveau stratosphérique. Heureusement, ses réflexions s’envolent dès les premiers accords de la sublime "Anaïs". Plus loin, la venue de Bertrand Belin, pour l’interprétation d’un duo disponible sur son nouvel album, laisse Michel de marbre.

Lui attend plutôt "La Nuit des Amants" ou "Peu Importe". Mais surtout "Cannes" et "Charlie The Model" lesquels arriveront lors du premier rappel. D’ailleurs depuis quelques morceaux, la contraction du début a laissé place à une légèreté troublant fortement Michel. Qui atteindra son paroxysme sur "De L’Argent" et surtout "Mon Corps Alangui".

En effet, comment ne pas être gêné devant un artiste se livrant trop, au risque de laisser paraître les ficelles du show ? La pop est une affaire sérieuse. Sans parler des interventions d’entre morceaux archi préparées et souvent téléphonées. Malgré un répertoire sans failles, cette prestation déçoit Michel …

Pourtant, comble du bon goût, la dame avait tapé deux précieuses reprises qu’il affectionnait tant : "Song For Emily" des Zombies en version française et "Loneliest Person" des Pretty Things en version originale cette fois. Il va sans dire qu’il a moins apprécié celle du "Tango Corse" de Fernandel en rappel.

Le moral en berne, Michel redescend vers Pigalle. Peut-être attendait-il trop de ce concert ? Ou alors une copie carbone de l’album … Un concert de pop et non de chanson ... A peine rentré chez lui, une verveine menthe à la main, Michel dépose Chansons sur sa platine CD.

Au bout de quelques titres, Michel peut aller se coucher rassuré : son admiration pour Barbara Carlotti demeure intacte.

 

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En savoir plus :

Le site officiel de Barbara Carlotti

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur Taste of Indie)


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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
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